CARNETS DE VOYAGES

Vendredi 3 juin 2011 5 03 /06 /Juin /2011 22:30

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          Toute la variété et les couleurs des paysages de la France nous ont encore été offertes pour ce voyage en Vendée, chez notre amie Sylvie et sa famille puis ce fut au tour du Bordelais de nous épater chez nos amis Fernand et Luce. Ce fut si bref et si vite organisé que nous en sommes restées Luce et moi, toutes ébarbelusées (comme dirait les gens de mon village d'adoption) ! 

---On aurait dit un rêve ! Me disait Luce

 

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Le Bordelais vers ST ANDRE DE CUBZAC

 

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Les dégustations fleurissent aux bords des routes...

 

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Le Bordelais 

 

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Bordeaux centre

 

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Par une belle matinée, un grand tour à Bordeaux-Lac avec Toopie

 

 

       Une immense ballade afin de récupérer une rampe, pratique et adaptée, afin de ranger, sans trop de galères, nos fauteuils roulants dans notre véhicule...autonomie totale oblige...Ouf, énorme fatigue mais heureux de nos retrouvailles avec nos amis, pas vus depuis longue date. Inoubliable ! A refaire, si possible...

 

Par Dana LANG, CONTEURE AUTEURE DIRECTRICE D'EDITION - Publié dans : CARNETS DE VOYAGES
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Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /Sep /2009 22:59
Par LA FONTAINE AUX FEES (DANA LANG) - Publié dans : CARNETS DE VOYAGES
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Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /Mars /2009 10:51

...(suite de notre périple en ESPAGNE en 2001-2002)... 

  Nous roulons à la tombée du jour jusqu'à Port Leucate. Nous ne trouvons pas le lieu où résident les camping-caristes. Aussi, nous nous garons sur la place du Port vers la Capitainerie, non sans une certaine inquiétude. Mais pourquoi viendrait-on nous virer ? Il faut dire que dans le midi de la France, sur la côte, nous en avons pris l'habitude ! Rassérénés, nous téléphonons aux enfants pour leur annoncer notre retour au pays.

Samedi 2 février 2002 : 15°,4 - PORT LEUCATE/ GRAU DU ROI

   A 9 heures, nous décollons. Nous allons sur Narbonne pour un arrêt à Narbonne accessoires, puis finalement nous rejoignons Béziers, Sète, Villeneuve les Magdelonnes, Palavas pour le Grau du Roi. Finalement nous retrouvons notre siège, au Grau du Roi avec le plus grand plaisir. De plus en ce début de février, il fait des températures printanières après les très gros froids de novembre, décembre et janvier lus dans la presse.

Dimanche 3 février 2002 : 12°,8 -GRAU DU ROI

    Nous reprenons nos petites habitudes sur le lieu. Ce matin, Maurice s'est levé rapidement pour aller me chercher des petits croissants à la boulangerie du coin. C'est un chou, mon amour ! Faut-il qu'il aille se fatiguer à courir ainsi ? Hier, il a fait la connaissance d'un brave espagnol attendant la retraite pour se retirer dans son pays à Alicante. Ils ont pu échanger ensemble toutes leurs impressions. Vive le camping-car qui ouvre ainsi les esprits et la compréhension au monde !
   En tout cas, aujourd'hui, Maurice retrouve avec bonheur ses petits coins de pêche à lui et moi, la télévision, le parler français qui commençait à me manquer furieusement.
   En fin de journée, Maurice rentre avec 1 kg de friture (203 petits poissons)  qu'il prépare lui-même.
   Fatigués, nous sommes au lit à 19 heures.

Lundi 4 février 2002 : 14° -GRAU DU ROI (582 km) Aire de repos entre PERIGUEUX et ANGOULEME

   Il pleut à verse ! A 8 heures nous sommes debout. Nous pensons faire venir le courrier jusqu'ici et puis devant le temps, au bout d'un moment, les bretons de coeur que nous sommes, décidons de filer en Bretagne.
   Et, nous voilà repartis. Envolé "L'oiseau Bleu" une fois encore ! Nous prenons la route via Montpellier, Beziers, Narbonne, Carcassonne, Toulouse, Agen, Bergerac par la N21 jusqu'à Périgueux. Passés devant Périgueux, nous passons sur Brantôme et plus loin nous arrêtons sur une aire de repos. Demain, nous approcherons d'Angoulème, Hiersac, Jarnac, Cognac, Saintes, Niort, Nantes, Vannes, Lorient. 
   Nous dormons sur une aire d'autoroute. 
 
                        (Photo: "la Baie des Trépassés) 

860 km-Mardi 5 février 2002-Angoulême/ Quimper + 580 km
   Nous enfilons rapidement l'autoroute. Nous arrivons à 12 heures 30 sur

Quimper,       (Photo : Quimper/ Festival de Cornouaille-3ème semaine de juillet)
puis nous nous engageons dans la direction Audierne-Douarnenez, notre destination de prédilection.
   Nous prenons la petite route de Plozévet, ma préférée. Nous retrouvons le site tel que nous l'avons quitté l'an dernier, éclatant sous le soleil avec une mer agitée.
   La nuit précédente et toute la matinée nous avons dormi puis roulé sous une pluie battante, mais à la hauteur de Vannes, le temps s'est éclairci doucement. Cela n'empêche pas l'océan d'être "en fort coup de vent".
   Nous flânons sur ce littoral tant aimé. Nous rencontrons une petite maison à vendre avec un petit terrain attenant. Elle me fait envie, j'aimerai pouvoir l'acquérir. Nous nous arrêtons sur ce bord de côte sauvage pour manger sur la plage en contrebas.
   Je prépare le repas et à ce moment là, Maurice aperçoit un guillemot en difficulté. Il vient de prendre un "coup de tabac" et atterrit sur la plage au bord des vagues. Il s'ébroue de ses deux courtes ailes. Il reste sur place, semble chercher ses esprits, assommé, il ne bouge presque pas. On le sent en difficulté. Nous le regardons évoluer, tous les deux inquiets de son sort. Nous nous rappelons les trois couples que nous avons observés, joyeux de les trouver libres. Ils nageaient, pêchaient, vivaient sur leur rocher en mer à quelques mètres de nous. Quel plaisir de les voir filer tels une torpille sous l'eau à la recherche de leur nourriture. ! Quels excellents nageurs et puissants pêcheurs ! Et là, aujourd'hui, celui-ci semble se débattre dans la tempête. Un moment, nous pensons aller le recueillir. Maurice s'en va le chercher, mais les rochers et le manque de chemin accessible rend cette tentative trop périlleuse pour lui. Il rebrousse chemin. Reste libre, Guillemot, débrouille-toi comme tu le fais si bien contre les éléments déchaînés et la cruauté de la vie. Ne viens pas chez les humains, dans leur monde immonde et barbare où tu n'as pas de place et où les gestes pour te sauver ne sont que tortures et souffrances pour rien, sauf pour l'homme de se donner bonne conscience et de faire joujou ! Nous l'observons une dernière fois, tristement, puis nous partons.  
                             

   A Pors-Poul'han, nous faisons un tour de vue dans ces lieux que nous connaissons si bien, puis nous nous rendons au petit hôtel habituel où nous prenons un café. Nous continuons via Douarnenez, mais devant la fureur du vent et de la pluie, nous allons faire nos courses et vider notre engin dans la station camping-car. Nous avons des problèmes avec les bouchons de fermeture des vannes de vidange et de la citerne d'eau et nous devons en acheter pour tenter de les colmater. Nous recherchons une aire de repos pour la nuit. En même temps, nous en profitons pour partir en quête de maisons à vendre sur le site. Nous téléphonons pour la petite maison entrevue sur la côte. Nous prenons vraiment l'envie de venir vivre ici, le climat nous convient si bien. Nous allons la visiter et nous faisons la revue des maisons entre Douarnenez et Audierne. Nous allons jusqu'à nous renseigner sur un programme de construction dans la baie d'Audierne.    Le projet est beau, sur un site fort bien placé mais hélas collectif. Il y a le pour, la beauté du site et le contre, voisins, charges etc...Nous réfléchissons beaucoup au pour et au contre de s'installer ici...la santé de Maurice et nos enfants nous empêchent de sauter le pas.
   Nous nous installons sur la côte et tentons de faire marcher la télévision. Elle nous a manquée parfois pour les infos, mais voilà, en Espagne elle fonctionnait parfaitement, ici peine perdue, rien à faire ! Le vent en furie et la télé nous contraignent à chercher un autre refuge plus abrité. Nous sommes obligés de nous garer dans un petit parc entre les maisons et l'église de Pors-Poul'han. Mais soudain l'appareil de télévision pète ! Plus d'images, plus de son, coupée nette, elle refuse de transmettre quoi que ce soit ! Voilà s'est dit ! Ras le bol, ras la couette ! Ils se foutent de nous, la première avait déjà subit un sort identique et la seconde, rebelote ! Demain, ils faudra aller leur mettre une secouée !
   Dépités, nous allons nous coucher après deux scrabbles. Rien de telle qu'une bonne nuit pour nous remettre de nos émotions ! 
   Nous nous endormons, quand subitement à deux heures trente du matin, la tempête nous oblige à nous lever et à fuir dans les terres. Il y a du vent dans les voiles ! Le bidon amarré à l'arrière avec le fauteuil roulant danse la gigue, la bâche claque à grands coups et notre engin s'envole presque ! Nous nous réfugions sur le parking derrière intermarché. Mais le toit de tôles claque, les frigos bourdonnent, ce n'est pas une bonne idée. Nous allons nous ranger plus loin. Hélas, à peine recouchés, nous comprenons qu'il est impossible de s'endormir tant le souffle du vent rugit de toutes parts. Nous repartons au milieu de la nuit. Maurice en pyjama pilote le camping-car durant vingt cinq kilomètres. Il pense au port de Tréboul. Nous déambulons dans ses rues étroites à moitié endormis ! La situation est, une fois de plus, rocambolesque ! Et comme à chaque fois, j'éclate d'un rire communicatif, Maurice en fait de même. Nous voici enfin sur le port, car entretemps nous nous sommes perdus et égarés sur la plage. Installés à Tréboul, effectivement le port nous offre un abri contre la tempête rugissante. Tranquillisés, nous trouvons enfin le sommeil. 
   Au matin, les klaxons, des trompes, le train, les autos mènent un tintamarre indescriptible. Un rossignol s'égosille par-dessus les toits à séduire sa belle de son chant mélodieux. Lorsqu'il cesse enfin, la nuit cède la place au lever du soleil. Il est huit heures. On se lève.

