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SAMEDI 12 janvier 2002 :
Nous avons passé une nuit excellente. Il est 9 heures.
Ce matin, nous partons pour la laverie et puis faire la vidange et le plein d'eau.
La lessive lavée, séchée et pliée nous coûte 18 euros pour deux machines. Nous retournons chez le marchand d'articles de pêche, Maurice a besoin de quelques hameçons et puis il se procure un mini
système de bricolage pour la manette de la vidange de la salle de bains cassée lors d'un passage dans un trou. On ne se méfiera jamais assez des routes, bien que celles d'Espagne se
trouvent dans un état excellent en comparaison à celles du portugal. Rouler ici, devient un plaisir.
Depuis hier, nous constatons le désertification des campings-cars sur les zones sauvages. Ils ont tous été jetés. Nous rencontrons certains de ceux-là parqués derrière de hauts grillages,
sans un arbre, sans vue, sans horizon marin...le guetto quoi ! En tout cas, ils se sont tous volatilisés...où çà?...certains des plus aventuriers en partance pour le Maroc. Il faut reconnaître
que la Guardia Civile a beaucoup à faire le long des côtes andalouses avec les clandestins et aussi avec la drogue. Il n'est pas aisé d'en venir à bout.
Nous, nous restons derrière le port de Garrucha, en face des ruelles
commerçantes, du marché et de la poste. Si l'on ne nous chasse pas (mais comment le pourraient-ils ?)nous sommes heureux sur ce petit parking entre la plage et la criée, cernés par des lauriers
roses. En face des palmiers grandissent le long du quai.
DIMANCHE 13 janvier 2002 :
Quel calme dans Garrucha et son petit port de pêche. Toutes activités ayant cessées, nul doute, les espagnols se sont rendus à la messe. Ce pays est très pieux et les fêtes religieuses passent au
tout premier plan.
Nous sommes tranquilles pour aller pêcher dans le port, ce matin. Maurice prend une quantité de petits poissons plats et argentés avec la queue en V.
Les espagnols revenus de la messe, en tenues du dimanche tournent autour de lui en s'exclamant : "Palometta ! Palometta !" . Nous comprenons qu'il s'agit du nom de ces poissons. Ils ont l'air
d'en être friands ! Nous pensons qu'il doit être très bon et l'après-midi je me mets à pêcher aussi, tous les deux confortablement installés dans nos fauteuils. Nous attrapons trois kilos de
cette friture. Qu'elle n'est pas ma surprise de constater le bas rempli d'une espèce de bave d'escargot gluante et gélatineuse ! Ces poissons doivent se défendre de cette façon ? Ils le font
aussi par une rangée d'aiguilles acérées sur la nageoire dorsale et deux pics aigûs sur la nageoire caudale !
J'en garde les marques dans la main. N'importe nous coupons cette rangée d'épines, nous rinçons ces fameux "Palometta" dans de l'eau vinaigrée. Ils ne possèdent pas
d'écailles seulement une peau luisante genre hareng ou les serpents (les sabres) entrevus à la criée. Nous les faisons frire. Un régal ? Pas tout à fait...ils sont remplis d'arêtes acérées
et dures et le peu de chair autour n'en fait pas un plat de gourmet. Comment font les andalous pour les manger ? Quoiqu'il en soit nous renonçons et jetons ce que la poêle ne peut plus contenir
par manque d'huile...je pense que nous avons avalé plus d'huile que de chair de poissons ! Moralité : ces beaux poissons d'argent, vivaces et goulus resteront de la nourriture pour les oiseaux !
Ils n'ont aucun intérêt culinaire...Peut-être se moquait-on de nous pour pêcher de tels poissons...on ne le saura pas !
Maurice observe les pêcheurs à la dérobée. Ils font des pièges à pieuvres. Ayant vu cela , ce soir, il récupère sur le port beaucoup de fil épais et des bout de cordes. Avec ses triplards, il
confectionne des attrape-poulpes. A la nuit, il les accroche sous un rocher. Demain, il vérifiera ses prises.
Nous finissons la journée par trois parties de scrabble. A la troisième, il se venge. Enfin, il l'a eut sa revanche !
LUNDI 24 janvier 2002 :
Le trafic à repris de plus belle dans le
port de Garrucha. Un va et vient de gros bateaux que l'on charge de sable à ras la soute. Ils arrivent très hauts et monumentaux et repartent très bas sur la limite de flottaison, alourdit
au maximum.
Ce matin, après une nuit embrumée de songes variés et étranges, je me réveille comme tous les matins vaseuse et endormie. Maurice saute dèjà dans ses baskets, comme toujours. Nous filons au
premier point d'eau où nous recontrons nos français "aux crevettes". Dissimulés et réfugiés là, sur ce bout de côte, derrière une tranchée, peureux, ils attendent. La policia n'a pas pu les
remarquer ou bien ils font semblants de ne pas les voir. Ensuite, nous nous approvisionnons chez Dia. Puis, nous retournons au port.
Nous allons à la posta prendre nos lettres. Nous avons deux cartes. L'une d'amis et l'autre de mon fils avec un envoi de caoutchoucs, un stop fond et un bout de laine,
Maurice est heureux. C'est bien, le courrier ne se perd plus à présent.
Maurice pêche, toujours avec autant de fièvre et de passion. Je fais le repas. Pour changer des calamars, ce sera des pommes de terre, petits pois aux lardons et des pâtes au beurre. Après sa
partie de pêche où il attrape des civelles, il s'affale sur le sable. Une belle chute où il aurait pu, une fois de plus se faire très mal. Je pense toujours à sa prothèse...Le temps qu'il se
remette de ses émotions, nous revoici lancés dans une séance de scrabble effrénée. Il me bat à l'usure comme il dit et trois fois ! Il est fier de lui et si excité qu'il ne parvient plus à
s'endormir ! Le comble !
