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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 17:09
LA VIE COMME UN DEFI ! / Dana LANG, conteure, auteure, poète, amabassadeure de la Paix,...

Mercredi 25 janvier 2017... toujours plus bas, toujours plus gros...

 

Je le change vers vingt heures et je constate à nouveau la passoire dessinée sur le côté haut à gauche de son abdomen... de nombreux trous pour laisser passer l'eau et l'épaisseur de son œdème dur, rouge et gonflé... c'est absolument épouvantable et je tiens ma position... donner un diurétique à un insuffisant cardiaque tel que mon époux c'est torturer son cœur qui pédale dans la semoule affolé et produit trois fois plus d'eau ! Ainsi on ne le soulage pas de la douleur mais bien au contraire on accentue son état gravissime, on le condamne à souffrir trois fois plus, on le crucifie, on le jette dans un gouffre de douleurs et on lui annule toutes possibilités de se relever un jour de son lit. Je suis ulcérée par ce degré de légèreté avec laquelle on traite cette question.

Je lui donne tous ses comprimés de la nuit, notamment le xanax pour s'endormir. Je le change, le masse et l'arrange dans son lit de nouveau à vingt-deux heures trente. Puis je me couche.

Soudain je l'entends pris dans une quinte de toux qui n'en finit pas où il s'étouffe... je me relève pour lui donner son spray de propolis. Ensuite les cris commencent... ah, j'ai oublié de lui donner sa morphine... je me relève et vais lui donner deux pilules de vingt mg avec un doliprane. Les douleurs se calment peu à peu, mais il ne s'endort pas.

Toute la nuit, il va m'appeler tous les trois quarts d'heure ! À quatre heures il me sonne car il veut son natispary pour soulager une douleur cardiaque et à cinq heures il m'appelle de nouveau... lorsque j'arrive il veut que je lui branche un aérosol car il ne sais pas quoi faire et il s'ennuie ! Mais ce n'est pas l'heure de son inhalation et il n'y a pas de produit tout prêt à l'intérieur.

Hier matin il avait envoyé Véronique chercher sa peinture acrylique et ses pinceaux au garage car il voulait repeindre un petit sujet (un canard au drapeau breton) au-dessus de sa lampe de poche ! Difficile de peindre couché au fond de son lit, ses doigts en étaient tout mâchurés.

La nuit a été très dure et je n'en pouvais plus de sommeil et de douleurs. Sur le matin levée à nouveau à sept heures, je lui demande de me laisser dormir un peu, mais à sept heures quarante-cinq, je me lève et je prépare le déjeuner, il doit rester à jeun car il a une prise de sang... mais il a sombré dans le sommeil tout en gémissant, criant, remuant sans cesse ses deux jambes gonflées d'eau... mal, très très mal au fond de son lit.

Annie prend son service et découvre Maurice dans un état lamentable au seuil de sa fin de vie. Corinne n'a revient pas de le trouver plus mal chaque jour et dans l'impossibilité de le tourner tant il est rempli d'eau, tant il est lourd. Lorsqu'elle me fait mes soins dans la salle de bains, elle me dit qu'elle est surprise, admirative de sa force, de sa résistance... beaucoup d'autres plongés dans ces conditions seraient déjà partis depuis longtemps ! Elle me dit combien cela a été dur de lui faire les soins ce matin, si difficile de le bouger à présent, de le tourner à droite et à gauche du lit et elle trouve qu'il est plus atteint chaque jour. Je le sais bien moi qui vit vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec lui... je le vois bien se transformer, je vis toutes ses crises, toutes ses douleurs, tout son drame !

Il se réveille vers onze heures. Annie m'aide à lui coller le coussin-boudin-serpent sur son côté gauche afin de le soulever un peu et de le changer de position pour que son point d'appui sur la jambe gauche écrasé par son abdomen plein d'eau souffre moins. Du coup il se trouve mieux et peut voir l'écran de télévision.

Nous préparons le repas de midi œufs durs, épinards et riz au lait interrompues par les appels incessants de Maurice... puis Annie nous quitte.

Je lui sers son repas et il se régale du plat de légumes et du dessert. Puis il suit évasivement la télévision et s'endort presque aussitôt.

Je demeure près de lui allongée sur le fauteuil, puis je vais m'occuper de tous les coups de téléphone que je dois donner un peu partout. J'ai téléphoné à l'hôpital Cochin auprès d'un médecin pour avoir un conseil par rapport à notre situation et le fait que nous soyons en désaccord avec notre médecin sur le diurétique. Il me dit que les Droits du Malade autorise de refuser un traitement et de voir aussi avec une équipe de soins contre la douleur qui pourrait nous suivre à la maison en relation avec les soins palliatifs, enfin il me donne des pistes. J'avais déjà appelé tous ces services en octobre 2016 et maintenant l'idée se précise. J'avais déjà bien fouillé aussi les associations de malades.

