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18 juillet 2007 3 18 /07 /juillet /2007 16:50

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    TERRE DE LUMIERE  

 

     Contes du Tibet
... Une longue escapade sur les SENTES étroites et sinueuses, rudes et escarpées de l'Himalaya pour atteindre les plus hautes cimes du Toit du Monde vers la lumière intérieure de l'âme ".   

     (Avec Tenzin Gonpo, Artiste Tibétain, Le 8/10/1994).      

     (Avec Tenzin Gonpo, Artiste Tibétain, du 4.11.1998 au 9.11.1998).      

          

          

      TITRES:      

          

    
    1 / Planète Orange : une introduction au conte dédiée au peuple tibétain par Dana Lang ...      

          

     2 / La légende      

          

     3 / Le rêve brodé      

          

     4 / La Femme à l' Enfant     

          

     5 / La Princesse Denid'Bum     

          

     6 / Le pauvre et le riche      

          

     7 / Le Généreux.   

 

... Adaptés des contes du patrimoine tibétain, où l'âme vogue vers un autre ailleurs, vers des cimes anaccessibles ... Là où la marche se fait plus lente, le souffle plus court et la plus transcendante spiritualité ...

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18 juillet 2007 3 18 /07 /juillet /2007 16:11

JARDIN-6-MAI-09-037.jpg         
                                                        TITRE


                           
‘ CŒUR DE CHEVAL ET VA SANS PEUR ’

                         Avec la participation de l’Artiste Tibétain Tenzin GONPO

                         Conte édité, N° de dépôt légal 2ème trimestre 1995- 2ème édition.

                         Enregistrement S.A.C.D. le 12.12.1994.

 

      Un conte sur la métempsychose pour adultes et adolescents...                                                         

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18 juillet 2007 3 18 /07 /juillet /2007 16:02

 

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                                        FLEUR DE CHÂTAIGNIER

                                               Contes du Tibet

                                ŒUVRE ORIGINALE ET GESTUELLE 
                                    (tournée du 4.11.1998 au 09.11.1998)
                          
 

                     Dana LANG, Conteur Auteur, Interprète, Metteur en Scène

 

       

 

TITRES

 

1/ Fleur de Châtaignier

 

2/ Le lièvre Loden et le Lion des Neiges

 

3/ La Demoiselle Nacrée

 

4/ Cheval Bariolé au miroir

 

5/ Le marchand clairvoyant

 

6/ Le Veilleur

 

7/ Losang, le déluré



   Adaptés par Dana Lang de la culture tibétaine...des contes merveilleux, drôles, riches d'enseignements. (Pour tous à partir de 12 ans).

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17 juillet 2007 2 17 /07 /juillet /2007 09:14
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17 juillet 2007 2 17 /07 /juillet /2007 00:19


   Enfants loups...Enfants sauvages


Le livre de la jungle, 1942

 

 

Bibliographie
enfants-loups,enfants sauvages,
homme-loup

 

ABRAHAM  Nicolas, TÖROK Maria. Le Verbier de l’homme aux loups.
éd. Flammarion, 1999. Association Freudienne Internationale.

ABRAHAM  Nicolas, TÖROK Maria. Les embarras des psychanalistes devant le cas de l’homme aux loups.
éd. Association Freudienne, 1997

FLEMI. De Freud et de ses patients: L’homme aux loups.  
éd. Hachette, 1986

FREUD Sigmund. L’homme aux loups.
éd. P.U.F, 1970

GINESTE Thierry. Victor de l’Aveyron: dernier enfant sauvage.
éd. Hachette, 1993

ITARD Jean-Marc. Il y a 150 ans, l’enfant sauvage.
éd. Lieux de l’enfance, 1988

MAHONY Patrick J. Les hurlements de l’homme aux loups.
éd. P.U.F, 1995

MALSON Lucien. Les enfants Sauvages.
éd. Union Générale d’éditions, 1964

MARINOV Vladimir. Rêve et Séduction: art de l’homme aux loups.  
ed. P.U.F, 1999

PINKOLA-ESTES Clarissa. La femme qui court avec les loups.

SINGH A.T. Zing. L'homme en friche: de l' enfant-loup à Kaspar Hauser.
éd. Complexe, 1980

En l'an 1858, William Henry Sleeman rapporte dans " A journey through the Kingdom of Oude " qu'il se trouvait en 1850 au royaume de Oude, dans les Indes, afin d'y combattre les redoutables guerriers Thugs. Au cours de cette campagne, il se trouva confronté, à sept cas précis d'enfants humains adoptés par des louves allaitant encore leurs portées ou bien par des couples.

