Pour tous les enfants de nos amis et tous ceux de la terre afin qu’ils bâtissent un monde meilleur…
LE JARDIN ENCHANTE ET LA PETITE PRINCESSE
DANA LANG
(Collection
"Enfhantements")
Il est une fois...une petite princesse...
Elle a l’habitude de se promener en forêt autour du château de ses parents.Un jour un parfum envoûtant, délicieux et sucré l’enveloppe. Il heurte ses narines et soudain comme ensorcelée, elle suit cette odeur unique et à
nulle autre pareille. Elle arrive devant une maisonnée presque entièrement dissimulée par les arbres de la forêt.Elle tourne
autour de la maison en suivant les senteurs délicates :
---Oh ! Comme il y a de jolies fleurs dans le jardin ! A qui peut bien appartenir cet endroit ? Tiens mais le portail est entrouvert ! Je vais me glisser à l’intérieur et je cueillerai un joli bouquet parfumé.
Elsa, la petite princesse ne sait pas que cette maison est la demeure des fées et qu’il est interdit d’y pénétrer.
---C’est bizarre tout de même jamais je n’avais vu cette maisonnette auparavant. Elle est drôlement jolie et vraiment très bien cachée
ici, à flanc de montagne, peut-être pour ne jamais pouvoir y entrer ?
Elle se
promène dans ce jardin enchanté peuplé de milliers de petits elfes et de lutins. Elle inspecte chaque coin, admire chaque talus. Elle se perd dans un dédale d’allées et de terrasses. Des
seringats odorants se penchent comme pour mieux la saluer. Des rosiers magnifiques offrent leur floraison au parfum suave et veloutée. Des oiseaux et des écureuils montés par les elfes chantent de tous côtés et sautent de branches en branches dans les noisetiers.Il y a tant de
merveilles ici. Elsa est soulevée par le charme de cet endroit mystérieux où l’on entend l’eau couler délicieusement. Une douce musique et une paix profonde envahit ce lieu et vous transporte de
bonheur. Elsa aimerait vivre ici, rester là dans ce coin magique si loin de toutes les préoccupations humaines.
Soudain, elle aperçoit une petite chienne qui coure à travers les
chemins.
---Mais d’où vient-elle ? S’interroge la fillette.
---Bonjour ! Que fais-tu par ici ? Ne sais-tu pas que c’est le logis d’une fée puissante ? Aboie Toopie.
---Une fée ? Mais alors, je ne crains rien, les fées, nos gentilles marraines prennent soin de nous !
---Oui, mais elles détestent être surprises et dérangées et parfois elles se fâchent vraiment si l’on ne respecte pas leurs
règles.
---Oh, rassure-toi, je ne faisais que passer. Mais une odeur étrange m’a attirée jusque là !
---Alors c’est encore un coup de la sorcière Barbiboula ! Elle t’a menée, ici, dans un de ses pièges avec ses arômes
magiques et puissants.
---Quoi ? Tu la connais ! Dans un piège ?
---Oui, elle se tient toujours à l’affût près de cette maison ensorcelée pour capturer les enfants.
---Oh ! Mais alors que va-t-il m’arriver?
---Ne crains rien, je veillerai sur toi.
Tout à coup, Elsa aperçoit un petit lapin conduit par un lutin. Il batifole sur la pelouse d’herbe
tendre. Un chevreuil s’approche, puis un renard suivis par beaucoup d’autres animaux qui s’avancent pour se désaltérer à la source pure et limpide.
---Où allez-vous attendez-moi !
---Que fais-tu ici, enfant ? Tu es en danger car Barbiboula, la jalouse attrape tous les enfants qui traînent pour les
MANGER !
---Les manger ! S’étouffe Elsa
---Oui, elle remplit son gros congélateur avec des petits bien gras pour nourrir ses horribles ogres.
---Oh ! Ce n’est pas possible ! Il faut que je parte vite !
