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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 21:22
FAIS-MOI MOURIR ! / Dana LANG, conteuse aux plume sde Sioux, artiste internationale, auteure d'Héroic Fantasy, poète insurrectionnelle, ambassadeure de la Paix,...

Vendredi 19 mai 2018... non assistance à personne en fin de vie !...

Près de lui je m'endors à vingt-deux heures. Il dort depuis vingt-et-une heures. Je vais me coucher dans le lit de façon à récupérer mes jambes.

À deux-heures-vingt il me sonne pour un gros mal de tête. Je lui donne un doliprane et... 10 mg de morphine, à trois-heures- vingt, il souffre horriblement de la prostate... à quatre- heures-vingt, il m'appelle pour un énorme mal de tête que je ne peux soulager qu'avec un doliprane ! ! !

Il va se consoler avec des bonbons ; nous ne dormirons plus jusqu'au matin où il reste à souffrir et ses jambes viennent en rajouter... et voilà, nous sommes condamnés à faire avec... fliquée par les toubibs de l'USP qui n'appliquent même pas la loi en ce qui concerne la douleur pour les personnes en fin de vie, les infirmiers me remettent chaque jour seulement un comprimé pour la nuit depuis un mois et demi. Le médecin traitant vient de me prescrire un comprimé pour le jour. Maurice n'a que le droit de crever pire qu'un chien, sans traitement anti-douleur alors qu'il pourrit dans son lit depuis huit mois ! ! !

Ces chers toubibs ne croient pas à son œdème cérébral dont seulement la moitié à été retiré par les neurochirurgiens de Brest, sans anesthésie (tant qu'à faire!), cela n'a rien d'étonnant, dans cet hôpital les médecins ne savent pas lire les scanners ! Alors la toubib s'est imaginée que la morphine le rendait fou... il y avait pourtant tant d'autres raisons : le manque d'oxygène, une sévère carence alimentaire, la maladie de Parkinson, son œdème cérébral qui peut se déplacer... or il a supporté 640 mg pendant cinq mois en 2009 (sans jamais perdre la tête !), 420 mg avant son opération de la jambe (sans perdre la raison) le 25 novembre 2016, et 180 mg avant les soins palliatifs. Depuis sa sortie de l'USP en avril 2017 : 70 mg... à quoi servent les Soins Palliatifs dans le Finistère ? On est en droit de se le demander.

Peut-être pense-t-elle du fond de sa sagesse que nous pourrions passer à l'acte... pourquoi pas un suicide ? Ne serait-ce pas légitime après tout... mais Maurice se fout bien de la morphine qui prolonge la fin dans les pires supplices, non il veut un fusil !

Bon, je m'étais mise en relation avec l'Association du Droit de Mourir dans la Dignité, je vais y retourner.

Sept heures du matin, j'ouvre tout grand un des volets de la véranda, je tourne Maurice avec le coussin-boudin du côté droit, là où il ne peut pas se tourner. Au prix de bien des difficultés et de la douleur, il peut ainsi jouir de la vue sur les animaux et aussi sur l'océan.

J'ai rendez-vous à la clinique chez l'ophtalmologiste pour détruire mon cristallin sur l'œil gauche. En effet nous avons été opérés de la cataracte à l'automne 2015, et maintenant je dois passer par-là car ma vue de près s'est fortement diminuée.

Je demande à mon voisin et ami de venir jeter un coup d'œil sur Maurice car je vais être absente durant deux-heures-trente. Il vient juste au moment où le chauffeur de mon VSL franchit le seuil de la maison. Je lui dis très vite que je suis en panne avec une multiprise au garage et je ne peux plus charger mes fauteuils roulants électriques. Le mien a rendu l'âme et celui de Maurice me pose un problème... mais je n'ai pas le temps de tout lui expliquer... je pars déjà.

J'ai eu plusieurs gouttes d'un produit différents à mettre dans les yeux et même dans le VSL qui me transporte. Lorsque j'arrive en salle d'attente, je mets la dernière goutte, j'attends dix minutes et me voilà sur l'appareil où le médecin me place une lentille et m'envoie cinq gros coups de laser. J'avais eu des séances de laser dans les yeux avant mon opération qui ressemblaient à des coups de mitraillette, mais là ce sont plutôt des coups de canon. Je sors avec une pénible gêne sur l'œil gauche, heureusement que je me suis munie de mes grosses lunettes noires... la lumière ici sur le Cap nous brûle les yeux... nous sommes comme sur un paquebot en plein océan.

Je rentre à la maison. L'infirmière arrive à son tour, puis nous dînons et Maurice s'endort très tôt... moi aussi près de lui. Finalement je vais me coucher.

À une heure ses cris de douleur me réveillent... il a très mal à la prostate. Je tente de le calmer avec... si peu de moyen !

Puis à deux heures quinze il me sonne pour ses jambes. Vers quatre heures, il m'appelle les douleurs de la tête sont insupportables... je lui donne un doliprane et 10 mg de morphine, je ne peux rien faire d'autre (puisque je suis fliquée et réduite à ne rien faire pour l'aider !) il devra malheureusement supporter les affreuses douleurs du crâne... que je redoute tellement car elles sont signes d'AVC chez Maurice.

C'est un être très, très dur au mal et lorsqu'il se plaint s'est toujours à la dernière minute, toujours lorsqu'il est trop tard. J'ai très peur qu'un matin il se retrouve sourd, aveugle, muet et légume... déjà pas si loin puisqu'il ne peut plus bouger dans son lit et que sa jambe gauche présente une paralysie ! ! !

Aussi à tout prendre, je préférerai qu'il parte sur une crise cardiaque comme il en a tant, puisque les médecins ne respectent pas nos vœux pour une fin de vie digne et sans douleur.

FAIS-MOI MOURIR ! / Dana LANG, conteuse aux plume sde Sioux, artiste internationale, auteure d'Héroic Fantasy, poète insurrectionnelle, ambassadeure de la Paix,...
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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 20:47
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Jeudi 18 mai 2017... trop de souffrances...

