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9 mars 2018 5 09 /03 /mars /2018 13:24
VOGUES LÀ OÙ TE MÈNERA TON RÊVE (carnets journaliers) / Dana LANG, conteuse aux plumes de sioux, artiste internationale, auteure de romans fantastique (Héroic Fantasy), de contes et de nouvelles, poète insurrectionnelle, ambassadeure de la Paix,...

Samedi 10 mars 2018... une journée sans...

Je dors profondément, je souffre cependant. J'ai encore sommeil lorsque Sylvie cogne à la porte... je me lève sans conviction.

Je vais déjeuner mais je me sens mal, au bord du malaise... je retourne dans le lit.

Après un bon moment, soudain je suis assaillie de souvenirs et le moral en prend un coup, dégoûtée je me relève et je file sur l'ordinateur...

Céline téléphone, elle passera ce soir, c'est aussi bien... pas en forme. Nelly s'en va après avoir fait l'essentiel.

Je passe à table à treize heures trente, je me force, pas faim. Il fait un temps beau, ensoleillé et très doux... j'aimerai sortir.

Je passe à la salle de bains, mais je ne tiens pas debout. Je me dépêche, non finalement je ne sortirai pas, impossible de fournir cet effort... je retourne au lit.

Vers seize heures trente j'entends un grand cri suivi d'un appel : Dana ! Je me réveille en sursaut, c'est Maurice ! Zut alors déjà hier, ça m'a fait pareil !... J'en suis toute retournée !

Je me rendors et je me lève à dix-sept heures trente. Un moment plus tard, Céline l'infirmière frappe à la porte. Elle m'apporte mon courrier et vient faire mes soins sur le lit... une journée infecte.

Je reviens sur l'ordinateur envahi de courriels. Ce matin j'ai reçu un mot très touchant de ma très chère amie Nadia Bergougnoux-Zékri. Cela m'a bouleversé. Du coup, je retiens la date du 14 octobre 2018 pour son Salon à Morières-les-Avignon, je serai là-bas ! J'ai retenu aussi celui du 18 novembre à Sainte-Foy-les-Lyon.

Il faut que je bouge, je n'en peux plus !

Ce soir le vent sauvage hurle comme un loup sur la lande...

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Vendredi 9 mars 2018... toujours alitée... paralysée...

Je demeure allongée dans le fauteuil releveur où je souffre de mes jambes, mais aussi des biceps me font très mal comme chaque soir. Mes bras et mes mains restent toujours aussi douloureux. Je suis attentivement une mini série anglaise en quatre épisodes d'un viol et d'un harcèlement sur une femme mariée, extrêmement bien joué, bien analysé... et du coup je file au lit vers une heure. Je m'endors profondément, non sans avoir pris deux comprimés de paracétamol, ce que je me retiens de faire généralement car je préfère me passer de ces drogues néfastes.

Je me réveille quatre heures plus tard, puis me rendors jusqu'au moment où j'entends un coup porté à la porte par Nelly à huit heures trente.

Je suis en train de déjeuner lorsqu'arrive le livreur d'Intermarché. Nelly range toutes les courses où je gagne encore trois cartons.

Puis elle se met en cuisine. Je reste près d'elle afin de la guider dans mes souhaits. D'abord une salade de fruits avec un ananas, une mangue et des kiwis qu'elle découpe dans un grand saladier après les avoir épluchés. Ensuite pour confectionner une compote elle coupe pommes et poires en morceaux dans une grande cocotte avec vanille et cannelle, puis elle porte la casserole sur la plaque de cuisson. Enfin elle lave, essore et range la laitue dans un tuperweer au frido, elle sera prête pour ce week-end. Elle étend une lessive. Puis elle range les paquets de café dans leur boîte respective. Elle a passé son matin en cuisine.

Moi, je l'ai laissée travailler seule car je ne tiens plus de cette fatigue immense qui m'oblige à regagner le lit.

