Dana répond :
Oui, c'est bien une petite fille, mais je ne me souviens plus de cet endroit. Il y en a eu beaucoup. Quant à celle de la calèche, les enfants ne voulaient plus me quitter et ils m'ont
emmenée...mais, je ne sais plus par quel moyen je suis revenue...
COMMENTAIRES :
Isabelle a posté : De bien beaux intruments de musique comme la harpe, la guitare, la flûte de pan, la flûte traversière ( il me semble ), une
sorte de tambourin non ? On dirait un péruvien le musicien des 9 premières photos non ? En tout cas ça devait merveilleusement bien accompagné tes contes. Réponse de Dana : Encore merci Isabelle pour toutes tes observations. Le musicien qui m'accompagne est un artiste
tibétain. Nienna Elendil a posté : Je voulais vous dire que j'ai boycotté les jeux et que pendant plus d'un mois il y a eu un drapeau
tibétain accroché à ma fenêtre.
J'ai même demandé à mon mari d'éteindre la télévision pendant les journaux télévisés. De toute façon, il n'y a que de la violence.
J'ai été horrifiée d'entendre qu'en Afganistan, on enrolait même les enfants pour servir de bombes humaines et on leur apprend à tirer et à tuer, comme en Angola. La vie humaine n'a aucune valeur
aux yeux de certains hommes mais leur temps est compté ! Dana répond : Merci à vous Nienna, pour tout cela...si chacun d'entre nous s'était comporté ainsi cela aurait eu un très
grand impact à travers le monde et aussi pour la cause juste du Tibet où le crime honteux doit cesser immédiatement. L'expérience nazie devrait hantée toutes les mémoires. Lorsque chacun
réalisera que nous sommes tous liés par les mêmes intérêts que sont les Droits de l'Homme et ceux de la Paix pour chacun et pour tous, et qu'ils faut les défendre pied à pied, l'Humanité aura
fait un bond de géant.
COMMENTAIRES :
Isabelle a posté : Superbe toutes ces photos, que de bons souvenirs, merci beaucoup de nous les faire partager. Réponse de Dana : Maurice ne les connaissaient pas, il vient lui aussi de les découvrir dans ce blog.
Au cours de mes tournées, j'ai pu récolter quelques rares photos, souvent aucune. J'ai perdu aussi des coupures de presse qui
ne m'ont pas été toujours envoyées. Malgré tout il me reste un certains nombres de documents.
Par négligence, par manque de temps, simplement par des informations qui se sont mal faites ou parce que je ne pouvais pas être partout, je regrettte que les plus essentiels ne se
trouvent pas dans mes archives...
Voici, cependant quelques souvenirs...comme autant de témoignages et de souvenirs de bonheur et de joie pure dans l'échange entre mon cher public et moi-même et aussi tant de si riches
rencontres...
( Photos Bron, tous publics 1989
)
(Photos Digne les
Bains, plateau de Valensole, tous publics 1991)
COMMENTAIRES :
Isabelle a posté : C'est chouette quand tu es assise par terre , accroupis avec les enfants, c'est d'autant plus touchant pour eux.
"Un épouvantail se lie d'amitié avec un oiseau. Il devient aux yeux des siens, un traître.
De :Maxime LEDUC, Michel SAMRETH, Martin RUYANT
Prod :SUPINFOCOM Valenciennes 2005
Stage de peinture primale avec artiste peintre Amano. Tous publics scolaires, adultes, enfants, handicapé, 3eme age, entreprise.
Developper votre créativité de facon ludique et découvrer l'artiste qui sommeil en vous.
Retrouvez les créations de l'artiste ou plus d'information pour participer à un stage sur : http://www.art-mano.com
Je ne relate, ici, que des extraits de cette
biographie...
Le précédent article ne représente qu'un infime morceau de vie, que de petites anecdotes sur un vécu long et tumultueux.