J'en oublie Maurice qui commence à se plaindre puis à hurler de douleur. Zut, je dois penser à sa morphine. L'hôpital lui a retiré beaucoup trop tôt et notre médecin de façon drastique, ce n'est pas tenable.

Je lui donne avec une demi-heure de retard et je souffre de voir à quels excès de douleur il est confronté. Je lui dis que la morphine va vite l'apaiser... il crie de plus en plus fort et soudain il s'endort profondément apaisé.

Je voudrais dormir aussi mais je ne le peux pas, Maurice a tellement besoin de moi pour tout. Il ne parvient plus à se servir sur les petites tables près de lui, et quand il essaie il laisse tout tomber. C'est une galère indescriptible.

Je reviens à mes coups de téléphone et j'obtiens le service qui se déplace à domicile pour suivre la douleur. Ils vont appeler le médecin. Me voilà soulagée.

Maurice dort bien, dommage il risque d'être réveillé lorsque Corinne va arriver pour ses soins. Cette nuit, je crois que je resterai dans le fauteuil près de lui cela devient trop difficile.

Mais une heure plus tard soit à seize heures trente, il crie de douleur à nouveau et aussi de cette douleur affreuse lorsqu'il veut uriner... la morphine est très mal ajustée à son niveau de douleur...

J'attends Corinne. Elle arrive fidèle à elle-même douce, agréable, dévouée. Elle est passée à la pharmacie prendre les deux remèdes qui nous manquaient. Elle prend en main les soins de Maurice, aérosol, perfusion, toilette, change. Maurice se trouve encore inondé par le diurétique, il en a marre de se retrouver trempé matin et soir, jour et nuit... mais il a beau perdre de l'eau il se trouve de plus en plus gonflé d'eau avec tous les effets secondaires qui en découlent, la douleur intense, les démangeaisons et j'en passe.

Elle prépare nos deux piluliers. Lorsqu'elle a terminé elle nous quitte. Auparavant elle m'avait demandé si elle pouvait être présente lors du passage de l' assistante sociale demain... dont je n'attend pas grand-chose d'ailleurs...

La soirée s'achève difficilement. Je change, masse Maurice deux fois puis je m'installe dans le fauteuil près de lui... les nuits deviennent trop dures.

LA VIE COMME UN DEFI ! / Dana LANG, conteure, auteure, poète, amabassadeure de la Paix,...

Jeudi 26 janvier 2017... Maurice agonise de douleurs...

La nuit est émaillée des cris de douleurs intenses de Maurice gisant au fond de son lit. Hier soir je l'ai installé sur son coussin serpent pour le redresser un peu... il s'y est trouvé bien et n'a pas voulu changé de position durant quelques heures.

Dans la nuit il a traversé quatre crises de douleurs épouvantables et n'y tenant plus je lui ai donné quarante milligrammes de morphine à chaque passage ultra difficile, ce qui a eu pour effet de le calmer enfin et de l'endormir apaisé.

Je ne dors guère éprouvée par ses crises et ses sollicitations permanentes. Dans les moments moins durs, moins confus il me déclare son amour avec fougue et passion. Il me dit qu'on se retrouvera dans la prochaine pour mener à bien des projets d'envergure sans être malades, ni à mobilité réduite et puis il commence à réfléchir sur mon retour vers les enfants... les enfants, petits-enfants et arrières comptent davantage que quelques malheureux maquereaux. Peu à peu il me rejoint sur mon terrain.

Sur le matin c'est encore une sollicitation incessante. Je le change et arrange bien son lit puis je le cale sur le serpent afin de lui soulager sa cuisse et sa hanche gauche... ses œdèmes sont horriblement gonflés, rouges et chauds ; il en souffre affreusement. Sa colonne vertébrale sous le poids de l'eau se fait terriblement douloureuse ainsi que ses jambes, tout son corps n'est qu'un martyr. Je n'en peux plus de le voir et de l'entendre dans une telle intensité dans la douleur.

Je lui fais une tartine de confiture et prépare mon déjeuner. Je lui donne ses remèdes du matin. Puis Sylvie arrive dans un immense coup de vent gelé et il l'a sollicite à son tour pour des petits services.