En fait les cas d'adoptions d'enfants sont nombreux de par le monde et particulièrement aux Indes ou ils se comptèrent par dizaines ou plus et ce pratiquement jusqu'à nos jours, dès qu'on pris la peine de les étudier et de les recenser, c'est à dire depuis la deuxième moitié du xixème siècle.

Le plus célèbre d'entre eux reste bien entendu Mowgli du nom moins célèbre "Livre de la Jungle" de Rudyard Kipling qui enchanta et fit rêver tant de jeunes et de moins jeunes lecteurs. Si le nom de Mowgli est inventé et si l'histoire est enjolivée, elle est quand même basée sur des faits bien réels.

De telle histoires, dont l'authenticité à été prouvée dans la majeure partie des cas, sont légion en Inde. Dans d'autres pays, on a souvent découvert des enfants humain qui avaient partagé la tanière des loups, grandis avec des louveteaux et copié leur comportement.

Même si cela paraît aberrant, il est bien réel que subsistent encore de nos jours, des Mowgli féminins et masculins. Mais que sont-ils au juste, des enfants loups ou des enfants humains ensauvagés ? Les profondes et encore inaccessibles forêts asiatiques recèlent encore bien des secrets.

En Inde, si un très jeune enfant est abandonné volontairement ou perdu, on ne cherche pas vraiment à le retouver, cela coûte trop cher ! Souventes fois les gens le disent adopté par les loups. Et cela, s'il s'agit d'un garçon, pour les filles, c'est bien pire. C'est presque d'une manière systématique que les familles villageoises pauvres les rejettent, ne pouvant les nourrir et encore moins les doter à leurs épousailles. Il faut donc s'en débarrasser et pour cela on les déposent à l'orée du village, le soir, espérant qu'un sort favorable mettra l'enfant sur le chemin d'une louve proche de tenir famille ou ayant donné le jour récemment. C'est dire si on se fie à son instinct maternel. Mais il n'y a pas toujours une louve qui passe miraculesement et c'est dans la gueule du tigre que s'achève la courte vie de la petite humaine. Durant la déjà lointaine période d'occupation britannique, le nombre de tanières occupées par d'étranges louvarts, découvertes par les autorités et mentionnées par les gazettes coloniales, fut très important.

Comme les personnes atteintes de lupémanie, les êtres trouvés couraient à quatre pattes, grondaient, mordaient ceux qui tentaient de les saisir (On les comprend !) lapaient l'eau et se nourissaient de viandes crues souvent décomposées. Une histoire vraie, la plus connue d'ailleurs internationalement, est celle de deux fillettes, Amala et Kamala, qui furent arrachées à leur famille de loups et moururent sans atteindre leur vingt ans, de misère physiologique et de tristesse, toujours regardant la forêt par les fenêtres de leur hôpital. Ces deux enfants remirent en cause l'inné et l'acquis, posant le problème de l'épais mystère de la nature humaine.

Les scientifiques s'interrogent encore sur les possibilités de survie des enfants loups. Ils se demandent aussi quelles sont les aptitudes et les qualités maternelles des louves qui adoptent les petits d'humains.

Mais nous savons à quel point la louve est maternelle, cela n'a rien d'une légende. Les Turcs croient qu'à l'aube des temps, ils furent allaités par des louves et c'est encore à cause des jumeaux Rémus et Romulus, mythe fondateur de la civilisation romaine, que les Italiens font preuve de tant d'intelligente tolérance envers canis lupus. Perçu comme un sauveur depuis des millénaires, le loup est non seulement accepté dans ce pays, mais la cohabitation est réelle. Les Français hostiles aux loups seraient bien avisés d'en faire autant au lieu de vouloir les soustraire à une nature qui à besoin de leur retour.


Homme sauvage illustrant un livre de Psaumes (1350)

 

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16 juillet 2007 1 16 /07 /juillet /2007 16:08

 

 


LIONEL GUIBOUT - FORÊTS PREMIÈRES.

