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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 19:19
FAIS-MOI MOURIR ! / Dana LANG, conteuse aux plumes de Sioux, artiste internationale, auteure d'héroic Fantasy, poète insurrectionnelle, ambassadeure de la Paix,...
FAIS-MOI MOURIR ! / Dana LANG, conteuse aux plumes de Sioux, artiste internationale, auteure d'héroic Fantasy, poète insurrectionnelle, ambassadeure de la Paix,...

Mardi 6 juin 2017... visite du médecin remplaçant...

Maurice me sonne à sept heures, mais j'ai si mal que je ne me lève pas. Un peu avant, je suis allée ouvrir la porte... il me rappelle à sept heures trente, et je n'ai guère envie de me lever avant l'arrivée de Véronique. Je souffre cruellement du dos, une lombalgie et un lumbago tout à la fois, mais pas seulement ces douleurs s'étendent partout dans tout mon corps... je suis au paroxysme de la douleur et pourtant je me force à bouger, à me lever.

Je vais lui dire bonjour comme tous les matins, fort étonnée qu'il ait pu dormir de vingt heures trente jusqu'à sept heures... une nuit entière, c'est bien la première fois depuis neuf mois ou plus. Pourtant je l'ai entendu s'étouffer encore cette nuit, mais je n'ai pas pu me lever...

Je prépare son déjeuner deux tartines grillées, beurrées à la confiture de mirabelle. Puis je déjeune à mon tour. Véronique arrive et va dire bonjour à Maurice qu'elle trouve très enflé au niveau du cou... ce n'est pas nouveau, mais depuis quinze jours cela a très nettement empiré.

Je vais contrôler mes comptes avant de me préparer pour passer à la poste, à la boulangerie... mais Maurice veut une dizaine de pains au chocolat... mieux vaut aller directement au discount... d'ailleurs il me faut des kiwis, des pommes, des poires et tout ce qu'il aime en ce moment : chocolat, brioches aux pépites de chocolat, marbré au chocolat, cacao, guimauves,...

Dans le même temps vient l'infirmier... il constate une baisse au niveau de l'oxygénation... il va appeler le médecin dont la visite était prévue.

Il est déjà onze heures lorsque nous arrivons au magasin, par chance une caisse vide s'offre à nous. La caissière va fermer mais je lui demande de bien vouloir nous prendre tout de même... d'habitude je fais ouvrir une caisse pour nous... c'est normal, mon auxiliaire a des horaires et nous ne pouvons pas traîner. Véronique et moi arrivons à onze heures quarante-cinq, juste le temps de ranger les courses puis elle nous quitte pour un autre service... pas le temps de chômer !

Nous prenons notre repas de midi. Peu de temps après le médecin remplaçant que j'apprécie tant pour son grand talent, pénètre dans la maison et tous les trois nous discutons de son état. Maurice explique combien il souffre et n'en peut plus. Le médecin trouve qu'il manque d'oxygène et remonte de deux litres trente à trois litres le niveau d'oxygène (devant ses détresses respiratoires j'avais augmenté de 2 litres à 2 litres trente). Le médecin me prescrit de nouveau des antibiotiques pour mon pied.

Je me repose un peu devant la télévision... j'ai sommeil mais je me lève pour aller nourrir nos fifilles. Elles m'attendent impatiemment, comme d'habitude on les entend dans tout le village. Il fait un vent méchant... il me bouscule et je suis obligée de prendre garde à ne pas tomber, avec mon équilibre tellement instable, derrière mon fauteuil manuel. Je coupe quelques fusains et un bon seau bien tassé de bonne herbe bien grasse pour tout le monde. Comme d'habitude les coups de corne aux poules fusent. Je rentre, malgré le soleil il fait trop mauvais... le vent a tout renversé, les chaises, le cadoie resté dans l'enclos que les chèvres piétinent allègrement en allant y mettre leur bout du nez, curieuses comme pas deux... je suis toute ébouriffée et j'ai perdu mon peigne dans la clôture.

Je retrouve Maurice en très mauvaise posture dans son lit comme chaque jour depuis tant de mois. Il attend impatiemment ses soins bien qu'il les supporte de moins en moins tant il cyanose au moindre effort. L'infirmier est là qui vaque autour de lui. Il faut veiller à la lunette qui le blesse. Il prend beaucoup de précautions pour ne pas trop le faire souffrir ce que j'apprécie.

Nous dînons. Maurice n'a envie que d'un pain au chocolat, puis il prend un yaourt, de la compote et... du chocolat aux noisettes... il ne va vraiment pas bien, je le vois à sa façon de me parler, de m'appeler, de me chercher. Finalement à vingt heures, il s'endort profondément...

Je suis lessivée... et j'ai froid.

FAIS-MOI MOURIR ! / Dana LANG, conteuse aux plumes de Sioux, artiste internationale, auteure d'héroic Fantasy, poète insurrectionnelle, ambassadeure de la Paix,...

Lundi 5 juin 2017... jour férié... petite journée bien triste.

Hier soir, il s'est plaint de ses douleurs prostatiques et s'est endormi tôt. Il gémissait et se plaignait dans son sommeil jusqu'à une heure. Je suis restée près de lui dans le fauteuil jusqu'à ce qu'il dorme profondément et j'ai regagné mon lit à une heure trente. Vers cinq heures dix pris d'une quinte de toux épouvantable, je me suis levée pour lui donner son spray de propolis... il étouffait... je lui ai mis l'extracteur d'oxygène entre deux et deux litres et demi. Il s'est rendormi et je suis restée près de lui... en détresse respiratoire il m'a rappelé plusieurs fois jusqu'à huit heures.

Je me lève et prépare les déjeuners... il ne veut pas de tartines mais seulement un peu de cacao. Lorsque j'ai déjeuné, je me prépare puis je vais cueillir de l'herbe pour les animaux... ensuite je fais la vaisselle d'hier et prépare le repas... poisson pané, pâtes à la tomate, yaourt, compote poire-pomme.

Je fais tourner une machine, fais la vaisselle, mais je n'ai plus de courage pour étendre la lessive et balayer. Je vais faire une sieste à quatorze heures trente, Maurice dort déjà... il est trop épuisé. L'infirmier l'a bien soigné ce matin, cela lui a fait un bien fou... le tourner ainsi de chaque côté fait du bien aux chairs... mais il étouffe aussitôt, cyanose et cela le met dans une fatigue extrême... une petite plaie s'est ouverte du côté gauche à surveiller attentivement. Son état ne fait qu'empirer. Maurice me sonne à seize heures quarante-cinq et l'infirmier arrive au même moment... il recommence la même séance que ce matin puis il soigne mes pieds surtout le droit qui me fait tant mal.

Nous dînons, Maurice ne veut rien d'autre qu'un peu de compote et une mousse au chocolat... ensuite un morceau de quatre quart avec du chocolat à la noisette, tout ça pour se remonter le moral... mais comment l'avoir dans une situation aussi critique.

Ce soir, j'écris à Pierre Bellemare afin de m'excuser de mon absence à la cérémonie de remise des Trophées Littéraires Conte et Nouvelle à Lauzun.

Depuis ce matin un vent furieux nous a apporté d'affreuses grosses averses vers dix-sept heures, impossible de rester dessous sans se retrouver tremper jusqu'aux os... les chèvres sont allées se cacher dans leur abri à toute allure, les poules aussi et même les oies qui restent volontiers sous la pluie se sont sauvées dans leur cabane.

Ce soir je vais demeurer près de Maurice jusqu'à ce qu'il glisse dans un sommeil profond... en espérant que la nuit sera mieux que les précédentes... ce dont je doute fort.

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 19:23
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Dimanche 4 juin 2017... l'impossible nuit...

Hier soir impossible de rester tranquille devant un film. Maurice me sollicite pour le changer et le laver. Puis il prend des maux de crâne phénoménaux. Ensuite il se met en tête de vouloir se lever, se sortir de son lit abject pour aller aux toilettes.

Il fait une comédie infernale. Je cède à sa requête folle. J'enlève l'arceau qui retient le coussin du côté de ses jambes qui sans cela plongeraient dans le vide. Il rampe sur le dos et avance centimètre par centimètre jusqu'à parvenir à toucher le sol de ses orteils droit... mais il ne peut rien faire d'autre.

Il se trouve dans l'impossibilité de se soulever avec la potence... il n'en a ni la force, ni les muscles. Sa jambe gauche pend inerte, paralysée. Il ne peut pas sortir de son lit... mais son obsession va le tenir éveillé toute la nuit. Il va ramper ainsi jusqu'au matin... il va m'appeler plusieurs fois dans son délire pour rien... sauf de constater son entêtement forcené. Je ne peux pas le soulever, le ranger dans son lit. Je peux juste rapprocher son coussin afin de maintenir sa tête surélevée, mais il s'entête et au réveil je le retrouve à moitié nu, la tête au milieu du lit, le corps en bascule avec les jambes pendues dans le vide.