---Tu ne pourras plus t’échapper car Barbiboula a verrouillé toutes les issues.
---Alors qu’est-ce que je vais devenir ?
---Viens avec moi dans mon abri, je te protègerai ! Rassure le renard.
---Oui, viens avec nous dans la forêt. Nous avons un endroit pour nous cacher. Invitent-ils tous en chœur...
(à suivre dans Noëls Enchantés, livre de 80 pages).
"LA LICORNE DU FIRMAMENT"
Et quand avec elle, tu flottais sur l’air du vent, que lui a dit ton cœur d’enfant ?
Sous le soleil de notre planète bleu, qu'as-tu murmuré dans le creux de son oreille?
Raconte-moi… Je sais... Je suis un peu curieuse...
J’ai une famine de savoir… c’est mon ascension cristalline qui vibre à ce diapason…
Depuis mon berceau, j'aime entendre toutes les musiques même celles des chevaux...
Et puis d'ailleurs ce n’est même pas un cheval, différente est sa nature gutturale…
Tout le monde le croit, mais nous, nous savons que c’est un être impérial...
Mais faut pas le dire, tout le monde le voit pas, pour le savoir il faut s’embellir...
Il faut avoir la clé de la fée du monde fastueux pour entrer dans cette voie lactée...
Et pour cela, il faut d'abord nourrir les fleurs de l'Amour pour leur donner le jour…
Alors très zen, leurs corolles s'ouvrent et leurs pistils donnent une poussière d’étoiles…
Une féerie scintille tellement d'intensité que s'ouvre un royaume enchanté de magie…
Tout à l'heure, elle galopait plus vite que je volais et mes petites ailes s’affriolaient…
J'étais trop loin et je n’ai pas entendu, seulement je peux te dire que j’ai été témoin...
J'ai vu que près de toi, elle a chanté, heureuse de te confier le cristal de son émoi...
L'espace d’un temps mobile est devenu un instant immobile au sein du firmament...
Je m'en suis délectée le coeur et même que cela m’a tatouée d’un immense bonheur...
Je te le confie… le bleu humide de mes yeux s'est noyé dans votre ciel mélodieux...
La harpe de sa crinière s'est amplifiée au-delà des sphères, dans l'infini de l'univers...
Je dois encore te dire, la joie de la grandeur de ce partage, à n’en pas finir de t’ébahir…
La distance n'a pas d'importance, sans savoir, elle m’a apprivoisée à l’écoute du recevoir…
Et dans tous ses pâturages, je serai absorbée à tout âge par l'aura de son ramage...
CHRYS LA LICORNE DU FIRMAMENT envoyé par MONPOYON
Aujourd'hui, je reprends mes carnets de voyages...
Après le pays basque français, nous nous engageons malgré quelques
brèves hésitations dans le pays basque espagnol. A droite, l'autoroute sur des kilomètres surmonte l'océan, à gauche la montagne tombe en à-pic au-dessus de nous.
Nous débouchons à San Sébastian vers quartorze heures trente. Nous découvrons la beauté de la ville toute offerte à l'océan avec de belles bâtisses et des bâtiments cossus
dont l'architecture diffère de celle de notre pays. Dans le centre, Maurice s'engage sur une route à deux voies de circulation. De nombreux véhicules occupent ces deux couloirs, le
trafic est dense. Il tourne sur un rond point tout en suivant sa trajectoire à gauche. A ce moment là, une automobiliste croyant pouvoir doubler ce camping car, un peu encombrant sans
doute, s'engage de force et comme une folle sur ce passage à deux voies et se jette contre notre véhicule. Nous sommes anéantis et contrariés. Notre voyage commence bien
et nous sommes écoeurés par cette conduite stupide. En pleine ville nous voici obligés de dresser un constat à l'amiable, évidemment l'occupante de la voiture cumule tous les tords. Au bout
d'un moment la policia arrive pour gérer la situation. Fort heureusement, cela permet à cette "trompe la mort" de s'arrêter de râler. La policia lui démontre son erreur et se montre
très sympathique envers nous. Bon, après une heure de perdue et de gêne pour tous nous reprenons la route, sans nous démonter pour autant mais très déçus tout de même car elle a embouti tout
le coin arrière gauche et rayé profondément tout le côté de notre engin tout neuf. Il ne l'est plus. Les dommages dûs aux accidents à l'étranger sont réglés avec une très grande lenteur.