Ne vois-tu pas...
... donc il s'agit de forêt. Forêt, nom féminin selon les uns dérivé du bas latin forestis (silva) et selon les autres du francique forhist, collectif de forha. Une forêt...
Donc ce que cela suppose d'orée et d'ombres profondes. De futaies, de taillis. de sentiers et de lisières. Une forêt donc. Or - hypothèse qui n'est pas nécessairement une inconséquence - que l'origine du mot "forêt" puisse être, soit incertaine, indéterminée, n'est pas indifférent. Forêt... Le trouble fait son entrée en scène avec le mot.
L'inventaire d'arbres aux essences diverses, de feuillus, de résineux, l'inventaire de fougères, de troncs, de ronces, d'orties, de bois mort, d'humus, de mousses et de feuillées foulées passe sous silence les songes, les contes, les mythes.
... Ne vois-tu pas le sang lequel dégoute à force. Des Nymphes qui vivoyent dessous la dure écorce.
Ne vois-tu pas...
Forêt hantée. Forêt "Dont l'ombrage incertain lentement se remue", forêt hantée de présences terribles, de forces, de menaces. Forêt de nostalgies, de terreurs et de rêves, de voix qui murmures, de mystères et de silences, d'enchantements. Forêt "de Satyres et de Sylvains, la crainte des Naïades", de fées, d'elfes et de sorcières. Forêt où Actéon métamorphosé en cerf par Artémis outragée meurt déchiqueté par ses chiens. Forêt où Artémis encore lâche sa meute derrière Callisto, fille de Lycaon, engrossée par Zeus. Forêt des limbes où Hécate la nocturne ouvre devant Enée qu'accompagne la Sybille un chemin bordé par la blême Mélancolie et la folle Discorde aux cheveux ensanglantés dans les mèches desquels se lovent des serpents, la Guerre qui porte la Mort et le Souci qui rongent et d'autres mots encore, immobiles et dressés dans l'ombre comme des arbres sombres dont les branches se croisent, s'entremêlent, se griffent. Forêts que sont les géants Cottos, Gygès et Briarée dont les corps - Hésiode l'assure dans la Théogonie - sont composés de l'enchevêtrement de cinquante têtes et de cent bras, forêt de corps monstrueux, forêt qui est un foisonnement de Têtabras. Forêt que la vengeance de Déméter rend stérile. Forêt qui n'est plus que l'enchevêtrement de lignes...
Ne vois-tu pas...
Forêt qui est un écheveau de lignes qui se tendent ou qui semblent se briser ou se recroqueviller, qui est un entrelacs de lignes perdues au-delà de la feuille où elles composent un espace paradoxal dont il est hors de question de déterminer s'il est une profondeur hors d'échelle ou s'il est un plan, qui est un réseau de traits dont se trace l'écorce d'un tronc de taches cambrées, courbes, qui est une écriture indéchiffrable, lignes d'encre à la densité de fagots, de taillis, écheveau d'ombres, de lumières, de couleurs.
Forêt de silences et de songes parce qu'elle est peinture.
Parce qu'elle n'est que peinture.
Forêt de L.G.
Ne vois-tu pas...
                     
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16 juillet 2007 1 16 /07 /juillet /2007 11:49

 

 
 

 
Quant à moi, j'ai atteint le bout de mon périple.
Quarante ans d'aventures ont alourdi mon pas et mon souffle.
Je n'ai plus d'autre désir que de vivre, au milieu des miens, de longues journées paisibles.
Et d'être, de tous ceux que j'aime, le premier à partir.
 


 
Amin Maalouf  ( dernière page du roman: "Léon l'africain").
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15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 16:56
On les représente toujours merveilleusement belles. Elle n'hésite pas à employer toutes sortes de magies -la «rouge» celle d' l'amour  de préfèrence_ pour arriver à leurs fins. Elle se changent parfois en d'hideuses sorcières et se plaisent à resurgir plus plaisantes encore l'instant d'après. Les Enchanteresses -quoiqu'elles y prétendent- ne sont pas des Fées, mais des mortelles qui, par études, par initiation, ont acquis certains arts des Fées et puissances d'enchantements. Peu d'entre elles peuvent s'enorgueillir d'une lointaine parenté avec le royaume de Féerie. Ou bien comme Viviane, elles ont obtenu d'un mage la science d'enchantement. On dit qu'elles ne sont pas toujours bonne, jalouses, capricieuses et que leur part mortelle les rend fort dangereuses.
Grâce à leurs pouvoirs, elles agissent pareillement aux fées et Parques sur le destin des hommes. Quelques fois par amour, par profit ou perfidie

 

Le chevalier entra par aventure au-dedans de la forêt. De longue errances le menèrent à la clairière du bois. C'était un feuillage de nœud de plusieurs chemins. Le feuillage après s'être serré au point que les ramures s'enlaçaient à lui, s'éclaircit, et le preux entra au-dedans d'un cercle de lande verdoyante. Là il vit la vieille dame hideuse. Si laide, groin de porc et crocs au-dehors. Tachelée et naine, bosselée des membres, un œil crevé, l'autre chassieux qui le regardait derrière des cheveux en paillasse tombant jusqu'à terre.
Elle prit un air mielleux pour l'appeler et à sa voix qui semblait un chant d'oiseau il se sentit faillir. Elle lui dit: «Beau sire, me voulez-vous épouser?» En d'autres lieux, hors de là, sans doute en aurait-il été autrement. Il aurait ri, ou se serait fâché et aurait poursuivi sa route plus loin, la délaissant.Mais il ne bougea pas. Il lui tendit même la main pour l'aider à monter en selle.

