Mercredi 27 août 2008 3 27 /08 /Août /2008 10:23

Je vous invite à lire mon arrivée, ma première journée et mes impressions de ce séjour d'une tournée contée en avril 1998 sur le Festival "Paroles Francophones" de Côte d'Ivoire à Abidjan dans "Mes tournées artistiques" sur la droite de l'écran. 
En voici, hélas, quelques très brèves photos. N'ayant pas pu être prise, je n'en ai aucune des prestations que j'ai faite dans les écoles, les villages en fête, les salles de spectacles, les hôtels...mais, elles demeurent uniques et inoubliables. 
Sur ces trois photos vous me voyez en atraction avec "P'tit Brin de Coq", un de mes contes fétiches (et, il y en a beaucoup) dans la grande salle de spectacle de l'Institut du Centre Culturel Français. Sur la scène, la présence de tous les autres conteurs dans ce Festival...
A la fin, victime de la chaleur, je manque défaillir sur scène. Je me réfugie derrière le rideau ou par chance se trouve une bouche d'aération. Je m'assied ici et n'en bouge plus jusqu'à ce que je reprenne mes esprits. A partir de ce moment, je ne circulerai plus sans une bouteille de deux litres d'eau à portée de mains, seule condition à ma survie. 
 Première photo de gauche, le soir de l'arrivée chez Michel, un ami de Manféï Obin (conteur ivoirien), hébétée et suffoquée de chaleur, les cheveux collés par d'abondantes suées...47 ° à l'ombre, insoutenable !



    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 Ina, fille de Michel à Assinie...

 
 Notre camp sur la plage d'Assinie...j'ai si chaud que je choisi de dormir sous la tente (au premier plan à droite)...bien entendu, ce que je n'ai pas pu voir dans le noir...les noix de coco tombent comme feuilles mortes au vent mauvais...La plage en est pleine.


6 heures du matin, le jour se lève...


Ici, sur la photo :
1/ au fond : le dortoir (maison sur pilotis).
2/ la tente où j'ai dormi.
3/ le déjeuner est dressé.
 
Le matin au réveil, sous le soleil levant, la plage d'Assinie, magnifique sur le bord de l'océan Atlantique, mais elle n'égale pas en beauté la plage de Monbassa (au Kenya), avec sa barrière de corail sur le bord de l'océan indien aux couleurs turquoises.                                    

 800 kilomètres de plage bordée de cocotiers, le golfe de Guinée s'ouvre à mes yeux ravis...je vais me baigner, mais une méduse me brûle le mollet...







 Tous les jours de l'année, la nuit tombe à 18 heures en Afrique équatoriale.

Le soir, veillée de contes pour un public averti...où nos hôtes font brûler les noix de coco vides et sèches dans un grand feu de joie qui éclaire l'assemblée.

Les conteurs défilent, ici Henri Cazaux...


L'ombre et sa fraîcheur tant recherchée...ici, les silhouettes d'Annabel responsable du Festival, et Gilbert Massala, conteur congolais...




 


Instants de vente et de dédicaces pour Gilbert Massala. Il m'offre son livre dédicacé pour mon anniversaire, ce 13 avril 1998 en Côte d'Ivoire, j'ai 52 ans.
J'en profite pour lui acheter son CD.
  

La fin d'un repas de réception ! L'ambassadrice de France est parmi nous !

Sur la photo, à gauche, une enseignante, au milieu, mon bien-aimé filleul des contes, Adama Adépoju surnommé "Taxi Compteur" à cause de son conte fétiche, et à droite de la photo, Gilbert Massala.   


Ici, (à gauche de la photo), une bibliothécaire,
puis Annabel debout, mon frère Assane Kouyaté, conteur burkinabé, Sam Cannarozzi, conteur franco-américain,
(à droite de la photo) Adama Adépoju, mon filleul, et une enseignante.
Moi, je fais les photos... 
Après ces deux jours riches de rencontres et de plaisirs de paroles et d'écoute
 partagés, nous partons pour Abidjan où la suite d'un programme chargé nous attend...Nous nous réunissons dans l'attente des pirogues...