 

Nous nous endormons très tard... je dois lui masser plusieurs fois les jambes, le dos, les reins difficiles à atteindre car il ne bouge que très peu... puis vaincu, il s'endort. Vers quatre heures il me réveille avec un mal de tête épouvantable que je traite toujours avec un doliprane et une gélule de 10 milligrammes de morphine...

Puis je lui dis que je regagne mon lit. Il s'endort profondément et moi aussi jusqu'à ce que j'entende un léger cognement. Je me lève et ne vois personne... il est sept heures cinquante... j'ouvre la porte et je retourne me coucher... Sylvie pénère dans la maison... c'était vous ? Eh oui, bien sûr elle était là.

Maurice dort toujours. Sylvie commence le déjeuner et le porte à Maurice dès son réveil. Je vais dire bonjour à mon époux et nous prenons le café, elle et moi à la cuisine. Sylvie se met au travail, vaisselle, étendage, balayage. Lorsque je suis prête nous filons à la pharmacie car je pense avoir oublier le tiorfan, or la pharmacienne m'a donné un générique et je ne sais pas le reconnaître... quelle poisse ces faux médicaments que l'on s'obstine à nous refiler ! J'en profite pour reprendre des tubes de crème.

Nous rentrons et Sylvie attaque un peu de repassage puis elle nous quitte à treize heures. Au menu pâtes et poisson pané, yaourt ou crème. Maurice mange peu, toujours aussi accablé il se sent mal et n'en peut plus de tant de misères bloqué au fond de son lit. Il est content quand même de se retrouver dans cette pièce si lumineuse. Dommage qu'il faille se protéger du soleil et de la chaleur.

Cet après midi après avoir rangé un peu tout, je lis quelques uns de mes textes (tous primés) à Maurice. Il reste éberlué par mon talent. Puis je me mets à classer mes cinquante deux Diplômes Littéraires Internationaux et à les ranger sous plastique dans un gros dossier... Maurice me sollicite beaucoup et je n'ai guère de temps... je continuerai demain. Il fait un temps superbe cependant un peu frais. Henk cet après-midi apporte l'herbe coupée de son immense terrain pour les chèvres. Il en profite pour venir dire bonjour à Maurice et demande si nous avons besoin d'un service. Ce sont vraiment des amis extraordinaires. C'est une grâce que d'avoir de telles personnes près de chez soi !

Ce soir je vais demeurer quelques heures près de Maurice, pour lui tenir compagnie.

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 22:55

Mercredi 17 mai 2017... changement de pièce... déménagement...

 

La nuit a été difficile... toujours les douleurs récurrentes, jambes, prostate, démangeaisons, crâne... je me réveille souvent et nous dormons dans les intervalles.

Il m'appelle à sept heures puis je me lève à sept heures quarante cinq car il a faim. Je prépare son déjeuner, lui porte puis je fais le mien, je mange à la cuisine.

Annie arrive et se met au travail. Je me prépare car nous devons passer à la pharmacie. Je prends les remèdes de Maurice pour un mois et je ne m'aperçois pas tout de suite qu'il me manque justement le médicament pour lequel je cours tout spécialement à la pharmacie aujourd'hui... donc, je dois y retourner demain... zut, zut et rezut !

Nous rentrons et comme je l'avais envisagé hier, Annie m'aide à déménager le lit où Maurice gît depuis tant de mois, pour l'installer dans la véranda lieu plus gai et tellement ensoleillé, il pourra observer les animaux et les touristes qui passent très nombreux devant la maison. Ce ne sera pas facile car il est toujours tourné du côté gauche où il verra bien mieux la télévision, mais moins bien l'extérieur sauf de le bloquer sur le côté droit avec des coussins... mais hélas il ne tient pas longtemps... enfin il sera mieux de toute façon et de plus il sera avec nous lorsque nous recevons des visites.

Cela nous fait faire de très nombreux déplacements... avec deux fauteuils roulants manuel, un électrique, fauteuils et table de salon, petits meubles divers, machines à relier, etc... etc... mais le résultat vaut la peine et Maurice se sent un peu mieux. En outre il n'a pas besoin de torturer son cou afin de suivre la télévision. Il me remercie. Nous avons bien travaillé.

Le fournisseur du lit me téléphone pour avoir des photos du panneau de bois cassé. Il doit le commander au fabricant et nous ne l'aurons que dans quelques jours... il va falloir patienter.

Annie nous a laissé à midi mais je passe l'après-midi à ranger encore. Je mets de l'ordre dans la pharmacie car nous croulons sous les remèdes très mal organisés.

Je veux rentrer Gwenn dans l'enclos mais je ne parviens pas à retirer le frein d'une des roulettes. Corinne me donne un coup de main et nous rentrons le cadoie à l'intérieur pour relâcher Gwenn, la blanche qui retrouve Ricette impatiente. Du coup elle ne couve plus car elle s'est mise à chercher sa consœur toute la soirée, la nuit et

ce matin en cacardant et criaillant de longs moments.

Nous dînons dans notre nouvel environnement plus clair en suivant la passation de pouvoirs des différents ministres.

Ce soir je demeure dans le fauteuil releveur près du lit de Maurice en suivant le film sur l'A2 concernant la montée de l'homophobie... très beau film fort émouvant et s'ensuit un très bon débat sur ce thème.

Maurice ne cesse de m'appeler avec ses jambes que je dois masser à plusieurs reprises, son dos aussi et puis il reprend des maux de tête à vingt-trois heures... un bon gros sommeil ne serai pas de refus mais il ne faut pas trop y compter à présent.

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 19:04
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Mardi 16 mai 2017... il va trop mal...

 

La nuit fut agitée par la douleur de ses jambes que je dois lui masser par deux fois. Je dois également le changer à chaque fois, ce qui devient très difficile car il ne peut plus se retourner sans étouffer et aussi avec si peu de forces.

Je tente de dormir dans mon lit mais il m'appelle à quatre reprises au milieu de la nuit. Il prend mal à la tête à deux heures, je lui donne un doliprane et 10 mg de morphine... puis une fois calmé, il se rendort jusqu'au matin... où il me sonne à sept heures trente pour déjeuner.