MARDI 15 février 2002 :
Nous nous réveillons à 9 h 30 ! Enfin,
comme chaque jour, nous en avons pour une heure à nous préparer et nous quittons finalement notre base pour aller acheter...des calamars au supermercado après Olé. Très pratique pour la
pêche, je lui laisse tous les déchets et en râlant un peu, quelques bouts de tentacules dont les poissons raffolent (moi aussi).
Puis, dans ce but, nous nous installons sur la plage au bout de Mojacar face à la petite rade. Je prépare ma cuisine. Il revient vers 12 heures. Cà ne veut pas mordre aujourd'hui ! Nous
changeons d'endroit pour nous rendre sur la plage sauvage vers la tour. Ici, il peut pêcher depuis les rochers et la pêche est bonne dans ce coin. Les français revenus de leurs courses à
Garrucha se garent derrière nous. A nouveau, les revoilà derrière nous à Mojacar. C'est à croire qu'ils nous ont suivis. Vont-ils nous rejoindre dans les rochers ? Pas sûr...
Bon, après mes écritures, je retrouve Maurice sur son rocher. Près de nous, une femme seule en mini camping-acr fait bronzette. Avec son engin, elle doit passer partout. Maurice me fait signe de
rentrer, il vient de casser sa gaule. Il peste furieusement. Il doit reprendre ses vieilles cannes increvables. Dégoûté nous finissons par nos scrabbles. Nous ne regardons plus la télé
depuis longtemps, nous avons le souci d'économiser électricité pour son assistance respiratoire.
MERCREDI 16 janvier 2002 : temps superbe, 20° à l'ombre, et nous reprenons notre âme vagabonde...
Après la poste et l'achat d'un "barra pan", nous décidons de faire un tour. Nous reprenons la route de Mojacar, Turre puis l'autovia pour Alméria. Nous retrouvons la ville avec sa
forteresse et son parc promenade empli de palmiers.
Sa longue avenue sur la mer, son aspect désertique et sauvage
rendent cette ville très agréable propice à la flânerie sur ces beaux trottoirs andalous. Nous suivons cette route à bord de notre véhicule. Nous passons devant l'embarcadère pour le Maroc.
Je prends une photo du ferry qui vient juste de partir. Nous longeons
la côte très longtemps. Puis nous suivons la signalisation pour CABO DE GATA. Nous pensons qu'il faut se munir de casses croûtes plutôt que de s'investir en cuisine. Les calamars, tous
prêts, attendront ce soir.
Nous continuons notre route et nous tombons
sur un petit village neuf, tout blanc, avec quelques pêcheurs. Leurs barques gisent sur la plage. Nous nous arrêtons pour manger sur une place occupée par quatre camping-cars
allemands. Installés au soleil, ils attendent devant des jeux pour distraire leurs enfants.
L'espagne décidément avance dans des chantiers gigantesques où des villes, des villages neufs, jaillissent du sol du jour au lendemain. Partout des grues, des travaux, des montagnes
éventrées pour le passage de nouvelles routes nous surprennent à chaque détour. Comme elle était belle l'autovia en descendant sur Alméria...
et ces routes qui, à travers les sierras débouchent à chaque fois sur un village blanc, un
horizon, un point de vue sur la mer...inoubliables !
Après un repas rapide, nous poursuivons sur Cabo de Gata où s'offre à nos yeux émerveillés un nouveau paysage remarquable !
Nous traversons une zone aride recouverte d'aloès de quelques eucalyptus et de figuiers de
Barbarie. Sur des kilomètres nous observons un panorama étrange entre sierras et Méditerrannée. Des maisons blanches isolées près de marais salants et là, deux petits villages typiques
reconstruits un peu à l'ancienne nous arrêtent. Nous avons une grande envie de rester là, devant les cabanes et les barques multicolores des pêcheurs. Leurs maisons de l'autre côté de la rue
laissent pendre leur linge au soleil. Il fait très chaud !
Le village au bout de l'entrée du Cabo étincelle de blancheur devant la mer d'un bleu profond. Toujours du linge suspendu et à la terrasse d'un petit café, deux touristes perdus là, boivent leur
bière, nonchalants. Nous entrevoyons des camping-cars installés sur une petite route au bout du village et juste devant la mer.
Nous prenons la voie qui grimpe au-dessus de ce village où nous remarquons les vestiges
d'une cave ou maison enterrée, la moitié du toit effondré laisse entrevoir un endroit très frais sous le niveau du sol, indispensable dans une région aussi brûlée par le soleil.
Nous grimpons puis la route rétrécit brusquement en à-pic sur la mer. Ah ! Je ne suis pas rassurée !
Il n'y a de passage que pour une seule voiture sur cette voie en lacets et tout à côté la beauté pure s'offre à nous sur le paysage d'une côte découpée et d'un
phare posé sur le rocher. Tout en bas, cinq ou six maisons luxueuses avec un tennis occupent le seul bout de terrain sur ce coin aride et très sauvage.
Arrivés au "faro" Maurice me prend en photo devant ce remarquable endroit, mais
nous sommes arrivés devant un cul de sac...
Nous faisons demi-tour jusqu'au rond point qui indiquait "San José". Arrivés là, nous constatons avec regret que ce lieu magnifique est squatté par les constructions pour les touristes. On
se console de n'y trouver aucun immeuble uniquement des maisons cubes blancs avec terrasse bâchée (tissu rideau) pour maintenir l'ombre indispensable.
Nous visitons chaque côté de la baie...à l'autre bout un petit port de plaisance.
Ballotté par les dos d'ânes notre camping-car doit passer sans péter à nouveau ses vannes...une gageure lorsque toutes les voitures et tous les cars grattent le cul par terre ! Au
port nous prenons un café sur une terrasse chauffée à blanc. Cela promet pour l'été ! Port touristique, l'interdiction de pêcher est de mise. Nous voici plongés sans le savoir dans le milieu snob
espagnol !