Mercredi 6 février 2002-10°,9-TEMPETE 

                     
   Nous faisons le tour du petit marché de Tréboul qui sent si bon la Bretagne. Maurice râle. Les prix sont vraiment exagérés en comparaison de l'Espana. Ils semblent que tout le monde profite de l'euros pour gonfler les prix à satiété. En effet nous achetons le pain et des calamars pour 22 euros !
   Nous roulons jusqu'au port de Douarnenez.

     Maurice entreprend de réparer ses gaules pour la pêche. Il doit encore acheter un scion mais le mal est réparé. Sur le port aucun pêcheur n'est présent ! Le vent violent annule toute résistance et visiblement ils y ont tous renoncé. Pourtant les bars et les maquereaux viennent au rendez-vous. Sur une éclaircie, Maurice tente un essai mais il doit se rendre à l'évidence. La force du vent et sa froidure le contraignent à déclarer forfait. Pour l'occuper, je téléphone pour visiter la petite maison. Après le repas nous nous rendons sur le lieu du rendez-vous. Nous croyons être les seuls mais deux autres couples visitent aussi. Entre les deux, nous réussissons à passer avant notre heure (15 heures). Nous entrons par le garage mais à l'intérieur tout doit être refait. De gros travaux sont nécessaires pour la rendre habitable. Très petite, la maison se montre bien sympathique. Les baies vitrées à petits carreaux ouvrent sur la mer, celle de la chambre sur le côté, aussi. La cuisine à l'arrière dont le terrain n'est pas draîné, a souffert de l'humidité ambiante. Je pense à la vente de ma maison mais Maurice me retient. Combien il a raison. Nous apprendrons par la suite qu'elle s'est vendue à quelqu'un du pays, un voisin, pour presque rien. Les bretons semblent appuyer abusivement sur le
portefeuille des touristes.   Nous laissons nos coordonnées et promettons de porter les papiers demain à Pont Aven.
   Dans un bar, nous discutons du coup. Est-ce bien judicieux ? En tout cas, Maurice ne se sent pas prêt à affronter de tels soucis. Vendre la maison rapidement, cela risque de nous faire vivre des nuits d'insomnie et il faut aussi trouver l'avance pour la réservation de la vente. L'idée est belle mais bizarrement, je réfléchis plus qu'à l'accoutumée et je ressens ce projet comme inopportun. Finalement, je me ravise et Maurice se tranquillise. Pas de contrariétés, pas de soucis, le camping-car nous suffit. 

Jeudi 7 février 2002- Plouhinec 13°
   La maison est vite tombée aux oubliettes comme une mauvaise prémonition ! Signer un sept aurait sûrement été favorable mais en l'occurence j'enterre très vite ce projet. Maurice n'a vraiment pas la forme entraînant à coup sûr une baisse de moral. Depuis que nous sommes arrivés ici, je le vois bien Maurice va mal à nouveau. Nous en avons beaucoup parlé hier et cela nous rend tristes. Il souffre et par ricochet, moi aussi. Peut-être vaut-il mieux rentrer et revoir le cardiologue et le pneumologue et peut-être envisager la pose d'un pacemaker (malgré une bradycardie cela ne sera jamais possible). Il m'est très pénible de le voir ainsi souffrir et malheureux, d'autant plus fort qu'il fait tout pour m'adoucir la vie et ne rien laisser paraître afin que je ne manque, ni ne souffre de rien. De mon côté sans le lui dire, je me comporte de la même façon. Il me rend la vie encore plus bouleversante quand je suis consciente de ce qu'il vit. De mon côté je ne veux qu'il ne manque de rien et tente avec lui, par tous les moyens, de profiter de la beauté de l'instant, de ce merveilleux que nous apporte la vie chaque jour. Aussi nous vivons fort et intensément.
   Aujourd'hui, il crachine sur Pors-Poul'han. La mer s'est adoucie et le vent s'est calmé après une nuit à recracher la saleté du monde. Notre véhicule a reçu bidons de toutes sortes, bouteilles plastiques et autres immondices vomis par l'océan et que le vent charrie sur des kilomètres...déchets de plastiques qui tuent les oiseaux marins et toute la faune mais qui empoisonnent aussi les humains sans qu'ils le sachent...jusqu'où iront nous dans la destruction de notre propre environnement ?
   Nous allons à la laverie pour une grande tournée de linge et cela nous occupe par ce temps irrascible d'autant mieux que la télévision une fois de plus nous a lâchée. Apparemment, il s'agit d'un mauvais cablâge de notre engin et les fusibles pètent. Nous mangeons sur le port d'Audierne devant la baie.
   Je passe l'après-midi chez le coiffeur entre 15 heures 30 et 18 heures 30, Maurice en profite pour régler les problèmes de dépannage par téléphone.  Il faudra donc tenter de se dépanner nous-même en attendant notre retour en région lyonnaise. Nous devrons aussi voir notre assurance pour l'accident survenu à San Sébastian (On verra par la suite qu'il nous faudra attendre un an pour recevoir l'argent pour la réparation de notre véhicule) ! 
   Après cela, Maurice se sent vraiment trop seul et se met en quête de son épouse chez tous les coiffeurs...nombreux dans ce quartier. Evidemment celui que j'ai trouvé ouvert, entre midi et deux, se situe à l'écart de la route, dans une ruelle pas facile à dénicher. Moi aussi, je me sens seule, loin de lui. J'ai grand hâte d'en finir seulement la coiffeuse en l'absence de sa collègue éprouve bien du mal à faire face à la clientèle à elle seule. Elle paraît, visiblement, stressée. Je dois attendre...la couleur d'une cliente, la coupe d'une autre pour avoir droit à mon broching...et le temps passe lentement...Lorsque je m'échappe enfin, il fait presque nuit et la brume s'est épaissie. Il fait doux et la pluie a cessée.
   Le temps va sans doute s'améliorer. Ce serait très heureux pour Maurice qui attend avec une impatience fébrile de pouvoir pêcher. Pour le cas où la météo s'acharnerait à nous faire des misères et pour taire toute mauvaise humeur nous achetons le guide vert de la Bretagne. Nous pourrons, ainsi, partir à la découverte de ce que nous ne connaissons pas de la Bretagne, la Côte des Légendes par exemple au Nord de Brest et retour sur Brest...un parcours d'une beauté à vous couper le souffle ! Et il y a tant de merveilles qui restent à découvrir. Samedi s'il pleut nous irons voir Astérix et Cléopâtre (ce que nous n'avons pas fait, finalement) ! Et puis, nous aurons peut-être réussi à réparer la télévision, cela nous évitera de nous coucher comme les poules. Certains jours, il est bon de rester une heure ou deux devant l'appareil, car il fait nuit encore tôt le soir, et les jours de pluie cela console. 
   Maurice fatigué ayant mal à la tête se couche à 20 heures trente. Il faudra appeler le médecin. Il prend deux comprimés et s'endort à 21 heures. 
   Aujourd'hui, au moment du repas, j'ai aperçu un guillemot plonger et replonger dans le Goyen. C'est étrange de les trouver si près de la côte mais là carrément dans le port et sur le Goyen c'est totalement anormal. Ne serait-ce pas les rescapés de l'Erika ? J'ai bien peur que oui. Ces oiseaux marins vivent en pleine mer, sur des rochers, bien loin, de toute présence humaine. Et voilà qu'à présent, nous les rencontrons à chaque instant. Ces oiseaux ont été imprégnés par les hommes et maintenant ils s'en rapprochent.
   Aux infos des bidons de déchets excessivement dangereux sont recherchés en pleine mer, dans le passage du Raz de Sein, largués par des américains (en perdition) ? Cà recommence ! Il y a peu, une catastrophe a été évitée de justesse entre deux pétroliers, toujours au large de Sein. C'est absurde et révoltant !

Vendredi 8 février 2002- Port de Tréboul
   Au réveil, nous téléphonons à notre toubib. Il confirme nos craintes. Il faut consulter. Nous passons la matinée chez un médecin de Tréboul. Il faut voir un cardiologue avant de prendre la route pour un bilan coeur et assistance respiratoire (assistance que nous avons fait aménager dans le camping-car sur une batterie alimentée par le moteur et les panneaux solaires). Il faut changer le remède pour l'hypertension et le cardio conseille le Sectral et Nitriderm plutôt que Natyspray. J'ai de gros doutes. Notre ancien cardiologue avait mis en garde de ne pas changer de traitement Maurice ne supportant pas les bétabloquants dangereux et néfastes pour lui et déjà essayés sans succès...et on reviendra au Natyspray quelques mois plus tard sur le conseil d'un autre spécialiste. Je rappelle notre généraliste. Il faut rentrer et voir en urgence notre cardiologue. La prise de sang ne révèle rien de suspect mais la montée de tension doit être endiguée par un changement de remède. De plus, la pose de trinitrine en spatch s'avère mieux appropriée...que croire ? 
   Nous rentrons demain. Je conduirai malgré que je rencontre de grosses difficultés douloureuses et musculaires. 
   Cela a assez duré ! Il se fatigue des heures au volant sous le prétexte de me ménager ou de ne pas trop penser (çà, je l'accepte mieux) ! 
   Je téléphone aux enfants, aux amis. Maurice revient de la pêche écoeuré. Non seulement il a accroché sa ligne, mais il vient d'apercevoir un guillemot mazouté, flottant sur l'eau puant le gaz oil ! Cet oiseau est bagué, un de ceux que nous avons soigné durant l'Erika ! Nous avons le coeur gros.
   Dégoûtés, nous quittons la Bretagne sans regret. La pêche s'avère inutile. Le port de Douarnenez est si sale, si pollué ! Un gros bar flotte le ventre à l'air et constater l'état des oiseaux, une fois de plus, victimes innocentes de cette immense inconscience . Cette monstruosité nous dégoûte. Le genre humain paiera pour çà comme pour tout le reste ! La nature ne peut pas rester ainsi continuellement violée et agressée de toute part.