J'ai encore bien sommeil mais je fais griller les tartines et prépare son cacao et comme chaque matin maintenant, je bois mon café et mange mes tartines près de lui. Véronique frappe à la porte et se met tout de suite au travail avec la vaisselle, le linge à étendre, le balayage. Pendant ce temps je vais dans la salle de bains afin d'être prête pour aller nourrir les animaux. Nous allons de l'autre côté de la haie afin de couper du fusain. Nous emportons un énorme sac que nous remplissons et qui a le mérite de leur offrir de la nourriture pour deux ou trois jours.

Ensuite nous rentrons et je prépare le repas avec foie de veau, riz à la tomate, yaourt ou crème. Maurice mange peu, il va très mal.

Toute la journée au fond de son lit il va psalmodier :

Chérie, j'en ai marre ! J'en ai marre ! J'en ai marre !... Jusqu'à la folie.

Il se sent si mal, si mal. Par moment il étouffe, ses yeux sont rougis, il somnole ou il crie, il se plaint, il geint... je reste près de lui où je finis par m'endormir et je l'entends encore... Clémentine et Nelly nos amies passent nous rendre une petite visite avec les bons caramels de Hollande, elles tombent mal de le voir ainsi.

Puis Corinne, l'infirmière repasse, elle aussi en bave à essayer de le tourner pour le mettre au propre. Le lit a été cassé la semaine dernière et cette fois il cède.

Je dois rappeler le fournisseur qui doit m'apporter mon nouveau fauteuil roulant électrique mais il est en vacances. Son frère me propose d'envoyer son stagiaire demain. C'est bien nous ne pouvons plus rester ainsi. Je dois également passer à la pharmacie pour le tiorfan qui urge maintenant.

Alain et Justine arrivent pour mettre l'oie dans le cadoie qu'ils ont eu l'immense gentillesse de me fabriquer et de m'apporter hier. Quelle partie de rigolade avant de parvenir à faire rentrer l'oie dans cette grande cage sur roulettes pour lui faire brouter l'herbe du pré en dehors de l'enclos. La pauvre bête croit sa dernière heure venue, elle ne comprend pas que l'on la poursuive ainsi avec autant de persévérance. Mais Alain dépose la cage devant leur cabane et Justine y pénètre en la chassant. Ainsi elle sort et entre automatiquement dans cet espace qui s'ouvre à elle. Et la voilà dans le cadoie. Bien entendu, Ricette qui ne cesse de couver sur son nid vide ne sort pas de son coin. Deux poignées permettent de rouler la cage en faisant avancer doucement Gwenn, l'oie blanche et la voilà hors de l'enclos. Alain et Justine vont pousser le cadoie devant la maison et le bloquer le frein à cet endroit. Nous la laisserons là pour la nuit. L'oie effrayée se calme et se met à brouter. Elle ne comprend pas pourquoi tout à coup la voici séparée de toutes ses amies. Je ne sais pas si mon idée était la bonne, nous verrons bien demain.

Lorsque nous rentrons Corinne s'en va en me recommandant de me rendre à la pharmacie demain. Maurice est en crise... il va très mal et Alain le constate. Je lui parle du morceau de muret écroulé au fond du terrain et il s'en va tout de suite pour le remettre en état. Ensuite il jette un coup d'œil à mon fauteuil où il trouve des boulons dé-serrés.

Lorsqu'ils nous quittent Maurice prend mal à la tête pour compléter la crise qui le secoue. Je lui donne tous ses cachets du soir et il refuse son repas. Soudain sous l'effet des remèdes il se sent un peu mieux. Il me parle légèrement confus. Il mange une petite brioche aux pépites de chocolat et après cette violente crise qui s'est éternisée sur la journée, comme celle d'hier finalement, il s'endort profondément... ah, s'il pouvait dormir la nuit entière !

Le soir tombe à vingt-et-une heure trente. Tout s'endort... le calme s'installe. Je vais tâcher de récupérer un peu...

FAIS-MOI MOURIR ! / Dana LANG, conteuse aux plumes de sioux, artiste internationale, auteure d'Héroix Fanatsy, poète insurrectionnelle, ambassadeure de la Paix,...
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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 17:19
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Lundi 15 mai 2017... tout se complique !

 

La nuit a été agitée par la douleur de ses jambes d'abord, puis les douleurs affreuses de la prostate... ses gémissements ont duré toute la nuit. De plus elles s'accentuent des douleurs musculaires intenses qui l'empêchent de se tourner ou de se soulever... difficile pour pratiquer les toilettes maintenant... fort heureusement il semble que les douleurs de la tête s'éloignent et la douleur cardiaque aussi. Enfin, c'est fluctuant et précaire et avec tout ça il faut se débrouiller seule la nuit face à Maurice accablé qui n'en peut plus !

Ce matin il me réveille à sept heures et je traîne dans le fauteuil. Je finis par me lever pour faire griller les tartines, les siennes d'abord puis son cacao que je lui porte. Je chauffe mon café et emporte mes tartines près de lui.

Puis je me prépare et je songe que je dois aller à la pharmacie... une nouvelle bien plus sympathique où je n'aurai pas à me prendre le chou pour des réflexions mal placées. Cela va nécessiter que je me déplace dans le bourg voisin, mais qu'importe j'y prends déjà mes courses.

Véronique M. m'y conduit et nous rentrons à midi. Elle nous quitte et je réchauffe le déjeuner.

Le médecin passe inopinément et il tombe bien. L'employée de la pharmacie m'a fait remarquer que l'ordonnance de Maurice n'est valable que pour un mois. Cela donne l'occasion au médecin de la refaire. Il trouve Maurice plus prostré, plus triste, plus coincé dans son lit que jamais. Il est certain que plus les jours passent, plus il s'abîme à vivre ainsi sans pouvoir s'asseoir, ni bouger, contraint de manger couché ! ! !... Et moi, je n'en peux plus non plus de mon impuissance à me battre pour tout et contre tout afin qu'il souffre le moins possible... mais tout est vain, à présent.