Pendant ce temps je m'habille chaudement. Un vent fort et très froid s'est levé dans la nuit, sans doute arrivé avec les grandes marées. Sylvie est moi partons en courses. Il faut remplir le frigidaire totalement vide depuis quelques jours et faire de nouveau l'achat de couches qui vont venir à manquer.

Nous rentrons après être passées dans quatre magasins. Nous sommes allées dans une boutique pour faire fonctionner le nouveau smartphone de Maurice mais il a abîmé la carte sim en la détachant et l'a placée dans le mauvais endroit. Nous devons en réclamer une autre. Quant à son rasoir tout démantibulé je dois téléphoner pour en avoir un autre ou obtenir son remboursement dans son lieu de vente... quelle poisse ! Encore des contrariétés qui s'ajoutent aux autres.

Sylvie déballe les courses, cependant que je m'occupe de Maurice. Lorsqu'elle se retire, je cuis les steaks hachés puis les flageolets pour servir mon époux dans son lit. Je mange à côté de lui.

Je n'ai pas le temps de finir, le médecin est là qui nous surprend. Il ausculte Maurice et prend note de son état précaire. Il me dit qu'il est d'accord que l'unité de soins contre la douleur se mette en place pour venir chez nous... je suis soulagée. Je lui dis ce que j'ai dû faire cette nuit relever la morphine devant les crises épouvantables de Maurice.

Ce matin il est raccord avec moi et j'en suis touchée et satisfaite. Il prescrit des ordonnances pour placer une sonde à demeure sur mon époux. Maurice est content car sa situation lui pose trop de désagréments. Rien n'est simple, mais il faut autant que faire ce peut le soulager le plus possible, il n'y a que ça qui m'importe... l'entendre hurler, se plaindre, gémir et pleurer est au-dessus de mes forces.

Corinne arrive vers quatorze heures trente un peu avant l'assistante sociale. Nous discutons de notre situation mais nous n'avons que peu à attendre. À part mes heures d'aide humaine dont le dossier avance car j'ai fait le nécessaire... il n'y a rien à attendre de plus. Mais que puis-je espérer vraiment de cette entrevue ?

Lorsque l'assistante sociale nous quitte Corinne reste avec moi pour dresser l'inventaire de nos kits de sonde. Il lui manque des sondes qu'elle ramènera de la pharmacie et elle sondera Maurice dès demain matin.

Le soleil fait son apparition à dix-sept heures. Le vent s'engouffre dans la maison, il fait très froid.

Nous attendons Corinne, cependant que Maurice est en crise depuis quinze heures et ne cesse de gémir en criant... et moi en attendant installée sur l'ordinateur je dors debout.

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Published by Dana LANG, CONTEUR AUTEUR CREATEUR
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Présentation