Nelly me quitte lorsque Céline arrive les bras chargés de couches. Elle est vraiment sympa d'être allée à Lidl, le seul magasin qui vend ce genre d'articles qui me conviennent parfaitement. Elle range le tout dans le placard de la salle de bains. Ensuite, elle passe à mes soins sur le lit, j'ai si peu de force que cela me convient mieux que la chaise... et dire que je vais devoir une lever car la coiffeuse va venir à quatorze heures, me refaire un beauté. J'en ai un besoin impérieux... il me faudra trouver la force... exercice difficile lorsque j'ai le dos, les cervicales bloqués et l'ensemble des muscles et tendons atrophiés et douloureux.

Je me lève pour prendre un repas rapide à la cuisine puis je m'installe sur l'ordinateur... où j'espère pouvoir travailler un peu aujourd'hui...

Une nouvelle tempête se lève sur La-Pointe-du-Raz...

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Mercredi 7 mars 2018... Fête des Femmes... au fond du trou...

Je me traîne comme une loque... la journée au lit s'écoule comme les autres jours.

 

Jeudi 8 mars 2018... même topo...

Je me couche vers une heure, j'ai suivi avec le plus grand plaisir la série 'Lebowitch contre Lebowitch'... un véritable régal par la prestation des acteurs et l'interprêtation jouissive de Clémentine Célarié... nous passons du rire aux larmes dans des situations rocambolesques... brillantissime !

Je m'endors vite pour me réveiller souvent. Sylvie arrive, je l'entends remuer doucement à la cuisine. Elle me prépare mon déjeuner, puis elle vaque à ses occupations comme Véronique, la veille. Elles sont vraiment super mes auxiliaires de vie, heureusement que je les ai, cela m'est d'un tel secours. Nous nous sommes vraiment habituées les unes, les autres et je sais combien je les regretterai.

Ce matin je me sens très mal, gros problèmes intestinaux, du fait que je ne marche pas, aggravé par le fait qu'une nouvelle poussée évolutive me jette au lit tous les jours depuis la mi-février.

Trop mal, je ne mange pas à midi. Je suis au lit sur le point de m'endormir lorsque l'assistante saciale arrive. Nous faisons le point de tous mes dossiers, nous avons bien œuvré toutes les deux. Que de travail en deux mois, heureusement que j'avais écrit à tous la semaine suivant le décès de Maurice, maintenant les choses s'apaisent, malgré le fait que certaines administrations me réclament encore des papiers... ça n'en finit plus !... Vraiment désagréable car cela me laisse l'impression de piétiner, de ne pas avancer, je demeure à attendre à quelle sauce je serai mangée ! Une belle victoire quand même... je règle la grosse facture des funérailles.

Lorsque l'assistante sociale s'en va, je retourne au lit et je finis par m'assoupir jusqu'à dix-huit heures. Je me lève car je sens mes jambes se paralyser, et c'est très pénible.

Comme tous les jours j'oscille entre le lit et l'ordinateur. Ces derniers temps j'étais en rupture d'inspiration et cet après-midi elle est revenue pour un nouveau conte... un autre concours... le huitième... mais je ne peux pas avancer aujourd'hui.

Écrire me permet de tenir, de faire face à cette adversité féroce contre laquelle je dois lutter sans cesse pour tenir debout dans ma tête. Je me suis inscrite pour un Salon du Livre à Lyon en novembre... l'espoir fait vivre...

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3 février 2018 6 03 /02 /février /2018 17:34
L'ULTIME VOYAGE D'UN COMBATTANT DE LA VIE (carnets journaliers) / Dana LANG, conteuse aux plumes de sioux, artiste internationale, auteure de romans fantastique (Héroic Fantasy), de contes et de nouvelles, poète insurrectionnelle, amabassadeure de la Paix,...

Samedi 3 février 2018... et re... papiers...

Je dors mal... je souffre de plus en plus fort et je suis obligée de changer sans cesse de position... je me réveille souvent... très douloureuse je finis par me lever à neuf heures.

Je déjeune et je file à la salle de bains, puis je me mets sur le tri des papiers pour y voir plus clair... je dois encore m'occuper de trois dossiers, mais je ne peux pas avoir mes interlocuteurs ce matin sauf la mairie de Mâcon... finalement il me faudra bien avoir recours au notaire pour un certificat de notoriété demandé par la banque.