Nous n'insistons pas et repartons pour prendre la
(Photos : LAS NEGRAS, la "Guardia Civile" à cheval dans les rues)
route de Nijar, cap sur le "parque natural de las Negras".
Nous découvrons un site typique du lieu et encore un merveilleux petit village en bord de mer. Là aussi, les promoteurs construisent ! Mais tout s'harmonise avec l'endroit. Au
centre du pays, nous découvrons une petite place, un hotel au bout et au milieu huit bacs de lavage (lavoirs). Maurice en profite pour faire le plein et moi celui de photos. Des blocs de
rochers énormes surgissent de la mer. La place sur le côté semble offrir l'hospitalité à quelques touristes de passage. On y resterait volontiers mais nous avons promis à nos voisins de nous
retrouver à la criée de Garrucha. Dommage ! Las Negras et toute sa région demeure un site à découvrir en détail. Nous reviendrons.
Plus loin, un autre bourg accédant à la mer nous propose ses ruelles en cul de sac. Poussés par la curiosité, nous abandonnons notre véhicule pour le visiter à pied. Les casas en
bord de mer exposent toutes de très belles terrasses au bord de l'eau. Quelques petites barques de pêche demeurent étalées au soleil. Près d'une maisonnette, accrochée à une bite
d'amarrage une barque expose ses couleurs neuves bleu, blanc, rouge.
Nous rentrons par la route à travers la sierra pour rejoindre la voie rapide jusqu'à
TURRE-MOJACAR. Nous retraversons ces deux jolis villages. Il semble que l'ardeur du soleil fasse étinceler plus fort leur blancheur et rende le paysage plus beau. Il
renforce leurs tonalités chaudes et vives.
Arrivés sur notre camp, nos voisins pas revenus, nous allons à la criée. Je prends quelques photos mais le spectacle n'est pas aussi riche qu'hier. Maurice se met en quête d'un magasin pour
obtenir une boisson gazeuse, nous avons pris chaud. Il fait tout le village avant de trouver une boutique ouverte. Il revient, évidemment, sans plus pouvoir se traîner. Nos voisins arrivent et
pourtant, il repart avec eux ! Finalement, rien à la criée ce soir ! Rideau !
J'ai pris froid durant le voyage. J'ai mal à l'oreille.
JEUDI 17 janvier 2002 :
J'ai souffert toute la nuit. Nous partons vider et faire le plein d'eau. Je souffre toujours avec un plus un mal de tête carabiné.
Nous nous garons à notre place favorite habituelle. Maurice s'en va à la pêche plein de bonnes résolutions et moi, j'écris. Plongée dans nos souvenirs d'hier, il surgit trempé,
glacé dans un pull qui lui arrive aux chaussettes. Lui aussi vient de plonger, mais...dans la mer !
Il a glissé sur un rocher et pour ne pas se blesser ou casser sa prothèse, il s'est jeté sur le dos à trois mètres du bord. Du coup, il vient de se baigner ce 17 janvier 2002 dans une eau
très, très fraîche. C'est vraiment le roi de la catastrophe ! Il se change de la tête au pied. Deux pêcheurs en barque, surpris par ce plongeon étrange, ont proposé de lui
porté secours en ramant vers lui mais il avait déjà regagné le rivage. Tout les pêcheurs alentour ont dû être stupéfaits et heureusement, moi, je n'ai rien vu ! Tous les jours il en
trouve une nouvelle !
Bon, après le repas nous rencontrons nos voisins sur la rade de Mojacar. Je fais la sieste. Je ne me sens pas très bien. Sans se protéger, Maurice accumule les coups de soleil sur le
crâne et le visage. La soirée se termine la tête dans le scrabble.
VENDREDI 18 janvier 2002 :
Jour de marché à Garrucha, trois énormes
camping-car allemands et un anglais squattent le parking. Nous déambulons dans les petites rues affublés de notre super petit kaddy que tout le monde nous envie. Nous faisons le plein de bonnes
oranges et mandarines à la peau très épaisse et fripée, si fraîches et garnies de leurs feuilles, un vrai délice ! Nous trouvons d'excellents poivrons colorés, aubergines, tomates, et de
merveilleuses olives. Cette fois, nous prenons des lasagnes, des tranches de saucisses rouges et du jambon 'serrano" chez le boucher qui nous a attiré par son pain. Puis le sac plein de
victuailles nous rentrons dans notre maison sur roues.
L'après-midi se déroule comme hier sur la plage de Mojacar. Nous faisons quelques rencontres déplaisantes. Nous tournons la page.
SAMEDI 19 janvier 2002 :
Nous décidons de rouler vers CARBONERAS.
Nous reprenons cette route qui
m'avait tant impressionnée la première fois. Quel panorama grandiose s'ouvre devant nous sur la mer ! Ces points de vue sur les Sierras plongeant dans la Méditerranée nous impressionnent.
Nous prenons un café sur une magnifique terrasse :
"Buenas dias, dos cafés solos por favor" !
Ce sont des mots magiques ! Aussitôt prononcés, aussitôt servis ! Bon, il faut bien se remettre de ses émotions. Puis, nous rentrons pour revenir à notre point de départ, Garrucha.
Fatigués après les traditionnelles parties de scrabble, nous plongeons au lit, épuisés.