Je demeure un moment près de lui cet après-midi où je m'endors. Puis à seize heures, je veux aller couper de la haie aux chèvres, j'oublie que mon fauteuil est en panne dans le jardin... il faut que je prenne le plus petit mais je dois descendre la rampe et j'ai peur de tomber. Je reste un court moment vers les chèvres, je ne tiens pas sur mes béquilles... tant pis je verrai demain avec Véronique. Je dois changer Maurice atteint de diarrhées sévères depuis ce matin.

Le temps est aux averses entrecoupées de moments ensoleillés.

L'infirmière repasse pour les soins du soir. J'ai changé Maurice à deux reprises avant qu'elle n'arrive et il remet ça. Elle doit le laver et le changer à fond. Je lui donne deux smecta en attendant le tiorfan.

Maurice prostré, accablé, ne bouge plus, coincé par les coussins boudins qui le calent afin de ne pas glisser soit dans la barrière, soit les pieds hors du lit... et il doit manger ainsi !

Quel drame pour un être hyper-actif jusqu'au bout malgré son handicap et ses maladies, toujours prêt à relever tous les défis !

Je fais tout ce que je peux afin de lui faire oublier son triste sort.

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 19:18
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Dimanche 14 mai 2017... une profonde tristesse m'habite...

La soirée n'en finissait plus... Maurice ne parvenait pas à s'endormir et j'ai dû lui masser ses jambes à plusieurs reprises... il a gémi presque toute la nuit et je l'entendais dans mon sommeil sans cesse troublé. Puis à quatre heures ses maux de tête violents l'ont réveillés et moi aussi. Je lui ai donné un doliprane et dix milligrammes de morphine... il a été bien long à se calmer.

Au matin, à sept heures il veut déjeuner mais je dors... il doit attendre. Je me lève une demi-heure plus tard et je prépare son déjeuner puis je prends mon café à côté de lui. J'étends deux lessives puis je traîne devant la télévision pour la passation du pouvoir entre les présidents Hollande et Macron.

L'infirmier passe et arrange bien Maurice dans son lit. Je râle à cause du patch de trinitrine mis hier en désaccord avec le médecin.

Il me dit :

Cela va lui faire du bien ! C'est son mot à lui...

Tu parles la trinitrine est largement déconseillée par ses neurochirurgiens de Brest pour la bonne raison que cela fait saigner don caillot. Ces certitudes m'irritent.

Ensuite je m'occupe de la vaisselle et du repas : asperges vinaigrette, poêlée périgourdine, yaourt, salade de fruits. Je suis exténuée.

L'après-midi s'est déroulée sur mon fauteuil où je me suis endormie près de Maurice qui a été mal tout l'après-midi. Il me paraît de moins en moins conscient de se qui se passe autour de lui. Il a des moments où il ne sait plus où nous sommes, à quel endroit et qu'est-ce que nous faisons là. Souvent il se voit dans la télévision à vivre l'événement, comme il nous voyait habiter Paris et vivre la Présidentielle.

Il m'aperçoit toute petite prêt de lui et questionne :

Tu es à genoux ?

Mais non, chéri, je suis dans mon fauteuil roulant !

C'est triste de le voir s'abîmer de jour en jour quand je pense à l'homme qu'il a été. Entre dix et douze ans, il construisait déjà et apparaissait dans la presse avec ses créations.

Lui qui a inventé la grue qui a monté la Tour de la Part-Dieu à Lyon et qui à dix-neuf ans commandait déjà tous les corps de métier dans la Tour. C'est lui qui a inventé des panneaux de béton, système révolutionnaire pour des immeubles notamment à Mâcon. Lui qui a construit le théâtre de Châlon-sur-Saône, des maisons dans le Bugey, de très nombreux immeubles, des milliers de logements, des bâtiments industriels, construit aussi en Haute-Loire, aussi le bâtiment de Véritas à Limonest, dessiné quelques stations du métro lyonnais... etc... etc... lui, encore qui menait six à sept chantiers à la fois... il en parle avec modestie, c'était son travail.

Lui encore qui dirigeant de la Fédération Française de Ski de Fonds (à l'époque de Marielle Goitshel à ses côtés, elle en ski alpin) fut victime d'un très grave accident (parmi tant d'autres) à l'âge de trente-neuf ans qui l'a laissé en fauteuil roulant pour le reste de ses jours. Devenu membre du DICAF il a rebondi en reliant par radio le gouvernement et les secours humanitaires sur la planète.

Lui qui devenu veuf à cinquante-quatre ans s'est battu pour retrouver une épouse malgré son handicap et ses maladies... et s'en est suivi notre rencontre bouleversante, notre mariage six mois plus tard où il m'a suivi dans mes dernières tournées artistiques en tant que conteuse professionnelle. Lui qui m'a aidé quand il a fallu rebondir alors que j'étais paralysée durant trois ans dans une nouvelle crise évolutive de ma maladie génétique orpheline (sclérose en plaques rare) et m'a poussé à produire mes livres où ensemble nous avons sillonné les Salons du Livre de Rhône-Alpes-Auvergne, Paca, Yonne, etc... durant deux ans et demi chaque week-ends où nous avions vendus alors plus de cinq mille livres.

Lui qui tout au long de sa vie n'a cessé de relever les plus grands défis sportifs, professionnels, affectifs dans le handicap et dans la longue maladie qui l'a vaincu.

Lorsque l'infirmier arrive il est tout déversé dans son lit. Toujours couché en diagonale il faut le caler avec des coussins sur les bords... mais cela reste insuffisant.

Malgré tout ses jambes finissent par plonger dans le vide et sa tête se renverse sur le côté. Tout l'après-midi il s'est retrouvé ainsi. J'ai voulu le remettre en place mais il fut incapable de se soulever... très douloureux et sans plus aucune force. Sans force musculaire moi-même je ne suis parvenue à rien et le temps lui a duré dans cette position aussi inconfortable. Aussi a-t-il gémi longtemps et le temps lui a paru bien long jusqu'à l'arrivée de l'infirmier qui maintenant s'active autour de lui et le recale correctement dans le lit. Le voici enfin en meilleure posture.

Lorsque le soignant repart, un moment plus tard il me réclame ses médicaments car il ne souhaite plus que dormir, dormir, dormir... et il ne mange pas ce soir.