Nous attendrons leurs remboursements par l'assurance adverse près d'un an et demi ! Attention danger ! Les gens roulent mal ici ! On a vu !
Nous voici engagés, à présent, sur une petite route côtière. Quel régal !
Quel panorama grandiose. Au milieu des montagnes nous surplombons l'océan pour mieux redescendre près des plages, puis remonter et descendre vers des ports de pêche pittoresques et de plus en
plus beaux. Nous oublions presque notre déconvenue.
LEKEITO : Ce soir, nous avons fait le tour à pied de cette petite ville étagée, aux ruelles pavées et très étroites. Leur largeur permettent seulement le passage de deux
personnes. Les toits se frôlent. Les balcons de bois sombres et fleuris des hautes maisons laissent pendre une ribambelle de chemises, de draps et toute sorte de linge blanc ou coloré.
Ce village si typique nous dépayse totalement. Les gens s'interpellent. Ils
parlent fort et cela résonne, claque contre les murs blancs et rapprochés. Des gamins avec leurs sacs à dos sortant de l'école musardent encore. Ils ont dû drôlement traîner, l'horloge indique
vingt heures.
(Photo prise à Lekeito : La fameuse parka du phare de la baleine, beaucoup trop grande, elle servira davantage à Maurice)
Ce soir, nous couchons à Leikeito en pays basque espagnol.
Nous ne nous arrêtons pas à ONDARROA, mais un spectacle tout aussi enchanteur s'offre à nous. La côte très découpée présente des refuges aux eaux piégées entre d'énormes rochers.
Demain, nous tâcherons de prendre quelques photos furtives et de trouver une poste
pour envoyer notre constat d'accident. Constat posté finalement à GERNIKA-LUMO ou BERMEO.
DES CRÉATEURS CONTRE LA BARBARIE
Les écrivains et la guerre d’Espagne
IL y a soixante ans, le 26 avril 1937, au cours de la guerre civile d’Espagne (1936-1939), la petite ville de Guernica, foyer des libertés basques, fut détruite par l’aviation franquiste.
C’était la première fois, dans l’histoire militaire, qu’une agglomération civile était entièrement rasée par un bombardement aérien. Le monde entier en fut ému. Le peintre Pablo Picasso,
bouleversé par ce meurtre de masse, réalisa dans les semaines qui suivirent la célèbre toile que l’on considère comme son chef-d’oeuvre et l’un des sommets de la peinture du XXe siècle. Mais ce
furent surtout les écrivains, espagnols et étrangers, qui réagirent à cette tragédie, laquelle faisait suite à l’assassinat du poète Federico Garcia Lorca. De partout, les plus grands d’entre
eux (ainsi que beaucoup de cinéastes) vinrent en Espagne, quelques-uns pour soutenir le fascisme, la plupart en solidarité avec la République et les libertés.
Quatre heures et demi du mat, les pêcheurs nous réveillent dans un bruit d'enfer. La flotille de pêche espagnole, petits et gros bateaux sur le même modèle bleus marine et blanc est
amarrée à quai, une flotte européenne flambante et neuve. A marée haute, les uns après les autres s'éloignent. Nous les suivons du regard. L'atmosphère de ce réveil en Espagne dans
les embruns matinaux se grave dans nos mémoires. Il fait bon 9° à 5 heures du matin dans ce petit port tassé sur lui-même. Incroyable ! A Capbreton, la température était tombée à -2° et la
météo annonçait une très forte baisse avec des chutes de neige à basse altitude.