Avec Maurice les évènements se sont précipités comme si nous voulions mettre les bouchées doubles, où comme si nous présentions notre déclin, en tout cas, j'avais la prémonition de certains de
ces événements vécus.
Dans les années 1998-99 et 2000-2001, je tournais encore. Malgré nos épreuves Maurice m'a accompagné dans mes spectacles. Je me suis arrêtée à bout de fatigue et de plus en plus malade, mais sur
les plus belles notes qu'un conteur puissent recueillir. Il valait mieux cesser "en pleine gloire" que rester sur de mauvaises prestations pour cause de maladie.
Malade, je l'étais depuis ma naissance avec des symptômes inconnus et dont les médecins ne parvenaient pas à diagnostiquer. Mais, je ne voulais surtout pas m'écouter. En fait, j'étais dans le
déni de la maladie car j'avais eu mon compte de souffrance dans mon enfance et mon adolescence. Entre 7 et 9 ans, plus deux ans de rééducation, mes parents me portaient sur le lit, la chaise
longue, le pot, me donnaient à manger à la cuillère et m'élevaient dans un cocon où pourtant, je connu leur grande pauvreté et souffrais de les voir à la peine.
A 7 ans, paralysée durant deux ans et victime d'un rhumatisme cardiaque, j'étais hospitalisée six mois. Je devais y rester deux longues années mais ma mère enceinte d'un sixième enfant et prête à
accoucher ne pouvait plus venir me voir chaque jour. Elle signa une décharge pour ma sortie, résolue à me faire soigner à la maison où cinq autres tous petits avaient besoin de ses soins.
Quel gâchis alors que je lisais le journal couramment à cinq ans je devais faire le deuil de l'école durant des années. J'avais une soif avide d'apprendre et je manquais cruellement de
livres.
Je me souviens aussi être passée dans la mort...j'ai connu ce tunnel décrit par tant de personnes toutes ces dernières années, quand moi, je suis restée muette à ce sujet pendant tout ce temps.
J'ai vu ma pauvre maman pleurer sur ce lit où je me tenais immobile dans cette immense salle où tant d'enfants souffraient et mouraient aussi.
Je n'oublierai jamais les cris des enfants qui subissaient des ponctions lombaires, d'autres avec des esquarres, les chuchotements et les pleurs étouffés des grands quand un petit s'en allait
vers l'au-delà derrière un paravent, des rideaux tirés autour de son lit.
Mais, j'avais une forte nature et j'étais de bonne constitution. Les soeurs disaient à ma mère que je dormais comme un loir et mangeait comme un ogre. J'étais devenue boulotte à cette époque
mais sans doute cela me sauva-t-il.
Bref, après de longues années de douleur et de souffrance, je refusais tout de go d'être malade et je voulus sortir de ma chrysalide. C'est ce que je fis... Pour en revenir au mois de septembre 2001, nous faisons nos bagages et nous voilà partis via...la Bretagne, envoûtés par la magie celtique et le Festival Interceltique de Lorient où
nous étions en août...à l'hôtel.
Cette fois, en camping-car, nous voyageons itinérant et repassons dans tous nos coins connus ce qui nous donne l'avantage de pouvoir nous attarder et flâner dans les lieux tant aimés. Nous
avons fait adapter notre véhicule pour la machine respiratoire nocturne de Maurice. Le 6 septembre nous sommes à Audierne. Maurice traîne à la pêche sur le port de Douarnenez.
Nous rentrons juste le temps de relever le courrier, de faire tourner une machine et repartons vers le sud. Nous explorons la côte du Roussillon que je ne reconnais plus depuis ma jeunesse, et
filons jusqu'à Cerbère, Banyuls à la frontière espagnole où je ne suis jamais venue. Nous revenons sur nos pas. Mais la côte est défigurée par les promoteurs de Béziers jusqu'à Sète. Déception,
circulez il n'y a plus rien à voir et en plus on ne supporte pas les camping-cars !
