LA CHANSON DU LOUP (Eddy Mitchell)
Je suis un loup qui jadis était très méchant
Mais qui par malheur un jour s'est cassé les dents
Sur une grand-mère solide comme un roc
Tout est à l'envers c'est une triste époque
J'étais loup méchant je suis maintenant gentil chien
Elle me promène et je lui mange dans la main
Si je ne file pas droit ou bien si j'ai tort
Tout est à l'envers c'est elle qui me mord
Pauvre loup, pauvre loup
Pas même un loulou, non un loup doux
Pauvre loup, pauvre loup
Pauvre loup doux
J'ai jamais vraiment mangé le Chaperon Rouge
Cà c'est des histoires qu'on raconte au fond des bouges
Ce petit enfant blond était loin d'être bête
Il n'a jamais tiré cette putain de chevillette
Pauvre loup, pauvre loup
Pas même un loulou, non un loup doux
Pauvre loup, pauvre loup
Pauvre loup doux
Ecoutez la complainte d'un loup qui vit l'enfer
Et débarrassez moi vite de cette grand-mère
Je suis prêt à tout à ramper, à me tordre
Mais je vous en prie qu'elle cesse de me mordre
Pauvre loup, pauvre loup
Pas même un loulou, non un loup doux
Pauvre loup, pauvre loup
Pauvre loup doux
Pauvre loup, pauvre loup
Pas même un loulou, non un loup doux
Pauvre, pauvre loup
Pauvre loup doux
Promenons-nous dans les bois
pendant que le loup n'y est pas
si le loup y était
il nous mangerait
mais comme il n'y est pas
il nous mang'ra pas !
Loup y es tu ?
Entends-tu ?
Que fais-tu ?
---Je mets ma culotte...etc...
Promenous-nous dans les bois,
pendant que le loup n'y est pas
Si le loup y était
il nous mangerait !
Mais comme il n'y est pas,
il nous mang'ra pas !
Loup y es-tu ?
Entends-tu ?
Que fais-tu ?
---Me voilà, me voilà...
---Loup y es-tu ? Que fais-tu ?
---Je mets ma culotte !
---Tu n'es pas dans le coup, le loup,
Tu n'es pas dans le coup !
Ta culotte est rigolote,
Mais lis donc les magazines,
Tous les loups portent des j'eans !
---Je mets ma chemise !
---Tu n'es pas dans le coup, le loup
Tu n'es pas dans le coup !
Ta chemise est toute grise
Et les loups portent plutôt
Des tea-shirts rigolos
---Je mets mes sabots !
---Tu n'es pas dans le coup, le loup
Tu n'es pas dans le coup !
Tes sabots sont rococo,
Les loups portent des baskets
Avec une paire de chaussettes !
---Tu n'es pas dans le coup, le loup,
Oui, tu n'es pas dans le coup !!!
Tralala
Tralalalala
C'est le loup
Le grand loup du bois
Il ne mange pas les filles
Il ne mange pas les gars
Il préfère la vanille
Les bonbons, le chocolat
Tra la la
Tralalalala
C'est le loup
Le grand loup du bois
A la sortie de l'école
Il partage nos ébats
C'est toujours lui qui s'y colle
Toujours lui qui s'y colle
Toujours lui qui fait le chat
Tra la la
Tralalalala
Mais nos mères s'en méfient
Mais nos mère n'y croient pas
Il n'y a pas dans la vie
De grand Loup si bon que çà !
Tra la la
Tralalalala
J'ai vu le loup, le renard et la belette
J'ai vu le loup, le renard danser.
J'ai vu le loup, le renard et la belette
J'ai vu le loup, le renard danser.
J'les ai vus taper du pied
J'ai vu le loup, le renard, la b'lette
J'les ai vus taper du pied
J'ai vu le loup, le renard danser !