Réveillés trop tôt, nous sommes repartis à huit heures. Nous avons
quitté la Côte Basque en direction de BILBAO (BILBO) pour filer vers SANTANDER, deux grandes villes polluées, surpeuplées et lancées dans de vastes chantiers.
(Cartes postales de COMILLAS en Cantabria)
LA CANTABRIA :
Le guide vert nous conseillait de nous arrêter à SANTILLANA DEL MAR, mais nous avons filé. Dommage il s'agissait d'un site remarquable, je crois que nous avons raté un beau coup d'oeil.
Je suis le co-pilote de Maurice et chargée de le guider dans les moindre recoins en étudiant la carte. Rôle que je rempli volontiers et sans problèmes d'autant que je ne conduis plus ayant des
douleurs accentuées.
Nous nous arrêtons à Comillas pour déjeuner. Un joli point de vue se présente à nous. Une large baie s'ouvre sur l'océan mais ce n'est pas un port. Déjà, nous regrettons de ne pas avoir flâné
plus longtemps dans LEITIKO.
Nous roulons jusqu'à SAN VINCENTE DE LA BARGUERA. Un panorama merveilleux et grandiose s'offre à nos yeux émerveillés. Soudain, nous ne regrettons plus rien. Une baie bleue et immense, un port
de pêche, un parc ensoleillé planté de palmiers, des hautes montagnes, la douceur du temps nous séduisent et le paysage est si spectaculaire que j'ai envie de rester là. Nous décidons de
faire halte. Maurice lance sa canne à pêche et je repense à notre journée. Les estuaires de BERMEO et GETXO furent impressionnants, inoubliables. Dommage le temps couvert et brouillasseux n'a pas
permis de faire des photos. LAREDO aussi, en bord de mer, fut un spectacle grandiose avec sa cathédrâle sur un piton rocheux, lequel rocher s'ouvre en deux arches. Mes yeux en restent encore
éblouis. Nous passerons la nuit, ici.
(Carte postale de la porte des ASTURIES : SAN VINCENTE DE LA BARGUERA)
LA ISLA (14 décembre 2001 : 225 km) est un très joli petit village au bord de l'océan. Nous avons pris quatre photos des maisons typiques des Asturies (Pays celtique)
mais, je m'aperçois de ma méprise, il s'agit de sèchoirs à grains. Entretemps, nous sommes allés jusqu'au MIRADOR DEL FITO, par une route en lacets jusqu'aux sommets. Vue imprenable sur
l'océan
et le
PICOS DA EUROPA, mais le soleil joue à cache-cache avec les nuages.
(Silos à grains typiques de la Région des Asturies appelés "hérréos") Nous nous restaurons dans le charmant village de "LA ISLA".
Nous partons vers LASTRES où je pense que nous coucherons...
à suivre...
COMMENTAIRES :
Isabelle a posté :
Te lire est un vrai plaisir, on a l'impression de voyager avec toi.
Kajoline a posté :
Merci de nous faire partager votre periple avec ces photos et ton reciit
on s'y croirait mais bon la je suis chez moi !
Avec mon public et mes deux petits-enfants Mélissa sur ma gauche à mes pieds et Naïli à genoux.
Ici, avec Tenzin Gonpo, artiste tibétain.
COMMENTAIRES :
Isabelle a posté : Merci à toi Dana pour tes remerciements par ton commentaire sur mon blog, la reconnaissance est une grande qualité qui fait
plaisir.
Et merci aussi pour tes précieuses précisons en réponse à mes coms sur tes articles. Gros bisou.
Je vous invite à lire mon arrivée, ma première journée et mes impressions de ce séjour d'une tournée contée en avril 1998 sur le Festival
"Paroles Francophones" de Côte d'Ivoire à Abidjan dans "Mes tournées artistiques" sur la droite de l'écran.
