Partager l'article ! FANTASTIQUES/ VOYAGES...LA FOLLE AUDACE DE VIVRE: (PHOTO DU JARDIN : Fleurs d'Abélia ) L’hiver 2000-2001 est é ...
(PHOTO DU JARDIN : Fleurs d'Abélia )
L’hiver 2000-2001 est éprouvant. Je me débats depuis 1991 avec la route communale jamais déneigée et cela continue.
En 1998-99 nous sommes contraints de laisser notre voiture sur la route au-dessus de chez nous et faire plus de 800 mètres à pied sur une pente. Cela devient vite invivable. Je ne
supporte plus la souffrance de Maurice à de pareils efforts et où moi-même, je peine depuis tant d'années. Pour pouvoir sortir de chez nous, nous achetons un 4X4 et cet hiver là, il nous sera
d'une utilité vitale. Nous en profiterons l'été 1999 pour parcourir le briançonnais et la région de Sestrière en Italie.
Le 20 décembre 2000, Maurice doit subir une intervention chirurgicale au pied droit pour une arthrodèse.
Puis en janvier 2001, à la suite de deux à trois opérations par an, de 1980 à 2000 (soit durant vingt ans) pour des greffes osseuses puisées sur ses tibias afin de reconstituer les têtes d’os et les articulations des genoux, sans compter d’autres opérations de toutes sortes dont celles dues à deux très graves accidents de moto et de voiture, ses jambes, à présent, éprouvent le besoin impérieux de prothèses totales aux deux genoux. Pour réussir la pose de ces prothèses, le chirurgien doit ôter un genre de gros cavaliers qui ornent chaque jambe où ceux-ci demeurent enkystés dans ses os, soit quatorze clous énormes. Il passera une heure trente sur un genou au lieu de vint minutes.
Jamais, les chirurgiens ne se permettent d’ouvrir deux jambes à la fois car comment se remettre debout ? Mais il faut réduire coûte que coûte les trop nombreuses opérations déjà subies. Et puis, Maurice est un dur de dur, on peut tenter le coup !
En février 2001, après plusieurs consultations à Lyon, arrive le jour J. L’intervention chirurgicale a lieu à la clinique St Charles à Lyon Croix Rousse. C’est un nouveau choc très agressif pour son organisme. Le chirurgien insiste pour qu’il aille en maison de repos et surtout pour la rééducation de son genou. Il ne veut pas. Il a une grosse habitude des opérations sur ses jambes. Il se rééduquera très bien à la maison, comme il en a l'habitude. Mais, le chirurgien insiste. Il partira donc directement dans un centre de l’Ain.
Je lui rends visite chaque jour, soit 200 km par jour durant 12 jours, par temps de neige, chutes de neige qui me
régalent beaucoup mais où je dérape sur une plaque de verglas dans un virage que je maîtrise fort heureusement. Et puis, je crève un pneu en région lyonnaise, il faut dire que les pneus
du 4X4 sont rapés.
En trois jours, son moral baisse à vue d’oeil. Il fait des crises cardiaques chaque nuit. Je le trouve dans un état d’affaiblissement extrême. La troisième nuit, je reçois son appel désespéré.
Je me précipite à sept heures du matin devant la Maison de Repos et j’attends l’ouverture des portes. Je fais un scandale car
personne ne lui a prêté secours, un surveillant pour trois étages. Je réclame une ambulance, mais la direction me demande d’attendre quatorze heures. Je comprends qu’elle préfère ses propres
ambulances privées. Je téléphone pour une ambulance extérieure.
En relation avec notre généraliste, nous partons direction Hôpital Edouard Herriot à Lyon.
Hélas, ici, c’est la guerre. Des dizaines de malades prennent patience sur des brancards. Des pompiers arrivent avec des blessés. Un état d'urgence aux Urgences ! Maurice au comble de la
souffrance avec sa jambe fraîchement opérée et son état général inquiétant attend difficilement sur la planche raide de son brancard. Aux examens cardiaques, les internes de service ne trouvent
rien et concluent à de la spasmophilie. Je demeure interdite, stupéfiée, atterrée ! Donc, ils ne le gardent pas !...et…nous rentrons à la maison, après un long et difficile voyage en ambulance où
Maurice est charrié épouvantablement.
Mais, les crises se poursuivent durant un mois et je ne sais plus que faire. Comme il tousse dans ces moments là, je pense à une angine de poitrine.
Je viens de passer un électrocardiogramme dans une clinique près de Lyon. Je prends rendez-vous pour Maurice chez ce spécialiste. Il détecte des extrasystoles et une angiopathie. Après un infarctus en 1994 et deux embolies pulmonaires, voici que les choses se compliquent. De plus, son ex cardiologue lui prescrivait des remèdes qui lui faisaient battre le cœur à 160 pulsations minutes alors que sa nature le fait battre à 50 pulsations. Il faut arrêter ce traitement rapidement. Son cœur s’épuise d’autant qu’il est doté d’une assistance respiratoire nocturne depuis 1998. Donc nouveau protocole de soins et puis, maintenant Maurice ne pourra plus recevoir la prothèse tant nécessaire sur le genou gauche.