Dès le réveil, je prépare son déjeuner et lui donne ses comprimés. Je déjeune également. Je fais la vaisselle et mets les pommes de terre à cuire dans l'eau. L'infirmière passe pour nos soins. Elle doit remettre Maurice correctement dans son lit et ce n'est pas simple.

Soudain, Marc pénètre dans la maison. Je le retiens à la cuisine. Nous échangeons des nouvelles. Je suis heureuse de cette visite qui me donne du baume au cœur après des nuits si éprouvantes.

Après avoir mis le temps nécessaire à soigner Maurice, l'infirmière invite Marc à aller voir Maurice et je me rends dans la salle de bains pour mes soins.

Nous prenons notre repas. Ensuite j'étends deux lessives et en fais tourner une autre. Je balaie et ayant tout terminé, je file dans la chambre pour tenter de récupérer par un bon sommeil. Maurice de son côté somnole devant la télévision.

Il reste la plupart du temps devant les nouvelles de BFMTV... lui qui ne supportait plus rien durant tant de mois... le voilà à suivre les élections et les affreuses nouvelles venues des attentats de Londres, de Manchester et d'ailleurs.

Ce soir, je demeure un moment devant l'ordinateur où plus de quatre-vingt messages m'attendent. J'écris un peu...

Ce matin après une grosse averse, le temps s'est éclairci et le soleil a baigné le cap toute la journée... ce soir un calme serein règne au bord de l'océan tout bleu. Nos fifilles vivent leur petite vie tranquille ; de nouveau la Diva a sauté sur le dos de Froudenn en attendant leur nourriture et la petite chèvre patientait sans bouger un cil !

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Samedi 3 juin 2017... accablement total...

 

Il me réveille toutes les heures... deux heures trente, trois heures trente, quatre heures trente, cinq heures trente, six heures trente, sept heures trente... maux de toutes sortes et angoisses...

Au matin je suis une loque... je me force pour me lever. Avec mon fauteuil roulant manuel qui me tue de douleurs, je file à la cuisine préparer le déjeuner. Je lui porte ses tartines et du lait. Lorsque j'ai terminé, je vais à la salle de bains puis je fais la vaisselle d'hier soir. Je donne un coup de balai rapide enfin je me lance sur mes potées. Je récupère les pots que je choisis au garage, les plants au pied de la rampe et aussi le pot rempli de petits graviers à déposer au fond des pots. À la cuisine, je saisis un pot l'un après l'autre, sur le palier je le garnis de gravillons, j'y ajoute le terreau. Je mets ainsi en terre deux géraniums, deux millions Bell, des œillets, un gazania, un impatiens, une verveine aux deux tons de rose. Mardi je les ferai placer par Véronique pour l'instant je les laisse sur le bord de la rampe après les avoir arroser... je termine à midi. Je peux faire cuire notre repas.

Nous mangeons rapidement et je file m'occuper des nos animaux. J'éprouve de très grandes difficultés à le faire maintenant sans mon fauteuil roulant électrique. Je dois sortir le fauteuil manuel et marcher derrière quand je ne peux faire que trois pas, le plus pénible c'est ce manque total d'équilibre qui me jette au sol si souvent, et j'ai tellement mal aux jambes... bon, mais je me force et me dépasse à chaque instant comme je l'ai toujours fait dans toutes les difficultés que j'ai dues traverser tout au long d'une vie hors du commun.

Maurice m'appelle quand je suis dehors. Je dois rentrer pour l'aider puis ressortir. Je donne ma cueillette aux animaux et je rentre épuisée. Je demeure à côté de Maurice devant la télévision. Finalement nous regardons Tarzan sans nous endormir. L'infirmière revient pour les soins... puis nous dînons. Maurice réclame de nouveaux massages. Je range un peu tout et je m'installe sur l'ordinateur. Je n'ai guère de temps pour lire mes courriels.

Il fait un temps exceptionnellement beau depuis une semaine. Le soleil resplendit, l'océan bleu et calme invite au farniente... Maurice ne voit plus rien de tout ça, bloqué dans son lit, il gît sur le même côté jour et nuit depuis bientôt neuf mois... son accablement augmente au fil des jours et le mien aussi...

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TOI, LE FOU DE DIEU ! Dana LANG, le vendredi 13. 11. 2015,

Toi qui portes un fusil

La mort en bandoulière

Tu arpentes Paris

En semant la terreur

Que sais-tu de la vie ?                         Toi qui écorche

                                                            Ta bouche

                                                            Avec le nom de Dieu

                                                            Que sais-tu de la mort

                                                            Après la vie ?

Toi, à l'abdomen Bardé d'explosifs

Tu découpes le flanc

De tes frères

Sans répit                                            Toi, tu ne penses

                                                            Qu'à la guerre

                                                            Loin de ton âme

                                                            Et tu parles

                                                            Et tu ris

Toi, tu salis ton cœur

Et rejettes ces valeurs

Qui feraient de toi

Une humanité

Un amour chéri                                   Toi, as-tu une petite sœur

                                                            Un frère, une mère

                                                            Une douce amie

                                                            Qui a mal et qui meurt

                                                            De tes choix interdits

Toi qui peint de sang

Les rues, les pierres

Tes rêves rouges de colère

Te hantent sans fin

Et rien ne les assagit                           Toi et ton mirage

                                                            Des cent vierges

                                                            Crois-tu vraiment

                                                            Pouvoir les retrouver

                                                            En ton paradis ?

Crois-tu que ta cause

Par la violence

Vaille ton sacrifice

Que restera-t-il de toi

De ta vie ?                                           La noblesse de l'âme

                                                            Celle du cœur

                                                            Gagnent toujours

                                                            Sans les armes

                                                            Leur combat en démocratie

 

 

Ce qui t'attend

N'est pas un Éden

Mais l'Enfer

Sur la terre

Que tu auras choisi !

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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 19:46
Les plumes d'Or décernées par le Concours Littéraire International 'Les Cordées'.

Les plumes d'Or décernées par le Concours Littéraire International 'Les Cordées'.

Vendredi 2 juin 2017... des nouvelles de Paris...

 

Je l'entends gémir à une heure quinze... je dois lui masser les cuisses et la jambe gauche avec bien des difficultés pour passer les mains dessous. Vers trois heures dix il se plaint de ses jambes, ses chevilles, ses genoux... je lui donne un doliprane. Puis à quatre trente ses quintes de toux me réveillent... il est très encombré, il s'étouffe, il doit avoir de l'eau dans les poumons. Ses œdèmes cardiaques ont repris de plus belle. De nouveau son ventre gonfle, durcit, rougit... ses cuisses aussi... et la plaie de sa jambe s'ouvre à nouveau pour laisser passer l'eau. Je le masse. À six heures trente il prend un horrible mal de tête et je dois lui donner un doliprane 1000 et 10 mg de morpine, un pansement sur une jambe de bois !

Je retourne me coucher très atteinte par d'énormes douleurs que je traîne depuis des mois... c'est Nelly qui me réveille en ouvrant la porte à sept heures cinquante. Je me lève difficilement comme chaque jour de l'année et du temps qui passe. Nelly m'aide à préparer le déjeuner qu'elle porte à Maurice... c'est incroyable ce que cela peut me soulager car tous ces voyages près de lui m'accablent d'une fatigue extrême, fatigue due à ma maladie renforcée par les soins que j'administre au chevet de Maurice jour et nuit depuis neuf mois... c'est moi que Maurice appelle mais de la cuisine on entend et ne retient que le 'ie' de chérie ou de Nelly, Nathalie, Sylvie, Annie... qui provoque chaque fois la confusion.

Nelly entame la vaisselle et étend une lessive. Je lui dis que ce matin nous allons au jardin. J'aimerai que le tour des plantations soient nettoyées afin que lorsque Alain passera la tondeuse, les arbustes et plantes soient dégagées. Je veux aussi faire mes nouvelles potées achetées hier... j'ai hâte ! Je dois aussi nettoyer de leurs feuilles mortes les magnifiques cordylines dont l'une épanouie une fleur décorative à souhait (palmier d'Australie).

L'infirmière prend son service, elle nous trouve très affairées au jardin. Nelly dégage les mauvaises herbes autour des plantations et moi je retire les feuilles fanées des palmiers. Je m'en vais plus loin lorsque tout à coup, je tombe à nouveau... je chute en avant sur les genoux mais cela m'ébranle tout le corps. Je tente de me relever avec l'aide du fauteuil roulant manuel, Nelly le tient afin de renforcer sa solidité... mais j'ai beau faire et refaire, je ne parviens nullement à avoir la force musculaire nécessaire à me relever... mince alors, j'en ai marre !