                      
Nous nous arrachons ainsi, plus facilement de cette terre bretonne que nous aimons tant.
   Nous allons jusqu'à Concarneau tenter de trouver une poupée du pays pour ma belle-soeur. Nous allons rapidement dans la Citadelle que nous connaissons bien pour y avoir vécu la fête des "Filets Bleus" à plusieurs reprises. Il est déjà 18 heures 15. Lorsque nous pénétrons à l'intérieur nous constatons les magasins fermés comme à chaque fois que nous passons ici, l'hiver. La semaine prochaine, aux vacances de février nous aurions eu une chance. A Concarneau, un seul magasin fait ce genre de poupée folklorique. On en trouve aussi à Pont Aven. Nous avons fait toute la grande rue commerçante, en vain. Tant pis, elle devra se contenter de la poupée ramenée du Portugal en attendant une autre fois. 
   Nous nous garons devant la Citadelle pour la nuit. Nous allons déguster une pizza délicieuse et un nougat glacé rarement goûté d'aussi bon (jamais !) dans un petit bar en face de la place...pratique ! Puis, nous rentrons. Maurice à bout de ses maux de tête insupportables se couche à 20 heures trente après avoir avalé deux comprimés en attendant le premier comprimé "d'Hyzaar" à la place de "Cozaar" demain matin. Avec cela, nous espérons une amélioration.
   Le lendemain, nous rentrons la soute pleine de souvenirs après un périple de six mois loin de chez nous...
   Nous ne savons pas encore que nous reviendrons bientôt..

   


Les druides_1 envoyé par padepanix

 
  
COMMENTAIRES /
Posté par Tata-berna :
comme il est bon de voyager avec toi dana, je m'y vois
merci
bizzz




Par LA FONTAINE AUX FEES (DANA LANG) - Publié dans : CARNETS DE VOYAGES
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Mercredi 17 septembre 2008 3 17 /09 /Sep /2008 22:15
Samedi 22 décembre 2001 : 12° la nuit / 20° je jour (435km)

Levés tôt, nous partons à 9 H 30. Le temps de faire le tour de VILA REA DO SANTO ANTONIO, de jour. Nous nous mettons en route, et nous constatons, ce matin, que la majorité des camping-caristes se sont parqués dans le camping cerné de grillage ! Les pôvres ! Ils sont complètement fous ! Ils ont peur sûrement. Nous avons rencontré en ville deux allemands et un suédois. Les français ne sont décidément pas trop hardis dans les voyages, sauf quelque uns. Nous voguons vers d'autres cieux...
Nous prenons l'autoroute, passons le RIO GUADIANA par un pont suspendu magnifique (c'est incroyable ce que nous avons pu traverser de ponts durant ce long voyage) ! Nous rejoignons AYAMONTE pour retirer 2500 pesetas "à la boite à sous". Après avoir tourné un peu, nous finissons par la trouver et reprenons l'autoroute sur 160 km jusqu'à SEVILLA...
 Hier soir, Maurice a consulté lui-même le plan de la ville, cela l'aide à s'y retrouver ce matin. Tout de suite, nous nous sommes engagés sur un premier pont et ensuite sur le pont Isabel II qui enjambe le GUADALQUIVIR. Il tourne de suite à droite et le ciel nous accorde sa grâce. Nous pouvons nous garer immédiatement, juste après un passage piéton.
Ainsi demain nous n'aurons plus qu'à suivre la route et nous serons en direction de CADIZ.
(Photo : Sévilla)

Par chance, encore, nous sommes juste à deux pas des principaux monuments à ne pas rater ! Double chance, nous avons un aperçu de ces bâtiments en parcourant le ville en calèche et trible chance, en bateau.
Donc, le bonheur ! Nous visitons SEVILLA en calèche.
La première impression que nous donne Séville c'est sa grande douceur, son charme romantique infini avec ses maisons et ses monuments caractéristiques, son merveilleux fleuve le Guadalquivir qui la traverse nonchalamment, ses parcs aux essences méditerranéennes, palmiers, plantes grasses et ses orangers qui, à l'approche de Noël, sont couverts d'oranges et nous offrent ainsi, des arbres de Noël originaux, pittoresques et exotiques. C'est splendide et inoubliable ! Je n'ai jamais rien vu d'aussi merveilleux ! Mêlés à la couleur des maisons, les calèches décorées et luisantes aux chevaux racés et lustrés jouent dans des tonalités de couleurs chaleureuses et festives.

De plus, après notre balade, nous découvrons les marchés de Noël sévillans. Sur le thème de la nativité, les stands proposent des scènes rurales étonnantes et animées par des automates. On rêve ! Mais, nous regrettons de plus en plus le fauteuil roulant, Maurice à tant de peine à marcher. Il serre les dents sous la douleur et moi, je souffre pour lui. Pourtant nous restons heureux, heureux d'avoir osé, heureux de nos découvertes, de notre émerveillement continu. Une valse de bonheur nous étreint devant tant de beauté. 
Or donc, nous sommes allés visiter en premier lieu l'ALCAZAR (sur le diaporama).

Ce palais nous accueille d'abord par une petite forteresse de grosses pierres taillées, puis vient le style espagnol et ensuite les bâtiments d'influence arabe, d'une beauté à vous couper le souffle, s'ouvrent sur des "patios", des jardins intérieurs puis extérieurs d'une inégalable beauté. Les monuments se referment sur un édifice de style baroque. C'est la merveille de Sévilla. Ce Palais superbe appartient désormais au Patrimoine de l'Humanité. Musée, on peut s'y promener à loisirs goûtant la fraîcheur des jardins intérieurs aux douces fontaines où les canards et les oiseaux du ciel s'y plaisent et y barbotent.
Cela me fait penser que j'ai pu observer des centaines de cigognes sur le delta du Rio Guadiana et un nid sur une cheminée dans l'Algarve. Nos cigognes d'Alsace sont venues, elles aussi, trouver ici, douceur, chaleur et soleil avec une nourriture abondante.

Comme c'est beau Séville ! Bercés par son charme romantique, nous avons pris beaucoup de photos. Les orangers poussent de partout. Les plantes exotiques et les palmiers se marient aux rhododendrons. Toutes ces plantations nous offrent un festival de couleurs, de verdure, de fraîcheur dont on ne se lasse pas. Si l'on y ajoute ces calèches colorées, le pas des chevaux qui se mêlent à la circulation et les balades de nuit en bateau, c'est le bonheur absolu.







Nous prenons le bateau à 20 heures. Il fait grand nuit.
Il vogue doucement sur le Guadalquivir (nom arabe) qui traverse la ville. Nous avons des commentaires en français. Nous découvrons la ville sous les lumières où chaque pont et chaque monument éclairés nous découvrent la grandeur architecturale dessinée par les maîtres du genre. Avec Gustave Eiffel (le pont Calatrava et aussi l'ancienne hall aux poissons), nous avons un éventail riche de diversité et d'intelligences.
C'est fou d'ailleurs le nombre de ponts, tous aussi spectaculaires les uns que les autres, que nous avons franchis durant notre long périple. Nous avons traversé tant de rios, de rias gigantesques qu'il a bien fallu franchir des ponts tous aussi vastes !

Notre balade achevée, nous regagnons notre gîte pour nous mieux vêtir chaudement et parcourir la ville à la recherche d'un bar à "tapas". Nous avons beaucoup marché cet après-midi en visitant l'Alcazar (où je n'ai pas cessé une minute de regretter son fauteuil) du coup, Maurice est vraiment fatigué. Une douleur si aigüe l'empêche de mettre un pied l'un devant l'autre. Il se heurte à toutes les marches, tous les trottoirs, tous les obstacles qui se trouvent devant lui. Mais avec une volonté farouche et féroce, il serre les dents et avance. Je dois cependant devenir ses yeux lorsqu'il marche.
Bon, mais nous nous sommes vraiment régalés entre l'Alcazar et la sortie en bateau
aussi un petit tour dans la ville n'est pas pour nous déplaire. Curieux, nous allons vaillamment en regardant tout. Les andalous vivent la nuit. Les commerces ouvrent à 17 heures et ferment à 22 heures. Il va falloir s'y habituer pour faire les courses. Là, voici un restau-bar à tapas ! Sans méfiance nous entrons. Le serveur nous conduit vers une table prête. Une ambiance sympathique se dégage de ce lieu et les andalous parlent très fort. Là, aussi, il va falloir s'y habituer. Je veux demander des "tapas", mais finalement, à notre place nous n'osons pas bouger.  Du coup on nous amène la carte. Nous comprenons plus tard, qu'il aurait fallu rester au bar pour déguster des tapas. Mais, Maurice ne peut pas rester debout, immobile plus de 3 mn, alors pour nous la chaise devient une absolue nécessité. Ses jambes le font souffrir cruellement. Nous choisissons le moins cher : un gaspacho, une sole grillée et une tourte glacée. 
 Le gaspacho se révèle un véritable délice, la sole grillée un régal et la tourte glacée la cerise sur le gâteau ! Seulement la sole fait 400 grs. Surprise ! Ensuite, au moment de l'addition la T.V.A. n'est pas comprise sur le prix affiché ! On aurait pu s'en douter ! Le guide du routard nous avait pourtant bien prévenus : Attention aux restos, restez sur les bars à tapas. Oui, mais voilà, sans chaise ? Enfin, nous en sommes quittes pour 320 francs soit 7550 pesetas H.T. soit 8079 pesetas TTC, mais cela nous reste un peu en travers de la gorge.
Un peu déçus quand même par cette fausse note, nous partons nous coucher. A midi, nous nous étions régalés pour 100 frs. Entre nos entrées : Alcazar, bateau, calèche, cela dépasse le budget que nous voulions y mettre. Tant pis, c'est Noêl après tout !

Zut ! Nous nous installons pour passer la nuit en plein centre de Séville. Mais, là où nous sommes garés, la nuit devient vite infernale. Les sévillans sortent et il y a soudain, une grosse activité, du mouvement et de la circulation. Il est 1 heures du matin. Nous nous levons pour les toilettes, lorsque que tout à coup, nous entendons cogner des coups répétés à la porte. cela nous réveille tout à fait :
---Policia, policia, policia ! Crie la voix d'un homme à l'extérieur. Je ne sais pas trop quoi faire et je m'apprête à lui ouvrir. Mais fort heureusement, Maurice me retient et lui demande de déguerpir. Nous nous installons en hâte dans la cabine, prêts à démarrer. J'ôte les volets du pare-brise et soudain, je l'aperçois ! J'entrouve un peu la vitre et Maurice lui demande sa "carta".
Là décontenancé, il nous réclame de l'argent pour manger. Nous sommes en colère par le procédé. Nous comprenons que ce gars devait garder son trottoir et ne nous ayant pas vu de jour, il est venu nous réveiller pour nous rançonner. Sous le coup, toujours en pyjama et moi aussi, Maurice roule, roule, roule jusqu'à l'autovia, puis jusqu'à la prochaine aire de service.
Nous faisons environ trente kilomètres lorsqu'enfin nous pouvons stationner près d'une cafétéria à l'écart du bruit et sur un parking éclairé. Ouf ! Nous tombons littéralement de sommeil ! Nous sommes bien renseignés sur les guides par ce genre de pratiques dont il est coutumes par ici, mais celui-ci vient de démontrer trop de zèle. Dans ces conditions, il valait mieux partir.  
Nous reprenons la route à 9 heures après avoir un peu récupéré d'une nuit agitée. En effet, sur notre halte, nous avons été réveillés par des rafales de vent inouïes, d'une grande violence. J'ai eu peur que cela renverse notre engin. Je dormais mal. La furie des éléments déchaînés m'en empêchait. Un vent brutal rugissait comme le diable ! Et puis, tout à coup, une pluie torrentielle s'abattait avec force et dévalait de tous côtés. Je fini par me rendormir et Maurice aussi, je crois. 