Je me suis mise sur l'ordinateur pour écrire un peu. Ce soir je regarderai un film sur l'A7 si je ne m'endors pas devant comme chaque soir à présent.

Aujourd'hui le sol était mouillé au réveil, puis le soleil s'est levé pour un grand beau sur la journée, ce soir il pleut. Les fleurs autour de la maison vont s'épanouir. D'ici peu ce sera merveille !

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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 20:35
DE L'HUMAIN POUR LES MIGRANTS / recueil de poètes initié par Jean LEZNOD

Dana Lang, Alexo Xenidis, Adibess : « De l’humain pour les migrants »

mai 8, 2017
 
 

Dana Lang

A L’OMBRE DE LA BOMBE ECLATEE,

Le Cergne, à l’orée de ce jour, le 17 mars 2013, 3ème Prix de Poésie de ‘Ti an Holl’ (17ème Prix des Poètes).

A l’ombre de la bombe éclatée
Une cervelle, une chaussure, du sang
Et la main d’un enfant
A l’ombre de la bombe éclatée
Du ventre de sa mère arraché, le sang
Du bébé vagissant
A l’ombre de la bombe éclatée
Des yeux noyés dans le ciel, le sang
De milliers d’innocents
A l’ombre de la bombe éclatée
Rôdent les ombres que ne peut effacer ce sang
A présent
A l’ombre de la bombe éclatée
L’odeur noire de la mort monte et s’élève emportant
Ces rivières de sang
A l’ombre de la bombe éclatée
Des fauves aux dents acérées se vautrent dans le sang
Et règnent maintenant
A l’ombre de la bombe éclatée
Les tambours résonnent, cognent et tonnent
Sur le sang des enfants
Plan, plan, plan… rataplan, rataplan, rataplan…
A l’ombre de la bombe éclatée
Montent les larmes des mères, enfle la colère de nos frères
Anéantissons les puissants, les tyrans
Que lève mon chant de Paix pour la Syrie
Plan, plan, plan… rataplan, rataplan, rataplan… plan, plan…
A l’ombre de la bombe éclatée
Se lèvent plus fort, plus tenace un chant
Un drapeau dans le vent
A l’ombre de la bombe éclatée
Une cervelle, une chaussure, du sang
Et la main d’un enfant… lèvera la Paix pour longtemps
Plan, plan… rataplan, rataplan, rataplan… plan, plan… PLAN !




Alexo Xenidis

EXIL

Fuir
La peur dans le dos et sa pointe qui ronge
La peur dans le ventre son poing serré
Marcher courir ramper
Des cinq trésors emportés en jeter un, trop lourd,
Vendre l’autre perdre le troisième,
Regarder l’homme à la frontière qui vous vole le quatrième
N’avoir presque plus rien d’avant juste une poignée de terre
Une médaille la photographie mille fois pliée d’un visage
Fuir
Croire, puis espérer seulement
Puis espérer moins
N’avoir plus de choix
Avancer
Avancer
Ne pas voir le camion qui arrive sur la route



Adibess

Dialogue des civilisations
Béni soit ton visage d’ange
Je n’ai pas de kipa
Mais un visage
Un chapelet d’ambre
Et le musc d’Andalousie
J’ai mal de Van Gogh
Dans un champ de tournesols
J’ai rêvé dans tes funérailles
Trois couteaux surgissent
Tendres, doux, comme trois baisers hollandais
Près d’une digue
D’un grand mur, à Jérusalem et une grande mer
Une nuit de fièvre
Les pigeons d’Alger ressemblent à Barcelone
Ce balcon est du nord
Une nuit de fièvre
Ô Séville tes fontaines viennent de mon désert
Ce soir des bateaux hollandais m’emmènent voir l ‘Inde,
J’écouterai le silence,
Planter des fleurs ensorcelées dans tes cheveux
Ouvrir les livres anciens poussiéreux
Et relire la sourate de joseph sur les tables de la Torah
Inventer la vie, sur vingt et un siècles
Églises dorment sur mosquées
Mosquées enterrées sous synagogues
Croix sans chapitre sur ton mur Jérusalem la belle
De ce midi, je n’ai que rêves,
Aime-moi comme je t’aime
Je t’ai donné Averroès, tu m’as donné Platon
Je t’ai donné Khayyâm
Tu m’as donné Baudelaire
Je t’ai donné El roumi
Tu m’as bercé de Rousseau et plus beaux
Sans croisades,
Sans guerres
Sans cahiers déchirés
Sans exodes
Sans ciel brûlé
À Bethléem la plus belle



Ces trois auteurs participent au recueil collectif

De l’humain pour les migrants initié par Jean Leznod
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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 20:14
DE L'HUMAIN POUR LES MIGRANTS / Jean LEZNOD

Appel à diffusion et participation - De l'humain pour les migrants

Publié le par Jean Leznod

Première version du recueil diffusable pour reprise de textes et d’œuvres.

Ils nous soutiennent déjà :
- Parution de l'appel dans Infusion Revue et de textes d'auteurs sur une période (en cours)
- Parution de l'appel dans
Poesiemuziketc et de sept textes (à venir)
- Parution à venir en Juin 2017 dans la revue FPM de l'appel
et de 3 textes de Florence Noël, Muriel Thirion, Norbert Nessim Journo
- Parutions à venir dans le Capital des mots

 

de l'humain
pour les migrants
 
Hier on les appelait
les exilés, les réfugiés, politiques, économiques, aujourd’hui ce sont
les migrants.
Mais avant tout,
il s’agit d’hommes, de femmes et d’enfants fuyant la barbarie et
qui arrivent meurtris
quand ils ne meurent pas dans un périple inhumain.
 
A travers un recueil d’œuvres
dont l’objectif est double, vivre* et relayer ce message**
un collectif d’auteurs, poètes et artistes**, qui ne peuvent se taire,
s’engagent pour leur rendre hommage.

Jean Leznod

© Maria Giannakaki

* Aux auteurs, artistes, poètes, créateurs, si vous souhaitez nous rejoindre, vous pouvez communiquer vos textes ou des photographies de vos œuvres à l’adresse suivante jean.leznod@gmail.com ou sur le groupe créé sur Facebook à cet effet.