En voici, hélas, quelques très brèves photos. N'ayant pas pu être prise, je n'en ai aucune des prestations que j'ai faite dans les écoles, les villages en fête, les salles de
spectacles, les hôtels...mais, elles demeurent uniques et inoubliables.
Sur ces trois photos vous me voyez en atraction avec "P'tit Brin de Coq", un de mes contes fétiches (et, il y en a beaucoup) dans la grande salle de spectacle de l'Institut du Centre Culturel
Français. Sur la scène, la présence de tous les autres conteurs dans ce Festival...
A la fin, victime de la chaleur, je manque défaillir sur scène. Je me réfugie derrière le rideau ou par chance se trouve une bouche d'aération. Je m'assied ici et n'en bouge plus
jusqu'à ce que je reprenne mes esprits. A partir de ce moment, je ne circulerai plus sans une bouteille de deux litres d'eau à portée de mains, seule condition à ma survie.
Première photo de gauche, le soir de l'arrivée chez Michel, un ami de Manféï Obin (conteur ivoirien), hébétée et suffoquée de chaleur, les cheveux collés par d'abondantes suées...47
° à l'ombre, insoutenable !
Ina, fille de Michel à Assinie...
Notre camp sur la plage d'Assinie...j'ai si chaud que je choisi de dormir sous la tente (au premier plan à droite)...bien entendu, ce que je n'ai pas pu voir
dans le noir...les noix de coco tombent comme feuilles mortes au vent mauvais...La plage en est pleine.
6 heures du matin, le jour se lève...
Ici, sur la photo :
1/ au fond : le dortoir (maison sur pilotis).
2/ la tente où j'ai dormi.
3/ le déjeuner est dressé.
Le matin au réveil, sous le soleil levant, la plage d'Assinie, magnifique sur le bord de l'océan Atlantique, mais elle n'égale pas en beauté la plage de Monbassa (au Kenya), avec sa barrière de
corail sur le bord de l'océan indien aux couleurs turquoises.
800 kilomètres de plage bordée de cocotiers, le golfe de Guinée s'ouvre à mes yeux ravis...je vais me baigner, mais une méduse me brûle le mollet...
Tous les jours de l'année, la nuit tombe à 18 heures en Afrique équatoriale.
Le soir, veillée de contes pour un public averti...où nos hôtes font brûler les noix de coco vides et sèches dans un grand feu de joie qui éclaire l'assemblée.
Les conteurs défilent, ici Henri Cazaux...
L'ombre et sa fraîcheur tant
recherchée...ici, les silhouettes d'Annabel responsable du Festival, et Gilbert Massala, conteur congolais...
Instants de vente et de dédicaces pour Gilbert Massala. Il m'offre son livre dédicacé pour mon anniversaire, ce 13 avril 1998 en Côte d'Ivoire, j'ai 52 ans.
J'en profite pour lui acheter son CD.
La fin d'un repas de réception ! L'ambassadrice de France est parmi nous !
Sur la photo, à gauche, une enseignante, au milieu, mon bien-aimé filleul des contes, Adama Adépoju surnommé "Taxi Compteur" à cause de son conte fétiche, et à droite de la photo,
Gilbert Massala.
Ici, (à gauche de la photo), une bibliothécaire,
puis Annabel debout, mon frère Assane Kouyaté, conteur burkinabé, Sam Cannarozzi, conteur franco-américain,
(à droite de la photo) Adama Adépoju, mon filleul, et une enseignante.
Moi, je fais les photos...
Après ces deux jours riches de rencontres et de plaisirs de paroles et d'écoute
partagés, nous partons pour Abidjan où la suite d'un programme chargé nous attend...Nous nous réunissons dans l'attente des pirogues...
Ici, sur le ponton, Olivier neveu de Manféï, des amis, et au fond, Sam Cannarozzi...