Enfin, nous prenons la direction de la ville de CADIZ, mais nous passons d'abord par JEREZ DE LA FRONTERA, où il n'y a que des immeubles à perte de vue et une zone industrielle. Nous roulons et voici CADIZ et soudain, s'ouvre devant nous un cauchemar d'immeubles surgissant de terre comme des champignons en voilant définitivement toute vue sur l'océan. Dégoûtés par un tel panorama nous roulons sans vouloir nous arrêter. 
Nous faisons un arrêt à TARIFA. Là, c'est mieux ! Ville non touristique, nous sommes heureux de découvrir un très joli point de vue sur la mer, avec une rade qui rejoint un fort où se trouve planté là, le phare. Nous déjeunons ici, devant l'océan en furie alors que d'énormes nuages noirs perçés par instant de soleil laissent échapper une grosse radée inondant tout sur son passage. Du coup, notre véhicule bien rincé devient tout regaillardi. Nous sommes situés sur la pointe entre TARIFA et le MAROC, le morceau de terre espagnole le plus éloigné sur la mer. 
Après nous être restaurés, nous partons sur ALGECIRAS. Le paysage change. Après la Sierra, où les andalous cultivent, ici, des milliers d'oliviers et d'orangers, voici des collines qui s'élèvent doucement. Tiens des coucous fleurissent de partout dans les prés et aussi des narcisses (est-ce le printemps dans ce pays toujours chaud ?)
Et puis des moutons paissent et des taureaux circulent dans les prés. Les montagnes s'élèvent encore. Dommage, le ciel s'assombrit et nous obscurcit la vue poutant spectaculaire sur l'océan et la Méditerrannée. A cet endroit précis se mêlent les deux eaux de ces deux mers.
La vue sur la baie d'ALGECIRAS et sur le ROCHER de GIBRALTAR est grandiose !

Un ciel dégagé nous permettrait de mieux apercevoir les montagnes et rendu la couleur des mers plus éclatantes. On ne peut pas tout avoir ! C'est splendide ! Nous suivons cette baie où nous découvrons l'embarquement des ferry-boat en partance pour CEUTA ou TANGER. Je remarque aussi, avec surprise et bonheur un champ marécageux empli d'un troupeau de cigognes. Combien sont-elles ? Innonbrables ! Sont-elles elles aussi en partance pour la Maroc, après une halte ? C'est fort probable. 
Et voilà GIBRALTAR et son énorme rocher ! Impressionnant ! Photo ! Nous sommes parvenus au bout de l'Europe !
Un petit tour et nous filons vers ESTEPONA, avec toujours le même effarement devant des immeubles qui parfois reprennent un style adapté au pays, ou copient des formes et des couleurs, mais d'autres fois des alignements de maisons jumelles horribles placées dans des lieux insolites et choquants ! C'est hideux !
Sur ESTEPONA, MARBELLA et FUENGIROLA les andalous ont construit partout...sur toutes les crêtes des collines et cela donne un paysage étrange de montagnes de toutes les hauteurs totalement colonisées et si possible avec vue sur mer ! 
Pour TORRELINOS c'est la même chose. MALAGA, ville géante et à TORRE DEL MARRE, on retrouve le même principe de colonisation du lieu. Sauf que, Maurice fourbu se faufile à travers les buildings pour trouver une place en bord de mer. Nous trouvons ! Nous nous installons et décidons d'aller manger quelque part. Nous désespérons de trouver quoi que ce soit un dimanche, mais contre toute attente, nous apercevons une crèperie ouverte tenu par un basque et une parisienne. Nous parlons tous français et le basque nous raconte son parcours. Il nous offre la deuxième bouteille de cidre. Enfin, repos, nous ne roulerons pas ce soir. La journée s'achève sur une bonne note !

TORRE DEL MARE, le 24 décembre 2001 : 11° dehors (260 km).
Après une nuit calme, malgré quelques pétards tardifs sur la place, nous déjeunons et rangeons rapidement. Ce matin nous devons trouver un supermercado pour les courses de Noël. Aussi, nous nous éloignons rapidement.
Nous empruntons la route pour gagner NERJA, joli pays et superbe horizon ! Voici, MOTRIL et puis ADRA, le paysage fait d'une succession de montagnes rondes se déroule sur des kilomètres.
Les promoteurs s'en donnent à coeur-joie ! Plus haut, plus loin nous distinguons les montagnes de la SIERRA NEVADA dont un sommet culmine à 3398 m et un autre à 3182 m, puis un à 3482 m, et un autre à 2609 m. Sierra remarquable ! GRANADA se situe juste derrière. Nous irons plus tard. Pour l'instant, nous poursuivons notre chemin via ALMERIA.  Après une route très pittoresque dans la Sierra nous découvrons une vaste baie et le port de pêche d'Alméria. La ville est très belle avec des aspects désertique.
Nous cherchons, dans la circulation, un supermercado. Nous apercevons Carrefour, mais nous perdons ses traces. Nous tombons sur Elcampo, c'est à dire Auchan. Nous faisons nos courses parmi la foule des andalous dans une ambiance de fête de Noël. La sono nous envoie des Flamenco

(Photo : les moulins à vent dans les environs d'Alméria. Au-dessous : nous traversons des rios à sec ou parfois inondés !) 
endiablés entrecoupés de chants de Noël bien de chez nous. Nous entrons par le parking et nous pénétrons à l'intérieur avec notre caddy sur un passage roulant et arrivons au 1er étage. Une vaste galerie marchande, la Part Dieu en plus petit, nous accueille avant de trouver Elcampo (Auchan).
Pour réveillonner à deux, nous choisissons toutes les spécialités espagnoles, pour goûter à tout. Le réveillon sera pour nous, un moment de dégustation et en prime, il ne sera pas trop cher. Nous mangeons sur place et nous repartons cap sur le CABO DE GATA.
Nous ne suivons pas la petite route de la mer, nous remontons sur MURCIA. Dans l'intervalle, nous croisons sur des hectares et des hectares et ce sur des kilomètres, des serres géantes sur les collines alternées en bosses, de loin cela donne l'étrange impression de voir des nappes d'eau...C'est monstreux mais cela produit des tomates par milliers ! Un désastre pour l'environnement, ces longueurs épouvantables de filets plastiques que le vent emporte à la mer ! 
Nous filons sur la voie rapide vers MURCIA puis nous obliquons à droite dans la direction de CARBONERAS. Nous traversons les collines de la Sierra sur une petite route. Elle monte et redescend sans cesse. Soudain, au détour, elle s'élève en à pic sur la mer par des ponts suspendus au-dessus du vide. Je ne suis pas trop rassurée.
Et, tout soudain, devant nos yeux émerveillés, une baie magnifique et on recommence à jouer ainsi à cache-cache. Quand enfin surgit MOJACAR ! L'endroit se dévoile grandiose, le village enchanteur, d'un style marocain, avec ses petites habitations blanches ourlées de plages magnifiques, ses figuiers de Barbarie et puis, presque à côté GARRUCHA avec sa criée et son port si sympathiques.
Alors voilà, ces deux villages deviennent notre port d'attache, notre lieu de résidence, notre coup de foudre ! Nous nous établissons ici, au port. Nous repérons une corréios (poste) pour faire suivre notre courrier.
OUF ! Après un si long périple, un grand repos s'impose. Joyeux Noël !

NOËL 2001 : 24 décembre 2001 : 8°,2 le matin et 14,5° l'après-midi au soleil. 
Installé à Garrucha, sur un petit parking entre les lauriers roses en fleurs, devant la plage, un peu à l'écart de la route et des petits immeubles, nous fêtons Noël. 
Notre réveillon se compose d'olives vertes du pays, d'oeufs de poisson sur mie de pain beurrée. Ensuite, nous avons un éventail de petits beignets espagnols délicieux, et de très grosses crevettes roses, un yaourt, un "montécao" biscuit que j'adore, mais les espagnols l'appelle autrement. Nous avons acheté un assortiment de saucisses fameuses et de pâtés du cru. Nous y touchons à peine pas plus que les noix et les figues. Nous nous réservons pour le dessert "la torta turron de Alicante" un délice et quelques petits chocolats emballés façon "paquet de café". Et puis, bien sûr, comme il se doit, pour la traddition, une belle bougie rouge et un gros morceau de bûche de Noêl façon espagnole que nous réservons pour demain.

MARDI 25 décembre 2001 :
Nous nous levons tard. Cela n'était pas arrivé depuis longtemps. Après la toilette et le rangement, nous réfléchissons à notre parcours. Nous relisons nos notes de voyages. Hier, après notre installation, nous avons fait un tour dans Garrucha. Nous avons repéré les commerces, la poste, la banque, le supermercado et la peluqueria aussi. Mais Mojacar, tout à côté rend les mêmes services. Ce village ravissant se situe sur un site remarquable. De plus nous avons repéré un coin sauvage près d'un gros rocher avec une tour, qui nous paraît à la réflexion calme et tranquille pour la pêche. Le coin est beau et sauvage. Un camping-car allemand est installé, plus loin quelques voitures et des pêcheurs près de la tour. Après le repas de midi, nous nous y rendons. Hier soir, comme souvent, j'ai téléphoné aux enfants.
Sitôt arrivés, Maurice jette sa canne à l'eau. Et moi, je me remets à l'écriture. Le soleil perce enfin. Depuis Sévilla, nous avons enduré une grosse tempête et des rafales de vent et de pluie énormes. A présent, le calme revient. Il fait meilleur. En France aussi où les températures depuis notre départ avaient chutées très largement en-dessous du zéro avec -10° dans l'ain, -12° à Toulouse et -14° en Alsace. Brrrrrr !...