Là-dessus arrive Corinne, l'infirmière qui me demande de courir à la pharmacie chercher deux kits de sonde et une sonde de 18. Bon, si je veux que Maurice ne souffre pas davantage, je dois y aller. Je suis obligée de regagner la maison à quatre pattes afin de pouvoir me relever sur le fauteuil releveur. Je dois pour cela traverser la cour de gravillons jusqu'à la rampe de l'entrée. Nelly emporte le fauteuil roulant manuel dans son auto et je parviens à me retrouver debout avec mes béquilles. Je la rejoins enfin après avoir donné un coup de peigne sur ma tignasse échevelée par mes efforts insensés. Maurice m'apprend que notre médecin de Paris doit le rappeler dans vingt minutes.

Nous partons et bien entendu le trajet de vingt minutes se prolonge par la rencontre de deux véhicules lents. Je prends le matériel à la pharmacie et nous rentrons... je me fais du souci car je n'ai pas eu la sonde... les pharmaciens doivent la mettre en commande. Zut, Maurice sera privé jusqu'à mardi ! Soudain, je repense que Corinne a déjà une sonde puisqu'elle m'a commandé une seule sonde pour deux kits ! Oh la la je perds la boule... mais me voilà rassurée, Maurice aura sa nouvelle sonde ce soir... je n'aurai pas couru pour rien !

Du coup Nelly repart et nous n'aurons rien pu entreprendre de ce que je voulais finir aujourd'hui... tant pis, je verrai ce que je peux faire ce week-end.

Maurice me parle de son entretien avec le médecin... il en ressort très confiant, heureux d'avoir rencontré cette parole, cette écoute, plus serein aussi. Du coup, il ressent le besoin de me parler et nous discutons un moment de son ressenti.

Nous prenons un repas vite fait... des pâtes fraîches au bacon avec une sauce blanche aux champignons. Puis usée, brisée, anéantie je m'étends près de Maurice sur le fauteuil où je m'endors profondément. Vers quinze heures, je me lève et file au lit où je me réveille à dix-sept heures... Maurice aussi qui a besoin de massages.

L'infirmière vient pour lui poser sa sonde et moi je vais abreuver nos petites protégées. Les oies perdent toutes leurs plus grandes plumes... c'est le printemps !

Nous dînons rapidement. Maurice littéralement épuisé, à bout de tout tente de s'endormir... il fait des va et vient entre sommeil et réveil, entre réalité et rêve confus.

Si seulement la nuit pouvait être calme et longue... il se plaint de ses jambes.

Le crachin s'installe sur la soirée où le vent d'ouest se lève... demain il ne fera plus aussi beau...

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Jeudi 1er juin 2017... un sommeil de sept heures d'affilée, cela se compte sur les doigts de la main !

Hier soir j'ai dû le laver par deux fois, le changer également... c'était le résultat du lavement... moment très difficile où je l'ai changé comme je l'ai pu avec beaucoup de difficultés car il ne tient pas sur le côté sans s'asphyxier... il devient violet, il étouffe carrément. Je suis lessivée... je vais traîner ainsi jusque vers minuit avant qu'il s'endorme tout à fait...

Je me lève sans son appel à sept heures... je vais doucement le voir dans son lit, il dort encore... mais il finit par m'entendre et s'éveille. Nous nous souhaitons le bonjour par un bisou.

Je me mets sur l'ordinateur tôt matin pour des dossiers à envoyer, des factures à payer, courrier aux petites filles qui viennent de se marier, je contrôle les comptes et vérifie l'arrivée des pensions. Il faut compter serrer avec les factures de santé... 240 euros pour mes yeux... 270 euros pour l'hôpital... 80 euros de pharmacie... et j'en passe... Mon fauteuil doit arriver la semaine prochaine... quelle chance car j'en ai un besoin urgent, le précédent vient de rendre l'âme, et pour une fois nous n'aurons pas à sortir des sommes folles !

Sylvie arrive à huit heures trente, elle chauffe café et le prend avec moi. Elle fait la vaisselle... et je la préviens que nous partons en courses... la poste, la boulangerie, la pharmacie, le grain pour les animaux et quelques fleurs pour me réjouir l'âme... nous partons à neuf heures trente. Le temps de faire le tour, nous rentrons à onze heures quarante-cinq, il était temps ! Sylvie à juste le temps de rentrer les commissions puis de s'en aller.

Le repas tout prêt m'arrange. Après notre déjeuner je file au fond du terrain en poussant devant moi mon fauteuil roulant manuel... il refuse d'avancer dans les herbes en le faisant rouler avec mes pieds et mes mains, mais cela me fait si mal impossible de m'en servir comme à la maison où déjà je souffre très fort de mes muscles atrophiés sans engin électrique.

Je coupe les rameaux de fusain qui ont pris de l'ampleur en largeur... cela a besoin d'être rafraîchi. Lorsque je suis épuisée je m'arrête. Je jette ma bonne récolte par dessus l'enclos puis je rentre dans un état de fatigue extrême.

Maurice m'appelle, je l'entends en passant devant les baies ouvertes. Il a besoin d'être changé. J'éprouve un immense besoin de repos, mais Maurice me sollicite à plusieurs reprises. J'étends deux lessives, en fais tourner une autre... puis notre ami Alain et sa fille frappent à la porte. Justement je pensais à leur visite. Cela nous fait un immense plaisir.

L'infirmière revient pour les soins du soir et Maurice se trouve mieux installé avec les coussins d'appui pris à la pharmacie ce matin... en outre la pommade de calendula associée à une huile essentielle à la carotte ont eu le grand mérite de stopper momentanément l'irritation développée par la plaie creusée par l'eau de ses œdèmes cardiaques. Voila deux jours que sa jambe droite cicatrise enfin.

Nous soupons avec des œufs Noldi... je fais le service comme d'habitude et je dois faire manger mon époux qui n'y parvient plus... il se demande sans cesse où il se trouve et en même temps répète qu'il en a marre, qu'il n'en peut plus... il est vraiment à bout de tout... son état est indescriptible !

Ce soir absolument anéantie... je ne vais pas traîner... dès que Maurice dormira profondément, j'irai dans mon lit.

Le temps au beau fixe nous a proposé un temps exquis... merveilleuse journée ensoleillée... et le jour perdure jusqu'à dix heures trente...

Louka, notre arrière petit-fils tant chéri !

Louka, notre arrière petit-fils tant chéri !

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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 19:48
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Mercredi 31 mai 2015... des cris de douleur dans la nuit...

Ses cris de douleur me réveille à trois heures moins vingt... il se plaint de ses jambes, plus particulièrement de son genou... je suppose qu'il s'agit du droit très, très abîmé qui n'a jamais pu recevoir de prothèse en 2002 du fait de l'état de son cœur et de son AVC du 21 août 2001... peut-être a-t-il une poussée de polyarthrite qui a remis ça en 2016... je vais restée autour de lui jusqu'à quatre heures vingt pour le masser,

lui arranger son lit, lui donner un doliprane et 10 mg de morphine et un pain au chocolat comme consolation... finalement il va retrouver le sommeil et je retourne dans la chambre... la porte reste grande ouverte.

Il me sonne à sept heures et je retourne au lit. Il m'appelle à huit heures et je lui donne ses comprimés et son déjeuner. Je prépare le mien et Annie arrive. Maurice actionne son lit et se retrouve au plafond. Je lui explique qu'il ne doit pas appuyer sur cette partie de la zapette car il monte trop haut... mais il se croit dans l'ascenseur !

Annie vaque à ses occupations. Je file à la salle de bains... je n'attends pas l'infirmière pour mes soins, elle sera fort occupée avec Maurice pour son lavement. J'entraîne Annie dans le pré voisin le long de nos haies afin de terminer le bout tout au fond. Elle récolte de beaux chardons, nous cueillons les rameaux de fusain qui dépassent de la haie. Elle remplit un seau d'herbe pour les oies.

Ma cage ambulante n'est pas très probante, mon idée d'y mettre les oies à tondre la partie enherbée ne paraît pas folichonne, elle préfèrent être dans leur enclos à courir et se baigner, faire leurs ablutions rituelles ! Sacrées oies, trop mignonnes... ce que fait l'une, l'autre le fait aussi avec un parfait synchronisme !

Annie donne notre récolte aux chèvres impatientes, aux oies criantes et aux poules gloussantes. Tout ce petit monde s'agite joyeusement. Moi, je me dirige avec le seau d'herbe vers la clôture et me voilà à nouveau par terre. Je reprends mon souffle et mes esprits dans l'herbe encore humide de rosée. Annie s'empresse d'aller ouvrir le volet clos par l'infirmière, il correspond à la rampe d'accès. Je suis obligée de la grimper à quatre pattes pour rejoindre le fauteuil releveur à l'intérieur et pouvoir me soulever et me relever. Annie se sent impuissante mais elle ne peut pas faire grand chose pour moi, je dois le faire seule... cependant comme le médecin, elle pousse sur ma jambe droite et je peux enfin m'accrocher au fauteuil et basculer... quelle histoire !