Cette fois il n'eut plus à lutter pour se frayer un passage au milieu des taillis, car ceux-ci s'écartaient avant qu'il n'en franchisse les murs et derrière eux se refermaient. Bientôt un château se montra à la fin d'une allée magnifiquement bordée de vergers.
De belles dames parées les aidèrent à descendre et à traverser maints jardins jusqu'à une salle immense où se dressait un autel apprêté pour la cérémonie. Il y eut banquet et bal et moult autres festivités et, à minuit, les époux furent conviés à se rejoindre dans la chambre nuptiale.
Comme le mari hésitait, elle dit de sa voix douce: «Ne voulez-vous pas vous coucher beau sire ?» Et ouvrant les yeux comme si il s'agissait de la première fois, il découvrit la plus belle femme qu'il ait jamais vu. «Je suis bien votre épouse, doux sire, dit-elle, en m'épousant vous m'avez à moitié délivrée de mon sort. Cependant au matin je devrais reprendre ma triste apparence, et ce la moitié de chaque jours, à moin que vous ne puissiez répondre à une question.»

«Préférez-vous me voir belle le jour et hideuse la nuit, ou préférez-vous me voir la nuit aussi belle qu'à cette heure et me laisser dans la journée recouvrer cette monstrueuse figure dans laquelle vous me vîtes ?»
Après un moment de réflexion le chevalier lui dit: «Je suis incapable de répondre à votre question. C'est à vous de choisir ce que vous préférez.»
«Voilà la bonne réponse à ma question, s'écria-t-elle. Car vous m<'avez offert ce que toutes les femmes désirent: la liberté de choisir sa propre vie. Désormais le sort est à jamais rompu. Jamais plus vous ne verrez la dame hideuse. A vous je serais pour toujours.
Et il en fut ainsi. 

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14 juillet 2007 6 14 /07 /juillet /2007 16:15

  

- Les sorcières n’ont pas besoin de magie. Être sorcière est d’abord un caractère, un état d’esprit.

Est-ce que les sorcières existent ?

Dans notre réalité, chaque chose est et n'est pas. La sorcellerie existe car des sorcières y croient. Elles montrent, dans tous leurs gestes, dans leurs mots, qu’elles sont profondément, intensément sorcières. Cela suffit pour faire d’elles ce qu’elles sont.

Pour répondre à la question d’une autre manière, voici une historiette. Vraie.

Cela se passait en colonie de vacances ; j’avais un poste d’animateur. Blandine était une gamine d’une dizaine d’années. Belle, réservée, avec de superbes yeux bleus et un regard qui vous scotchait… Un peu « à la masse » aussi, soyons franc. Les autres enfants la disaient sorcière. Ça la peinait un peu… juste un peu.

Un soir, on a organisé une « boum » au chalet. Comme toujours, les garçons n’osaient pas inviter les filles et les filles se morfondaient. Pour rigoler, on est allés leur chercher des oreillers, des balais. Les filles se sont mises à danser en serrant langoureusement l’oreiller.

Soudain, j’ai vu Blandine dans un coin. Elle tenait un balai tout contre elle et avait le regard plus magnétique que jamais…


Est-ce qu’elle jouait de sa réputation ? Est-ce qu’elle se donnait vraiment un plaisir de sorcière, en dansant avec son balai ? Ou bien était-elle, une fois de plus, « à la masse » ? En fait, je m’en foutais. Pour moi, et pour tous ceux qui ont pris la peine de l’observer ce soir-là, Blandine nous a fait cadeau d’une image…


Bienvenue parmi les sorcières…

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Published by DANA LANG - dans SORCIERES SORCIERES
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14 juillet 2007 6 14 /07 /juillet /2007 16:04

Comment se rencontrèrent les hommes et les femmes


 

Frithjof Schuon - Indiens d'Amérique

http://www.frithjof-schuon.com/indiens.htm


Comment se rencontrèrent les hommes et les femmes


Qui créa le monde ? Vieil Homme. Il fit bien toutes choses sauf une, qu'il fit mal. Dans un village, il mit les hommes (avec les hommes il habita) et dans un autre il mit les femmes. Il mit entre eux une forêt. Hommes et femmes ainsi vécurent, chacun chez soi, chacun pour soi, les hommes ignorant l'existence des femmes, les femmes ignorant l'existence des hommes.