MERCREDI 26 décembre 2001 :
 (Le camping-car que j'ai baptisé l'oiseau bleu et sur lequel Maurice a fait posé une sérigraphie avec son nom et un bel oiseau, sur les côtés et derrière le bahut)
Nous avons bien dormi, au bord de cette plage sauvage. Au matin seul, l'allemand demeure planté là, avec nous.
Il fait un temps superbe...pas un seul nuage, à perte de vue, la méditerrannée et le ciel immense s'épousent de bleu. Mojacar au loin, étincelle de blancheur. Dehors, il fait déjà 18°. Il nous reste une seule bouteille de gaz et il va falloir faire avec. Nous allons en courses à Garrucha, d'abord à la correios pour notre courrier, ensuite au supermercado pour faire le plein nécessaire à la confection de salades variées. La vie, ici, n'est vraiment pas chère. Même l'essence et le gasoil affichent un prix record, le Portugal encore plus. Cela nous change de la vie chère de chez nous. Combien de temps cela durera-t-il ? 
A notre retour, la place est envahie de véhicules. A 15 heures on peut compter onze camping-cars. Il en viendra certainement d'autres. Le thermomètre annonce 26°,5, du pur bonheur. Maurice installé à la pêche sur les rochers d'où il a une situation trop instable revient sur la plage près du véhicule. Nous avons préparé un feu de camp au cas où il ramènerait un gros poisson et même acheté une poêle pour cet usage. Mais de gros poisson point ! Du coup pour le jour de l'an, nous escomptons faire le réveillon autour de notre feu improvisé avec une ventrée de moules et de patates en papillottes. Une paëlla ne serait pas mal non plus ! Mais les plats simples sont les meilleurs !

JEUDI 27 décembre 2001 : 6,5° au réveil et 17,5° à 13 heures.
Bien entendu, n'ayant pas fait de liste, j'ai oublié d'acheter le café, hier. Il manque d'autres petites choses, mais le village est à 2 km. Mojacar est plus près, nous allons cette fois-ci au 1er supermercado de ce village très pittoresque. Dans la boutique nous sommes étonnés d'y rencontrés des commerçants français. Mais, les français ont paraît-il, bien colonisés le secteur. D'ailleurs il y a un restaurant breton. On est pas si dépaysé ! Une fois les courses faites, nous voici revenus sur notre plage. Exédés d'y trouver toujours autant de saletés, bidons plastiques, bouteilles de verre, etc...Maurice et moi, sans se concerter décidons de nettoyer au moins les abords du camping-car. je ramasse quatre sacs de poubelle. On trie les papiers du plastique et nous alimentons notre feu avec. Je récupère un sac de bouteilles de verre et un sac de boites métalliques genre boissons coca cola. C'est fou ce que les gens peuvent être dégueulasses ! L'environnement est très sale en Espagne et pire au portugal ! La nature est carrément une poubelle à ciel ouvert ! C'est attristant ! Le pire, je crois, ce sont les sacs en plastique. Avec le vent, ils s'envolent et s'accrochent de partout, aux barbelés, aux arbres, aux plantes épineuses, à tout ce qui leur fait obstacle et malheureusement, ils flottent en grand nombre dans la mer ! Les serres de tomates que nous avons croisées pendant notre voyage illustrent bien la néglignece et le m'enfoutisme des gens. Pire, lorsque les bâches sont usées, ils les arrachent et les balancent dans le fossé en-dessous. Ni vu, ni connu, le fossé c'est la route ou la colline voisine. Et, nos regards se posent, immanquablement sur ces km de plastique qui volent avec la tempête. Vraiment il faudrait qu'ils prennent tous conscience de ce qu'ils font !
Voilà, maintenant, Maurice est à la pêche. Le temps clair, dégagé, frissonne sans un nuage à l'horizon. Nous refaisons le feu. Ce soir, nous resterons autour, et je ferai cuire une omelette sur les braises. Nous avons téléphoné et avons des nouvelles fraîches de France, très fraîches :
-10° ces jours derniers. Nos enfants grelottent et sont installés devant leur cheminée. Maurice, lui, en caleçon de bain va repêché ses articles de pêche coincés dans les rochers, puis installé au soleil, nous dessinons Mojacar au loin. La journée s'achève sur ces dessins.
(Photo : dessin de Maurice qui pourtant atteind de la maladie des tremblements essentiels...tremble comme une feuille)

VENDREDI 28 décembre 2001 : Il fait 9,5° au matin et 10,2 dans le camion. L'air est frais et vif au bord de l'eau. A 14 h, nous avons 15, 9° à l'ombre. Maurice, s'évertue à laisser ses marques autour de notre endroit. Il borne notre emplacement avec des pierres laissant deux ouvertures pour entrer et sortir, comme un amusement d'enfant. Cela me fait rire. Puis, par jeu il écrit notre numéro d'immatriculation avec des galets blancs sur le sol, espèrant qu'ainsi après les courses nous regagnerons notre territoire...mais, rien n'est moins sûr ! 
Je range et nettoie le sol et fait une lessive rapide. Nous n'avons pas trouvé de laverie.  Le problème du gaz devient lancinant. Nous vivons sur la bouteille qu'il nous reste et ce serait dommage d'écourter notre voyage pour ce problème. Nous allons cherché le pain et une autre poêle pour la cuisine de nos camps improvisés.  J'achète aussi, une casserole à paëlla. Elle a le mérite d'être profonde et large. Nous choisissons une dorade et goûtons du "cazon" à midi. Poisson délicieux à la poêle, Mais ne s'agit-il pas de saumonette ? Nous achetons des cartes postales ! Encore ?
Et oui, je ne peux pas m'enempêcher. Elles sont si belles et il faut faire profiter de notre joie à nos enfants et nos amis. Pendant que je rédige, Maurice gratte avec frénésie autour du bahut. Cela visiblement, l'occupe agréablement. La mer est belle, le ciel bleu pur avec quelques petits moutons blancs.
Un coup de fil de ma fille Valérie qui me demande de la rappeler car le prix de la communication est trop élévée. Elle cherche à savoir où nous sommes et si tout va bien. Elle nous explique combien, ils ont souffert du froid mais après la neige se dessine une amorce de redoux et de dégel. Les enfants partent trois jours en Auvergne, espérons que le temps soit clément. 
Nous quittons notre camp et pour changer nous allons sur la plage de Mojacar. On se balade. On est heureux, on se sent libres. Les gens peuvent faire du vélo ou de la marche à pied. Le site est délicieux et agréable.

SAMEDI 29 décembre 2001 : 9°4 dehors et 10, 8° dedans au matin. 
Nous nous réveillons sur le bord de plage à l'entrée su village si blanc, devant l'immeuble de l'hôtel et de la piscine, assez loin , tout de même pour ne pas être virés. Nous nous préparons en quête d'eau pour le véhicule, en d'eau potable, de pain, de laverie et qui sait, de gaz. Nous roulons pour chercher un point d'eau. La station d'essence vient de nous la refuser (c'est bien la première fois)! Tant pis, il faut trouver un point d'eau. Dans les campings ? Rien à faire ! On ne va pas aller s'enfermer derrière des grillages ! Nous roulons en direction de VERA, puis de VILLARICOS et vers ST JUAN DE LOS TERREROS.
Quand après avoir traversé un paysage sauvage de Sierras, nous débouchons sur des maisons " style marocain" et nous apercevons de loin un groupe de camping-caristes. Il doit y avoir de l'eau. Nous y courrons. Arrivé là, nous les voyons lavant leur linge, s'approvisionnant en eau. On s'arrête. On fait le plein. Nous questionnons des français sur le problème du gaz...et oh, miracle ! La solution existe ! Elle se situe, tout près à VERA. Un ingénieur nous installe un adaptateur sur une bouteille orange barrée d'un trait noir. Voilà, c'était simple comme bonjour ! Bon, après le plein, nous passons à la laverie car il en existe bien une ! C'est pas vrai ! Cela paraît normal avec tous ces touristes...Tenu par un allemand, ou est-ce un américain, notre linge est tout prêt et même plié ! Nous reviendrons pour une tournée de blanc délicat. Il ferme la boutique à 14 heures et nous devons encore faire les courses. Après cela, nous avons décidé de retrouver "notre coin" toute de suite après Mojacar entre les montagnes, les rias et le bord de la plage. Notre périmètre nous attend, nous y ajoutons la pallette ramenée de la plage pour essuyer nos pieds plein de sable...de vrais Robinsons !
Après le repas d'une belle dorade, Maurice retourne à la pêche et moi...dans mes écritures. Il fait un temps chaud et calme, déjà 22,4° à l'ombre ! Je repense à Mojacar...je suis envoûtée, comme tombée sous un charme...et il y a de quoi !
(Photos : une carte postale de l'intérieur de ce village et la photo faite par moi au même endroit).

Les bains de Mojacar est un endroit à ne pas rater !
DIMANCHE 30 décembre 2001 : Il fait 17,8° dans le C.C. (sans chauffage) et 13,5° dehors à 9 heures du matin. 
Maurice, hier, était à la pêche. Cette fois-ci, avec une mer très calme, il ne revenait pas bredouille. Il attrapait toutes sortes de poissons. Tellement heureux, il rentrait à la nuit avec son chargement. Ah, vraiment ! Quel mordu ! Comme tout ce qu'il entreprend dans n'importe quel domaine d'ailleurs...Moi...évidemment, je demeurais le nez plongé dans les écritures ! Je relisais aussi tout le courrier échangé pour écrire le parcours de mon père dans le bulletin d'Histoire de son village natal en Alsace. Aussi les recherches sur l'arbre généalogique de ma famille paternelle remontant jusqu'en 1757 ensuite les traces se perdent faute d'écriture dans les registres. J'étais allée chercher tous les extraits de naissance et de décès dans les diverses mairies des trois villages concernés lors de notre dernier voyage en Alsace. C'est ainsi que du pays basque, durant ce voyage, j'ai pu en rédiger le texte pour l'envoyer.
Maurice parti à la pêche, revient vers 16 heures. Après une petite collation, nous décidons d'aller explorer la tour au bout de la plage. Maurice l'a déjà fait. A l'intérieur on trouve une salle en demi cercle, puis au 1er étage la même forme ornée d'une grande cheminée. Au 2ème étage, une très grande terrasse donne sur la vue alentour. Je ne peux y accéder. Les escaliers en colimaçon, la hauteur et l'étroitesse des marches sur mon déséquilibre des jambes ajoute au vertige qui, à présent, ne me quitte plus. Nous redescendons, faisons le tour du secteur, dans l'espoir de trouver un coin sanitaire. Mais, malgré la présence de plusieurs campaing-caristes, trois anglais et trois allemands regroupés et une caravane. Nous ne trouvons rien. Nous ramassons des branches, des morceaux de bois pour notre feu du nouvel an. Nous trouvons deux poubelles vides, y installons nos branches et roulons le tout jusqu'à notre campement. Nous commençons à faire brûler nos déchets, lorsqu'arrivent, on ne sait d'où deux cyclistes (camping-caristes) français. Ils entament la conversation puis doucement en viennent à la sécurité et nous font comprendre qu'ici on pourrait facilement nous attaquer : "Ils s'y mettent à quatre voitures, vous encerclent jusqu'à ce qu'ils aient tout vidé". Nous sommes persuadés que les camping-caristes français font courir des rumeurs. C'était pareil sur la Bretagne alors que nous y sommes tant de fois allés sans aucun problème. Ici, nous savons que ce genre de rumeur se propage pour remplir les campings surtout à la morte saison...Sans céder à la panique, ni à la psychose et à supposer que cela soit vrai, ce dont nous ne sommes pas du tout convaincus, en y regardant de plus près le site, certes, n'est pas très engageant. Et comme nous restons toujours vigilants, nous préférons partir, bien que nous n'ayons jamais été seuls dans ce site. Des campings caristes ont habité le lieu une nuit jamais plus. Sauf, parfois un ou deux allemands, seuls sans aucune compagnie. Du coup, nous abandonnons notre feu et tout compte fait, à vingt kilomètres au-dessus de la côte, il y a un point sanitaire avec en prime un point de vue formidable, mais Maurice ne pourra pas pêcher. Nous arrivons à la nuit pour un autre campement.