Le nombre de chutes faites dans ma vie demeure incalculable... tout enfant ma mère me badigeonnait les genoux d'une pommade noire, des croûtes se formaient et je retombais irrémédiablement dessus provoquant des ruisseaux de sang à nouveau. Cette maladie m'aura pourrie la vie depuis toujours... sclérose en plaques rare qui va permettre bientôt la naissance d'un remède orphelin qui pourra venir en aide aussi à tous ceux qui souffrent de la sclérose en plaques. Ma fille aînée pourra en bénéficier. La journée se traîne avec un Maurice toujours plus mal que jamais. Son cœur repart à faire de l'eau et son abdomen rougit et se durcit, reprenant des capitons... ses cuisses deviennent, elles aussi, aussi dures que son ventre. Il tremble comme un fou de tout son corps, de tous ses membres. Ses crises respiratoires sont récurrentes et ses bajoues sont volumineuses. Ses yeux fixent étrangement... de plus il ne parvient plus à se retourner sans se cyanoser et l'infirmière galère vraiment pour les soins.

Dans l'après-midi je reçois l'appel d'un médecin après une lettre adressée à la directrice de cet hôpital à Paris... j'avais contacté ce médecin à l'automne lorsque Maurice s'est retrouvé bloqué avec sa jambe infectée. Je lui parle de mon désarroi par rapport aux soins apportés à Maurice qui ne le soulage nullement de la douleur. Maurice a écrit deux lettres certifiant qu'il ne veut aucun acharnement thérapeutique, aucune intervention d'aucune sorte qui permette de le tenir en vie, il veut partir après être endormi durablement... mais le corps médical n'entend pas ce genre de requête... il est à bout de tout. Il a aussi rempli les papiers de l'Association du Droit de Mourir dans la Dignité dont nous sommes adhérents. Je lui parle de cet appel... il est comme soulagé... il s'imagine déjà partir à Paris pour en finir. Il me confirme nettement sa volonté... je n'en peux plus, tu sais !... me souffle-t-il.

Voilà bientôt neuf mois qu'il est devenu grabataire, et un an et demi alité avec ses œdèmes cardiaques dont l'eau coulait par les jambes et trempait de grosses serviettes de toilette à ses pieds, incurable après tant et tant d'acharnement à le sauver, il n'y a plus aucune issue, cerné de toutes parts avec ses pathologies gravissimes... Maurice réclame de mourir... dans la dignité...

Ce soir, je lui confectionne son plat préféré : du pain perdu avec nos bons œufs orange du poulailler. Il ne veut rien d'autre.

Je dois le changer, le lavement continue son effet. J'ai beaucoup plus de mal à présent car il peine à se soulever et quelques minutes poser sur le côté le fait étouffer. Dans tous ses moindres efforts... il cesse de respirer.

Ce soir la télévision refuse de s'ouvrir... tant pis, il s'en passera pour ce soir. Il a déjà sommeil et sombre doucement.

Il fait un temps royal... le soleil brille encore de tous ses feux à vingt heures trente... la mer est calme sans un souffle de vent... et nos petites protégées se repaissent encore de toutes les bonnes herbes apportées ce matin.

Une baie vitrée encore ouverte laisse pénétrer un bon air venu du large... Maurice si accablé doucement s'endort dans le calme et la beauté de ce jour finissant... le soleil nous inonde à vingt-et-une heures trente... pour une heure encore...

 

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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 21:30
FAIS-MOI MOURIR ! / Dana LANG, conteuse aux plumes de Sioux, artiste internationale, auteure d'Héroic Fantasy, poète insurrectionnelle, ambassadeure de la Paix,...

Mardi 30 mai 2017... les jours s'éternisent dans cet enfer...

Il dormait si fort que je suis allée au lit rapidement. Puis à une heure il m'a sonnée et ainsi toutes les heures et demi... pour le changer deux fois, le masser souvent... au matin à six heures je lui ai dit que je repartais me coucher jusqu'à huit heures où il m'a appelée.

Je me réveille en plein rêve fantastique. Je lui donne ses comprimés et son petit déjeuner puis je déjeune à mon tour et je me prépare... je dois aller chercher ma chaussure qui doit être prête depuis quinze jours. Mais lorsque nous arrivons avec Véronique, eh bien il manque un morceau de semelle pour arriver à la bonne hauteur par rapport à ma Barouk. Bon, nous sommes venues pour rien... et Véronique pousse mon fauteuil roulant manuel jusqu'à sa voiture. Nous passons acheter un pot fleuri pour mes chères amies et voisines venues me voir hier... puis Véronique prend mon pain à la boulangerie. Nous rentrons. L'infirmière est passée et cela a été dur de soulever Maurice qui ne bouge presque plus dans son lit.

Avec l'aide de Véronique nous allons mettre les oies dans leur cage pour les balader sur le pré... j'ai laissé les haricots verts à Maurice. Il veut toujours se rendre utile et les équeuter... mais cette fois, il n'en a plus la force... je termine le travail et je vais les faire cuire à la cuisine. Je lave aussi la salade verte. Je mets en route les steaks hachés... lorsque tout est prêt, Maurice m'annonce qu'il n'a pas faim. Il ne parvient à manger que la salade. Tant pis, les poules vont se régaler !

L'après-midi il dort peu... le temps pour moi de rendre visite à mes amis et voisins, puis de rentrer avec eux jusqu'aux poules car ils m'apportent des déchets, Maurice m'appelle ! Je m'inquiète tout de suite... mais il me lance à travers la baie ouverte :

Ne viens pas ! Il y a Rex, tu sais ce que ça veut dire ?

Sur le moment je suis interloquée... mais qu'est-ce que tu dis ?

Oui, ne rentre pas, ils vont te tuer !

Mais non, chéri, c'est à la télévision !

Et je monte la rampe en poussant mon fauteuil manuel. Cela lui arrive chaque fois qu'il devient confus de se croire dans l'action portée par le poste.

Finalement je m'allonge sur le fauteuil releveur près de lui... je suis tellement fatiguée... et lui aime me sentir près de lui. Puis le médecin arrive, je l'attendais en début d'après-midi, il vient vers seize heures. Il ne peut que constater l'état toujours détérioré de Maurice. Il prescrit des produits pour les intestins. Nous parlons de ses détresses respiratoires...

L'infirmière arrive à son tour et doit changer le lit... elle a beaucoup de mal à soulever Maurice qui s'étouffe chaque fois qu'il doit être en position sur le côté, surtout à droite.

Lorsqu'elle est partie, Maurice prend une crise d'étouffement et je dois remonter l'extracteur d'oxygène à deux litres et demi. Ensuite il me dit encore qu'il ne va pas bien du tout.

Ce soir, il mange peu... puis il s'endort profondément et plus tard, il gémit, souffle, se plaint, respire difficilement...

Il a fait un temps superbe aujourd'hui, très agréable avec une douce température et un beau soleil... les animaux ont batifolé. Je suis allée les nourrir bien difficilement après le repas, je marche si mal et je dois pousser le fauteuil manuel devant moi, avant de rendre une petite visite à mes voisins. Toutes mes petites amies se trouvaient heureuses de ce joli temps.

Seul Maurice n'a profité de rien que ces éternels instants douloureux plongé au fond de son lit médicalisé à attendre impatiemment que son calvaire finisse...

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Lundi 29 mai 2017... nuit agitée et trop douloureuse...

 

La soirée a été animée... voire interminable. Je l'ai massé à de très nombreuses reprises, le dos, les reins, les jambes à n'en plus finir... et puis il cogitait un éventuel départ sur la région Lyonnaise. Mais comment ferions-nous avec lui dans cet état... il faudrait un très long voyage en ambulance et il n'y survivrai pas... eh bien justement, me dit-il ce sera l'occasion d'en finir une fois pour toute... nous discutons ainsi dans le vide. Je regarde sur le net le prix des locations de maisons, c'est affreusement cher ! Bon arrêtons de nous triturer la tête, la vie nos montrera bien le chemin, ce qui doit être se fera... pour une fois je le trouve drôlement raisonnable.