Leur vie d'abord fut en tout point semblable. Armés de presque rien, de bâtons, de cailloux, ils chassèrent le buffle, ils firent de leurs peaux des vêtements grossiers et se nourrirent de viande crue, de rien d'autre, car en ces temps lointains aucun d'eux ne savait que les fruits, le maïs, les légumes étaient bons.

Plus tard, beaucoup plus tard, les hommes apprirent à tendre des arcs et à tailler des flèches, les femmes à tanner et à assouplir le cuir. Elles en couvrirent leurs tentes, puis s'en firent des robes ornées de belles pierres et de piquants de hérissons. Alors Vieil Homme un jour dans sa hutte de branches prit sa tête à deux mains et se dit : " Ma création pourrait être meilleure. J'ai mis hommes et femmes en des lieux séparés. J'ai eu tort. Il y a là ni plaisir ni chance de bonheur. En vérité, il faudrait qu'ils s'unissent, afin que naissent d'autres êtres. Et il faudrait que cette union soit tant agréable qu'aucun n'y puisse résister, sinon ils resteront chacun de son côté. Qui doit donner l'exemple ? C'est moi bien sûr, c'est moi, pauvre vieux fatigué ! "

Vieil homme s'en fut donc où les femmes vivaient. Au sortir de la forêt, de derrière un buisson il observa longtemps, dans le pré, leur village. " Comme leurs tentes sont lisses et hautes, comme leurs robes sont belles ! se dit-il. Quels grossiers arriérés nous sommes, pauvres hommes, nous qui n'avons pour toit que des branches mal jointes, et pour tout vêtement que du cuir brut et puant ! Il faut que cela change. Il faut absolument qu'elles viennent chez nous. " Le Vieux s'en retourna au village des hommes et conta ce qu'il avait vu. Chacun s'extasia et tous dirent ensemble : " Allons à leur rencontre ! Unissons-nous à elles ! - Outre qu'elles ont ce qui nous fait envie, dit encore Vieil Homme, vous trouverez aussi à caresser leur corps une sensation neuve et plus agréable que vous ne sauriez imaginer. Attendons quelque temps. A la belle saison, nous irons tous les voir ".

Comme il parlait ainsi, Vieille Femme étonnée découvrait dans le bois les empreintes de pas qu'avait laissées Vieil Homme. Elle suivit ces traces, chemina quatre jours, aperçut dans un pré un camp de huttes basses. C'était celui des hommes. Elle les épia puis s'en revint chez elle et dit à ses compagnes : " Il y a là-bas un lieu où vivent des humains. Ils sont plus grands que nous. Ils sont plus forts aussi. Ils possèdent des armes et tuent tant de gibier qu'ils ne connaissent pas comme nous la famine. " Les femmes émerveillées répondirent : " Si nous vivions comme eux, quel bonheur ce serait ! "

Un jour, comme elles allaient, rêveuses, à leur travail (c'était le premier jour de la saison nouvelle), les hommes apparurent au bord de la forêt. Ils s'approchèrent d'elles. Ils étaient tous vêtus de lambeaux de cuir brut. Leur peau était crasseuse, leurs cheveux hirsutes. Ils puaient. Elles dirent : " Ces êtres-là sont-ils des humains ou des bêtes ? Ils sont sales comme des porcs. Ils empestent ". Vieille Femme cria : " Allez-vous-en d'ici ! - Allez-vous-en d'ici ! " braillèrent ses compagnes en jetant des cailloux, des branches, de la boue à leurs faces barbues. En hâte, ils reculèrent, revinrent dans le bois. Leur Vieux leur dit alors : " J'ai bien fait de planter leur village loin de chez nous. Ces femmes sont cruelles. Je vais peut-être bien les jeter hors du monde ". Il ramena ses hommes et tous s'en retournèrent.