Nous arrivons au Grau du Roi où nous devons retrouvés un couple d' amis à qui
nous payons le séjour pour nous avoir aidés sur notre terrain (creusement de canalisations).
Une dizaine de jours de pêche où Maurice en difficulté de marcher achète deux minis vélos pour pouvoir se déplacer. Cela lui donne une idée géniale pour les vacances des
petits enfants mais difficile à réaliser pour les grand parents. Mais sa prothèse le gêne et il ne pédale qu'avec la pédale de gauche pour avancer, cela lui donne une drôle de
dégaine...enfin, les hommes se régalent à pêcher 12 plies, et soles, deux anguilles.
Le temps devient furieux sur Sommières et la région. Du coup, le Vidourle charrie des troncs d'arbres, des torrents de boue et tous les immondices du secteur ! Les pêcheurs en profitent pour
vidanger leurs cuves. Ils polluent allègrement tout le port. Cela pue le pétrole à plein nez et rend toute pêche impossible. Une tournée d'insectes fous nous dévorent. Nous achetons un grand
renfort de repousse-petites-bêtes-qui-piquent.
Finalement nous partons pour un petit tour sur la côte d'azur en pensant par Marseille, Istres, St Cyr les Lecques, Bandol, St Mandrier, Six Fours, Toulon que je ne reconnais plus depuis mon
enfance, et ainsi jusqu'à Nice. Mais nous nous ennuyons ici. Nous faisons un arrêt sur les plages du débarquement, Cavalière et Cavalaire. Puis nous retournons via Six Fours visiter une tante
pour le week-end, le temps d'aller chiner aux puces, d'un restau et d'une ballade en bateau sur les Iles d'Embiez. Nous rapportons une grande poupée de chiffon et des moulinets de pêche de
nos achats aux puces. Le temps de relever le courrier et nous prenons la poudre d'escampette.
(PHOTO : St Martin de Ré à marée basse)
Cette fois nous passons prendre Mélissa
et Naïli pour un séjour en vélo sur l'île de Ré (nous avons su plus tard que le vélo est interdit avec une prothèse). Naïli fête l'anniversaire d'un copain et en l'attendant, j'installe leur
linge dans les placards prévus à cet effet, et hop ! C'est parti !
Nous passons à la Rochelle puis nous traversons le pont et arrivons avec ravissement sur cette île destinée aux vélos. Nous avons beaucoup de chance, le temps est de la partie. Il fait encore
très beau. Le grand-père et la grand-mère, elle, qui n'a pas touché un vélo à part un mois dans sa vie (tous sports interdits), ressemblent à deux crapauds sur roulettes suivis de leurs
deux jeunes petits en vélos tous terrains (VTT). Nous roulons sur des pistes en pleine nature pour parvenir aux plages. C'est ainsi que nous parvenons au Phare de la Baleine où nous dégotons une
belle parka de pêcheur à prix modique (comme elle va nous être utile)!
Nous visitons St Martin de Ré que j'adore et les enfants sont heureux de manger
au resto après tous les pique-niques ingurgités en randonnée. Et puis, ils font une promenade à dos d'âne culottés. Ces huit jours passés ensemble se déroulent à la vitesse de l'éclair et nous
rentrons enthousiasmés par nos vacances malgré les fesses endolories, les monstreuses courbatures que je ressens durement et il faut bien le reconnaître nous sommes morts !
Reprendre le courrier, tourner une machine de linge et nous voici à nouveau sur les routes. ..Je trépigne d'impatience, je pleure de joie. Nous voici à nouveau dans le village de mon père,
merveille des merveilles : Hégenheim !