Puis il reprend ses maux de tête effarants et là, ce n'est pas drôle... tant de douleurs difficiles à calmer avec si peu de morphine... la soirée est folle. Vers vingt trois heures trente plus moyen de manœuvrer la télévision avec la zapette... ce sont les piles ! Mince alors... il se met en devoir d'essayer tout le paquet de piles destinées à la décharge... il va y passer la nuit ! J'ai beau lui dire qu'il n'a pas besoin de télévision pour dormir... c'est ma compagnie, me répond-t-il. Bien dans ce cas, je file au lit... il va finir par dormir en oscillant entre conscience et inconscience... il va délirer, se plaindre et gémir jusqu'à cinq heures trente où là, il va enfin s'enfoncer dans un sommeil profond. Au matin, je me réveille à huit heures et je trouve Maurice qui dort comme un bébé... sans faire de bruit je prépare mon déjeuner et deux tartines pour Maurice. Nathalie arrive et nous parlons tout bas. Elle s'affaire à la petite vaisselle. Je file à la salle de bains car je veux être prête rapidement pour passer à la boîte à sous, à la poste pour poster mon concours inextrémis, à l'ADMR car les escargots ont mangé dans la boîte aux lettres le planning de mes intervenantes, à la pharmacie et au magain car il me manque des petites choses oubliées. J'ai laissé les tartines de Maurice afin que l'infirmière les lui donne. Il dort tant qu'elle a bien du mal à lui faire sa toilette. Ah, s'il pouvait dormir ainsi jour et nuit et ne plus rien voir de son atroce situation et s'en aller ainsi sans souffrances... mais pour l'instant nous en sommes bien loin...

Nous rentrons de courses, il s'éveille à peine. Cependant il s'anime un peu pour le repas. Il me reste de la purée d'hier et avec deux saucisses cela ira. Finalement il restera une saucisse pour demain... et il se rendort pour tout l'après-midi.

Je file nourrir mes protégées. Toutes mes petites bêtes m'accompagnent en suivant le grillage de l'enclos jusqu'au fond du terrain où là je taille du fusain et aussi de l'éléagnus qui pousse trop vite... les oies les mangent. Je suis là depuis un moment lorsque je vois arriver mes voisines chargées de cadeaux et d'une boîte de gâteaux hollandais. Je les invite à venir prendre un café dans le jardin sous le doux soleil de ce jour. Ce que nous faisons. Pour le café il suffit juste d'appuyer sur le bouton, Nathalie à eu l'immense gentillesse de me le préparer. Nous discutons pour un petit moment de repos vraiment bienvenu et fort agréable... dans le carton, elles me déballent trois très belles lampes de chevet anciennes... et je suis vraiment touchée de l'intention... quel bonheur !

Maurice durant ce temps dort toujours, à peine ouvre-t-il les yeux lorsque mes amies passent devant son lit installé désormais dans la véranda. Lorsqu'elles me quittent je termine ma coupe de fusain et Clémentine m'accompagne... vraiment très gentil. Puis nous nous quittons.

Au soir, à dix-huit heures, Maurice veut manger... il faut que ce soit rapide... justement j'ai une pizza au congélateur... je préchauffe le four puis j'enfourne et nous dînons rapidement... et il s'endort. Que se passe-t-il ?... Nous ne demandons pas mieux. Étonnant tout de même ce sommeil subi ? Espérons que cela dure toute la nuit...

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 20:53
*Lauréate du Prix Paul Valéry 2016 décerné par le Grand-Jury de la Petite Camargue

*Lauréate du Prix Paul Valéry 2016 décerné par le Grand-Jury de la Petite Camargue

Dimanche 28 mai 2017... Fête des mères...

 

Il s'endort vers minuit et je file au lit... il me réveille à sept heures dix... et il a dormi enfin tout ce temps. Au matin j'ai envie de replonger dans ma couche mais il me sollicite pour plein de trucs... alors nous déjeunons tôt. Je me mets un peu sur l'ordinateur avant de passer à la cuisine pour la vaisselle, préparer les patates pour une purée (délicieuse) avec filets de limande. Puis je m'occupe des lessives.

L'infirmier arrive et pratique les soins de Maurice puis les miens. Je m'habille et je finis la préparation du repas, enfin nous passons à table... Maurice couché dans son lit se régale avec la purée et le filet de limande.

Lorsque nous avons terminé, je passe un coup de balai de partout assise sur mon fauteuil roulant... il était temps ! Puis j'étends le linge.

Je termine à quinze heures et je me lance pour l'envoi d'un concours... il était temps, je dois l'envoyer au 30 mai et le 30 ben, c'est lundi... je me promets de courir à la poste !... Je dois aller à la pharmacie et prendre quelques bricoles oubliées vendredi, donc j'en profiterai pour poster mon courrier urgentissime.

Je profite de l'après-midi pour remettre de l'ordre dans mes nombreux diplômes qui en ont rudement besoin... ils étaient entassés dans un meuble vitrine, là où trône toutes mes médailles, coupes, trophées, plumes, cadeaux...

Durant ce temps Maurice fait la sieste... tant mieux, il en a grand besoin. L'infirmier repasse pour les soins du soir et nous quitte pour une semaine... demain ce sera Corinne.

Nous soupons et je tente de poursuivre mon activité, ce n'est pas facile, déjà Maurice me sollicite à nouveau sans arrêt...

Le soleil s'est levé à six heures sur la lande et très vite le ciel s'est chargé de lourds nuages noirs sur la mer... au loin l'orage a grondé et il s'est mis à pleuvoir tout le matin... les biquettes qui dormaient et chômaient dans l'herbe donnée par nos voisins sont allées se cacher dans leur cabane immédiatement aux premières gouttes. Les poules se sont protégées sous leurs abris, seules les oies se reposaient sous la pluie. Trop drôles ces deux oies qui font exactement la même chose, prennent les mêmes poses, marchent et se dandinent côte à côte comme des jumelles !

Ce soir, mes petits me téléphonent pour la Fête des mamans... quel dommage d'être aussi loin de nos enfants chéris...

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 22:17
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Samedi 27 mai 2017... un supplice ignoble et odieux !

Ce matin le déjeuner se fait avec pains au chocolat pour lui et chaussons aux pommes pour moi. Puis je demeure sur l'ordinateur à lire mes nombreux courriels. L'infirmier arrive pour soigner Maurice puis il passe à mes soins. Je m'habille et je me mets en cuisine. Je fais la vaisselle, réchauffe les cassolettes de moules.

Puis nous passons à table... Maurice couché dans son lit et moi face à lui sur une petite table. Il se régale.

Après le repas, je vais consulter ma boîte aux lettres. J'y relève le quatrième Prix Littéraire en quatre ans de participation, décerné par le Grand Jury de la Petite Camargue, les Amis de Frédéric Mistral et d'Alphonse Daudet. Au milieu de ma détresse cela m'apporte une consolation qui me rend triste. Il vient pourtant enrichir ma collection de 54 Prix Littéraires Internationaux.

Je file nourrir les animaux... j'y reste deux heures... trop long... j'entends les cris de Maurice. Comme les fauteuils roulants électriques ont rendu l'âme je suis obligée de sortir avec le manuel que je manœuvre très mal dans l'herbe du pré. Je dois le pousser devant moi. Je suis assise tout au fond du terrain lorsque j'entends ses cris... il me faut du temps pour remonter à la maison... je ne suis pas rapide.

Lorsque je pénètre à l'intérieur... j'entends :

J'ai chaud, j'ai chaud, j'ai trop chaud.

J'avais pourtant laissé les baies ouvertes mais il lui faut le grand ventilateur du plafond. Ouf, cela va mieux. Il faut dire qu'avec son manque respiratoire l'oxygène ne suffit pas à le ventiler... il étouffe si souvent.

Nos petites protégées sont heureuses dans leur enclos... d'autant que mes amis et voisins jettent par-dessus le grillage leur herbe de tonte. Chèvres, oies, poules y trouvent leur compte.

Moi, j'ai le mien... vers seize heures je file faire une sieste dans la chambre. Maurice s'endort. Il me sonne à dix-sept heures trente, l'infirmier est passé.

Nous soupons. Je demeure sur l'ordinateur où Maurice me réclame à plusieurs reprises. Puis vers vingt heures, il commence à être confus... il parle de son bateau... d'un concours de pêche et des poissons qu'il ramène...

Malgré ses deux comprimés de séresta il ne parvient nullement à s'endormir. Il se tord de douleur avec ses jambes, les frottant frénétiquement l'une contre l'autre. Celle qui est touchée par l'écoulement de l'eau de ses œdèmes cardiaques le fait souffrir autant que celle qui était infectée !... Cela dure des heures où il se plaint, gémit, parle confusément, réclame de la pommade par quatre fois et plus... il faut sans cesse le masser et aussi sur l'autre qui ne bouge pas, paralysée, le pied recroquevillé, cette pauvre jambe opérée dans les conditions que l'on sait ! ! !

À quoi peut bien servir le séresta quand la douleur est plus forte que tout ? ? ?..

Quand au soulagement de la douleur... les toubibs ont tout faux, à eux de revoir leur copie !... En attendant nous menons une vie de galère comme jamais !

Vingt-trois heures... il se tord de douleur depuis deux heures, cela semble une éternité, il se plaint désespérément, que faire lorsque j'ai tout essayé même les 10 mg de morphine que je réserve pour sa tête ne lui font rien !