Mickey Mouse et ton Teddy bear
T'ont donné rendez-vous
De l'autre côté de tes paupières
Qui se ferment sur tes joues
Dans ton berceau de lumière
Tu t'envoles loin de nous
Où tous les enfants de la terre
Dansent avec les fées et les loups
Donne-toi un peu temps
Toi qui peut rêver si souvent
Garde-les en souvenir, tes rêves d'enfant
T'as rien à faire des militaires
Des châteaux forts et des trésors
Toi, tu fais s'arrêter les guerres
Petit ange quand tu dors
Tu seras jamais prisonnière
Des idées sombres et des remords
Toi, tu fais chanter l'univers
Petit diable au cheveux d'or
Donne-toi un peu de temps
Toi qui peux rêver souvent
Tu mets des couleurs sur mes ans
Moi qui rêve plus autant qu'avant
Garde-les en souvenir, pour nous les grands.
Tu crois que la terre t'appartient tout entière Pour toi ce n'est qu'un tapis de poussière Moi je sais que la pierre, l'oiseau et les fleurs Ont une vie, ont un esprit et un cœur. Pour toi l'étranger ne porte le nom d'homme Que s'il te ressemble et pense à ta façon Mais en marchant dans ses pas, tu te questionnes Es-tu sûr, au fond de toi, d'avoir raison ? Comprends-tu le chant d'espoir du loup qui meurt d'amour ? Les pleurs du chat sauvage au petit jour ? Entend-tu chanter les esprits de la montagne ? Peux-tu peindre en mille couleurs l'air du vent ? Peux-tu peindre en mille couleurs l'air du vent ?
Courons dans les forêts d'or et de lumière Partageons-nous les fruits mûrs de la vie La terre nous offre ces trésors, ces mystères Le bonheur ici bas n'a pas de prix Je suis fille des torrents, sœur des rivières La loutre et le héron sont mes amis Et nous tournons tous ensemble au fil des jours Dans un cercle une ronde à l'infini.
1941. Misha a 8 ans quand ses parents sont emmenés par la Gestapo puis déportés. La famille qui la cache étant sur le point de la livrer aux Nazis, la petite fille décide de fuir : " vers
l'est ", là où, lui a-t-on dit, ses parents ont été emmenés.
Traversant la Belgique, l'Allemagne, la Pologne, endurant le froid et la faim, Misha marche inlassablement. Sur son chemin, seuls les loups lui offrent une compagnie réconfortante. Elle adopte
leurs comportements et se fait accepter par la meute. Durant ces quatre saisons d'errance à travers une Europe à feu et à sang, Misha découvre la violence des hommes et l'humanité des bêtes. Au
terme de son périple, elle retrouve le monde de ses semblables. Parvenir à y vivre sera une nouvelle épreuve...
Tenter d’interroger des enfants dès la maternelle et même dans une région où l’on a plus vu de loup depuis plus d’une centaine
d’années est une expérience édifiante et pourtant véridique. On peut très vite constater qu’un enfant de cinq ans a déjà une représentation du loup solidement ancrée dans son esprit. Tous,
pratiquement, pensent que le loup est un animal méchant, qui mange l’homme et particulièrement, eux, les petits enfants. Une petite fille, seulement, dit timidement et avec beaucoup de
réserve : « Ma maman a dit que les loups n’attaquaient pas s’ils n’étaient pas attaqués avant, sauf s’ils ont très faim. » Quoique exceptionnel et remarquable, au vu du reste de la
classe, ceci n’est que partiellement vrai. Même affamé, le loup préférera manger des poissons, des petits rongeurs, voire même des fruits. De toute façon, il ne reconnaît pas l'homme comme proie.
Pourtant, au coeur de notre culture, notre littérature, notre langue même, tout laisse à penser que le loup est un animal cruel et sanguinaire, particulièrement à l'égard des petits enfants.
Attention : le loup n'est qu'un symbole!
Entre l’ogre et la sorcière, le loup fascine, effraie petits et grands.
Tour à tour féroce, naïf, stupide, parfois courageux et protecteur.
A chacun son loup !
Un beau matin Pierre ouvrit la porte du jardin et s’en alla dans les prés verts. Sur la plus haute branche d’un grand arbre, était perché un petit oiseau, ami de Pierre. " Tout est calme
ici. " gazouillait-il gaiement. Un canard arriva bientôt en se dandinant, tout heureux que Pierre n’ait pas fermé la porte du jardin. Il en profita pour aller faire un plongeon dans la
mare, au milieu du pré.