Nous prenons la route de Belfort à Bâle. Et ainsi, je reconnais violemment toutes les odeurs de mon enfance. Les maisons alsaciennes terriblement embellies ont fières allure, peintes en bleue,
rose, vert, jaune, citron, mauve, de toutes les nuances fortes ou fluos sur la panoplie des tons. Les colombages en sont tous regaillardis ! Et, puis les retrouvailles avec nos cousins et leurs
maisons toutes parées de mille et une fleurs de géraniums, de décors merveilleux, de couleurs et de petits coeurs, se déroulent joyeusement. Je visite "mon village" de fond en comble, je le
respire. Je vibre de bonheur. Nous passons en Suisse, en Allemagne, à Mulhouse pour acheter des caleçons à Maurice car il a froid sur sa prothèse. Merveilleuse parenthèse d'une Alsace si chère à
mon coeur.
Nous rentrons chez nous après ce séjour du 6 au 13 novembre. Maurice
doit recevoir un fauteuil roulant électrique aussi nous venons chercher le fauteuil roulant manuel dont il ne peut plus se servir pour le remonter chez les cousins. Nous avons eu le coeur crevé
de voir le grand-père hémiplégique se déplacer dans un fauteuil de bureau sur roulettes à l'intérieur de sa maison. Nous lui portons le 15 et 16 novembre. C'était un
déplacement pour rien. Le fauteuil est resté abandonné dans un coin, mais nous comprenons la difficulté pour le papi à le manoeuvrer.
De là, nous traversons la France en direction de la Vendée via St Brévin les Bains, traînons le long de la côte. Nous visitons le marais breton, et passons trois jours sur l'île de
Noirmoutiers, le temps de connaître ses marais salants, ses plages, ses ostréiculteurs.
Nous partons en direction de la Rochelle, Rochefort puis prenons le bac le soir pour traverser l'estuaire de la Gironde qui nous mène de Royan à Soullac sur la côte
basque.
Nous longeons la Baie d'Arcachon, descendons jusqu'à Biscarosse,
visitons les lacs, les étangs...
Nous voici à Contis Plage, village qui avait accueilli mon père à l'âge de dix sept jusqu'à à dix huit ans. Le 27 novembre 2001, nous photographons la maison des Laparade, toujours
là sur la dune. Nous avons rencontré Jeanne Lacoste qui a beaucoup connu le papa de ma cousine lorsque il était réfugié ici, tout comme mon père. Ce terrible jour de la déclaration de guerre le
1er septembre 1939 où l'ordre fut donné à tous les alsaciens d'abandonner leur maison, leur bétail, leurs animaux domestiques pour fuir si loin de chez eux abandonnant les clefs sur leur porte.
Ils ont dû partir avec quelques maigres biens. Plus de 8000 alsaciens transportés pendant trois jours épuisants échouèrent dans les Landes, assoiffés, sales et charriés dans des wagons à
bestiaux. Ils seront hébergés à Morcenx, Mézos, St Julien en Born, Mimizan et Contis Plage où ils vivront une longue année.
Le 11 décembre 2001, nous allons visiter Morcenx, jumelée avec Hégenheim, à
présent. L'arrivée de la gare est impressionnante. On revit l'Histoire de ce temps-là.
A présent, une grande belle place, où l'on joue à la pétanque est à remarquer par ses gros platanes taillés en tonnelle. Le vieux bourg de Morcenx est pittoresque. Des maisons à colombages, une
rivière, des forêts de pins en font tout son charme. C'est ainsi que je retrouve un moment du passé douloureux de mon père et où j'ai l'idée d'écrire son parcours de jeunesse, de guerre
et de rencontre avec ma mère dans le bulletin historique de son village natal. J'apprends ainsi que j'ai vécu les deux premières années de ma vie à Hégenheim. Nous patrouillons la région avec un
bonheur sans égal, Mimizan et son lac, Soustons et son lac, Léon et son lac, Hossegor et son lac...
Durant trois semaines, nous avons établi notre camp de pêche dans le port de Capbreton.
Après un temps d'observation et d'adaptation Maurice attrape 24 belles dorades délicieuses, un gros chinchard, quelques vives, des moules, des huitres, des éperlans, des
crabes...Heureux !