A Abidjan, je serai accueillie chez l'habitant dans un appartement que je partage avec une conteuse. Sur le lit, en posant mes bagages j'aperçois une gigantesque punaise rousse de jardin,
comme nous en avons chez nous, mais, ici en dix fois plus grosse, bien entendu comme toute la faune africaine. Il fait si chaud que la moisissure vole comme poussières en
suspension dans l'air. Je n'ai qu'une seule envie irrésistible, aller m'étendre, m'allonger et dormir sur une natte. La terrasse en plein air au-dessus de l'appartement, seul endroit un
peu frais du secteur m'y invite à défaut de mieux. Seulement, je n'ai pas de natte et je n'ose pas déplaire à ma co-locataire. Pourtant, je suis si mauvaise dormeuse, que je pense qu'elle n'ose
pas se plaindre. Dommage, je vais devoir rester sur un lit où je ne peux rien supporter. Heureusement nous pouvons laisser les portes ouvertes. Une nuit, un coup de vent sauvage va les rabattre.
Cette année, la saison des pluies tarde vraiment à arriver. Nous sommes dans la deuxième saison sèche et la chaleur est suffocante pour les ivoiriens eux-mêmes qui souffrent aussi de ce climat
extrême...le désert avance...
De la terrasse j'observe la vie des ivoiriens. Quel dommage de les voir vivre dans des blocs de moellons sans aucune commodités, ni eau, ni toilettes où la chaleur s'accentue d'autant qu'ils
n'ont que pour seul toit une tôle en acier ondulé sur la tête. Des vaches efflanquées, maigres rôdent sur la chaussée, des poulets "bicyclette" volent et picorent de toutes parts et au
hasard de leurs courses. Des margouillats s'attardent sous la fournaise des chauds rayons d'un soleil plombé. J'entends la voix du muezzin qui appelle à la prière dans des hauts parleurs.
Une vie grouillante de pauvreté et de misère s'acharne à survivre coûte que coûte dans la débrouillardise et le système D, courant dans ces quartiers populaires. Pourtant, je me prend à rêver,
j'imagine la population logée dans ces merveilleuses cases de village qui, si elles étaient adaptées au confort et à l'hygiène indispensables pour tout être humain deviendraient vraiment un
paradis pour eux. Les blancs ont su les fabriquer, bien évidemment, pour les touristes notamment au Kenya dans de luxueux hôtels, fait de dizaine de ces petites cases rondes environnées
de bananiers et de flamboyants, devant le Kilimandjaro alors pourquoi ces êtres devraient continuer à vivre dans un tel dépouillement, pourquoi devraient-ils vivre dans des immeubles en béton
crasseux à la saison des pluies, quant il y a tant de richesses si mal partagées en ce monde ?
Ici, en Côte d'Ivoire, la nation dispose de richesses et de beaucoup de plantations qui permettent aux ivoiriens de ne pas avoir faim, mais le pays demeure sous l'emprise du manque d'eau potable,
de la malaria, de la pauvreté. Au Kenya c'est une toute autre histoire. Le peuple noir à faim et le sida le dévore.
Nous contons à raison de six prestations par jour. Mes pieds, mes jambes gonflent. Elles triplent de volume.
Nous connaissons le bonheur d'aller déjeuner dans des restaurants de plein air où la foule est dense. D'immenses tablées sont dressées et l'on nous sert un poisson et du riz à chaque repas. Quel
délice de manger ce plat avec les mains. Ensuite, un serveur nous présentent une bassine où nous pouvons tous y plonger et y rincer nos doigts et un torchon pour se les essuyer, les uns
après les autres. Les jours de fête, on nous sert du ragondin à la sauce pistache ou pimentée. Cela à le goût du lapin, mais je le préfère en sauce piquante. Sur le parvis de la Mairie de
Cocody, un quartier d'Abidjan, Adama Adépoju, conteur ivoirien de très grand talent, raconte accompagné d'une chanteuse et d'un percussionniste.
(Photo Manféï Obin, conteur ivoirien)
Dans les écoles françaises, Assane Kouyaté et moi-même menons les enfants dans un train d'enfer, un duo pour un festival de contes à batons rompus qui éblouissent les enfants et les
enseignants.