DIMANCHE 20 janvier 2002 : de GARRUCHA à CORDOBA (Cordoue)
Encore une nuit agitée où j'ai mal dormi, réveillée par mes ronflements et mes positions où je me bloque. De plus, les andalous font la fiesta (ils ont bien raison). des jeunes viennent jouer au
ballon autour de nous à 1h30 du matin et le ballon rebondit deux à trois fois sur notre véhicule. Ensuite des cris, des rires et des sifflements retentissent dans la rue, quelques pétards puis à
5 h20, un groupe de fêtards, hommes et femmes, riant fort passent autour de nous en cognant dans notre engin. A moitié endormie, je sursaute en repensant à Sévilla, mais les voix disparaissent
dans la nuit et je m'endors, Maurice se réveille brusquement.
Au matin, une sorte de malaise d'angoisse me trouble. Je ne sais pas pourquoi.
Est-ce un pressentiment ou le mal du pays ou d'être restée trop longtemps dans le même coin, j'ai subitement envie de partir. Un noeud me serre dans le dos comme une ernie. Maurice le ressent.
Aussitôt, il prend le taureau par les cornes et décide de lever les voiles. En fait, j'ai envie d'aller faire le tour des villes que nous nous étions promis d'aller voir absolument, le moment
semble venu.
CORDOBA, GRANADA, nous arrivons ! Et...nous voilà partis !
Nous faisons le plein d'eau, vérifions tout, rangeons le matériel, quittons les français, enfin nous ne traînons pas ! Heureusement, nous avons eu le temps de diverses emplettes pour nous et les
enfants.
HUERCAL-OVERA :
Nous filons sur la voie rapide de VERA à HUERCAL-OVERA, puis nous prenons la C323 jusqu'à BAZA. Là nous traversons la Sierra de Los Filabres, éberlués par le paysage qui se déroule sous nos yeux.
Les montagnes paraissent des tas de sable somme enquistés, comme d'énormes dunes soudées les unes après les autres (Studio de cinéma, décor de cartons pâtes pour des westerns
célèbres).
Puis les montagnes changent. Après l'aridité extrème quelques cimes recouvertes de pins surgissent autour de BAZA.
Puis vers ZUGAR (C323) apparaît un lac d'où la vue devient vite impressionnante de beauté à
CRUEVAL DEL CAMPO. On se croirait dans l'Arizona tant ces montagnes
semblent faites pour y tourner des westerns (et...effectivement nous apprendrons plus tard qu'il y a un studio de cinéma (car nous passerons devant au retour) et que certains westerns y ont été
réalisés). Et puis, voici POZO ALCON et la route sinueuse et étroite se met à grimper dans la montagne de plus en plus haut. Les essences se métamorphosent. Là, les plantes ressemblent à nos
pays méditerranéens, thyms, lavandes, pins, génévriers, etc...mais, nous voici à 1300 mètres. Maurice commence à refaire ses malaises à plus de mille mètres, comme aux Asthuries et dans le
briançonnais. Il prend de plus en plus mal à la tête et son coeur lui serre. Aussi, je préfère que nous ne montions pas à AZORLA que le guide nous indique comme un point de vue remarquable. Il
semble, bien entendu que nous ayons la vue sur le petit et très grand lac formé par le Guadalquivir...mais, nous avons une vue imprenable sur la Sierra et c'est déjà superbe.
Puis, nous redescendons bien vite sur QUESADA. Quelle vision incroyable entre les montagnes.
D'un paysage à l'autre nos regards sont attirés sur des hectares et des hectares d'oliviers ! Voici bien l'Espagne de la démesure ! Après les millions de tomates et ses serres gargantuesques, des
orangers et des citronniers par milliers, voici des oliviers par milliards ! Une telle vision vous décoiffe ! Nous traversons cette zone, ahuris de contempler ainsi, le travail des
hommes. Les montagnes ressemblent à têtes africaines toutes nattées par des rangées d'oliviers ! Quesada se révèle à son tour un village andalou splendide surplombant les collines
alentour avec la chaîne de la Sierra de Segura dans son dos. Clic ! Clac ! Merci Kodak, je prends la photo ! Nous venons de franchir un col avec de la glace à son sommet, nous
avons encore du mal à le croire. Nous abandonnons ce merveilleux village blanc et perché comme tous les autres villages d'Andalousia et nous continuons à traverser des collines cultivées
d'oliviers à perte de vue. Nous traversons UBEDA qui mérite le détour et laissons de côté BAEZA. Nous réservons CORDOBA pour demain. Nous regagnons la direction de BAILEN, puis nous bifurquons
sur la N IV (E5) via CORDOBA. L'autovia est rapide, le soleil vif nous gêne pour rouler, mais nous trouvons enfin une aire d'autoroute après ALCOLEA et à vingt kilomètres notre destination. Ouf,
encore une bonne journée !
SAMEDI 21 janvier 2002 : 2° extérieur et 8° intérieur (panne de gaz) 184 km.
Hier soir, nous avons dû quitter notre aire, un camion frigo venait de se garer à côté de nous. En pleine partie de scrabble, nous avons fuit ce vacarme épouvantable pour trouver un
autre endroit plus tranquille loin des poids lourds. Nous bénéficions des autovias gratuites en Espagne mais les aires de repos sont rares et minuscules souvent les camions les occupent
à eux seuls, obligés alors de se faufiler entre eux. Les coins tranquilles deviennent alors très rares. Nous tombons en panne de gaz en pleine nuit, comme de juste par une nuit
froide. Heureusement sous les plumes il fait très chaud, mais Maurice avec sa machine, garde le nez gelé toute la nuit. Au matin, nous faisons une toilette rapide et il me conserve un peu d'eau
tiède pour me laver les cheveux tous collés et poisseux d'embruns. Il me sèche les cheveux rapidement pendant que j'enfile en hâte mes chaussettes. Le moteur en roulant réchauffe le bahut et au
bout d'un moment nous parvenons à la température décente de 18°.