Nous poursuivons nos découvertes avec Bayonne, Anglet, Biarritz, Bidart, Hendaye, St Jean de Luz...superbes endroits que je garde gravés dans ma mémoire...
Maurice était parti pour une campagne de pêche...mais, nous ne savions pas encore vers quels rivages nous allions échouer !
COMMENTAIRES :
Sylvie a posté : que de merveilleux souvenir ils vous restent de toutes ses épopées. bisous Isabelle a posté
: La vie ne t'as vraiment pas épargné dès ton enfance, ça fait plaisir de voir que tu as pu avec Maurice malgré tout partager de merveilleux
moments par ces superbes voyages.
C'est "amusant" les ânes en "pantalons" en Charentes Maritimes, que l'on voit sur une de tes photos, j'en parle vers la fin de mon blog justement. Réponse de Dana
: Cette coutume amusante servait autrefois à protéger des moustiques les ânes qui travaillaient sur l'ïle.
L’hiver 2000-2001 est éprouvant. Je me débats depuis 1991 avec la route communale jamais déneigée et cela continue.
En 1998-99 nous sommes contraints de laisser notre voiture sur la route au-dessus de chez nous et faire plus de 800 mètres à pied sur une pente. Cela devient vite invivable. Je ne
supporte plus la souffrance de Maurice à de pareils efforts et où moi-même, je peine depuis tant d'années. Pour pouvoir sortir de chez nous, nous achetons un 4X4 et cet hiver là, il nous sera
d'une utilité vitale. Nous en profiterons l'été 1999 pour parcourir le briançonnais et la région de Sestrière en Italie.
Le 20 décembre 2000, Maurice doit subir une intervention chirurgicale au pied droit pour une arthrodèse.
Puis en janvier 2001, à la suite de deux à trois opérations par an, de 1980 à 2000 (soit durant vingt ans) pour des greffes osseuses
puisées sur ses tibias afin de reconstituer les têtes d’os et les articulations des genoux, sans compter d’autres opérations de toutes sortes dont celles dues à deux très graves accidents de moto
et de voiture, ses jambes, à présent, éprouvent le besoin impérieux de prothèses totales aux deux genoux.Pour réussir la pose
de ces prothèses, le chirurgien doit ôter un genre de gros cavaliers qui ornent chaque jambe où ceux-ci demeurent enkystés dans ses os, soit quatorze clous énormes. Il passera une heure trente
sur un genou au lieu de vint minutes.
Jamais, les chirurgiens ne se permettent d’ouvrir deux jambes à la fois car comment se
remettre debout ? Mais il faut réduire coûte que coûte les trop nombreuses opérations déjà subies. Et puis, Maurice est un dur de dur, on peut tenter le coup !
En février 2001, après plusieurs consultations à Lyon, arrive le jour J. L’intervention chirurgicale a lieu à la clinique St
Charles à Lyon Croix Rousse. C’est un nouveau choc très agressif pour son organisme. Le chirurgien insiste pour qu’il aille en maison de repos et surtout pour la rééducation de son genou. Il ne
veut pas. Il a une grosse habitude des opérations sur ses jambes. Il se rééduquera très bien à la maison, comme il en a l'habitude. Mais, le chirurgien insiste. Il partira donc directement dans
un centre de l’Ain.
Je lui rends visite chaque jour, soit 200 km par jour durant 12 jours, par temps de neige, chutes de neige qui me
régalent beaucoup mais où je dérape sur une plaque de verglas dans un virage que je maîtrise fort heureusement. Et puis, je crève un pneu en région lyonnaise, il faut dire que les pneus
du 4X4 sont rapés.
En trois jours, son moral baisse à vue d’oeil. Il fait des crises cardiaques chaque nuit. Je le trouve dans un état d’affaiblissement extrême. La troisième nuit, je reçois son appel désespéré.