** Médias, associations, aidez-nous dans la diffusion de ce message en publiant cet appel , accompagné si vous le souhaitez, d’un ou plusieurs textes et œuvres du recueil.
 
** Les auteurs poètes et artistes contributeurs à date : Adibess, Alain Abanda, Alain Morinais, Alain Nahum, Alexo Xenidis, Ananda Doe, André Orphal, Anna Maria Caroline Celli, Anne-Marie Joubert-Gaillard, Anne Stella, Bruno Adjignon, Christine Angelini, Christine Blanchard dite Tamèr, Christophe Bregaint, Claire Lewis, Colette Daviles-Estinès, Dana Lang, Daniele Labranche, Daniel Chausson dit "Nallade", Dominique Chauvel, Delphine Burnod, Émilie Notard, Evelyne Charasse, Florence Noël, Griselda Alicia Soriano, Hans Limon, Henri Etienne Dayssol, Henri-Louis Pallen, Jacques Kerzanet, Jean-Claude Crommelynck, Jean-Claude Goiri, Jean-Denis Bonan, Jean Diharsce, Jean-François Declercq, Jean Leznod, Jennifer Lavallé, Joëlle Pétillot, Khalice Jade, Lammari Hafida, Laure Mitrani‎, Lazare Fédérovsky, Lise de Courdes, Lor Zevan, Magois Patrick, Maissa Boutiche, Maria Giannakaki, Marie-France Lemains Yondo, Marie-José Pascal, Marie Volta, Martine Pichoir, Martine Rouhart, Mathilde Collonges, Mélanie Romain, Mél Bué, Michel le Gras, Mouina El Achari Zayna, Murielle Compère-Demarcy, Muriel Thirion, Nadia Messari, Nicole Barriere, Norbert Nessim Journo, Pascal Hermouet, Pascaline Bussiere, Patrick Berta Forgas, Patrick Magois, Patrick Peronne, Pierre Pages, Pierre Rode, Pilatom Remicasse, Regine Brulin, Régine Taront, Régine Elizabeth Taront, Rio Di Maria, Robert Notenboom, Roland Bullman, Sophie Brassart, Sonia Eismmann Nussmann Sautour, Suelena Noguer, Suzy Cohen, Tiphaine Ossieux, Véronique Sabin, Vojka Milovanovic, Zohra Mrimi, Zoubida Belkacem.
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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 19:58
Dana LANG, Lauréate du Mérite Littéraire et de la Rose d'Or de Littérature pour l'Ensemble de son oeuvre décerné par les Rencontres Littéraires et Artistiques de l'Essonne...

Dana LANG, Lauréate du Mérite Littéraire et de la Rose d'Or de Littérature pour l'Ensemble de son oeuvre décerné par les Rencontres Littéraires et Artistiques de l'Essonne...

Samedi 13 mai 2017... de plus en plus fatigué...

Il s'est réveillé dans des cris à une heure trente et j'ai recommencé comme la veille. Cette fois j'ai retrouvé un vieux tube de vaseline et je l'ai massé avec ce qui a eu pour effet de le calmer assez rapidement. Je lui ai donné un doliprane.

Il a recommencé à trois heures et j'ai tourné autour du lit pour le masser, tenter de lui redresser ses coussins puis il a fini par se rendormir jusqu'au matin où je l'ai entendu gémir un long moment sans pouvoir me réveiller.

Il m'appelle à sept heures vingt et je lui donne ses remèdes pour me lever à huit heures et nous déjeunons.

Je me mets sur l'ordinateur en attendant l'infirmier. Il arrive avec son petit sac de remèdes qu'il garde sur lui (sic !), la confiance règne ! ! ! Il revient avec un tube de vaseline, non un tube de Flamigel, pratique ses soins puis les miens. Il prétend appeler l'hôpital pour demander quoi faire pour ses œdèmes... mais enfin de quoi je me mêle ! Idem il lui a remis un patch de trinitrine alors que le médecin l'a retiré suite à la discussion que nous avons eu ensemble sur ce problème. La trinitrine lui est déconseillée par les neurochirurgiens de Brest car elle peut faire saigner son caillot, et je crois que mon époux a son compte de problèmes sans encore que l'infirmier sans mêle... il me fatigue !

Maurice ce matin se trouve confus comme chaque jour depuis dix jours, il recommence, on ne pourra plus dire que c'est la morphine mais bien plutôt son caillot qui se balade.

Je prépare le repas, salade verte, radis, shushis, yaourt et banane. Puis j'épluche des asperges pour demain et porte les déchets aux poules, en même temps je vermifuge mes chèvres naines.

Après le repas, Maurice s'endort et je me mets sur l'ordinateur. Je lis mes courriels et j'écris. J'apprends la cyberattaque à la télévision... méfiance !

Épuisée je retourne sur le fauteuil près de Maurice et lui tiens compagnie. Je finis par m'endormir près de lui... très souvent il se plaint de ses jambes et surtout de son immense fatigue... je dois le masser par deux fois.

Au soir l'infirmier repasse alors que nous suivons Jean-Luc Mélenchon sur BFMTV devant ses représentants à l'Assemblée Nationale, 99 % de futurs députés venus tout droit de la Société Civile pour défendre le programme de la France Insoumise et que nous soutenons. Il est éblouissant dans ses exposés !

L'infirmier se retire et je vais à la cuisine préparer du pain perdu réclamé par Maurice, il en raffole ! C'est un régal avec les bons œufs de nos poules.

Ce soir, nous resterons devant le Prix Eurovision de la Chanson. Il pleut comme dans nos âmes tristes.

FAIS-MOI MOURIR ! / Dana LANG, conteuse aux plumes de Sioux, artiste internationale, auteure d'Héroic Fantasy, poète internationale, ambassadeure de la Paix,...
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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 19:37
FAIS-MOI MOURIR ! / Dana LANG, conteuse aux plumes de Sioux, artiste internationale, auteure d'Héroic Fantasy, poète insurrectionnelle, ambassadeure de la Paix,...