La nuit s'annonce sous les pires auspices...

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Gwenn et Ricette, nos oies au lever du jour...

Gwenn et Ricette, nos oies au lever du jour...

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Vendredi 26 mai 2017... tant et tant de souffrances...

 

Il s'endort après le film... profondément. Je reste un peu sur l'ordinateur puis je regagne la chambre où je vais dormir jusqu'à quatre heures où il m'appelle pour masser ses jambes et du coup je m'installe dans le fauteuil près de lui où je vais le veiller... je serai debout très souvent jusqu'à sept heures. Alors je prépare son déjeuner et le mien. Je suis de plus en plus lente et je mets un temps fou à faire les choses en total déséquilibre sur mes jambes, je demeure toujours au bord de la chute.

Je veux être prête pour huit heures trente mais j'ai besoin d'une demi-heure de plus. Ça tombe bien Sylvie qui devait venir à huit heures a eu un service supplémentaire jusqu'à la demie.

Je lui demande de passer un coup de balai rapide, de mettre mon fauteuil roulant dans sa voiture et nous partons en courses car tous mes placards sont vides. Nous rentrons à onze heures quinze chargées de toutes les courses qu'il faut déchargées à présent. Sylvie se sort de cette tâche en beauté, il nous faut ranger tout mon approvisionnement, enfin elle s'en va prendre un autre service.

Je prépare le repas. Je mets des lasagnes aux encornets à réchauffer dans le four... un régal que je ne connaissais pas et de plus tout prêt ! Nous terminons le repas.

Puis je coupe les fanes de radis, je nettoie les choux fleurs et les salades. Je mets tout en ordre et donne les déchets aux animaux. J'ai juste le temps de me préparer car cet après-midi je retourne chez l'ophtalmologiste afin qu'il me retire le cristallin de l'œil droit après le gauche fait la semaine dernière. Ouf, c'est terminé pour un bon moment avec les yeux. Je rentre à seize heures trente.

Aussitôt Maurice a besoin de moi et je ne vais pas arrêter un instant... même au milieu de mes tâches il va me solliciter sans arrêt, idem pendant le repas... je suis sur les rotules... au soir il va falloir le changer cinq fois, puis il a soif, puis il a faim, puis je dois lui masser les jambes, puis le dos et je n'en finis plus... bientôt je vais finir à quatre pattes... je roule autant que je peux mais pour le servir où le soigner je dois être debout... même devant le film cela ne va jamais finir... il est vingt-trois heures vingt et cela n'a pas cessé de toute la soirée... cela s'aggrave de jour en jour...

Enfin il s'endort pour de bon et depuis bien longtemps il va dormir sans interruption jusqu'à sept heures dix... où je me réveille de moi-même et vais le voir sur la pointe de mes roulettes.

Il se trouve à moitié ensommeillé et ouvre les yeux :

Bonjour chérie, ah tu es là ?... Je l'embrasse...

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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 19:28
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Jeudi 25 mai 2017... je veux mourir !

 

Hier soir nous nous sommes endormis tôt... Maurice presque immédiatement après le repas et moi à vingt-et-une heures. Je suis allée me mettre au lit.

À une heure vingt il me sonne... il a trop mal aux jambes, je dois les lui masser. Vers quatre heures je l'entends pris de quintes de toux qui n'en finissent pas... il est de plus en plus encombré et il se met à étouffer... je lui passe ses gouttes de propolis mais le bouchon a sans doute un problème... il faut voir ça en pharmacie. Il se calme peu à peu... et me déclare qu'il a faim... je lui apporte du fromage blanc sucré, puis il s'endort.

Vers cinq heures il me sonne

Arrête le ventilo nous n'allons plus avoir assez de batterie dans le camping-car !

Mais Maurice on n'est pas dans le camping-car mais dans la maison en Bretagne !

Ah oui, c'est vrai !

Mais je stoppe le ventilo, il fait suffisamment frais. Il me réveille à six-heures-trente il pense que je dois le changer mais il n'en est rien.

Enfin à sept heures trente il me sonne pour ouvrir la porte... mais nous n'avons personne, aujourd'hui est un jour férié.

Je finis par me lever et préparer le déjeuner. Je fais la vaisselle et épluche les pommes pour une compote, les patates, les oignons et l'ail pour un ragoût d'agneau avec toujours les mêmes difficultés. L'infirmier arrive soigne Maurice puis il passe à mon dos et mes pieds. Je mets en route le repas à onze heures et quart.

Lorsque le repas est prêt, je sers Maurice et je mange sur la petite table près de lui. Ensuite je confectionne un flan avec deux œufs d'oie et quatre œufs de poule pour ce soir. Puis j'étends deux lessives cependant que le flan cuit dans le four. Enfin lorsque tout est terminé, je file faire une sieste à quatorze heures trente après avoir masser les jambes et le dos de Maurice. Lui ne dort pas et regarde le film Out of Africa, mon film préféré.

Maurice me sonne à dis-sept heures trente. Il fait très chaud aujourd'hui et la chambre au soleil malgré le volet baissé offre une fournaise. Dans la véranda j'ai ouvert les baies et cela provoque un petit courant d'air bienfaisant... Maurice ainsi n'avait pas trop chaud.

Il me dit :

J'en ai marre, je veux mourir !

L'infirmier est passé et je dois lui masser les jambes... il est crucifié par tous ses maux qui l'accablent sans cesse.

Nous soupons puis l'enfer recommence, je lui masse les jambes, puis j'applique de l'éosine, puis je le lave, puis je repasse de la crème, puis rien ne va....

Je ne tiens pas sur mes jambes et je dois cependant être là toutes les cinq minutes près de lui pour une chose ou une autre !

Nous regardons la télévision. J'ai dû le masser à six reprises. Ses jambes lui font trop mal mais le pire est encore sa respiration. Son visage présente des bajoues très enflées et des petits vaisseaux éclatés sur les joues. Maurice a voulu prendre le séresta à la fin du film. Il a faim et me réclame des tartines. Je lui donne un petit bol de compote et deux tartines à la confiture d'orange... mais il dort déjà en mangeant.

Il est tard... il fait très chaud... je laisse tourner le ventilateur.

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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 20:03
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Mercredi 24 mai 2017... souffrir toujours plus dans l'indifférence généralisée du corps médical...

À quatre heures ses quintes de toux prolongées et très encombrées me réveillent. Je dois aller lui donner son spray de propolis... il n'arrive pas à le faire fonctionner. Après moults hésitations je lui tourne à l'envers la tête en bas et ça marche... normal il est couché ! Au bout d'un long moment après cette crise voilà qu'il s'étouffe... une nouvelle détresse respiratoire où il devient rouge, puis violet... son visage est boursouflé et des petits vaisseaux ont éclatés sur ses joues. Je mets un peu plus de pression un instant sur l'extracteur d'oxygène jusqu'à ce qu'il retrouve sa respiration déjà si difficile. Quand il va mieux il me réclame un morceau de gruyère avec du pain.

Je retourne me coucher vers six heures. Je me rendors profondément. Il me sonne à sept heures mais je suis incapable de me lever. Il me rappelle à sept heures trente... il a faim ! Je râle un petit peu... il pouvait attendre jusqu'à huit heures et même huit heures trente lorsque Annie franchira la porte.

Bon, je rêve de retourner au lit, mais tant pis... je suis bien réveillée à présent... je commence le déjeuner. Je grille les tranches de pain que je badigeonne de confitures... je suis en panne de beurre. Je lui porte son déjeuner. Annie arrive et prend la suite... je suis crevée. Je ne dors pas assez, mes douleurs sont extrêmes et je ne parviens plus à me mouvoir pour faire les transferts. Je ne tiens plus debout que quelques minutes.

Lorsque l'infirmier arrive, je file vers les animaux avec Annie qui m'aide à couper du fusain et à leur changer l'eau. Lorsque nous rentrons, il vient de partir ainsi Maurice ne reste pas seul. D'ailleurs à peine seul, il m'appelle car il suffoque, il a besoin d'air. J'ouvre à demi le volet afin de faire du courant d'air entre deux baies vitrées, malgré le grand soleil qui gêne pour regarder la télévision.

Le repas est prêt des restes d'hier, Maurice ne parvient pas à dormir. Je le laisse à quinze heures pour faire une sieste mais à seize heures mon amie Éliane me réveille. Je me lève et nous buvons le café. L'infirmier revient et nous partons à la cuisine... puis elle me quitte.