Je me précipite à sept heures du matin devant la Maison de Repos et j’attends l’ouverture des portes. Je fais un scandale car
personne ne lui a prêté secours, un surveillant pour trois étages. Je réclame une ambulance, mais la direction me demande d’attendre quatorze heures. Je comprends qu’elle préfère ses propres
ambulances privées. Je téléphone pour une ambulance extérieure.
En relation avec notre généraliste, nous partons direction Hôpital Edouard Herriot à Lyon.
Hélas, ici, c’est la guerre. Des dizaines de malades prennent patience sur des brancards. Des pompiers arrivent avec des blessés. Un état d'urgence aux Urgences ! Maurice au comble de la
souffrance avec sa jambe fraîchement opérée et son état général inquiétant attend difficilement sur la planche raide de son brancard. Aux examens cardiaques, les internes de service ne trouvent
rien et concluent à de la spasmophilie. Je demeure interdite, stupéfiée, atterrée ! Donc, ils ne le gardent pas !...et…nous rentrons à la maison, après un long et difficile voyage en ambulance où
Maurice est charrié épouvantablement.
Mais, les crises se poursuivent durant un mois et je ne sais plus que faire. Comme il tousse dans ces moments là, je pense à une
angine de poitrine.
Je viens de passer un électrocardiogramme dans une clinique près de Lyon. Je prends rendez-vous pour Maurice chez ce spécialiste. Il
détecte des extrasystoles et une angiopathie. Après un infarctus en 1994 et deux embolies pulmonaires, voici que les choses se compliquent. De plus, son ex cardiologue lui prescrivait des remèdes
qui lui faisaient battre le cœur à 160 pulsations minutes alors que sa nature le fait battre à 50 pulsations. Il faut arrêter ce traitement rapidement. Son cœur s’épuise d’autant qu’il est doté
d’une assistance respiratoire nocturne depuis 1998. Donc nouveau protocole de soins et puis, maintenant Maurice ne pourra plus recevoir la prothèse tant nécessaire sur le genou gauche.
Dans cette longue période je dois le pousser dans son fauteuil roulant car il ne peut pas le faire lui-même au vu l’état de
son coeur, ce que bien entendu, il déteste. A ce moment là seulement, je réalise l’épreuve quotidienne, lourde et inimaginable des obstacles en tous genres à franchir, ce parcours du
combattant que la société impose à une personne en situation de handicap et très malade par-dessus le marché.
C’est aussi dans cette période qu’un employé des impôts voulant faire du zèle, s’en prend à nous et déclare tout bonnement qu’il ne possède pas sa carte d’invalidité alors qu’elle avait été
jointe à son dossier. J’écris au Président de la République Jacques Chirac car au retour de Bretagne, à la fin d'été 1999, notre compte a été prélevé sans notre avis d’une somme de plus
de six cent euros, du coup nous sommes à sec. Cependant, je ne reste pas les deux pieds dans le même sabot. J’entreprends de faire refaire sa carte d’invalidité. Pour cela, il nous faudra durant
trois mois, courir d’administrations en administrations…poussant les meubles dans des bureaux trop étroits ou reçus dehors et sous la pluie, faute de pouvoir franchir les portes, nous vivons des
choses incroyablement pénibles. Nous devons retourner dans le département de l’Ain, celui du Rhône, puis de la Loire…refaire des papiers, des certificats vieux de 20 ans, repasser devant une
Commission d’attribution de la carte d’invalidité traitée autrefois par les impôts (dossier jeté à la poubelle à l’époque) puis par la Cotorep pour finir en MDPH…Invraisemblable !
Entretemps, le Président a fait le nécessaire. Le remboursement abusif d’une somme que nous n’avions pas à payer est réglé, juste
alors que nous venons d’achever ce périple épuisant. Mes lettres au Centre des Impôts ont agies. L’employé zélé ne sera pas promu… N’empêche que d’énergies aura-t-il fallu déployer pour faire
reconnaître ses Droits, quand déjà les problèmes de santé nous accablent ?… Enfin, encore une fois, Maurice se rétablit. Il se relève.