Nous roulons via CORDOBA. Très vite, nous arrivons dans une grande et belle ville aux larges avenues ornées de parcs exotiques dont les palmiers, plantes grasses et orangers nous accueillent
gracieusement. De loin, nous apercevons la cathédrale mais nous sommes entrés par le nord et il faut descendre les avenues pour se retrouver au centre ville. Malheureusement, je fais tourner
Maurice à droite au lieu de prendre à gauche l'avenue des arabes et du coup, nous sortons de la ville. Il doit faire une manoeuvre inverse pour regagner le centre. Cette fois, nous
suivons attentivement les flèches mais nous nous perdons encore ! Enfin, nous nous dirigeons vers le Guadalquivir. Le fleuve se présente, ici, avec moins de débit et plus sauvage qu'à
Sévilla. Cela le rend étrange.
Nous traversons le pont Romano. Il faut reprendre en arrière, retraverser
le pont et prendre la route à droite, voici l'ALCAZAR et tout à côté le PONT ROMAIN,
la GRANDE ROUE, la PORTE ROMAINE, et enfin la MEZQUITA (mosquée-cathédrale). Nous trouvons une place, juste derrière devant les calèches. Nous tentons de payer notre
place, en vain, la boite refuse les euros. Nous laissons notre véhicule pour nous engager dans les jolies ruelles piétonnes emplies d'orangers où pendent les merveilleux fruits.
Encore de belles calèches, cette fois, attelées à deux chevaux attendent devant la
MEZQUITA. Nous entrons avec délice à l'intérieur de ce monument célèbre par le jardin des orangers. Jardin arabe où chaque pied planté dans un système de rigoles ingénieux reçoit l'arrosage
nécessaire et renvoie une douce fraîcheur. Une place au dalage de galets recouvre cet ensemble lui offrant le plus bel effet. Des galeries encadrent cet agréable jardin apaisant et
frais. C'est ici que nous achetons nos billets d'entrée. Nous pénétrons dans l'ancienne mosquée de Cordoue (Cordoba). Quel spectacle !!! Quel architecture extraordinaire !!! Nous ressentons tout
de suite à quel point il est biennommé au Patrimoine Universel !
D'abord à l'entrée nous somme saisis, le souffle court par autant de beauté. Le monument islamiste nous accueille avec pas moins de 850 colonnes en fer à cheval dont les couleurs
et les sculptures nous pètent au visage. Nous sommes abasourdis par cet extraordinaire bâtiment religieux. Le temps de nous remettre pas à pas, d'avancer avec lenteur dans la fraîcheur des lieux,
un nouveau choc nous saisit. Pas croyable, une cathédrale en plein coeur, juste au milieu de la mosquée ! Le temps de se remettre, nous observons le mélange des styles, l'évolution
architecturale d'un édifice époustouflant de beauté et de travail grandiose !
La forêt de 850 colonnes en arcs de fer à cheval formés de pierres blanches et de briques rouges restent un souvenir ineffaçable. Nous visitons la cathédrâle au coeur
de cet ensemble où les styles se mélangent et se confondent. Nous ressortons encore sous le charme du lieu, époustouflés, dans le jardin des orangers où l'eau s'écoule et murmure doucement
autour de la symétrie des arbres. Ce sont de tels jardins qui deviendront un exemple pour les habitations particulières, notamment le "patio andalou" que nous retrouverons partout
omniprésent dans la ville. Aussi le fer forgé prédomine dans CORDOBA nous ramenant à tout ce que nous avons pu observer au cours de ce périple andalou.
La visite terminée, nous retournons vers notre véhicule déposer quelques
affaires et nous nous dirigeons vers la "JUDERIA",
l'ancien quartier
juif, très typé au centre ville avec ses petites ruelles aux maisons blanches et aux commerces bien achalandés. Boutiques aux souvenirs et aux cartes postales, aux bars à tapas et aux
restaurants imbriqués les uns aux autres rendent ce quartier populaire et touristique. Nous pénétrons dans ces magasins, achetons cartes postales et souvenirs tout en recherchant une restauration
rapide. Mais, nous nous fatiguons plus dans la quête d'un repas que pour la visite quand nous le trouvons, enfin !
(Photo : Palais del marques de Viana)
Un petit restau sympa avec une belle terrasse au soleil et sous les orangers ! Le rêve...En chemisette à manches courtes, nous commandons un gaspacho et une paëlla. (Photo: monument à Manolete,
célèbre torréador)
Avec l'apéritif nous dégustons les fameuses olives andalouses. Nous revoyons toutes les merveilles que nous avons découvertes et traversées ce matin. Nous en avons plein les yeux et plein la
tête ! Nous repensons à ces oliviers qui recouvraient les collines et où les forêts naturelles étaient défrichées au profit de nouvelles pousses de cet arbre magique et très
rentable.
Nous sommes exténués et nous nous renseignons pour une balade de la ville en
calèche.
Visite agréable sur des lieux que nous n'aurions jamais pu visiter
ni avec notre engin du fait de l'étroitesse des rues, et certainement pas à pied, Maurice déjà trop fatigué par la visite de la mosquée-cathédrale.
La balade se déroule dans une calèche qui ne sent pas bon. Je le fais remarquer à Maurice en lui disant : "Je ne serai pas étonnée si nous chopions des puces ! Elle a une drôle
d'odeur cette calèche !".
(Photo: devant l'Alcazar de Cordoba/ Palais des Rois Chrétiens)
Nous avons une autre envie celle d'aller voir l'Alcazar, à deux pas de nous,
mais aujourd'hui lundi, nous nous heurtons à la fermeture des portes. Dommage, nous ratons la visite d'un merveilleux jardin, sans doute en tout point remarquable,
mais sans le fauteuil de Maurice cette perspective, malgré l'envie, aurait
été difficilement envisageable.
(Diaporama : patios cordobans)
Notre périple relève déjà du hors-norme et de l'insensé, il ne faut tout de même pas trop en vouloir !