LUNDI 31 décembre 2001 : 13° le matin.
La nuit se révèle calme et chaude. Histoire de ne pas se faire oublier elle déverse quelques très légères gouttes. Mais au matin, tout est plus sec que jamais et le soleil se montre déjà dans un ciel peu couvert.  
Nous allons faire nos courses, cette fois, non plus à 2km mais à vingt. Nous retirons notre courrier à la poste où nous attend un gros paquet de lettres. Nous achetons nos moules du réveillon au supermercado, quelques yaourts et fruits. Nous passons poser notre linge à la laverie : 1500 pesetas pour une machine, linge rendu lavé, séché et plié.
J'écris ces lignes devant une vue splendide, d'énormes blocs de rochers se précipitent dans la mer au lointain et, tout près sur ma gauche une belle villa jaune bordée de palmier et d'un araucaria (l'arbre aux singes). Le ciel gris couvert depuis seize heures nous laisse présager qu'il va pleuvoir. Après être passés au "multibanco" boite à sous, nous avons retiré un peu d'argent, car un de mes cousins veut un billet pour l'ajouter à sa collection et nous sommes à court de pesetas. L'euro arrive d'ici à demain le 1er janvier 2002. Nous profitons de l'occasion pour faire le plein de "turron" (pour les enfants) et de bons gâteaux espagnols. Olé ! Ainsi nous aurons un beau billet de 1000 pesetas pour le cousin.
Une fois sur le lieu de notre séjour, nous mangeons un casse croûte et faisons les comptes. Ce mois encore sera juste. Il faut payer 6000 frs d'impôts, 4200 frs d'électricité et 5300 frs de mutuelle. Dur, dur. Bon, il va bien falloir faire avec.
Le temps se couvre de plus en plus.  
Vaguement, sans grande conviction, derrière mes brouillons, je brosse une esquisse du panorama devant moi, mais il y a si longtemps que je n'ai ni dessiné, ni peint..,je ne sais plus.
Maurice pêche toujours. Le réveillon semble être à l'eau. Les rochers devant moi s'approchent. Ils s'assombrissent.  Les montagnes dans le lointain s'estompent...
Par LA VALLEE DE DANA (DANA LANG) - Publié dans : CARNETS DE VOYAGES
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Mardi 16 septembre 2008 2 16 /09 /Sep /2008 11:25

MARDI 1er janvier 2002 : Cette nuit, il pleut assez fort et la mer se démonte. Au matin, nous la découvrons totalement déchaînée sous un ciel chargé de gros nuages sombres. Nous traînons au lit. Hier, Maurice n'a pas pu tenir jusqu'à minuit. Nous nous sommes couchés à 11 heures après un petit festin moules-frites, quelques biscuits espagnols arrosé d'un peu de vin d'Alsace. Mais cela l'a contrarié. Il ne lui en faut plus guère. A moi, aussi !
(Photo : calendrier andalou 2002) Nous avons cherché en vain, le bouchon de ligne, perdu hier, mais la mer violente a dû le balancer et le casser contre les rochers.
Après le rangement, nous optons pour une petite balade jusqu'au PUERTO DE MAZZARRON, mais depuis AGUILAS, il faut encore rouler 50 km. Nous rebroussons chemin. Il ne fait vraiment pas beau et cela ne vaut pas le coup d'aller si loin. Finalement, nous montons à la CUEVAS DEL AMANZORA, au milieu de la Sierra au-dessus de VERA. Nous pensons y découvrir  un lac, mais il s'agit d'un barrage. Le RIO déclenché par l'ouverture de cette retenue d'eau et des pluies excessives peut  devenir large comme un fleuve. Endigué de berges de béton, trois routes passent dans son lit  pour rejoindre les maisons d'une rive à l'autre. C'est vraiment surprenant et pour le moins insolite. Dans les environs, un peu en-dessous du barrage, nous découvrons des montagnes percées comme des fromages de Gruyère. Dans ces trous logent de nombreuses maisons troglodytes. Certaines proposent un seuil très élaboré d'autres s'exposent telles quelles, façon naturelles. Stupéfaits nous apercevons un berger et ses moutons contre la paroi en a-pic sur le vide. Ils semblent qu'ils logent là dans la bergerie à l'abri de la montagne avec portes et fenêtres. Tout ce troupeau sur une corniche aussi abrupte, nous sidère !
En grimpant vers le barrage nous apercevons des lavandes sauvages que Maurice se plaît à tailler au sécateur : Ce bien odorant bouquet contre les moustiques dans le camping-car sera le bienvenu. Il y a très peu d'eau dans cette retenue. L'eau manque déjà cruellement ici. Ce liquide si précieux permet l'irrigation des cultures dans les creux des collines arides de la Sierra et l'arrosage des milliers de pieds de tomates se fait exigeant.
Nous retournons à Mojacar, faisons quelques courses chez le français et mangeons sur place à la plage d'où nous ramassons une palette pour nous frotter les pieds à l'entrée du C.C. et quelques pavés pour le caler.
Nous rentrons vers 15 heures sur notre campement de Garrucha, ST JUAN DE LOS TERREROS ET AGUILAS.  Nous nous installons correctement, bien calés pour passer la nuit. Nous jouons trois partie de scrabble et après le souper, Maurice file au lit. Il est 19 heures. Nous ne regardons pas la télévision, la TV espagnoles retransmet des films en langue espagnole mais entrecoupée sans arrêt par des annonces publicitaires intempestives qui coupe constamment l'attention ! Impossible de suivre quoi que ce soit dans ces conditions et puis elle ne nous passionne guère. J'écris ces lignes alors que la mer roule des vagues furibondes et audacieuses. Ses rouleaux déferlent dans un tintamarre puissant qui se répercute sur tout le littoral. 

MERCREDI 2 janvier 2002 : 14° le matin et 15,3° l'après-midi.
La mer en furie rugit toute la nuit. Je me lève pensant à un raz de marée tant le vacarme va grandissant, les vagues féroces montent à l'assaut de la côte. Cela ne nous empêche pas de dormir durant treize heures. Au réveil, je veux capturer ce spectacle dans mon appareil, mais celui-ci refuse...plus de poses ! Et zut !
Nous n'avons pas grand chose à faire, ce matin. Le courrier et le gaz serons nos soucis du soir. En attendant nous jouons plusieurs partie de scrabble. Le temps ne se prête pas à d'autres loisisrs. L'heure est venue de nous rendre à la poste qui ferme ses locaux à 14 heures 30. Nous envoyons nos chèques depuis l'Espagne. Nous devrons repasser pour nos lettres. Ensuite, nous allons chez le marchand de bouteilles de propane (boutella de gas propano) susceptible de nous placer un adaptateur. Mais le technicien arrive à...19 heures ! Nous nous voyons contraints de
l'attendre 2 heures 30 devant le magasin.
AH ! Les horaires de l'Espana ! Nous devons nous armer de patience, ce qui n'est pas le point fort de Maurice. Le temps se calme et le soleil réapparaît à 17 h10. Formidable ! Le producteur de gaz se trouve à l'entrée de VERA face à l'intermarché er à côté de Deportes Blanes, grand magasin de vêtements et de chaussures. Maurice s'impatiente, c'est long. 

JEUDI 3 janvier 2002 : Il pleut toute la journée après une nuit de tempête. Nous passons à la poste mais elle est fermée. Nous cherchons des euros et la première boite à sous ne fonctionne pas. Nous faisons la queue une bonne demi-heure à la banque. Une fois au guichet, refus sous le prétexte que notre chèque est barré ! C'est juste qu'ils ne veulent pas s'enquiquiner avec des français. Maurice s'énerve, lui qui ne peut pas tenir debout la trouve mauvaise. T'énerve pas, reste cool, on va en chercher une autre ! Et, oh merveille ! Cà fonctionne ! Nous avons reçus nos premiers euros en billets de dix pour une demande de 150 euros. Et, maintenant plus de problème de conversion, c'est tout de même pas mal ! Nous rentrons à notre base. Nous nous jetons à corps perdus dans le scrabble. Maurice se pique au jeu. Après une dixaine de parties pour occuper le temps entre l'après-midi et la soirée, nous pouvons nous coucher. Dehors, il pleut toujours.

VENDREDI 4 janvier 2002 : Le téléphone nous réveille, comme chaque mardi et vendredi pour faire nos comptes. Cette fois-ci, nous dormions profondément. Surprise ! Il fait un temps superbe !
La mer profondément bleue et le site resplendissent de beauté sous le soleil. Nous faisons les courses pour quelques jours de tranquillité. A côté du supermercado, nous trouvons Dia. Nous en profitons pour nous fournir en
produits courants. Sitôt à notre place, Maurice saute sur ses cannes à pêche et je prépare le repas : un délicieux riz, poivrons, tomates aux calamars. Un pur régal. Je vais à la pêche, moi aussi. Il fait 21,6°. La mer se la coule douce. Si le beau temps se poursuit, on va bientôt pouvoir se baigner.  

