



A PROPOS DU
« SALON DU LIVRE EXLIBRIS » DE GRENOBLE
du 18, 19 et 20 novembre
2011
Généralement les Salons d’Auteurs, Salons et Fêtes du Livre se veulent festifs. Fête réservée principalement aux
auteurs, aux livres, au public et à tous les responsables qui oeuvrent sans compter pour la réussite de l’évènement.
Partout, nous avons été accueillis les bras ouverts et dans certains Salons comme des
rois, ce que nous ne réclamons pas forcément, mais qui nous laissera un souvenir impérissable.
… Que ce soit dans les petits villages de l’Auvergne comme Villeneuve-d’Entraigues et de
Dorat où nous avons été si remarquablement bien accueillis, remarquable aussi Roisey, Viricelles ou Boën dans la Loire et encore inoubliable Anost, Saulieu dans le Morvan, Allevard-les-Bains,
Cusy, Marcellaz-Albanais en Haute Savoie, Meximieux, Oyonnax dans l’Ain, 1er salon d’Heyrieux en Isère, Monéteau dans l’Yonne et la totale réussite de Crèches-sur-Saône en alternance
avec la Chapelle de Guinchay avec ses décors à vous couper le souffle et son accueil merveilleux, tous ont rivalisés de chaleur et de dévouement envers ces auteurs bienvenus. Tous nous ont offert
un généreux café accompagné de viennoiseries ou brioches et une petite bouteille d’eau minérale (comptée à 0,50 centimes au-delà). Beaucoup nous ont offert le repas en nous soignant comme des
dieux. D’autres fois nous avons dû payer ce repas afin de pouvoir rester ensemble en toute convivialité. (Souvent, les auteurs afin de minimiser leurs frais mangent un casse-croûte à l’écart de
tous).
On ne peut vraiment pas en dire autant de celui de Grenoble « EX LIBRIS »
association qui souffre de 20 ans d’expérience avec son Président, Mr J., visiblement largué.
D’abord, pour pouvoir être inscrit au Salon vous devez adhérer obligatoirement à
l’Association soit 30 € de plus que l’inscription (ceci permet de gonfler artificiellement le nombre d’adhérents et de toucher des subventions de la Mairie et du Conseil Général !). Ensuite,
la secrétaire vous réclame vos livres, dans mon cas, trois albums soit 36 €. J’ai cru qu’il s’agissait de l’attribution d’un prix comme à Allevard-les-Bains, mais que nenni.
Lorsque vous arrivez, le public doit payer 4 €, contribution pour pouvoir entrer et…
acheter des livres (sic), pour le coup totalement rédhibitoire. Le public entre mais n’achète pas. Il prend ce qui est gratuit : les pub ! Résultat 400 lecteurs pour une ville comme
Grenoble, on pourrait largement espérer mieux !
Quant aux exposants ils doivent être munis de leur badge… s’ils en ont !... sous
peine d’une grosse altercation ! Nous n’en avions pas, mais notre situation de handicap suffisait semble-t-il.
Bon, nous voici installés dans la salle de conférence sombre, gelée tel un congélateur,
très éloignée des deux immenses salles où se tiennent, dans l’ancienne bibliothèque, bien au chaud, bouquinistes, libraires et dans la salle du fond les auteurs et éditeurs.
Nous restons planqués, là, loin du public à nous refroidir irrémédiablement de 14 heures à
20 heures, sans âmes qui vivent où si peu. Le froid réactive mes douleurs et Maurice se met à trembler de tous ses membres. Les trois ou quatre autres auteurs valides, à côté de nous, désertent
l’endroit et vont se réfugier au chaud près de leurs copains qui leur attribuent une petite place forcée. Finalement le samedi matin, nous restons les seuls dans ce frigo. Maurice va se plaindre
auprès du responsable de nos conditions d’infortune ce que celui-ci prend très mal, avec force vociférations et manque de respect.
Entretemps, Maurice doit déménager deux fois son véhicule sur la place
« handicapé » car il faut pouvoir atteindre les bouches de chauffage et une troisième fois, la fourrière le menace d’emporter son véhicule, manu militari, sous prétexte qu’un ministre
d’état doit arriver alors qu’il s’agit du déplacement du maire (qui n’est pas venu) au Salon du Livre et d’un badge que l’on ne nous a pas remis ! Bref, beaucoup de contrariétés pour rien.
Tout cela aboutit à un cauchemar où le dirigeant s’en prend à nous. Alors que je me trouve dans la salle de conférence avec les deux conférenciers pour parler de mes livres, Mr J., ce malotru
arrive en gesticulant et en s’adressant à
eux :
–J’en ai plus que par-dessus la tête de me faire emmerder par ces deux
là !
Je réalise soudain que c’est de moi dont il parle ! Je lui cours après avec mes roulettes et je le somme de
nous rembourser de nos frais car nous partons sur le champ (Trop cher de nous rembourser nos frais de carburant =100 €, notre hôtel =100 €, nos frais d’inscription = 60 €, nos repas pris à
l’extérieur = 100 €) ! Il se met à hurler qu’ils ont trouvé une solution devant toute son équipe à sa botte. Triste sire !
On nous installe un coin tassé à côté des peintres mais ils ôtent deux tables au restaurant ce qui les fâchent
fort. Ils vont râler un long moment jusqu’au soir où ils remettront les tables en chassant deux auteurs de leur place et tous prêts à nous jeter une fois de plus.
Dire encore qu’à la buvette les gobelets jetables étaient relavés au robinet des sanitaires pour resservir et les
bouteilles d’eau minérale recueillies dans les poubelles étaient remplies d’eau du robinet (aux sanitaires) pour être revendues à 1 € (bonjour l’hygiène !). Les grandes bouteilles de Sweppes
vendues au gobelet à 1 € et les petits cafés de même, il n’y a pas de petits profits !
Pour conclure un pot était offert le vendredi soir en présence du Maire de la Ville de
Grenoble qui n’est pas venu, un autre pot le samedi soir et un gueuleton le dimanche soir attendaient les bouquinistes et les libraires quand tous les auteurs repartaient chez eux, au vu de
la route à faire !
Bref, il faut le dire, ce salon tenait plus d’une grande foire commerciale à tout crin, que le
seul plaisir d’accueillir autour d’une fraternelle convivialité les auteurs et leurs livres. De tels organisateurs
font entrevoir un avenir très prometteur quant au respect des personnes et des valeurs humaines et un futur très souriant à notre société !
Dana LANG




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