Enfin, nous nous consolons car à GRANADA, nous obtiendrons, sans aucun doute, notre dose de visites !
Il nous faut partir, déjà ! Il reste 163 km jusque là-bas. En outre, nous devons trouver une "boutella de gas", un supermercado pour de l'eau et appareil photo que nous venons, évidemment
d'oublier dans nos achats ! Quand on a pas de tête...
Sur la route, nous croisons toujours des transports d'olives. Nous nous engageons sur la N432.
Nous traversons des collines entières d'oliviers parsemés de merveilleux villages typiquement andalous, blancs étincelants sous le soleil et sur fond de ciel bleu. De belles collines vertes
comme BAENA, ALCAUDETTE, ALCALA LA REAL, etc...
MARDI 22 janvier 2002 : GRANADA (Grenade), 163 km depuis CORDOBA (Cordoue).
Dans la calèche de velours vert qui doit dormir on ne sait où, Maurice évidemment a prit des puces. Des démangeaisons frénétiques le dévorent. En rentrant, il s'est dévêtu en grande hâte. Il
a enfoui son linge dans un sac étanche puis il est allé se "dépucer" sous la douche ! Souvenir cuisant de Cordoba !
Il pleut abondamment en ce jour du 22 janvier. Il a plut toute la nuit et au matin, cela se poursuit de plus belle. Il fait 9,6° dehors et 16,1° dedans. Nous n'allons pas visiter Granada
avec un temps pareil, sinon adieu les photos, adieu les jardins. Il faut trouver un endroit et attendre le soleil.
Nous allons à MOTRIL (64km) et visiterons la CUEVAS DE NERJA.
De Granada à MOTRIL nous empruntons la N323 (E902). Le panorama magnifique traverse la SIERRA NEVADA dont nous n'apercevons que les montagnes les moins élevées, les autres restent cachées par
d'épais nuages et de la brume. Il doit sûrement neiger là-haut ! Nous traversons les canyons sur de grands viaducs et la route supporte des travaux. Ils l'élargissent afin de poursuivre
l'autovia.
Nous apercevons BEZNAR, petit village blanc, au-dessus d'un lac. Les eaux du Guadalféo forment une retenue à cet endroit pour l'irrigation. Comme partout, nous observons des rigoles et
des aqueducs pour la porter plus loin. Des réserves semblables à de grosses piscines rondes la stockent.
Plus loin, ils construisent un autre barrage.
Nous entrons dans un défilé de montagnes.
A PINOS PUENTE, nous dénichons un supermercado et juste un peu plus tôt Maurice avait répéré un marchand de boutella de gas qui ouvrait juste devant nous ! Comme quoi tout arrive à point !
Ensuite, il faut trouver une aire de repos. Nous nous engageons sur la N342 (A92) sur la direction de MURCIA via GRANADA et nous tombons pile sur une aire avec par chance un coin
retiré des camions, juste à côté du lavage voiture et station service...Nous nous garons ici, protégé par un grillage devant un passage pour piétons, vélos etc...les autos et les camions
patientent de l'autre côté de la station...et contre trois parties de scrabble Maurice me bat pour pouvoir se coucher à 9 heures.
Avant PINOS PUENTE, la SIERRA NEVADA a surgit sur l'horizon dans sa
blancheur immaculée, là sous le chaud soleil, avec Granada agenouillée à ses pieds ! Je m'endors sur cette image inattendue et extraordinaire ! Une merveille de beauté !
Sur notre route, nous lisons les pancartes d'un cultivateur qui vend ses fruits et légumes sur le bord opposé de la route. Ses prix attractifs nous invitent à faire demi-tour. Nous
achetons de tomates, des fraises, des petits pois, des mandarines et d'étranges légumes. Je lui demande "Comment faut-il les préparer, cuits à l'eau"? Je tente de lui expliquer à grands
renforts de mains, visiblement il veut me dire qu'il faut éplucher comme les mandarines. Maurice règle les achats et pour mieux se comprendre, je sors un stylo et un cahier.
Il écrit le prix ! C'est cher ! Sécrie Maurice. Mais en y réfléchissant cela le vaut bien. Nous croûlons sous le ravitaillement ! Le brave homme revient vers nous. Il nous tend un autre "fameux
légume" bien mûr. Je comprends alors qu'il s'agit d'un fruit. Nous le goûtons. Il a le goût de la poire, de la mangue et de la grenade réunis. Hum c'est bon !
Sur le marché de Garrucha, je n'avais pas osé en acheter ne sachant pas comment le cuire ! Nous rions de ma bêtise et à ce que cela aurait donné une fois cuit ! Plus tard, je
découvrirai que ce fruit s'appelle: "anone".
Encore de beaux villages blancs et nous voici à MOTRIL, station balnéaire. Nous cherchons le puerto pour un coin tranquille. Au bord de la mer, un grand espace nous invite à nous garer et plus
loin s'étale un immense parking près du camping. La place ne manque pas ! Cinq camping-car sont garés à cet endroit. Il est 10h20 et Maurice n'a pas envie de s'arrêter. Nous
reprenons pour la CUEVA DE NERJA, que nous n'avons pas pu visiter la première fois. Nous nous y rendons et retrouvons les mêmes paysages. (Je découvre des arbres étranges, serait-ce ceux-là qui
portent les anones ?). Ainsi, nous nous sommes engagés sur la route à rebrousse poil. Une fois sur le lieu, qu'elle n'est pas notre surprise d'y trouver un grand parking pour automobilistes,
bus, etc...Bizarre? Je consulte le guide vert...il s'agit d'une grotte ! Sauve qui peut ! Je ne peux pas descendre là dedans sans manquer de mourir ! On laisse tomber ! Et, Maurice reprend la
route...Bon sang, on va encore rouler, rouler, rouler ! Non? Mais si ! Car effectivement en faisant demi-tour, nous songeons à RONDA ! Et, si aussi près de cette ville, nous regrettions de ne pas
y être allés ? Aussi sec, on refait demi-tour via ALGECIRAS ! Oh, là, là ! Si nous continuons à cette allure nous allons nous retrouver au Maroc ! Sur la route, des tickets sont vendus pour
le ferry-boat via CEUTA en une demi-heure...et il y une quantité de boites pour proposer ce voyage ! Nous filons, non pas par la route C339 à prendre vers SAN PEDRO DE ALCANTARA mais vers la
plus longue, vers SAN ROQUE, où là nous nous perdons trois fois, sans compter notre recherche pour un coin tranquille où les panneaux nous dirigent sur un club et à un camping à 5 km de
l'autovia et ainsi de suite pour les aires suivantes. C'est réellement à devenir fou où bien ils sont débiles (mais en France on trouve aussi ce genre de surprise, sauf que là c'est encore plus
éloigné de l'autoroute)!