C'est fou le nombre de courriers, d'appels téléphoniques que j'ai dû faire et pourtant l'assistante sociale a pris le relai... quel bazar !

Bon mais j'arrive au bout des paperasses... je téléphone à Clémentine, je peux aller manger la choucroute chez eux... ils sont d'accord. Le souci c'est que j'ai oublié qu'ils ne prennent pas de repas à midi... qu'à cela ne tienne, je déjeunerai seule, mais cela nous permet de passer un moment ensemble et de discuter. Ils sont si gentils !

Puis je les quitte à quatorze heures et je retourne dans... les papiers.

Je lis et je signe le nouveau contrat de l'ADMR. C'est fait. Je fais des photocopies de nos actes de naissance, de mes RIB, je scanne aussi tous ces documents.

J'ai fait cinq courriers qui partiront demain, ainsi je serai tranquille et si j'en ai la force, je me pencherai sur les nouveaux Concours de Littérature.

Il fait toujours le mêle temps épouvantable avec un vent sauvage et de fortes averses de grêle... et toujours aussi froid dans la maison.

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Vendredi 2 février 2018... papiers...

Nelly frappe à la porte... je termine mon dossier. Je le glisse dans la grande enveloppe donnée par l'assistante sociale.

Je me prépare et nous allons déposer la grosse lettre à sa secrétaire.

Puis nous prenons la direction des courses. J'achète des aliments pour le week-end et la semaine... des plats tous prêts. Et nous rentrons.

À la maison nous rangeons les victuailles puis nous allons remettre de l'ordre au garage. Nous faisons du tri sur le matériel de bricolage jeté par mes enfants. Ce n'est pas simple.

Après le repas une nouvelle crise de fatigue me saisit... je file me coucher.

J'ai encore un dossier à remplir pour l'ADMR, je verrai ça demain matin.

Clémentine me réveille à dix-sept heures trente... elle m'apporte un peu de choucroute mais comme je n'ai plus de four, elle me l'a rapportera chaude demain.

Je soupe et me mets sur l'ordinateur pour lire mes courriels... puis je vais m'installer devant les épisodes suite et fin de 'Chérif'.

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Jeudi 1er février 2018... papiers... papiers... papiers...

Sylvie frappe à la porte, je suis sur l'ordinateur.

Je me prépare, nous avons rendez-vous avec l'assistante sociale.

Nous partons car auparavant je dois acheter de l'encre. Au magasin habituel, le commerçant n'en a plus en rayon, nous retournons en arrière vers le discount. Nous faisons affaire puis nous repartons vers le Centre Social.

La jeune personne rencontrée la dernière fois m'accueille avec bienveillance. Au fur et à mesure que nous étudions les dossiers, elle me soulage d'un grand poids. En effet je suis arrivée avec ma liasse de douze problèmes à consulter ensemble... elle a vite fait de faire le tri. Nous remplissons ensemble le dossier qu'elle a reçu plus les miens. Tout se passe à merveille... me voilà rassérénée. Je pousse un grand ouf de soulagement.

Ma fille, Nathalie assistante sociale, elle aussi, n'avait pas cessé de me dire :

–Maman va voir une assistante sociale, elle est là pour t'aider !

Comme elle avait raison ! Moi qui ai toujours eu tant de mal à accepter l'aide d'un travailleur social, je dois avouer que pour cette fois j'en suis très satisfaite. Ce qui m'a aidée c'est l'attitude de cette jeune personne, efficace, à l'écoute avec empathie et beaucoup de grâce.

Lorsque nous sortons j'ai l'impression d'être soudain plus légère. Je vais pouvoir me détendre.

Cependant elle m'a donné une liste de documents et cet après-midi je vais devoir tout faire pour déposer le dossier complet à sa secrétaire.

Sylvie me quitte et l'infirmière arrive pour mes soins. Après le repas une crise d'asthénie me surprend, je ne peux plus bouger... je me déplace en  fauteuil électrique et je file me coucher.