Je dois changer Maurice, ensuite nous soupons. Il prend un peu d'omelette, du fromage blanc et une pomme. Il a pris tous ses remèdes au nombre d'une vingtaine dont deux comprimés de séresta... avec ça il devrait dormir ! Pas sûr, les douleurs en général le réveillent avec violence. N'empêche Maurice vit un calvaire atroce et il ne faut pas compter sur l'aide du corps médical pour le soulager... c'est épouvantable de le voir dans cette situation extrême depuis plus de huit mois... on ne ferait pas ça à son chien... et Maurice au bout du rouleau n'en peut plus... il me le dit sans cesse et chaque jour. Pauvre Maurice affublé de tant de pathologies gravissimes gisant ainsi dans son lit sans bouger, sans rien pouvoir faire que de compter les minutes, les heures... et souffrir, souffrir, souffrir...

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Mardi 23 mai 2017... la trop dure réalité...

 

Effectivement Maurice s'endort tôt et moi je pique du nez si fort que je décide de regagner la chambre... il me réveille par des cris à deux heures... il se tord sur son lit bloqué par une crise de constipation et des crises d'étouffement. Il va durer ainsi jusqu'au matin... je fais tout ce que je peux pour l'aider, je le change par deux fois et ainsi durant deux heures, puis je retourne me coucher... je suis debout à sept heures et je prépare les déjeuners.

Il s'offusque :

Mais qu'est ce que je fous là avec mon lit au milieu de la route ? !

Plus tard il me dira :

Téléphone à ma mère !

Mais tu sais bien qu'elle est décédée !

Ah oui, c'est vrai !

Appelle ma sœur et dis-lui que ça s'est bien passé !

Mais quoi donc ?

Mon opération !

Mais chéri c'était le 25 novembre !

Ce matin, nous apprenons l'horrible barbarie qui frappe Manchester ! Il n'y a pas de mots pour décrire une telle atrocité... je suis bouleversée.

Lorsque Véronique arrive je n'ai plus qu'à me rendre dans la salle de bains. Elle passe tout de suite à la vaisselle, la lessive à étendre. Lorsque je suis prête nous partons à la pharmacie et nous croisons l'infirmier. C'est bien Maurice ne sera pas tout seul... au retour nous le croisons dans l'autre sens... Maurice ne sera pas resté trop longtemps seul.

J'épluche des carottes et des oignons à la cuisine. Véronique vient m'aider pour couper le tout en rondelles fines. Je prépare du poulet aux carottes à la crème avec un riz.

Véronique nous quitte à midi. J'aide Maurice dans son repas. Il va se battre encore tout l'après-midi avec ses jambes, ses crises de mal au ventre... et il m'appelle sans cesse, toutes les cinq minutes je dois être à son chevet que je sois en cuisine, au bureau, dehors... je ne dispose que d'un temps très court pour vaquer à mes occupations. Sur l'ordinateur lorsque j'ai trop de travail, je dois le faire lorsqu'il dort et il dort peu malgré les cachets... rien ne l'apaise !

Le médecin arrive et nous parlons des dispositions prises par mon époux pour la suite de ses soins... il refuse tout acharnement thérapeutique et demande une sédation continue jusqu'à ce qu'il parte... mais c'est toujours pareil avec le corps médical, c'est difficile de leur faire admettre qu'un être humain dispose de sa vie et qu'il souhaite finir dans la dignité !... C'est un long et lourd débat que nous avons échangé et ce depuis 2009 et nous en sommes d'accord l'un comme l'autre.

D'ailleurs je vais signer les mêmes papiers pour moi-même... je ne veux pas me retrouver dans la même situation que Maurice surtout que ma maladie m'y entraîne tout droit !

Du coup, nous oublions de parler de l'infection urinaire que Maurice semble avoir de nouveau. Heureusement je pense à l'ordonnance pour la pharmacie.

Après le départ du docteur qui l'a trouvé marqué par l'étouffement où il m'a recommandé de lui monter la pression à 2litres et demi pendant une demi-heure, Maurice est toujours aussi mal. Lorsque l'infirmier arrive il faut le changer. Il l'arrange dans son lit mais cela ne dure pas comme d'habitude... il retrouve toujours sa position aussi inconfortable, en diagonale avec les pieds à l'extérieur du lit. Il a aussi beaucoup de mal à le soulever et à le tourner.

Après le départ de l'infirmier je le change encore deux fois. Ce soir Maurice n'a envie que de deux œufs durs. Il est mal... très mal... il étouffe, puis il ressent une douleur cardiaque... puis à vingt heures il prend mal à la tête. Cela n'en finit jamais.

Il me dit qu'il zézaye et il me demande un café... il bredouille des mots inaudibles... puis il me questionne pour savoir qu'est ce qu'il y a de l'autre côté de la télévision... le salon, là où tu étais il y a quatre jours...

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Lundi 22 mai 2017... il n'en peut plus... il en a marre...

La nuit a été difficile comme chaque nuit. Je suis allée au lit mais il m'a sonné quatre fois toujours pour les mêmes douleurs, jambes, prostate, tête...

Au matin je voudrais dormir encore mais il m'appelle à huit heures. Je prépare les déjeuners puis Nathalie arrive qui revient de vacances.

Elle s'attaque de suite à la vaisselle, au linge à étendre et nous allons cueillir des fusains. Elle ramasse des chardons très nombreux dans le pré voisin. Puis elle va distribuer notre récolte à nos petites amies ravies de l'aubaine. Ensuite elle termine ses tâches et nous quitte à midi.

J'ai préparé un riz blanc et du saumon avec un demi avocat en entrée. Maurice dort très peu. Je demeure sur l'ordinateur pour du courrier.

Au soir nous regardons un téléfilm et nous pourrons dormir. Peut-être comme d'habitude depuis quelques temps nous nous endormirons sans rien voir...

FAIS-MOI MOURIR ! / Dana LANG, conteuse aux plumes de Sioux, artiste internationale, auteure d' Héroic Fantasy, poète insurrectionnelle, ambassadeure de ka Paix,...
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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 21:38
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Dimanche 21 mai 2017... calme et triste...

Il me réveille à six heures dix. Il a faim, il veut prendre ses remèdes... toujours aussi pressé. Je dois me lever, il n'a plus d'eau. Je lui donne du pain et du gruyère en attendant le déjeuner.

Le soleil éclabousse déjà de ses rais lumineux toute la véranda. Je décline son éclat en baissant le volet à l'est et j'ouvre ceux qui donnent sur le sud. Il peut ainsi admirer nos animaux dans leur enclos, poules et oies s'affairent à trouver leur nourriture cependant que les chèvres dorment encore dans leur cabane... une très belle journée chaude et ensoleillée s'ouvre devant nous.

Comme chaque jour après le déjeuner je file à la salle de bains, fais ma toilette, m'habille puis j'étends une lessive, en fais tourner une autre. Puis en cuisine je prépare de l'ail que je vais éplucher près de Maurice et ensuite je barde mon rôti. Je le place au four.

Corinne arrive pour nos soins. Elle procède à la toilette de Maurice, le change et le range dans le lit. Cela ne dure p s, il glisse et son corps se met en diagonale. Il ne peut plus depuis huit mois se ranger lui-même dans le lit, ni se tourner, toujours couché sur le flanc gauche sans pouvoir se mouvoir, ni tenir assis... c'est une situation épouvantable et plus encore car il souffre le martyr. Maurice est crucifié depuis ces huit horribles mois.

Je prépare le repas et ensuite à une heure trente je file faire une sieste car je suis vidée. Maurice s'est endormi pas pour longtemps car il va resté ainsi les yeux ouverts sur son cauchemar. Lorsque je viens vers lui, il me dit qu'il s'ennuie et surtout qu'il en a marre... il ne supporte plus son état. Il ne sait plus comment faire pour ne plus vivre ça ! Moi je n'en peux plus de le voir ainsi condamné par une situation incurable et irrémédiable... c'est la fin mais c'est trop long, trop douloureux... c'est ignoble de laisser des êtres en finir ainsi dans une telle détresse !

Je m'installe près de lui pour éplucher des poires dont je fais une flogniarde. Je l'ai bien réussie. Maurice veut manger tôt afin de pouvoir dormir. Il veut prendre tous ses cachets du soir et dormir, dormir, dormir. Il veut un truc rapide.

Je lui demande :

Veux-tu une petite omelette ?

Ça lui va très bien. Il me demande un fruit. Pomme, kiwi ?... Mais j'ai le gâteau encore un peu tiède mais c'est meilleur.

Je lui coupe une part. Il se régale délicieusement... il en réclame un autre morceau... puis un moment plus tard il s'endort profondément.

Je vais ramasser quelques gros pissenlits et chardons pour mes petites protégées qui s'affolent derrière leur enclos. Je n'ai plus de fauteuils électriques. Ils ont rendu l'âme. Le mien dans un état déplorable s'est arrêté d'un coup plus de batterie, et celui de Maurice ne garde plus la charge... me voilà bien ! Enfin je reçois dans quelques jours mon nouveau fauteuil électrique et pliable... il était bien temps que je trouve une solution !