Vendredi 12 mai 2017... anniversaire dramatique : grabataire depuis huit mois !

J'ai veillé tard... je m'allonge dans le fauteuil vers une heure du matin et Maurice remue frénétiquement ses deux jambes l'une contre l'autre avec des plaintes et des gémissements qui finissent par le réveiller.

Il ressent la douleur comme d'horribles brûlures... il a si mal que je décide de les lui laver et de lui passer de l'éosine sur ses plaies en feu... je pense qu'il faudrait peut-être avoir du tulle gras et du filet pour le soulager.

Son cœur va mal qui lui envoie de l'eau au point de percer les chairs... son ventre qui s'était très nettement amélioré regonfle, durcit et rougit à nouveau. Cela laisse augurer encore bien des douleurs et des problèmes respiratoires, d'ailleurs il est de nouveau encombré comme avant son entrée en USP en mars 2017 où il avait de l'eau dans les poumons. De plus dans le plus petit effort il étouffe, devient violet et je remarque que ses bajoues ont augmentées à nouveau (signe pour moi d'étouffement).

Je l'ai bien soigné et avec un doliprane (sic) il s'apaise et s'endort... moi aussi. Vers quatre heures du matin, saisit de violents maux de tête il hurle de douleur. Je lui donne un doliprane et dix milligrammes de morphine... puis je le change... toute bancale, avec des élancements dans les jambes, je tourne autour du lit durant une heure car pour ce faire je dois lui retirer tous les coussins, lui remettre une couche propre à toute vitesse, et la vitesse ce n'est pas mon fort, car il étouffe et je dois tout ranger de manière à ce qu'il soit bien tenu dans le lit toujours calé sur sa hanche et sa jambe gauche de travers.

Il souffre et tremble atrocement avec le souffle court. On abrège les souffrances d'un animal dans cet état mais un homme se doit d'endurer le pire durant des mois et des mois jusqu'à la dernière goutte de sang, le dernier râle... je suis moralement épuisée, Maurice davantage.

Je suis irritée par le fait que l'infirmier garde depuis des mois, ce que je soupçonnais, les remèdes dans un sac plastique qu'il emmène et ramène chaque jour. Le pilulier de Maurice resté à l'hôpital a été récupéré par Urgences 29, mais nous ne l'avons toujours pas, aussi doit-il préparer les médicaments chaque jour.

Je téléphone au médecin et j'apprends ainsi que l'USP nous flique pour la prise de morphine (des fois que Maurice viendrait à se suicider !!!). J'ai fait une formation en soins palliatifs avec l'Association Albatros à Lyon et je n'ai jamais vu que l'on refuse la morphine à un malade en fin de vie, c'est tout le contraire qui est inscrit dans la loi, à défaut du suicide assisté, on emmène le malade dans un sommeil létal... on évite absolument que l'être en fin de vie ne souffre de trop... ce qui relève de la plus épouvantable hypocrisie dans tous les sens du terme !

Pour ce qui est de mon époux, l'USP considère qu'il n'a pas besoin de morphine... du coup Maurice n'en veut pas, il voudrait un fusil !

Nous sommes ici en plein débat sur le Droit de Mourir dans la Dignité, d'avoir le droit de disposer de son corps, de sa vie... et lorsque la vie n'est plus la vie d'en finir dans la dignité... mais nous en sommes très loin dans ce pays. Il faut mourir pire qu'un animal et c'est indigne d'un être humain ! Aussi ne faut-il pas s'étonner si tant de personnes âgées décident de mettre fin à leurs jours plutôt de vivre de telles souffrances.

Aujourd'hui je suis particulièrement contrariée par ces attitudes mesquines et dignes de l'école maternelle qui n'honorent pas le monde médical.

Pour oublier tout ça, je sors avec Nelly jardiner un peu. Le temps oscille entre soleil, pluie et nuages. Nous avons de la chance la pluie a cessé et le soleil revient. Il n'y a pas de vent. Nous allons cueillir du fusain pour les biquettes car je n'en n'aurai pas le cœur, ni le courage aujourd'hui.

Nous allons au fond du terrain sur le côté route. Nelly entre dans le passage derrière la maison voisine et moi je reste derrière le muret. Je nettoie les fleurs plantées l'an passé. Je tire les herbes hautes et coupe le lierre qui court sur le muret. J'avance en m'y appuyant. Hélas à peine touché le voilà qui s'écroule sur mes pieds ! Les grands vents à 170 km/heure de la dernière tempête l'ont affaibli. Bon, je demanderai à Alain de venir redresser les pierres dont trois ou quatre sont bien trop lourdes.

J'ai coupé un plein seau d'herbe, de trèfle et de lierre. Elles vont être heureuses ! Nelly leur emporte sa récolte puis elle vient me rejoindre car je me suis enlisée dans l'herbe haute et mouillée. Puis elle nettoie le tour des hortensias cependant que je récolte de gros pissenlits, autant de bonnes salades pour les animaux.

Au moment de repartir la batterie de mon fauteuil s'arrête tout net et nous parvenons à trouver le système pour le passer en mode manuel que sur un seul côté... il faut dire que ce fauteuil de sept ans et demi est devenu une vraie casserole avec ses câbles électriques coupés qui traînent au sol, son armature en métal dessoudée, les jambes notamment et dire que l'on paie cela le prix d'une automobile... et j'ai déjà dû en acheter deux... je ne parle pas aussi de ceux de Maurice... quel scandale ! Et pourtant j'en ai encore bien besoin !

Nous dînons puis je lis mes courriels rapidement. Nous terminons la soirée tristement devant les dernières nouvelles et je m'endors devant la télévision sur le fauteuil auprès de Maurice.