Ici, sur le ponton, Olivier neveu de Manféï, des amis, et au fond, Sam Cannarozzi...

A Abidjan, je serai accueillie chez l'habitant dans un appartement que je partage avec une conteuse. Sur le lit, en posant mes bagages j'aperçois une gigantesque punaise rousse de jardin, comme nous en avons chez nous, mais, ici en dix fois plus grosse, bien entendu comme toute la faune africaine. Il fait si chaud que la moisissure vole comme poussières en suspension dans l'air. Je n'ai qu'une seule envie irrésistible, aller m'étendre, m'allonger et dormir sur une natte. La terrasse en plein air au-dessus de l'appartement, seul endroit un peu frais du secteur m'y invite à défaut de mieux. Seulement, je n'ai pas de natte et je n'ose pas déplaire à ma co-locataire. Pourtant, je suis si mauvaise dormeuse, que je pense qu'elle n'ose pas se plaindre. Dommage, je vais devoir rester sur un lit où je ne peux rien supporter. Heureusement nous pouvons laisser les portes ouvertes. Une nuit, un coup de vent sauvage va les rabattre. Cette année, la saison des pluies tarde vraiment à arriver. Nous sommes dans la deuxième saison sèche et la chaleur est suffocante pour les ivoiriens eux-mêmes qui souffrent aussi de ce climat extrême...le désert avance...

De la terrasse j'observe la vie des ivoiriens. Quel dommage de les voir vivre dans des blocs de moellons sans aucune commodités, ni eau, ni toilettes où la chaleur s'accentue d'autant qu'ils n'ont que pour seul toit une tôle en acier ondulé sur la tête. Des vaches efflanquées, maigres rôdent sur la chaussée, des poulets "bicyclette" volent et picorent de toutes parts et au hasard de leurs courses. Des margouillats s'attardent sous la fournaise des chauds rayons d'un soleil plombé. J'entends la voix du muezzin qui appelle à la prière dans des hauts parleurs. Une vie grouillante de pauvreté et de misère s'acharne à survivre coûte que coûte dans la débrouillardise et le système D, courant dans ces quartiers populaires. Pourtant, je me prend à rêver, j'imagine la population logée dans ces merveilleuses cases de village qui, si elles étaient adaptées au confort et à l'hygiène indispensables pour tout être humain deviendraient vraiment un paradis pour eux. Les blancs ont su les fabriquer, bien évidemment, pour les touristes notamment au Kenya dans de luxueux hôtels, fait de dizaine de ces petites cases rondes environnées de bananiers et de flamboyants, devant le Kilimandjaro alors pourquoi ces êtres devraient continuer à vivre dans un tel dépouillement, pourquoi devraient-ils vivre dans des immeubles en béton crasseux à la saison des pluies, quant il y a tant de richesses si mal partagées en ce monde ?
Ici, en Côte d'Ivoire, la nation dispose de richesses et de beaucoup de plantations qui permettent aux ivoiriens de ne pas avoir faim, mais le pays demeure sous l'emprise du manque d'eau potable, de la malaria, de la pauvreté. Au Kenya c'est une toute autre histoire. Le peuple noir à faim et le sida le dévore.
Nous contons à raison de six prestations par jour. Mes pieds, mes jambes gonflent. Elles triplent de volume.
Nous connaissons le bonheur d'aller déjeuner dans des restaurants de plein air où la foule est dense. D'immenses tablées sont dressées et l'on nous sert un poisson et du riz à chaque repas. Quel délice de manger ce plat avec les mains. Ensuite, un serveur nous présentent une bassine où nous pouvons tous y plonger et y rincer nos doigts et un torchon pour se les essuyer, les uns après les autres. Les jours de fête, on nous sert du ragondin à la sauce pistache ou pimentée. Cela à le goût du lapin, mais je le préfère en sauce piquante.