Dès qu'ils furent partis, Vieille Femme se retira dans sa tente de buffle, s'assit sur un tapis, resta la tête basse quatre jours pleins à réfléchir, puis elle se dit : " Nous aurions dû tenter d'aider ces pauvres êtres. Nous avons été sottes, orgueilleuses, méchantes. Pourquoi ne pas aller vers eux tout humblement, vêtues comme ils le sont, aussi crasseuses qu'eux ? Nos beaux habits les intimident. Il faut que nous soyons comme ils se voient eux-mêmes. "

Vieil Homme revenu dans sa hutte de branches au même instant pensait : " Peut-être sommes- nous des êtres repoussants. Peut-être est-ce pour cela que les femmes nous ont chassés comme des chiens errants. Peut-être, serait-ce une bonne idée de nous laver et de nous vêtir aussi bien que possible avant de revenir les voir ". Il alla se baigner au pied d'une cascade, peigna sa chevelure, l'orna de plumes d'aigle et s'habilla de daim. Quand ses compagnons le virent ainsi s'avancer parmi eux : " Vieil Homme, dirent-ils, tu es beau comme un astre ! - Décrassez votre corps, rasez votre figure, habillez-vous de peau souple et douce au toucher, et retournons ensemble au village des femmes, leur dit Vieil Homme ".

Le jour même, ils se mirent en route. Quand ils y arrivèrent, ils ne virent partout que des mégères sales. Toutes s'étaient vêtues de peaux de chèvre souillées de sang caillé, leurs joues étaient boueuses, leurs nattes emmêlées. Ainsi, pour plaire aux hommes s'étaient-elles enlaidies. " Horreur ! dirent-ils tous. Quelles affreuses bêtes ! - En vérité, dit Vieil Homme, elles sont infréquentables. Fuyons frères, fuyons avant que leurs guenilles sanglantes n'aient gâché nos ornements ! "

" Apparemment, nous faisons tout de travers, ronchonna Vieille Femme en les regardant fuir. Et pourtant, je le sens, nous devons nous unir à ces êtres bizarres, car ils ont Dieu sait quoi qui nous fait grande envie, nous avons Dieu sait quoi qu'ils aimeraient avoir, et ces deux Dieu sait quoi devraient aller ensemble. Femmes, essayons encore de les amadouer. Allons nous faire une beauté. " Elles allèrent à la rivière, et leurs cheveux lavés furent bientôt tressés, ornés de coquillages, de cordons colorés. Puis elles se vêtirent de robes de daim blanc, mirent autour du cou des colliers de graines multicolores, aux poignets des bracelets d'écaille, se chaussèrent enfin de mocassins souples. Ainsi parées elles prirent le chemin du village des hommes.

Vieil Homme dans sa hutte était de mauvaise humeur. Plus rien ne lui plaisait. Il mangeait sans envie, faisait des rêves troubles. Pour un rien il hurlait. Et tous, autour de lui, étaient comme il était : pâles, les joues creusées, négligés et fiévreux. Le Vieux, voyant ainsi dépérir sa tribu, se dit : " Ils ont été déçus par ces créatures imprévisibles. Un jour elles sont crasseuses, un autre jour cruelles. Ils les espéraient belles, accueillantes et tendres. Pourquoi diable se sont-elles enlaidies ? Il doit y avoir une raison à cela ". Comme il pensait ainsi, il entendit dehors crier les sentinelles. Il sortit. " Une troupe de femmes marche sur notre camp ! hurlait-on çà et là. Gare, elles sont féroces ! Tous à vos arcs, vos flèches, vos lances, vos épieux ! - Du calme dit Vieil Homme. Il étendit ses mains. Les guerriers alentour cessèrent de courir. Alors il dit encore : " Je crois que j'ai compris. Allez à la cascade et lavez votre corps. Frottez vos muscles d'huile, parfumez-vous d'encens et coiffez votre front de plumage brillant ". Lui-même se vêtit de ses plus beaux habits, mit sa grande coiffure, son collier de dents d'ours, puis entraîna ses frères à l'entrée du village. Ils attendirent là, en silence, les femmes.