Deux mois plus tard, il marche 6 kilomètres autour du Lac des Sapins, accompagnés de deux amis et de moi-même. Sa volonté est
inébranlable.
Nous partons en Bretagne. Au retour, Maurice éprouve la nostalgie de ses vieux camping-cars, camping-carisme qu’il a pratiqué de
longues années. Nous décidons d’en acheter un. Nous commandons le véhicule que nous aurons en septembre.
Rien ne l’arrête. Ces deux dernières années, entre deux voyages soit en Bretagne, soit en Alsace, nous avons fait réaliser
l’architecture de notre jardin à coups de pelleteuse en creusant la colline autour de la maison, afin que nous puissions créer des terrasses en pelouse et des talus arborés. Maurice veut à tout
prix en finir par un muret de pierres qui longe la route communale desservant notre maison et celles de deux voisins en résidence d’été. Il décide de maçonner ce mur pour obtenir une solidité
définitive.
Le thermomètre annonce 40 °. Parvenu à la moitié de la longueur, il abandonne son ouvrage pour la journée. Il prend une douche froide,
c’est alors qu’il m’appelle. Je ressens une étrange anxiété dans sa voix. Je m’approche. Il ne reconnait plus rien, se demande ce qu’il fait là, la maison, la voiture le surprennent. Il ne sait
plus rien sauf que je suis sa femme depuis toujours. Avec effroi, je comprends qu’il est victime d’une attaque cérébrale avec une amnésie et un début de paralysie à gauche.
J’appelle aussitôt une ambulance, mais sans l’avis d’un docteur, les ambulanciers refusent de l’emmener. Je téléphone à
un médecin qui prend vraiment son temps. Je bouillonne, on peut mourir cent fois, ici !
Enfin après plus d’une heure, il part à l’Hôpital. Je lui rends visite et lui conseille de ne pas acheter le véhicule que nous avons commander mais il n’en démord pas. Il veut partir !
Au bout de huit jours, les toubibs le laissent rentrer ce qui m’étonne. Il se repose à la maison une huitaine, va chercher son engin
et nous partons :
« Si je meurs en route, tu me ramèneras dans la soute à bagage ! » S’exclame-t-il.
Nous ne savons pas encore que nous allons vivre la plus folle audace, une épopée grandiose dans le plus long voyage pratiqué par deux
jeunes mariés de cinquante cinq et cinquante sept ans…
A SUIVRE…dans « Les Sanglots du Vent, histoire d’une vie ». Dana LANG,
COMMENTAIRES :
Sonia a posté :
chez dana c'est de la magie pure je vais souvent y lire de belles choses sa me déten merci pour ton travail biz a toi dana
Luce a posté : coucou Dana, merci pour les coms, c'est vrai que nous nous sommes amusés comme des gamins!!!!!!!!!ça fait du bien!j'ai lu
votre aventure, c'est beau l'amour, ça aide dans les moments difficiles, vous avez eut votre part, je vous souhaites de belles aventures , encore et encore!!!!!!!!!bisous de nous deux
Luce Fernand
Sylvie a posté :
Isabelle a posté : Que de souffrances! que d'angoisses ! que de peines ! Mais quelle force incroyable et quel
courage vous avez tous les 2, on ne peut que vous admirer et s'efforcer de prendre exemple sur vous dans nos petits malheurs comparés à toutes les épreuves que vous avez
rencontrées.
Conteur Auteur,d'inspiration celtique,je poursuis mon travail d'écriture entrepris depuis de très longues années. A la demande des Salons du Livre, je conte à nouveau après une interruption de 9 ans. J'ai écrit, treize spectacles, comportant ch
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Novembre 2011
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