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Présentation

  • : Dana LANG, artiste Internationale, conteuse aux plumes de Sioux, citoyenne du monde, auteure Fantasy, poète, lauréate de 54 Prix Littéraires Internationaux, éditrice, ambassadrice de la PAIX, membre SACD, UERAA, AEB, World Académy of Arts and Culture and World Congress Poets, ...
  • Dana LANG, artiste Internationale, conteuse aux plumes de Sioux, citoyenne du monde, auteure Fantasy, poète, lauréate de 54 Prix Littéraires Internationaux, éditrice, ambassadrice de la PAIX, membre SACD, UERAA, AEB, World Académy of Arts and Culture and World Congress Poets, ...
  • : *1979-1989, bibliothécaire jeunesse en banlieue lyonnaise (Vénissieux) où elle conte déjà trois fois par semaine. Les classes s'inscrivent sur des listes d'attente. *1989-2002, conteuse professionnelle internationale (artiste, durant 12 ans intermittente du spectacle / Cie du Soleil Noir). Elle conte dans les écoles, collèges, lycées, bibliothèques, médiathèques, salles de spectacle, théâtres, festivals... etc... *1991, fondatrice d'une Maison du Conte 'La Biche au Bois' au Cergne (42-Loire). Elle reçoit 20 000 scolaires en attractions contées sur les terres d'Anne de Beaujeu dans les Monts du Haut-Beaujolais, et organise un Festival du Conte et des Conteurs en Forêt et en Cabarets «Flèches des Fées» pendant cinq ans. Elle conte avec divers musiciens dont Tenzin Gonpo artiste Tibétain qui l'accompagne aux instruments et à la voix. Elle parraine un enfant tibétain durant plusieurs années. *1994, sociétaire des Auteurs et Compositeurs Dramatiques. Elle participe à divers festivals... *Avril 1998, elle conte dans les écoles françaises, Instituts, hôtels, villages pour le Festival International des Conteurs Francophones à Abidjan en Côte d'Ivoire. *2003, auteure, poète, en situation de handicap, elle poursuit en écrivant toute son Œuvre. Elle réécrit ses contes adaptés pour la scène (120 contes) et écrit de très nombreux ouvrages dont des contes merveilleux et fantastique, un récit autobiographique ' Les Sanglots du Vent' ; une trilogie Fantasy ' Les 3 Héritiers de la Clef des 7 Mondes' (t.1 : La Dragonne et l'Œuf d'Or Sacré ; t.2 : Éloïse et le Commandeur du Temps ; t.3 à paraître) ; des témoignages de vie ' Docteurs, vous m'avez tué ! ' suite à paraître : ' La Danse de la Méduse ', ' L'Arbre d'Or ', 'La Fuite du Temps', 'La Maison du bout... de la Terre', 'Plus fort souffle le vent', 'Un Radeau dans le Ciel'… un recueil de prose poétique de 7 livrets ' Puisque tu vis, Philippe', une suite de nouvelles et de prose poétique 'À l'Aube d'un Jour' et un livret de pamphlets (prose insurrectionnelle : 'Je vous écris, Frères Humains', ... *2011, à la création de la Maison du Conte, de l'Illustration et de l' Édition Fantastique ' LA FONTAINE AUX FÉES ' édite dix de ses livres (sur plus de 30) et avec son époux Maurice JANIN, architecte d'exécution (en situation de handicap), fréquente les Salons du Livre de Rhône-Alpes, Auvergne, Bourgogne, Yonne, Paca chaque week-end durant deux ans. Sur le Salon du Livre de Lorette (42-Loire), elle rencontre Michel COUROT, Dico d'Or, grand gagnant de la Dictée de Bernard Pivot en 1995. Il deviendra son relecteur et son très grand ami. En avril 2011, elle écrit un conte merveilleux : Flora, Pipi et Scratch, la sorcière. *2012, sociétaire des Arts et des Lettres de France, membre du bureau de l' UERA A (Union des Écrivains de Rhône-Alpes-Auvergne), ambassadrice du Cercle des Ambassadeurs Universels de la Paix, 'La Fontaine aux Fées' édite 'Le Grand Livre de Marina' de Marina FERREIRA et ' Le Monde de Lucas ' de Didier POUDIÈRE. *13 octobre 2013, elle est nommée Membre de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets. *Le 18 mai 2014, elle parraine le 1er Festival du Livre et de l'Illustration Jeunesse «Les P'Tits Z'Amis de Marina » à Saint-Didier-de-Formans dans l'Ain (01). *13 Juillet 2014, après avoir vécu deux ans dans le village natal de son père en Alsace près de Bâle et de très longues années en région lyonnaise, elle vit désormais à Plogoff dans le Finistère et devient Membre de l'Association des Écrivains Bretons (AEB). Elle écrit et publie un nouveau conte ' La Fontaine de la Mer Feunteun Aod '. *Décembre 2014, elle collabore au Festival International du Conte de Guillaume ÉKOUMÉ, au Cameroun. Elle écrit un nouveau conte 'Max, le Petit Sorcier'. *Février 2015, elle écrit un conte 'Louka, le Petit Loup de Brocéliande' dédié à son arrière petit-fils, Louka né le 5 février 2015. *23 avril 2015, elle écrit 'Le Dragon de Pors Loubous', un conte fantastique. Fin juillet, par son épouse Danyèle, elle apprend dans une profonde tristesse le décès de son indéfectible ami, Michel COUROT. *20 décembre 2015, elle conte 'Plume de Corbeau' au théâtre Georges Madec à Esquibien pour les enfants des écoles et leurs parents. *Septembre 2013 à 2015, elle devient lauréate de 52 distinctions Littéraires Internationales (Trophées, Mérites, Médailles, Prix, Mentions...) décernés par 13 concours Littéraires Internationaux. *2015-2016, elle recherche un Éditeur sérieux pour lui reprendre toute son Oeuvre. *En 2015, elle est invitée à Sacramento en Californie et à Prague en Tchécoslovaquie du 5 au 10 septembre 2016 par le Président de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets où elle ne pourra pas se rendre. *Le 1er février 2016, elle écrit le conte 'Justine et le Pays Contraire'. *Février 2016, elle s'inscrit dans les Salons Festivals du Livre en Bretagne qu'elle espère honorer de sa présence... le 24 avril 2016, elle se rend au Salon du Livre de Botmeur (Finistère) où elle conte et dédicace... En juin 2016, elle écrit le conte Kaoura, la Princesse aux Sept Dragons...
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