Sur le parvis de la Mairie de Cocody, un quartier d'Abidjan, Adama Adépoju, conteur ivoirien de très grand talent, raconte accompagné d'une chanteuse et d'un percussionniste.


(Photo Manféï Obin, conteur ivoirien)

Dans les écoles françaises, Assane Kouyaté et moi-même menons les enfants dans un train d'enfer, un duo pour un festival de contes à batons rompus qui éblouissent les enfants et les enseignants. 

Plus tard, nous interviendrons dans d'autres écoles avec dans l'ordre de passage : Dana Lang, Adama Adépoju, Assane Kouyaté, Henri Cazaux, Josselyn Bérubé (conteur québecois) Manféï Obin. Les enfants s'en souviendront longtemps.

 Nous irons aussi nous produire dans des stages de contes, des apéros-contes (dans les hôtels) dans le stade de Cocody, au Centre Culturel Américain, à l'Institut Goethe, deux jours dans le village d'Akwaba, où une foule de 5000 personnes, en fête et en délire, nous accueillera avec le chef du village par des danses et des explosions de rires. Nous dormirons dans une immense villa, où la chaleur est si intense que je ne peux pas supporter le matelas. Je recherche un coin dehors ou sur les nombreuses terrasses. Adama m'aidera dans cette quête obsédante et au matin, couchée sur une natte, je me réveille au milieu d'une joyeuse jeunesse noire comme l'ébène. Nous nous réveillons dans l'allégresse de la fête.

Pour clore ce merveilleux Festival des "Paroles Francophones", Abou Yam's, le conteur togolais en présence de sa Compagnie Zitic, et toutes les autres Compagnies africaines se joindront à nous pour finir en une explosion joyeuse des rencontres inoubliables...

Mais nous ne partons pas aussi vite...Nous disposons d'une semaine encore pour visiter le pays. Je n'irai pas en pays dogon, je me sens très fatiguée et en plus, je suis victime d'une grosse déshydratation. Alors, nous nous promenons dans une vieille ville au passé colonial lourd de présence. Les maisons typiques de ce temps révolu sont habitées ou squattées par les ivoiriens. Nous allons sur d'immenses plantations d'hévéas et de bananiers. Nous apercevons des champs cultivés d'ananas. Le pays est riche de ses productions en tous genres. Je vais flâner avec mes amis sur les marchés aux touristes à Abidjan et sur le long de la côte. Nous faisons des achats. Je m'offre deux boubous chamarrés aux couleurs vives de l'Afrique et j'achète une collection de petites sculptures en métal représentant des griots musiciens pour les offrir à mes enfants et amis. Il m'en reste deux que je conserve comme un trésor précieux.

Je n'oublierai jamais la gentillesse des ivoiriens, de toute leur jeunesse, de tous leurs enfants, de tous ces amis qui nous ont accueillis de merveilleuse façon avec leurs belles âmes, comme des frères humains.


COMMENTAIRES :
Isabelle a posté :

  • Que de paysages, de cultures et d' humains différents qui apportent tellement de richesse au coeur .

    A propos du sens de mon blog je préfère malgré tout le laisser comme ça parce qu'ainsi chaque article reste toujours à la même page. Bisou merci duonseil quand même.


Kajoline a posté :

  • Mais dis moi tu voyage beaucoup et je pense que tu dois faire bon usage de toute cette culture que tu rencontres

Dana répond :
Oui, le destin a voulu que je voyage beaucoup et dans des contrées très lointaines et encore peu connues à l'époque...et bizarrement sur les lieux de la naissance des contes...mais est-ce vraiment un hasard ?
Et c'est vrai, je m'éprégne comme une éponge de toutes ces émotions, ces images, ces instants vécus, ces rencontres pour les faire vivre et transcrire dans mes contes.

Par LA VALLEE DE DANA (DANA LANG) - Publié dans : DANA CONTE EN SPECTACLE
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