Je demeure sur l'ordinateur pour récupérer mon retard... vers vingt-deux-heures-trente Maurice recommence une crise de douleur de la prostate très violente... il se tord frénétiquement dans son lit en gémissant... cela nous paraît une éternité... ne jamais finir... la nuit s'annonce mal.

La journée a été magnifiquement ensoleillée avec un vent à 70 km/h, dommage. Pour nous ce fut encore une journée terriblement triste, Maurice demeure désespéré.

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Samedi 20 mai 2017... un dimanche bien morne et triste malgré le soleil...

Il m'appelle à sept heures quarante-cinq, il a faim. Je prépare son déjeuner et le mien... puis je vais à la salle de bains afin de me préparer.

Ce matin notre ami, Marc vient nous rendre visite ce qui nous rend très heureux.

Ensuite je fais une ratatouille pour demain, cela m'avancera, ainsi je n'aurai plus qu'à mettre l'épaule d'agneau au four. Pour aujourd'hui il me reste une part de boudin aux pommes pour chacun.

Après le repas, je passe l'après-midi près de Maurice qui se plaint de sa prostate et finit par s'endormir et moi aussi. Je suis claquée. Il repart dans un mal de tête féroce à dix-sept heures puis vers vingt heures, il dit qu'il a une bosse douloureuse qui apparaît et soudain disparaît.

Corinne passée ce matin repasse ce soir... puis nous soupons. Comme hier sans doute, Maurice ayant pris tous ses remèdes risque de s'endormir tôt.

Je demeure un moment sur l'ordinateur... les courriels s'accumulent, j'ai si peu de temps toujours sollicitée par Maurice à chaque instant.

Il s'endort à vingt-et-une heure. Moi, je pique du nez plusieurs et finis par dormir sur le fauteuil près de lui. Nous plongeons dans le sommeil profond.

À quatre-heures-quarante-cinq Maurice très encombré est pris d'une quinte de toux qui semble ne plus vouloir s'arrêter et il s'étouffe durant de longues minutes... de nouveau il doit avoir de l'eau dans les poumons. Je n'ai rien pour le calmer. Les gouttes de propolis lui font du bien sur le moment mais je n'en ai plus. Je lui passe le wick qu'il applique sur sa poitrine et il se rendort.

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Présentation

  • : Dana LANG, artiste Internationale, conteuse aux plumes de Sioux, citoyenne du monde, auteure Fantasy, poète, lauréate de 55 Prix Littéraires Internationaux, éditrice, ambassadrice de la PAIX, membre SACD, UERAA, AEB, World Académy of Arts and Culture and World Congress Poets, ...
  • Dana LANG, artiste Internationale, conteuse aux plumes de Sioux, citoyenne du monde, auteure Fantasy, poète, lauréate de 55 Prix Littéraires Internationaux, éditrice, ambassadrice de la PAIX, membre SACD, UERAA, AEB, World Académy of Arts and Culture and World Congress Poets, ...
  • : *1979-1989, bibliothécaire jeunesse en banlieue lyonnaise (Vénissieux) où elle conte déjà trois fois par semaine. Les classes s'inscrivent sur des listes d'attente. *1989-2002, conteuse professionnelle internationale (artiste, durant 12 ans intermittente du spectacle / Cie du Soleil Noir). Elle conte dans les écoles, collèges, lycées, bibliothèques, médiathèques, salles de spectacle, théâtres, festivals... etc... *1991, fondatrice d'une Maison du Conte 'La Biche au Bois' au Cergne (42-Loire). Elle reçoit 20 000 scolaires en attractions contées sur les terres d'Anne de Beaujeu dans les Monts du Haut-Beaujolais, et organise un Festival du Conte et des Conteurs en Forêt et en Cabarets «Flèches des Fées» pendant cinq ans. Elle conte avec divers musiciens dont Tenzin Gonpo artiste Tibétain qui l'accompagne aux instruments et à la voix. Elle parraine un enfant tibétain durant plusieurs années. *1994, sociétaire des Auteurs et Compositeurs Dramatiques. Elle participe à divers festivals... *Avril 1998, elle conte dans les écoles françaises, Instituts, hôtels, villages pour le Festival International des Conteurs Francophones à Abidjan en Côte d'Ivoire. *2003, auteure, poète, en situation de handicap, elle poursuit en écrivant toute son Œuvre. Elle réécrit ses contes adaptés pour la scène (120 contes) et écrit de très nombreux ouvrages dont des contes merveilleux et fantastique, un récit autobiographique ' Les Sanglots du Vent' ; une trilogie Fantasy ' Les 3 Héritiers de la Clef des 7 Mondes' (t.1 : La Dragonne et l'Œuf d'Or Sacré ; t.2 : Éloïse et le Commandeur du Temps ; t.3 à paraître) ; des témoignages de vie ' Docteurs, vous m'avez tué ! ' suite à paraître : ' La Danse de la Méduse ', ' L'Arbre d'Or ', 'La Fuite du Temps', 'La Maison du bout... de la Terre', 'Plus fort souffle le vent', 'Un Radeau dans le Ciel'… un recueil de prose poétique de 7 livrets ' Puisque tu vis, Philippe', une suite de nouvelles et de prose poétique 'À l'Aube d'un Jour' et un livret de pamphlets (prose insurrectionnelle : 'Je vous écris, Frères Humains', ... *2011, à la création de la Maison du Conte, de l'Illustration et de l' Édition Fantastique ' LA FONTAINE AUX FÉES ' édite dix de ses livres (sur plus de 30) et avec son époux Maurice JANIN, architecte d'exécution (en situation de handicap), fréquente les Salons du Livre de Rhône-Alpes, Auvergne, Bourgogne, Yonne, Paca chaque week-end durant deux ans. Sur le Salon du Livre de Lorette (42-Loire), elle rencontre Michel COUROT, Dico d'Or, grand gagnant de la Dictée de Bernard Pivot en 1995. Il deviendra son relecteur et son très grand ami. En avril 2011, elle écrit un conte merveilleux : Flora, Pipi et Scratch, la sorcière. *2012, sociétaire des Arts et des Lettres de France, membre du bureau de l' UERA A (Union des Écrivains de Rhône-Alpes-Auvergne), ambassadrice du Cercle des Ambassadeurs Universels de la Paix, 'La Fontaine aux Fées' édite 'Le Grand Livre de Marina' de Marina FERREIRA et ' Le Monde de Lucas ' de Didier POUDIÈRE. *13 octobre 2013, elle est nommée Membre de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets. *Le 18 mai 2014, elle parraine le 1er Festival du Livre et de l'Illustration Jeunesse «Les P'Tits Z'Amis de Marina » à Saint-Didier-de-Formans dans l'Ain (01). *13 Juillet 2014, après avoir vécu deux ans dans le village natal de son père en Alsace près de Bâle et de très longues années en région lyonnaise, elle vit désormais à Plogoff dans le Finistère et devient Membre de l'Association des Écrivains Bretons (AEB). Elle écrit et publie un nouveau conte ' La Fontaine de la Mer Feunteun Aod '. *Décembre 2014, elle collabore au Festival International du Conte de Guillaume ÉKOUMÉ, au Cameroun. Elle écrit un nouveau conte 'Max, le Petit Sorcier'. *Février 2015, elle écrit un conte 'Louka, le Petit Loup de Brocéliande' dédié à son arrière petit-fils, Louka né le 5 février 2015. *23 avril 2015, elle écrit 'Le Dragon de Pors Loubous', un conte fantastique. Fin juillet, par son épouse Danyèle, elle apprend dans une profonde tristesse le décès de son indéfectible ami, Michel COUROT. *20 décembre 2015, elle conte 'Plume de Corbeau' au théâtre Georges Madec à Esquibien pour les enfants des écoles et leurs parents. *Septembre 2013 à 2015, elle devient lauréate de 52 distinctions Littéraires Internationales (Trophées, Mérites, Médailles, Prix, Mentions...) décernés par 14 concours Littéraires Internationaux. *2015-2016, elle recherche un Éditeur sérieux pour lui reprendre toute son Oeuvre. *En 2015, elle est invitée à Sacramento en Californie et à Prague en Tchécoslovaquie du 5 au 10 septembre 2016 par le Président de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets où elle ne pourra pas se rendre. *Le 1er février 2016, elle écrit le conte 'Justine et le Pays Contraire'. *Février 2016, elle s'inscrit dans les Salons Festivals du Livre en Bretagne qu'elle espère honorer de sa présence... le 24 avril 2016, elle se rend au Salon du Livre de Botmeur (Finistère) où elle conte et dédicace... En juin 2016, elle écrit le conte 'Kaoura, la Princesse aux Sept Dragons'... en 2017 'La Princesse aux Mensonges', 'L'Œil du Dragon'...
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