Elles sortirent du bois en chantant et riant. Leurs robes de daim blanc étaient éblouissantes. Leurs parures étaient comme des arcs-en-ciel. Vieil Homme émerveillé dit à ses compagnons : " Voyez-vous ce que je vois ? " Les hommes répondirent : " Courons à leur rencontre, nos coeurs dans nos poitrines sont comme des pur-sang, ils bondissent, ils s'emballent, ils vont nous échapper ! Tandis qu'ils parlaient ainsi, Vieille Femme disait à ses compagnes : " Regardez ces êtres. Ne sont-ils pas superbes ? Leur rudesse me plaît. Leur voix rauque m'émeut. Ne les effrayons pas. Allons vers eux sans hâte ". Vieil Homme et Vieille Femme s'avancèrent l'un vers l'autre. Quand ils furent face à face, le Vieux dit : " Parlons ensemble à l'écart de nos gens. - Je te suis, lui dit-elle ". Ils allèrent sous les arbres. Là ils se regardèrent. Ils se trouvèrent beaux. " J'aimerais découvrir avec toi un plaisir inconnu et secret, dit Vieil Homme. - C'est une bonne idée, répondit Vieille Femme. - Peut-être faudrait-il nous allonger, dit Vieil Homme. - Peut-être faudrait-il, dit-elle. " Ils s'allongèrent. Plus tard, Vieil Homme dit : " Jamais je n'aurais cru me sentir aussi bien. - C'est trop beau, c'est trop bon pour être mis en mots, répondit Vieille Femme en s'étirant dans l'herbe. - Allons apprendre aux autres ce que nous avons découvert, dit Vieil Homme ". Ils retournèrent au village, le coeur léger, les jambes lentes. Ils n'y trouvèrent personne. Les hommes et les femmes s'en étaient tous allés, chaque couple en son lieu. " Nous n'aurons pas à les instruire, dit Vieil Homme. Ils ont trouvé tout seuls. "

Quand les hommes et les femmes s'en revinrent au camp, ils souriaient. Leurs yeux souriaient. Leurs lèvres souriaient. Leurs corps mêmes semblaient sourire. Les femmes au village des hommes apportèrent tout ce qu'elles avaient, tout ce qu'elles savaient, l'art de tanner le cuir et de le décorer, de faire la cuisine, de tisser des tapis, des couvertures chaudes. Les hommes chassèrent pour elles. Ainsi vint l'amour. Ainsi vint le bonheur. Ainsi vinrent les épousailles. Ainsi vinrent les enfants. (Conte des Indiens d'Amérique du Nord, Henri Gougaud, L'arbre d'amour et de sagesse, Ed. du Seuil)


COMMENTAIRES :
Luce a posté :
CE MATIN UN PEU DE FRAICHEUR POUR NOUS SORTIT DU LIT !!!!! avant le lever du soleil !!!! demain nous avons une partie des petits enfants avant la rentrée !!!!! ensuite le calme va revenir !!!!!!!! et davantage de temps pour venir voyager sur ton blog !! merci pour tout ce que tu fais! tu as beaucoup de mérite et de courage !!!!!
gros bisous à tous les deux et bonne continuation !!!! Luce