SAMEDI 5 janvier 2002 : GRANDE FETE DES ROIS DANS TOUTES LES VILLES D'ESPAGNE ! 
Toute la nuit, la mer roule ses vagues déchaînées dans des grondements terribles. Au matin, il pleut fortement. Nous devons nous déplacer près des toilettes pour remplir d'eau et vider nos wc chimiques naturels. Hier soir nous nous sommes calés face à la mer, ce matin il souffle si fort, Maurice doit inverser le camping-car. Il le place fenêtre sur la mer. Nous pouvons chauffer. Le vent refroidit tout. La mer redouble de violence. Les vagues affluent jusque sur la ligne d'horizon qui porte assez loin pourtant.
L'écume battue et rebattue se monte en neige. Les océans doivent être encore plus impressionnants si l'on songe aux tempêtes d'équinoxe en hiver en Bretagne. Nous sommes allés voir si nous trouvions des éponges, nous revenons bredouilles.
Après le repas de midi, nous reprenons nos parties de scrabble. Elles s'annoncent mal. Maurice retourne sur la plage, vérifier si des éponges n'auraient pas échouées. Question éponges, il faut dire que nos voisins ont fait la rasia. Tiens, depuis ils sont partis ! Aujourd'hui, sur notre campement, on remarque un ballet incessant de camping-caristes. Beaucoup d'allemands vont et viennent, des hollandais aussi, à bord d'engins qui ressemblent plus à des autobus avec en prime moto et voiturette. Cela devient compliqué de se déplacer avec pareil standing. Cela nous amuse de les observer. De même nous constatons que certaines femmes lavent leur linge à la main. Ils ne doivent pas savoir où se trouve la laverie ou peut-être cherchent-elles à faire quelques économies.
Avec ce temps déchaîné Maurice ne peut pas pêcher. Hier en fin de journée, il a pu s'approvisionner en matériel de pêche, bouchons, arrêts de ligne, hameçons, très satisfait de pouvoir faire le plein à un coût aussi bas. Ici, en Espana, la vie est tellement moins chère. Nos voisins reviennent et nous leur cédons la place. C'est bien pour leur faire plaisir car aucune place n'est réservée à quiconque dans les voyages itinérants...mais, comme il ira nous chercher des éponges, un service en vaut un autre. Et puis, il nous a tuyauté pour le gaz, on ne peut pas toujours vivre comme des "Robinsons". Il fait toujours aussi mauvais et je crains que la nuit ne soit pareille.
Les séances de scrabble nous pompent. Lorsque nous avons changé de place pour notre voisin, Maurice croyant la marche sortie s'est retourné le genou dans le vide. A présent, il souffre le martyre et doit s'allonger. Encore heureux qu'il ne s'agisse pas de sa prothèse ! Mais celui-ci aurait dû être opéré car il est vraiment très mal en point. Dur, dur...Finalement nous mangeons rapidement pour s'installer devant la télévision espagnole.

Qu'elle n'est pas notre surprise de découvrir une immense fête dans toutes les villes d'Espagne pour les rois, fête des enfants et des caramelos ! Beaucoup de très beaux chars d'où l'on jette des caramels la foule. Défilés joyeux et haut en couleurs où les enfants sont partout à l'honneur. Dans le port d'Alméria, les rois sont juchés sur de gros navires venant du Maroc, puis ils descendent dans la rue et distribuent des cadeaux, des caramels surtout ! Maurice est déçu, il aurait aimé faire le plein et y aller ! C'est tout de même curieux que nous soyons entourés de français habitués à l'Espagne et qu'ils ne sachent pas que cette fête existe ? Les images de Madrid montrent une fête gigantesque. Quant aux émissions andalouses, elles nous retransmettent les magnifiques défilés d'Alméria, de Huelva, de Sévilla, de Granada, de Jaën, etc...

DIMANCHE 6 janvier 2002 :
La mer s'assagit sur le matin. Nous décidons de faire un tour après le petit déj. et le rangement. Nous allons en direction d'AGUILAS dans l'idée de nous rendre au puerto dal Mazarron. Après Aguilas, nous dénichons un petit village niché sur la colline sympa et....tout blanc. Quelle lumière dégagent ces petits villages andalous toujours resserrés sur eux-même comme pour mieux affronter les tempêtes ! De nombreuses villas très coquettes jouent les fières au milieu des arbustes en fleurs et de leur petit port niché dans un écrin de mer. Plus loin, du côté de Mazarron, la côte découpée offre un beau spectacle sur des petites baies prisonnières entre d'énormes rochers. Très vite ces endroits sont colonisés par des constructions plus ou moins sauvages. Certaines zones habitées autrefois semblent totalement désertes comme livrées aux promoteurs. D'ici peu, tout sera construit de manière, hélas, plus ou moins heureuse. Et puis, toujours des tonnes de détritus dans les trous, dans les remblais, dans les passages de l'eau, tous ces rios qui charriront d'un jour à l'autre tous ces immondices à la mer. C'est une horreur ! Et ces bords de mer sauvages recrachent chaque jour le surplus sur les plages ! 

A CABO COPE, nous nous promenons dans l'espoir de trouver quelques éponges. Et, par hasard, mes yeux se posent sur les premières...deux et puis deux autres. Cela nous encourage à chercher sur la rive. Mais rien ! Nous rentrons et allons au bout du camp sur la plage et là, de belles découvertes...des éponges dont une entière. Nous sommes contents. Mais maurice d'avoir tant marché soulevé par la curiosité, se met à souffrir le martyre de ses deux jambes et son dos l'a fait souffrir toute la journée. Nous nous couchons en hâte pour reposer tout çà.

LUNDI 7 janvier 2002 : 
Nous courons à la poste mais nous nous heurtons le nez sur un panneau Jour Férié ! Pour les mages trois jours de fête sont accordés pour tout le monde ! Viva Espana !
Mais, Maurice peste...un voyage pour rien ! Nous restons sur notre lieu de séjour , non sans avoir vadrouiller sur les plages à la recherche d'éponges...rien ! Je lave quelques bricoles, fais le repas. Un va et vient incessant de camping-cars font la navette vers le point d'eau. C'est l'occasion de discuter avec les chauffeurs. Ce matin, il pleut. Des allemands arrivent, des français aussi, avec leur groupe électrogène et leur...meuleuse ! C'est vrai leur camping-car part en brioche...vive le marché de l'occasion. Ce brave type passe des journées entières à réparer son véhicule à grands fracas ! On voit de tout...

MARDI 8 janvier 2002 :
Jour anniversaire de mon fils Yvan ! Nous allons chercher nos lettres. Nous attendons des justificatifs à renvoyer avant le 20 pour les pensions d'invalidité de Maurice, mais il n'y a toujours rien au courrier. Inquiets, nous téléphonons partout. On nous rassure, nous ne pouvons pas les avoir reçus à partir du moment où ces courriers ne pas encore partis. Visiblement, il y a des problèmes. Nous faisons une lettre pour prendre les devants. Nous en profitons pour faire nos courses et achetons moules et calamars (pas chers). Puis nous rentrons au camp. Nous recontrons un allemand affolé qui nous prévient "policia, policia". Bon, il vaut mieux savoir ce qu'ils veulent. On se gare près de nos français. Nous voyons un policier de la "guarda civile" qui fait les cent pas entre chaque camping-cars. Beaucoup se sont envolés, mais d'autres sont restés. Bizarre...le policier arrive vers nos voisins. Maurice sort. Je les entends parler. La policia relève les identités de tous. Puis, il vient me dire que nous devons nous déplacer de six mètres par rapport à la borne "protection de la mer". Tu parles ! Les maisons sont bien plus près de la mer que nous. Enfin, il s'agit d'un prétexte. Nous ne pouvons stationner ici, que trois jours. Cà, je l'accepte. Je trouve normal de ne pas dépasser ce délai dans un emplacement pour quelques camping-cars. Nous sommes en voyage itinérant, après tout...sauf qu'il manque des bornes de partout. Les municipalités devraient laisser à dispositions des touristes un ou plusieurs emplacements (suivant leur grandeur) sur leur commune permettant de séjourner de 24 à 48 heures pour quatre à six camping-caristes...de même pour les services. Seulement voilà, chaque camping-cariste devrait s'autodiscipliner et ce n'est pas facile quand des couillons font circuler des bruits d'attaque ! Sinon, il faut aller dans les campings et ce n'est pas la vocation de ces engins. Après le repas, nous retournons à la poste qui, comme de juste, est fermée. Nous achetons timbres et cartes postales dans une boutique et nous posterons nos lettres vers 17 heures. Au courrier nous avons une lettre de Mélissa, notre petite fille. Pendant que Maurice pêche, je m'empresse de lui répondre une lettre de sept pages, elle va en être toute remuée ! Nous rentrons à notre base pour la nuit. Tiens, le français et sa femme ont mis les voiles. Elle souhaitait que nous restions ensemble. Mais nous croyant envolés, ils sont partis à leur tour. Nous restons pour la nuit. Demain, on verra...

MERCREDI 9 janvier 2002 :
9 heures, il fait grand beau et très doux. La mer s'est enfin apaisée. Plus personne autour de nous. Tous ont pris la fuite. Le français à la meuleuse s'est évaporé. Tout de même, en voilà un qui ne manquait pas d'air ! Hier, nous l'avions rencontré au supermercado venu acheter sa chopine de vin. Au retour, ils se vantait d'être allé se ravitailler gratuitement auprès des maraîchers occupés dans les champs prétendant que nous, nous ne savions pas y faire !
...Il faut de tout pour faire un monde.
Nous prenons la route pour Garrucha et allons chercher notre courrier...et, des euros pour la semaine. Il faut aussi aller faire le plein de gasoil. Nous nous installons sur la plage de Mojacar à l'entrée de la station balnéaire. Maurice pêche et je prépare les calamars avec du riz, des tomates et des poivrons. Je réserve les déchets. Avec çà, il fait un malheur à la pêche. La soupe de poissons n'est pas loin. Derrière nous s'est déjà installé des camping-caristes allemands. Ceux-là, ils trimballent deux grands lévriers dans leur soute. Le monde est totalement fou ! D'autres s'amènent. On ne peut vraiment pas être seuls...Nous avons reçu des lettres d'amis et d'autres administratives.
Notre courrier se perd dans les différentes adresses de notre parcours...mais, il fini par arrivé.  Un colis envoyé par des cousins leur est revenu en miettes. Les colis sont refoulés aux frontières, vigie pirate entre en action. Il fait toujours aussi froid en France. 