Apercevant le canard, le petit oiseau vint se poser sur l’herbe tout près de lui.
" Mais quel genre d’oiseau es-tu donc, qui ne sait voler ?" dit-il en haussant les épaules.
A quoi le canard répondit :
"Quel genre d’oiseau es-tu qui ne sait pas nager ?"
Et il plongea dans la mare. Ils discutèrent longtemps, le canard nageant dans la mare, le petit oiseau voltigeant au bord.
Soudain quelque chose dans l’herbe attira l’attention de Pierre, c’était le chat qui approchait en rampant. Le chat se disait :
" L’oiseau est occupé à discuter. Je vais en faire mon déjeuner. "
Et comme un voleur, il avançait sur ses pattes de velours.
" Attention ", cria Pierre, et l’oiseau aussitôt s’envola sur l’arbre. Tandis que du milieu de la mare le canard lançait au chat des " coin-coin " indignés. Le chat rôdait autour de
l’arbre en se disant :
" Est-ce la peine de grimper si haut ? Quand j’arriverai, l’oiseau se sera envolé. "
Tout à coup Grand-père apparut. Il était mécontent de voir que Pierre était allé dans le pré.
" L’endroit est dangereux. Si un loup sortait de la forêt, que ferais-tu ? "
Pierre ne fit aucun cas des paroles de son grand-père et déclara que les grands garçons n’avaient pas peur des loups. Mais Grand-père prit Pierre par la main, l’emmena à la maison et
ferma à clé la porte du jardin.
Il était temps. A peine Pierre était-il parti, qu’un gros loup gris sortit de la forêt. En un éclair, le chat grimpa dans l’arbre. Le canard se précipita hors de la mare en caquetant.
Mais malgré tout ses efforts, le loup courait plus vite. Le voilà qui approcha de plus en plus près, plus près, il le rattrapa, s’en saisit et l’avala d’un seul coup.
Et maintenant voici où en était les choses : le chat était assis sur une branche, l’oiseau sur une autre, à bonne distance du chat, bien sûr, tandis que le loup faisait le tour de l’arbre
et les regardait tous deux avec des yeux gourmands.
Pendant ce temps, derrière la porte du jardin, Pierre observait ce qui se passait, sans la moindre frayeur. Une des branches de l’arbre, autour duquel tournait le loup, s’étendait
jusqu’au mur. Pierre s’empara de la branche, puis monta dans l’arbre.
Alors Pierre dit à l’oiseau :
" Va voltiger autour de la gueule du loup mais prends garde qu’il ne t’attrape. "
De ses ailes, l’oiseau touchait presque la tête du loup qui sautait furieusement après lui pour l’attraper. Oh que l’oiseau agaçait le loup ! Et que le loup avait envie de l’attraper !
Mais que l’oiseau était bien trop adroit et le loup en fut pour ses frais.
Pendant ce temps, Pierre fit à la corde un nœud coulant, et les descendit tout doucement. Il attrapa le loup par la queue et tira de toutes ses forces. Le loup, se sentant pris, se mit à
faire des bonds sauvages pour essayer de se libérer. Mais Pierre attacha l’autre bout de la corde à l’arbre, et les bonds que faisaient le loup ne firent que resserrer le nœud
coulant.
C’est alors que les chasseurs sortirent de la forêt. Ils suivaient les traces du loup et tiraient des coups de fusil. Pierre leur cria du haut de l’arbre :
" Ne tirez pas. Petit oiseau et moi, nous avons déjà attrapé le loup. Aidez-nous à l’emmener au jardin zoologique. "
Et maintenant, imaginez la marche la marche triomphale : Pierre est en tête ; derrière lui, les chasseurs traînaient le loup, et, fermant la marche le Grand-père et le chat. Le
grand-père, mécontent, hochait la tête en disant :
" Ouais ! Et si Pierre n’avait pas attrapé le loup, que serait-il arrivé ? "
Au-dessus d’eux, l’oiseau voltigeaient en gazouillant :
" Comme nous sommes braves, Pierre et moi. Regardez ce que nous avons attrapé. "