Enfin, nous finissons par trouver la C3331 pour JIMENA DE LA FRONTERA et RONDA. Nous nous y faufions. Tout de suite le paysage change. Voici une petite route de l'Andalousie profonde et une
voie ferrée la longe. Des muriers sauvages s'entremêlent aux palmiers et aux bananiers. Des péchers et des amandiers mêlent leurs fleurs aux flamboyants, aux bougainvillées et à toutes sortes de
plantes exotiques. Vers MOTRIL et sur toutes les embouchures de rios nous avons trouvé des rizières et le long des torrents de montagne des cultures de salades et de fraises. Comme ci chaque
menue parcelle espagnole devait absolument produire...encore la démesure espagnole. Et là, enfin, nous découvrons les vaches et les taureaux des arênes. Nous sommes engagés sur la route des
taureaux andalous...et des cigognes !
En voilà justement plusieurs
perchées dans leurs nids. Maurice les aperçoit, sidéré. De mon côté je découvre un cigogneau dans un nid et une cigogne affairée à nettoyer ses plumes salies de boue dans un autre. Nous
pourrions rester là, à les observer durant des heures et nous sourions en les entendant claqueter du bec : "Entend, elles jouent des cascagnettes ! " dis-je à Maurice. Nous n'osons plus
avancer sans risque de les déranger. Plus loin, devant un village blanc, nous apercevons trois d'entre elles en vol, puis deux autres et là, dans ce pré au milieu des vaches, deux autres
encore. Il est vrai que lorsque nous traversions la région avant Noël, j'avais repéré des centaines de cigognes dans l'estuaire d'un rio et c'est bien par là qu'elles ont élu domicile ! Je
ressens soudain, un vrai bonheur de les revoir et j'espère bien que cela n'est pas fini. Mais nous voilà arrivés à JIMENA DE LA FRONTERA au coeur du PARQUE NATURAL DE LOS ALCORNOCALES. Cette
région recouverte de rivières, de rios et de lacs attirent nos amies.
A JIMENA DE LA FRONTERA nous cherchons un espace pour dormir. Le village très vivant nous accueille avec des commerces en bord de route. Soudain, j'aperçois une
petite église sur la droite, derrière la voie ferrée. Sûrement y serons-nous au calme. Le lieu paraît paisible. Une route dallée y mène, cernée de pots de fleurs. Autour quelques maisons se
tassent horizontalement le long de ce chemin et à droite une touffe d'eucalyptus déjà hauts nous invitent à nous poser près d'eux. Nous nous garons dessous dans l'espoir que les habitants ne
verront pas d'un mauvais oeil ce refuge vers un lieu de culte sans quoi, nous sommes foutus...Maurice est littéralement crevé. Il vient de faire 385 km, mais obstiné, il ne me passera pas le
volant ! Pourtant, il fait encore quelques parties de scrabble où il fini par m'avoir une bonne fois ! Lassé, il va au lit. Notre merveilleux refuge s'avère être une gare où passe un train tous
les quarts d'heure dans un bruit d'enfer et en sifflant encore plus fort ! Nous éclatons de rire ! Il faudra pourtant dormir !
MERCREDI 23 janvier 2002 : 10,2° dehors et 16° dedans (280 km) de JEMINA A GRANADA !
Est-ce le climat, les senteurs d'eucalyptus, les claquètement des cigognes qui s'interpellent, cette ambiance moite, il y a dans l'air un "je ne sais quoi" qui me ramène à des impressions
déjà ressenties en Afrique où bien était-ce ailleurs...peut-être à Sotchi ? Un coq s'égosille à cinq heures trente. Des cris d'oiseaux s'élèvent dans le matin, des cigognes au-dessus de
nous dans leurs nids ! Nous avons pu dormir. Le dernier train est passé à 22 h 30. Le premier me sort du lit. Du coup, je n'ai plus sommeil. C'est curieux mais je me sens à l'aise dans cette
vallée. Retrouverons-nous nos belles ciognes sur la route ? Au coeur du parque natural, il semble logique de s'attendre à des merveilles.
Hier en repassant au large de Motril, j'ai constaté un net changement. Les plantes grasses, les arbres, les hibiscus, les flamboyants, les péchers, les amandiers fleurissent. Des
plantes grasses recouvrent les sols et offrent aux yeux de tous leurs chaleureuses parures orange, bleue, rouge et jaune. Le trèfle d'or éclate dans le gazon. Et, en grimpant
sur cette route qui nous mène à RONDA des narcisses s'ouvrent quand les coucous finissent leur floraison. Je tire une photo du camping-car sous les hauts eucalyptus
dans l'air mouillé d'embruns.