Dans cette longue période je dois le pousser dans son fauteuil roulant car il ne peut pas le faire lui-même au vu l’état de
son coeur, ce que bien entendu, il déteste. A ce moment là seulement, je réalise l’épreuve quotidienne, lourde et inimaginable des obstacles en tous genres à franchir, ce parcours du
combattant que la société impose à une personne en situation de handicap et très malade par-dessus le marché.
C’est aussi dans cette période qu’un employé des impôts voulant faire du zèle, s’en prend à nous et déclare tout bonnement qu’il ne possède pas sa carte d’invalidité alors qu’elle avait été
jointe à son dossier. J’écris au Président de la République Jacques Chirac car au retour de Bretagne, à la fin d'été 1999, notre compte a été prélevé sans notre avis d’une somme de plus
de six cent euros, du coup nous sommes à sec. Cependant, je ne reste pas les deux pieds dans le même sabot. J’entreprends de faire refaire sa carte d’invalidité. Pour cela, il nous faudra durant
trois mois, courir d’administrations en administrations…poussant les meubles dans des bureaux trop étroits ou reçus dehors et sous la pluie, faute de pouvoir franchir les portes, nous vivons des
choses incroyablement pénibles. Nous devons retourner dans le département de l’Ain, celui du Rhône, puis de la Loire…refaire des papiers, des certificats vieux de 20 ans, repasser devant une
Commission d’attribution de la carte d’invalidité traitée autrefois par les impôts (dossier jeté à la poubelle à l’époque) puis par la Cotorep pour finir en MDPH…Invraisemblable !
Entretemps, le Président a fait le nécessaire. Le remboursement abusif d’une somme que nous n’avions pas à payer est réglé, juste
alors que nous venons d’achever ce périple épuisant. Mes lettres au Centre des Impôts ont agies. L’employé zélé ne sera pas promu… N’empêche que d’énergies aura-t-il fallu déployer pour faire
reconnaître ses Droits, quand déjà les problèmes de santé nous accablent ?…
Enfin, encore une fois, Maurice se rétablit. Il se relève.
Deux mois plus tard, il marche 6 kilomètres autour du Lac des Sapins, accompagnés de deux amis et de moi-même. Sa volonté est inébranlable.
Nous partons en Bretagne. Au retour, Maurice éprouve la nostalgie de ses vieux camping-cars, camping-carisme qu’il a pratiqué de longues années. Nous décidons d’en acheter un. Nous commandons le véhicule que nous aurons en septembre.
Rien ne l’arrête. Ces deux dernières années, entre deux voyages soit en Bretagne, soit en Alsace, nous avons fait réaliser l’architecture de notre jardin à coups de pelleteuse en creusant la colline autour de la maison, afin que nous puissions créer des terrasses en pelouse et des talus arborés. Maurice veut à tout prix en finir par un muret de pierres qui longe la route communale desservant notre maison et celles de deux voisins en résidence d’été. Il décide de maçonner ce mur pour obtenir une solidité définitive.
Le thermomètre annonce 40 °. Parvenu à la moitié de la longueur, il abandonne son ouvrage pour la journée. Il prend une douche froide, c’est alors qu’il m’appelle. Je ressens une étrange anxiété dans sa voix. Je m’approche. Il ne reconnait plus rien, se demande ce qu’il fait là, la maison, la voiture le surprennent. Il ne sait plus rien sauf que je suis sa femme depuis toujours. Avec effroi, je comprends qu’il est victime d’une attaque cérébrale avec une amnésie et un début de paralysie à gauche.
J’appelle aussitôt une ambulance, mais sans l’avis d’un docteur, les ambulanciers refusent de l’emmener. Je téléphone à
un médecin qui prend vraiment son temps. Je bouillonne, on peut mourir cent fois, ici !
Enfin après plus d’une heure, il part à l’Hôpital. Je lui rends visite et lui conseille de ne pas acheter le véhicule que nous avons commander mais il n’en démord pas. Il veut partir !
Au bout de huit jours, les toubibs le laissent rentrer ce qui m’étonne. Il se repose à la maison une huitaine, va chercher son engin et nous partons :
« Si je meurs en route, tu me ramèneras dans la soute à bagage ! » S’exclame-t-il.
Nous ne savons pas encore que nous allons vivre la plus folle audace, une épopée grandiose dans le plus long voyage pratiqué par deux jeunes mariés de cinquante cinq et cinquante sept ans…
A SUIVRE…dans « Les Sanglots du Vent, histoire d’une vie ». Dana LANG,
COMMENTAIRES :
Sonia a posté :
chez dana c'est de la magie pure je vais souvent y lire de belles choses sa me déten merci pour ton travail biz a toi dana
Luce a posté :
coucou Dana, merci pour les coms, c'est vrai que nous nous sommes amusés comme des gamins!!!!!!!!!ça fait du bien!j'ai lu
votre aventure, c'est beau l'amour, ça aide dans les moments difficiles, vous avez eut votre part, je vous souhaites de belles aventures , encore et encore!!!!!!!!!bisous de nous deux
Luce Fernand
Sylvie a posté :
Isabelle a posté :
Que de souffrances! que d'angoisses ! que de peines ! Mais quelle force incroyable et quel
courage vous avez tous les 2, on ne peut que vous admirer et s'efforcer de prendre exemple sur vous dans nos petits malheurs comparés à toutes les épreuves que vous avez
rencontrées.