JEUDI 10 janvier 2002 :
Il fait beau, la mer est calme. Hier soir, Maurice a péché jusqu'à 19 heures. Il faisait presque nuit et il était transi. Quel passionné ! N'empêche, il a prit plus d'un kilo de poissons, de quoi faire une bonne soupe. A son retour, un message téléphonique nous annonce notre facture téléphonique ! J'avais oublié les coûts élevés des communications jusqu'au fin fond de l' Espagne ! Donc, plus de téléphone !  
Il fait de plus en plus beau. le cyclamen acheté au Portugal se porte à merveille. Je compte plus de cinquante fleurs roses, du plus bel effet sur le bleu. Magnifique, il fleurit sans arrêt. Hier soir à Mojacar, de la plage du port où nous étions garés nous sommes allés nous couchés vers notre fameux point d'eau à St Juan de los Torreros. Une fois debout nous avons levé le camp pour passer la journée vers Balardina, un mignon petit village tout blanc sur la côte, et trouver juste après, une immense esplanade, genre camping sauvage avec une jolie plage entre deux rochers. Seulement voilà, a peine arrivés nous avons été délogés. La "Guardia civile" nous a fait déguerpir avec de grands gestes. Dégoûtés, nous sommes partis. Voici le beau temps sur la Costa Blanca et sûrement les campings donnent l'ordre à la police de chasser tous les camping-caristes afin que ceux-ci, lassés, viennent s'engouffrer dans leurs parcs payants. Mais qu'avons-nous à faire dans les campings ? Sinon à être parqués. Bref, nous depuis trois jours, nous avons vraiment l'impression de jouer aux gendarmes et aux voleurs ! En tout cas, tout soudain, les endroits tranquilles en bord de mer sont désertés. Donc, sur la route nous ne savons plus où nous diriger. Faut-il se rendre à Alméria, retrouver définitivement le beau temps là-bas ? Chassent-ils aussi les camping-caristes ? Nous passons relever notre courrier à Garrucha et finalement nous allons sur le port de Garrucha à côté de la plage. Si la police ne vient pas nous déloger, on pourra toujours s'installer pour la pêche. Quelle stupidité ! Tous ces grands espaces libres en bord de mer sans aucun camping-cariste ! Tous se sont réfugiés dans les villes, sur les parkings. D'ici que nous retournions au Portugal, il n'y a qu'un pas. Mais retrouver la panique sur les routes cela ne nous tente guère. A Aguilas, nous nous sommes retrouvés coincés dans des impasses sans issue sans aucune signalisation et des ruelles où passait difficilement notre véhicule. La flèche obligatoire, nous envoyait, comme toujours sur des sens interdits ou des culs de sac !
Plus jamais nous ne repasserons par Aguilas ! Ras la couette ! Marre !
Maurice pour se détendre part à la pêche, direction les gros cailloux du port. Cette matinée l'a contrarié, et moi aussi. Nous espérons que ce manège ne va pas trop durer. La poste n'est pas loin, le marché pour demain à côté, et nous sommes si bien entre Garrucha et Mojacar. On devrait pourvoir être tranquilles. Trois autres français, deux allemands et un suisse se sont eux aussi garés sur cette place pour allés au marché. Les français sont allés à la rencontre des pêcheurs et la criée ne va pas tarder à commencer. Maurice revient de la pêche avec une vieille, six civelles et quelques poissons blancs. Puis, nous repartons ensemble. Il faut grimper sur la rade et je ne suis pas à l'aise avec mes jambes flageolantes et le vertige qui m'assaille. Je ne suis pas du tout rassurée, peur de l'accident. Maurice tente une escalade pour pouvoir atteindre l'eau. Il rate un poisson, puis il accroche sa ligne plusieurs fois au fond. Nous rentrons. A ce moment là, une française nous accoste pour nous demander si nous voulons acheter des crevettes. Un pêcheur leur en propose au moins douze kilos soit 30 frs par couple. Nous acceptons avec plaisir. Et, nous voilà à la criée avec nos plats et un bol pour la mesure.Chacun recevra 3 à 4 bolées soit six grosses assiettes par couple. Donc, je cuis les crevettes et prépare la soupe de poissons. Quel boulot mais quelle saveur ! Nous avons tout mangé !
Ensuite parties de scrabble endiablées où Maurice se révèle performant. Il me bat dès la première partie ! Je dois être vraiment épuisée. Il est 10 heures 45, un record !

VENDREDI 11 janvier 2002 :
Nous avons bien dormi. Nous nous préparons pour le marché. Quelle douceur de vivre nous étreind soudain !
Déjà le soleil resplendit, il fait très doux et flâner ainsi sur un marché méditerranéen devient une vraie jouïssance. Nous faisons le tour des forains avant de découvrir les nombreux maraîchers qui se tassent entre ces étroites et  longues ruelles. Ils proposent des étals emplis d'agrumes tous frais cueillis, des légumes aux douces saveurs du midi, des olives, évidemment et des oeufs. C'est un pur régal d'autant plus grand que nous évoluons parmi les andalous. Les gens jacassent, parlent fort, s'interpellent de tous côtés. Ils échangent des sourires, ils prennent le temps de comprendre et de compter cette nouvelle monnaie européenne, les euros. Nous achetons des mandarines, des tomates cerises, des poivrons, des citrons, des olives. Le poulet pas encore cuit, nous allons l'attendre au bar plein a craqué. Nous commandons dehors, assis entre les cagettes de légumes et de fruits. L'ambiance dans ce matin ensoleillé prête à la flânerie et à la rêverie. Comme on se sent bien. Nous redescendons mollement vers notre maison roulante, sur le quai, pour y déposer nos achats. En remontant dans les ruelles de Garrucha, nous passons relever le courrier. La postière nous connaît à présent...pas de lettres ce matin. Puis nous allons à la panederia. J'achète un grand sac de montécao pour 12 frs. Nous allons chercher notre poulet découpé et déposé dans un plat en alu avec son couvercle. Notre repas chaud est tout prêt. Hier Maurice s'est rendu chez la peluqueria. Il a été accueilli par une ambiance chaude, très couleur locale, avec les mamas toutes en noires, bavardant comme des pies. Il en a prit plein les oreilles mais il en est ressorti allégé, plus de cheveux.
Après ce moment de grâce, nous pensons qu'il ferait bon rester ici, jusqu'en avril. Nous aimons ce coin, où il nous est possible de vivre plongés dans la vie locale d'un petit port de pêche.

Justement revoici mon cher époux et nous décidons d'aller voir ce qu'il se passe à la criée. Dans l'immense hall aux carreaux blancs lavés à grande eau s'accumulent les caisses de poissons disposés par lots et par bateau (sans doute). Les caisses pesées d'abord sont tirées ensuite à l'aide de pique-feu retrournés et glissées jusque sur le lieu de la vente. L'appariteur muni d'un micro accroché au cou crie les enchères.
En espagnol c'est encore plus drôle. Un ballet incessant de pêcheurs, de porteurs de caisses, d'acheteurs, va et vient de tous les côtés en ébullition dans les cris de l'homme.  Les bateaux en bois colorés ne cessent d'arriver. Ils s'arriment les uns aux autres par des cordages. Puis des hommes poussant de grandes charrettes tirées par deux grosses roues viennent charger les caissons pour les emmener vers la balance.
Chaque pêcheur dans chaque bateau décharge autant de caisses qu'ils ont pêcher de poissons dans leur filet. Ils arrivent dans leur combinaison et leurs bottes trempées apportant leur cargaison encore grouillante de vie. Sur le sol gisent une vingtaine d'espadons dont un petit billet posé dessus proclame le poids. La vente finie, les hommes s'emparent des bêtes en les tirant par la queue pour aller les dépecer dans de profonds éviers. Un sang rouge coule par le trou d'évier sur les grans carreaux blancs que l'eau emporte à l'égout. Délà plus d'épée, plus de nageoires, ni de queue, ils sont prêts à partir dans les camions frigos qui attendent le moteur vrombrissant. Tout un étalage de crevettes, de langoustines, de poulpes, de gambas, de crabes, de calamars, de seiches côtoient des poissons étranges et variés. La scène odorante et colorée nous fascine. En colère de grands poulpes crachent leur encre et tentent désespérément une dernière fois de prendre la fuite. Leurs efforts les mènent seulement dans la caisse voisine. Les crabes, les langoustines agitent leurs pinces de tous côtés. De longs serpents plats et argentés rangés dans des caissons de glace attendent d'être ficelés pour le départ. L'animation est à son comble dans le petit port de pêche, où les bateaux de bois et la criée ouverte au public se pratique encore quand la criée de Douarnenez vient dêtre fermée par l'Europe (quelle belle idiotie) ! Ainsi les criée deviendront denrées rares...Les pêcheurs retirent des chaluts les filets abîmés. Sur le quai les hommes s'affairent avec dextérité à leur remaillage. Sur les bateaux on livre des seaux à glace. Les pêcheurs les tassent dans leur frigo pour le lendemain et jettent les caisses dans les soutes. La criée commence à 16 heures 30 et s'achève à 19 h 30. Maurice et moi assistons à ce spectacle haut en couleur. A côté de moi, une femme excitée par la curiosité crache son chewingum à mes pieds. Cà alors! Il a faillit atterrir dans la caisse de poissons. Faut pas se gêner ! Les pêcheurs continuent d'affluer et avec eux toute leur cargaison. Certains parviennent à prélever sur leur prise du jour, une poignée de poissons pour leurs besoins ou pour un copain. La personne occupée à la pesée reçoit une poignée du précieux butin à chaque bateau. La journée finie, elle part avec son sac plein. C'est la coutume. Voilà deux heures que nous piétinons ici, dans le hall à regarder l'arrivée du poisson et Maurice ne tient vraiment plus sur ses jambes douloureuses. Nous rentrons fourbus.




COMMENTAIRES :
Isabelle a posté :
  •  En te lisant des chansons de Luis Mariano m'ont traversé l'esprit et j'ai revu en mémoire les beaux paysages de certains de ses films !
Dana répond :
Tu as raison, Isabelle. Ces chansons me sont souvent revenues à l'esprit là-bas et en retraçant ce voyage, elles me reviennent encore. Mais, je n'ai pas encore fini mon article, ni déposées les photos...à bientôt Isabelle.


 





Par LA VALLEE DE DANA (DANA LANG) - Publié dans : CARNETS DE VOYAGES
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