Nous faisons un tour du village avant de partir. Je prends notre engin en photo. Comme il serait bon de s'attarder. La femme (mujer) de la maison d'en face nous envoie de grands gestes
d'amitié. Elle nous paraît fort sympathique. Nous retournons observer les cigognes. Pour cela il faut refaire 28 km, mais l'effort de Maurice paie nous trouvons une douzaine de nids et il y en a
sans doute bien plus. Un couple par nid juché sur les pylônes électriques où certains ont des tiges métalliques afin de surélever le nid au-dessus de ces piliers dangereux. Nous les
suivons du regard à travers les jumelles de poche. (Je repense à la LPO qui chez nous prépare des supports au-dessus des hautes cheminées des anciennes usines textiles. Des cigognes y ont
séjournées et fait des petits à BOEN. Il faut encourager de tels gestes et les cheminées inactives sont légion dans la Loire et toute la vallée de la Trambouze). Qu'est-ce qu'elles sont
belles ! Nous croyons apercevoir des cigogneaux, mais il semble que ce soit la femelle qui couve alimentée par le mâle. Nous restons là un moment. Alerté par son chien, un espagnol sort
de sa propriété. Il nous observe. Je le crois content de notre intérêt pour les oiseaux. Nous reprenons la route dans le sens de RONDA. Que de kilomètres, mais cela valait bien le détour ! Et
voici trois nids juste là où nous étions garés pour passer la nuit ! Plus loin, voici un couple dans un pré, un peu plus loin, un autre, et encore un, puis un couple sur l'église de CASTELLAR de
la FRONTERA, nous apercevons un autre couple en vol. Une concentration de cigognes vivent dans le PARQUE NATURAL, et ce n'est peut-être pas pour rien que celui-ci existe.
Après toutes ces observations notre chemin grimpe de plus en plus dans la montagne. Nous croisons des orangeraies, puis des citronniers, des eucalyptus et des chênes lièges(...il y en avait un
stockage près de notre aire de repos. Au matin, un homme travaillait à dépouiller les cubes de bois. Ceux-ci avaient été débités mais le plus gros des arbres restent en place où on
les épluche...), des palmiers, des plantes tropicales ou méditerranéennes ou montagnardes se mêlent ici, dans le Parque Natural. La route devient sinueuse et vertigineuse sur trente
kilomètres et je les trouve bien longs ces kilomètres au dessus des précipices. Et quels précipices ! De véritables falaises...mais il faut l'admettre c'est incroyablement beau ! Je tremble
pour Maurice, mais il semble aller bien. Je mesure toute notre chance. Enfin, nous commençons à redescendre. Heureusement, car nous avons franchi une altitude de 1500 ou 1600
mètres.
Ouf ! La chaussée coule mieux jusqu'à la ville de RONDA et
subitement après un joli petit village blanc, elle apparaît avec son gouffre du diable.
Un gros bourg construit sur une falaise de montagne entaillée par les eaux du TAJO relie ses deux quartiers par un pont suspendu au-dessus d'un vide vertigineux
! Quel panorama du diable !
Maurice prend une photo du vide, moi, je ne peux pas m'approcher victime
du vertige qui me prend chaque fois. Nous abandonnons notre véhicule sur l'unique place pour se garer devant l'église et l'hôtel de police.
Heureusement nous sommes les seuls camping-caristes.
La ville n'offre aucun parking pour les visiteurs, ce n'est vraiment pas pratique, mais nous
n'avons pas fait tous ces kilomètres pour rien...cela vaut le déplacement ! La plateforme de RONDA est creusée par les gorges du guadalevin, le TAJO, ce qui provoque un site
impressionnant et grandiose !
Après cette visite surprenante, nous nous engageons sur la route pour CAMPILLOS par la C341. Déjà les vallées s'élargissent et les collines se couvrent d'oliviers espacés régulièrement dans leurs
champs. Nous laissons derrière nous des montagnes aux rochers spectaculaires qui dominent la vallée du GENAL.
Nous filons sur cette route devenue plus roulante et nous apercevons un grand lac formé par les eaux du RIO GUADALHORCE. Nous stoppons pour manger un bout devant cette large vue. Un
pont géant accompagne la route de MALAGA et MARBELLA à CAMPILLOS. Maurice se plaint d'une douleur dans la poitrine, décidément, jamais plus nous ne pourrons franchir des montagnes !
Mais, il reprend cependant le volant. La route bifurque sur ANTEQUERA pour se retrouver la N342 puis l'A92 via GRANADA, à 90 km. Puis je retrouve l'aire où nous avions passé la nuit
avant hier. Maurice n'en revient pas, il a encore fait 280 km ! Demain, quoiqu'il arrive nous serons à GRANADA. C'est trop ! Après cette visite, il devra se ménager et je tâcherai de
trouver des aires de repos plus souvent...ce n'est pas facile. Il pleut et il s'inquiète pour demain. Je le rassure en lui promettant le beau temps...Il est 16 heures et pendant que j'écris, il
s'endort vaincu par la fatigue.
JEUDI 24 janvier 2002 : De GRANADA à GARRUCHA : 244 km, température 17° le matin et 20° l'après midi.
Nous nous réveillons à 7h30. Il a plut fortement hier soir et comme je l'avais annoncé à Maurice, les fées nous accompagnent car le soleil resplendit. En ouvrant les volets, je sens déjà une
superbe journée ensoleillée. Pourtant de gros vilains nuages traînent dans le ciel, mais à l'horizon, j'entrevois un éclat de lumière. Non décidément, il fera beau, je lui
promets. Maurice n'en croit rien.
Une fois prêts nous nous dirigeons sur l'autovia vers MOTRIL. Une chance que nous soyions déjà passé il y a deux jours car nous avions repéré une sortie directe sur l'ALHAMBRA.
(Photo : La Sierra Nevada et Granada à ses pieds telle que nous la découvrons la première fois. Saisissante de beauté ! )
La direction bien flêchée, nous arrivons sans aucune difficulté sur le
site.