Plus tard, nous interviendrons dans d'autres écoles avec dans l'ordre de passage : Dana Lang, Adama Adépoju, Assane Kouyaté, Henri Cazaux, Josselyn Bérubé (conteur québecois) Manféï Obin.
Les enfants s'en souviendront longtemps.
Nous irons aussi nous produire dans des stages de contes, des apéros-contes (dans les hôtels) dans le stade de Cocody, au Centre Culturel Américain, à
l'Institut Goethe, deux jours dans le village d'Akwaba, où une foule de 5000 personnes, en fête et en délire, nous accueillera avec le chef du village par des danses et des explosions de rires.
Nous dormirons dans une immense villa, où la chaleur est si intense que je ne peux pas supporter le matelas. Je recherche un coin dehors ou sur les nombreuses terrasses. Adama m'aidera dans cette
quête obsédante et au matin, couchée sur une natte, je me réveille au milieu d'une joyeuse jeunesse noire comme l'ébène. Nous nous réveillons dans l'allégresse de la fête.
Pour clore ce merveilleux Festival des "Paroles Francophones", Abou Yam's, le conteur togolais en présence de sa Compagnie Zitic, et toutes les autres
Compagnies africaines se joindront à nous pour finir en une explosion joyeuse des rencontres inoubliables...
Mais nous ne partons pas aussi vite...Nous disposons d'une semaine encore pour visiter le pays. Je n'irai pas en pays dogon, je me sens très fatiguée et en plus, je suis victime d'une grosse
déshydratation. Alors, nous nous promenons dans une vieille ville au passé colonial lourd de présence. Les maisons typiques de ce temps révolu sont habitées ou squattées par les
ivoiriens. Nous allons sur d'immenses plantations d'hévéas et de bananiers. Nous apercevons des champs cultivés d'ananas. Le pays est riche de ses productions en tous genres. Je vais
flâner avec mes amis sur les marchés aux touristes à Abidjan et sur le long de la côte. Nous faisons des achats. Je m'offre deux boubous chamarrés aux couleurs vives de l'Afrique et j'achète une
collection de petites sculptures en métal représentant des griots musiciens pour les offrir à mes enfants et amis. Il m'en reste deux que je conserve comme un trésor précieux.
Je n'oublierai jamais la gentillesse des ivoiriens, de toute leur jeunesse, de tous leurs enfants, de tous ces amis qui nous ont accueillis de merveilleuse façon avec leurs belles âmes,
comme des frères humains.
COMMENTAIRES :
Isabelle a posté :
Kajoline a posté :
Dana répond :
Oui, le destin a voulu que je voyage beaucoup et dans des contrées très lointaines et encore peu connues à l'époque...et bizarrement sur les lieux de la naissance des contes...mais est-ce
vraiment un hasard ?
Et c'est vrai, je m'éprégne comme une éponge de toutes ces émotions, ces images, ces instants vécus, ces rencontres pour les faire vivre et transcrire dans mes contes.
Conteur Auteur,d'inspiration celtique,je poursuis mon travail d'écriture entrepris depuis de très longues années. A la demande des Salons du Livre, je conte à nouveau après une interruption de 9 ans. J'ai écrit, treize spectacles, comportant ch
Texte Libre
Novembre 2011
/
Vous écouter est un
enchantement ! Vos talents d'écriture et
d'orateur sont un plaisir !
Continuez, et merci (S.)
Dana LANG a une écriture si
fluide qu'elle vous embarque jusqu'à la
fin du livre sans que vous
voyez tourner les pages ! (Christian L.)
Pour vos cadeaux au rythme du temps,
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Pour savoir où vous en êtes de votre commande vous pouvez cliquez sur la panier bleu en haut à droite de la page d'accueil.
Voilà, je suis sûre que vous allez comprendre, c'est très facile !
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