"Bonne Année Gaza !" et Suspension des marches du retour #OpenGaza
anne marie OUDRER
Juvisy-sur-orge, Francia

5 de ene. de 2020 — 

Famille palestinienne à la périphérie du camp de réfugiés de Khan Younes tentant de se protéger du froid ce 31 décembre 2019 (AP Photo/Khalil Hamra) "Voilà ce qui se passe pendant qu’on fait la fête", écrit Gideon Levy dans Haaretz.
"Huit ans ont passé depuis que les Nations Unies ont déclaré que Gaza serait invivable en 2020 si rien n’était fait pour améliorer la situation. Eh bien la situation est aujourd’hui encore pire que les prévisions annoncées.
A une heure de Tel Aviv, C’est Tchernobyl à Gaza, mais qui s’en préoccupe ? Et la catastrophe n’est pas naturelle. Israël en est responsable. Après avoir expulsé cette population en 1948, non seulement Israël ne lui a fourni aucune assistance, mais elle l’a mise en prison, sous blocus.
Je ne suis pas sûr qu’il existe une autre région dans le monde où cette situation, résultat d’actes humains malveillants, dure depuis plus de 70 ans.
Cette situation qui devrait nous hanter jour et nuit. Mais personne n’y pense. Seule une roquette Qassam vient nous rappeler de temps à autre son existence.
Quand l’ONU a publié son rapport en 2012, le taux de chômage à Gaza était de 29 %. Aujourd’hui il atteint, selon la Banque Mondiale 67 % chez les jeunes.
Qui réussit à imaginer à quoi ressemble la vie de ces jeunes qui n’ont ni présent, ni futur ?
C’est toujours le Hamas, qu’évoque Israël quand on parle de Gaza. Le Hamas serait responsable de tout. Il a imposé un siège, bombardé la population de Gaza, tué des milliers de civils et détruit un nombre incalculable de maisons, il tire sur les pêcheurs, et empêche les malades atteints de cancer de se faire soigner.
Quels mensonges, quelle cruauté, quel lavage de cerveau, peuvent faire avaler cela ?
Israël qui n’hésite pas à envoyer des missions humanitaires aux quatre coins du monde, se moque de la catastrophe qu’elle a créée, et qu’elle alimente à sa frontière.
Près de la moitié des habitants de la bande de Gaza vivent avec moins de 5,5 dollars par jour (5 euros), contre 9 % en Cisjordanie par exemple. Le Hamas responsable ?
Le rapport de l’ONU de 2012 indiquait qu’en 2020 Gaza aurait besoin d’au moins 1000 médecins supplémentaires. Au lieu de cela, 160 médecins gazaouis ont été obligés de partir ces trois dernières années, faute de pouvoir survivre.
Une jeune chirurgienne, Dr. Sara al-Saqqa, de l’hôpital Shifa à Gaza témoigne dans le Guardian : elle gagne 300 dollars tous les 40 jours ! S’il n’y avait pas sa vieille mère, elle aussi aurait quitté Gaza.
Et en ce qui concerne l’eau, c’est pire : 97 % de l’eau est impropre à la consommation, et 100.000 mètres cube d’eaux usées se déversent chaque jour dans la Méditerranée.
Trois ans après son rapport de 2012, l’ONU publiait un nouveau rapport indiquant que les massacres israéliens de 2014 ont déraciné un demi-million de personnes de leurs foyers et laissé Gaza dans les décombres.
Mais là encore, cela n’a provoqué qu’un immense bâillement en Israël.
Qu’ils crèvent."
Par Gideon Levy
(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)
Source : Haaretz du 2 janvier 2020 

Gaza : Suspension des Marches du Retour jusqu’au 30 mars prochain et appel à la mobilisation internationale: Le Comité d’organisation des Marches du Retour et pour la levée du blocus de Gaza, annonce qu’il suspend provisoirement les manifestations du vendredi à Gaza, mais nous appelle à une forte mobilisation pour la levée du siège de Gaza, et pour obtenir des sanctions contre les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par Israël. Alors que les Palestiniens commémorent ces jours-ci le onzième anniversaire de l’agression israélienne de fin décembre 2008 contre la population civile, un carnage israélien qui a fait 1470 morts et des milliers de blessés pendant 23 jours de massacres dénommés "Opération Plomb durci" par l’occupant, le "Legal and International Advocacy Committee", demande à ce que l’on n’oublie pas les 316 manifestants assassinés lors de manifestations pacifiques depuis le 30 mars 2018.
"La Cour Pénale Internationale qui a reçu des dossiers de plaintes documentés doit aussi demander des comptes à Israel, concernant ces 316 victimes gazaoues, dont 62 enfants (parmi lesquels 9 étaient handicapés) , deux femmes 4 secouristes et 2 journalistes". 

"Sans oublier les 35 703 blessés dont plus de la moitié ont du être hospitalisés, et incluant 4987 enfants et 864 femmes. Rappelons que près de 10.000 blessés l’ont été par balles et que 185 Palestiniens ont été amputés d’au moins un membre à la sites de ces blessures.

"Nous comptons reprendre nos marches le 30 mars 2020, à l’occasion de l’anniversaire de la Journée de la Terre", indique le Comité, qui réaffirme qu’Israël viole en permanence le droit internationale et les droits humains tels qu’exposés par le Statut de Rome, de la CPI, par les résolutions de l’ONU et la Quatrième Convention de Genève.
Nous appelons toutes les institutions gardiennes du droit international à remplir leur mission éthique et à prendre leurs responsabilités.
Nous appelons la population civile palestinienne à restaurer l’unité nationale et à formuler une stratégie nationale capable de s’opposer aux plans américano-israéliens d’annexion de nos terres.
Nous appelons le président et le gouvernement palestiniens à lever les mesures punitives qui pèsent sur Gaza, à stopper les discriminations fondées sur une base géographique et à populariser le modèle des grandes marches du retour et de la résistance populaire dans toute la Palestine.
Nous appelons la communauté internationale à faire pression sur la puissance occupante pour qu’elle lève le blocus de Gaza, qu’elle cesse de bafouer les droits des prisonniers palestiniens dans les prisons de l’occupant, et qu’elle mette un terme aux crimes de colonisation et d’annexion en Cisjordanie, ainsi qu’à la discrimination raciale qui sévit contre les Palestiniens de 48, et à la judaïsation de Jérusalem Est. Qu’elle fasse également appliquer le droit au retour et aux compensations pour les réfugiés, tel qui l’est inscrit dans le résolution 194 de l’ONU.