  • : Dana LANG, artiste Internationale, conteuse aux plumes de Sioux, citoyenne du monde, auteure Fantasy, poète, lauréate de 55 Prix Littéraires Internationaux, éditrice, ambassadrice de la PAIX, membre SACD, UERAA, AEB, World Académy of Arts and Culture and World Congress Poets, ...
  • Dana LANG, artiste Internationale, conteuse aux plumes de Sioux, citoyenne du monde, auteure Fantasy, poète, lauréate de 55 Prix Littéraires Internationaux, éditrice, ambassadrice de la PAIX, membre SACD, UERAA, AEB, World Académy of Arts and Culture and World Congress Poets, ...
  • : *1979-1989, bibliothécaire jeunesse en banlieue lyonnaise (Vénissieux) où elle conte déjà trois fois par semaine. Les classes s'inscrivent sur des listes d'attente. *1989-2002, conteuse professionnelle internationale (artiste, durant 12 ans intermittente du spectacle / Cie du Soleil Noir). Elle conte dans les écoles, collèges, lycées, bibliothèques, médiathèques, salles de spectacle, théâtres, festivals... etc... *1991, fondatrice d'une Maison du Conte 'La Biche au Bois' au Cergne (42-Loire). Elle reçoit 20 000 scolaires en attractions contées sur les terres d'Anne de Beaujeu dans les Monts du Haut-Beaujolais, et organise un Festival du Conte et des Conteurs en Forêt et en Cabarets «Flèches des Fées» pendant cinq ans. Elle conte avec divers musiciens dont Tenzin Gonpo artiste Tibétain qui l'accompagne aux instruments et à la voix. Elle parraine un enfant tibétain durant plusieurs années. *1994, sociétaire des Auteurs et Compositeurs Dramatiques. Elle participe à divers festivals... *Avril 1998, elle conte dans les écoles françaises, Instituts, hôtels, villages pour le Festival International des Conteurs Francophones à Abidjan en Côte d'Ivoire. *2003, auteure, poète, en situation de handicap, elle poursuit en écrivant toute son Œuvre. Elle réécrit ses contes adaptés pour la scène (120 contes) et écrit de très nombreux ouvrages dont des contes merveilleux et fantastique, un récit autobiographique ' Les Sanglots du Vent' ; une trilogie Fantasy ' Les 3 Héritiers de la Clef des 7 Mondes' (t.1 : La Dragonne et l'Œuf d'Or Sacré ; t.2 : Éloïse et le Commandeur du Temps ; t.3 à paraître) ; des témoignages de vie ' Docteurs, vous m'avez tué ! ' suite à paraître : ' La Danse de la Méduse ', ' L'Arbre d'Or ', 'La Fuite du Temps', 'La Maison du bout... de la Terre', 'Plus fort souffle le vent', 'Un Radeau dans le Ciel'… un recueil de prose poétique de 7 livrets ' Puisque tu vis, Philippe', une suite de nouvelles et de prose poétique 'À l'Aube d'un Jour' et un livret de pamphlets (prose insurrectionnelle : 'Je vous écris, Frères Humains', ... *2011, à la création de la Maison du Conte, de l'Illustration et de l' Édition Fantastique ' LA FONTAINE AUX FÉES ' édite dix de ses livres (sur plus de 30) et avec son époux Maurice JANIN, architecte d'exécution (en situation de handicap), fréquente les Salons du Livre de Rhône-Alpes, Auvergne, Bourgogne, Yonne, Paca chaque week-end durant deux ans. Sur le Salon du Livre de Lorette (42-Loire), elle rencontre Michel COUROT, Dico d'Or, grand gagnant de la Dictée de Bernard Pivot en 1995. Il deviendra son relecteur et son très grand ami. En avril 2011, elle écrit un conte merveilleux : Flora, Pipi et Scratch, la sorcière. *2012, sociétaire des Arts et des Lettres de France, membre du bureau de l' UERA A (Union des Écrivains de Rhône-Alpes-Auvergne), ambassadrice du Cercle des Ambassadeurs Universels de la Paix, 'La Fontaine aux Fées' édite 'Le Grand Livre de Marina' de Marina FERREIRA et ' Le Monde de Lucas ' de Didier POUDIÈRE. *13 octobre 2013, elle est nommée Membre de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets. *Le 18 mai 2014, elle parraine le 1er Festival du Livre et de l'Illustration Jeunesse «Les P'Tits Z'Amis de Marina » à Saint-Didier-de-Formans dans l'Ain (01). *13 Juillet 2014, après avoir vécu deux ans dans le village natal de son père en Alsace près de Bâle et de très longues années en région lyonnaise, elle vit désormais à Plogoff dans le Finistère et devient Membre de l'Association des Écrivains Bretons (AEB). Elle écrit et publie un nouveau conte ' La Fontaine de la Mer Feunteun Aod '. *Décembre 2014, elle collabore au Festival International du Conte de Guillaume ÉKOUMÉ, au Cameroun. Elle écrit un nouveau conte 'Max, le Petit Sorcier'. *Février 2015, elle écrit un conte 'Louka, le Petit Loup de Brocéliande' dédié à son arrière petit-fils, Louka né le 5 février 2015. *23 avril 2015, elle écrit 'Le Dragon de Pors Loubous', un conte fantastique. Fin juillet, par son épouse Danyèle, elle apprend dans une profonde tristesse le décès de son indéfectible ami, Michel COUROT. *20 décembre 2015, elle conte 'Plume de Corbeau' au théâtre Georges Madec à Esquibien pour les enfants des écoles et leurs parents. *Septembre 2013 à 2015, elle devient lauréate de 52 distinctions Littéraires Internationales (Trophées, Mérites, Médailles, Prix, Mentions...) décernés par 14 concours Littéraires Internationaux. *2015-2016, elle recherche un Éditeur sérieux pour lui reprendre toute son Oeuvre. *En 2015, elle est invitée à Sacramento en Californie et à Prague en Tchécoslovaquie du 5 au 10 septembre 2016 par le Président de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets où elle ne pourra pas se rendre. *Le 1er février 2016, elle écrit le conte 'Justine et le Pays Contraire'. *Février 2016, elle s'inscrit dans les Salons Festivals du Livre en Bretagne qu'elle espère honorer de sa présence... le 24 avril 2016, elle se rend au Salon du Livre de Botmeur (Finistère) où elle conte et dédicace... En juin 2016, elle écrit le conte 'Kaoura, la Princesse aux Sept Dragons'... en 2017 'La Princesse aux Mensonges', 'L'Œil du Dragon'...
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