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Présentation

  • : Dana LANG, artiste Internationale, conteuse aux plumes de Sioux, citoyenne du monde, auteure Fantasy, poète, lauréate de 59 Prix Littéraires Internationaux, éditrice, ambassadrice de la PAIX, membre SACD, UERAA, AEB, World Académy of Arts and Culture and World Congress Poets, ...
  • Dana LANG, artiste Internationale, conteuse aux plumes de Sioux, citoyenne du monde, auteure Fantasy, poète, lauréate de 59 Prix Littéraires Internationaux, éditrice, ambassadrice de la PAIX, membre SACD, UERAA, AEB, World Académy of Arts and Culture and World Congress Poets, ...
  • : *1979-1989, bibliothécaire jeunesse en banlieue lyonnaise (Vénissieux) où elle conte déjà trois fois par semaine. Les classes s'inscrivent sur des listes d'attente. *1989-2002, conteuse professionnelle internationale (artiste, durant 12 ans intermittente du spectacle / Cie du Soleil Noir). Elle conte dans les écoles, collèges, lycées, bibliothèques, médiathèques, salles de spectacle, théâtres, festivals... etc... *1991, fondatrice d'une Maison du Conte 'La Biche au Bois' au Cergne (42-Loire). Elle reçoit 20 000 scolaires en attractions contées sur les terres d'Anne de Beaujeu dans les Monts du Haut-Beaujolais, et organise un Festival du Conte et des Conteurs en Forêt et en Cabarets «Flèches des Fées» pendant cinq ans. Elle conte avec divers musiciens dont Tenzin Gonpo artiste Tibétain qui l'accompagne aux instruments et à la voix. Elle parraine un enfant tibétain durant plusieurs années. *1994, sociétaire des Auteurs et Compositeurs Dramatiques. Elle participe à divers festivals... *Avril 1998, elle conte dans les écoles françaises, Instituts, hôtels, villages pour le Festival International des Conteurs Francophones à Abidjan en Côte d'Ivoire. *2003, auteure, poète, en situation de handicap, elle poursuit en écrivant toute son Œuvre. Elle réécrit ses contes adaptés pour la scène (120 contes) et écrit de très nombreux ouvrages dont des contes merveilleux et fantastique, un récit autobiographique ' Les Sanglots du Vent' ; une trilogie Fantasy ' Les 3 Héritiers de la Clef des 7 Mondes' (t.1 : La Dragonne et l'Œuf d'Or Sacré ; t.2 : Éloïse et le Commandeur du Temps ; t.3 à paraître) ; des témoignages de vie ' Docteurs, vous m'avez tué ! ' suite à paraître : ' La Danse de la Méduse ', ' L'Arbre d'Or ', 'La Fuite du Temps', 'La Maison du bout... de la Terre', 'Plus fort souffle le vent', 'Un Radeau dans le Ciel'… un recueil de prose poétique de 7 livrets ' Puisque tu vis, Philippe', une suite de nouvelles et de prose poétique 'À l'Aube d'un Jour' et un livret de pamphlets (prose insurrectionnelle : 'Je vous écris, Frères Humains', ... *2011, à la création de la Maison du Conte, de l'Illustration et de l' Édition Fantastique ' LA FONTAINE AUX FÉES ' édite dix de ses livres (sur plus de 30) et avec son époux Maurice JANIN, architecte d'exécution (en situation de handicap), fréquente les Salons du Livre de Rhône-Alpes, Auvergne, Bourgogne, Yonne, Paca chaque week-end durant deux ans. Sur le Salon du Livre de Lorette (42-Loire), elle rencontre Michel COUROT, Dico d'Or, grand gagnant de la Dictée de Bernard Pivot en 1995. Il deviendra son relecteur et son très grand ami. En avril 2011, elle écrit un conte merveilleux : Flora, Pipi et Scratch, la sorcière. *2012, sociétaire des Arts et des Lettres de France, membre du bureau de l' UERA A (Union des Écrivains de Rhône-Alpes-Auvergne), ambassadrice du Cercle des Ambassadeurs Universels de la Paix, 'La Fontaine aux Fées' édite 'Le Grand Livre de Marina' de Marina FERREIRA et ' Le Monde de Lucas ' de Didier POUDIÈRE. *13 octobre 2013, elle est nommée Membre de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets. *Le 18 mai 2014, elle parraine le 1er Festival du Livre et de l'Illustration Jeunesse «Les P'Tits Z'Amis de Marina » à Saint-Didier-de-Formans dans l'Ain (01). *13 Juillet 2014, après avoir vécu deux ans dans le village natal de son père en Alsace près de Bâle et de très longues années en région lyonnaise, elle vit désormais à Plogoff dans le Finistère et devient Membre de l'Association des Écrivains Bretons (AEB). Elle écrit et publie un nouveau conte ' La Fontaine de la Mer Feunteun Aod '. *Décembre 2014, elle collabore au Festival International du Conte de Guillaume ÉKOUMÉ, au Cameroun. Elle écrit un nouveau conte 'Max, le Petit Sorcier'. *Février 2015, elle écrit un conte 'Louka, le Petit Loup de Brocéliande' dédié à son arrière petit-fils, Louka né le 5 février 2015. *23 avril 2015, elle écrit 'Le Dragon de Pors Loubous', un conte fantastique. Fin juillet, par son épouse Danyèle, elle apprend dans une profonde tristesse le décès de son indéfectible ami, Michel COUROT. *20 décembre 2015, elle conte 'Plume de Corbeau' au théâtre Georges Madec à Esquibien pour les enfants des écoles et leurs parents. *de septembre 2013 à ce jour, elle devient lauréate de 59 distinctions Littéraires Internationales (Trophées, Mérites, Médailles, Prix, Mentions...) décernés par 14 concours Littéraires Internationaux. *2015-2016, elle recherche un Éditeur sérieux pour lui reprendre toute son Oeuvre. *En 2015, elle est invitée à Sacramento en Californie et à Prague en Tchécoslovaquie du 5 au 10 septembre 2016 par le Président de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets où elle ne pourra pas se rendre. *Le 1er février 2016, elle écrit le conte 'Justine et le Pays Contraire'. *Février 2016, elle s'inscrit dans les Salons Festivals du Livre en Bretagne qu'elle espère honorer de sa présence... le 24 avril 2016, elle se rend au Salon du Livre de Botmeur (Finistère) où elle conte et dédicace... En juin 2016, elle écrit le conte 'Kaoura, la Princesse aux Sept Dragons'... en 2017 'La Princesse aux Mensonges', 'L'Œil du Dragon'... et autres...
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