Je me lève à seize heures trente et je me lance dans les photocopies des documents demandés... cela me permet de faire du tri et du rangement.

Clémentine et Éliane me rendent visite et j'en suis très heureuse. Je pensais aller les voir mais le temps trop mauvais m'en a dissuadée.

Elles demeurent un moment à discuter autour d'un café puis elles s'en vont.

Je retourne sur mon dossier jusqu'à vingt heures quarante.

Je soupe rapidement et m'installe devant la télévision.

Je laisse sur la table beaucoup de papiers à ranger et demain je finirai le travail qui me reste.

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23 décembre 2017 6 23 /12 /décembre /2017 09:40
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Dimanche 24 décembre 2017... réveillon de Noël... le cœur malheureux et l'âme en berne...

Je me lève comme je me suis couchée avec le cœur très malheureux... l'envie d'éclater en sanglots refoulée rapidement... la tristesse m'habite depuis si longtemps... mon corps retient un océan de larmes...

Je déjeune rapidement, sans envie, sans énergie... hier je n'ai pas pu me rendre à la Pointe-du-Raz chez mes amis, je n'ai pas pu m'habiller.

Ce matin tout respire le réveillon de Noël et je reste suspendue aux nouvelles de Maurice qui se meurt anesthésié dans une sédation profonde au fond de sa chambre d'hôpital depuis quatorze jours... je n'en peux plus.

Je dois me secouer... aucune envie.

Finalement un coin de soleil apparaît... je décide de sortir pour conjurer ma peine... avec mes roulettes je file en direction de la Pointe-du-Raz. Je passe dire bonjour à Delphine puis je me dirige vers les boutiques de la Pointe... toutes fermées... zut j'aurai bien mangé un petit bout. Je fais demi-tour et je m'arrête chez l'Ami Papier où je m'installe sur la terrasse à l'aide de mes amies.

Je déjeune d'une salade verte, de tranches de saumon sur un lit de pommes de terre vapeur et une boisson de carotte, gingembre, citron et autre légume dont j'ai oublié le nom, excellente boisson revigorante. Le repas se termine par un biscuit de Noël en forme de petit lutin et d'un café. J'achète quelques cartes de Bonne Année.

Je règle ma note et je retourne chez Delphine où Alain me demande des nouvelles de Maurice puis je rentre... je m'installe pour rester devant la télévision... j'appelle les enfants par Skype ainsi je les vois tous... tous réunis, ils se régalent autour de la grande table de Noël...  

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Samedi 23 décembre 2017... il s'enfonce...

Le crachin s'est installé pour ces Fêtes de Noël sur la Pointe-du-Raz. Je me suis couchée à vingt-trois heures et je me lève à sept heures trente. Je déjeune rapidement et puis je file à la salle de bains. Je m'habille puis me dirige vers l'ordinateur non sans avoir fait tourné une lessive avant.

Je prends connaissance de mes courriels. Notre Président de l'Union des Écrivains Auvergne-Rhône-Alpes, Jacques Bruyas nous envoie un message urgent... une belle initiative à prendre pour la Nuit de la Lecture du 20 au 21 janvier 2018, j'aimerai follement y participer mais comment savoir où je serai à ce moment là ?...

Je téléphone à l'hôpital... l'infirmière m'indique qu'il paraît très apaisé, enfoncé dans le sommeil... elle me dit aussi qu'il a été changé de lit et de chambre. Je suis satisfaite par cette nouvelle... que Maurice s'en aille doucement, bien traité, bien arrangé dans un lit convenable apaise et console mon âme affligée.

J'appelle aussi Delphine. Avec Alain ils veulent offrir ma saga fantastique à leur fille, mais j'ai un souci, j'ai rangé tous mes livres dans un grand placard à roulettes au fond du garage rempli de cartons... il faut qu'elle vienne m'aider à les prendre car je ne peux pas le faire seule.

Je reçois un coup de fil de ma grande et si chère amie Lucette puis l'âme en peine et le goût à rien je vais faire une sieste de trois heures.

À mon réveil, j'appelle l'hôpital pour avoir des nouvelles. J'obtiens une infirmière qui me répond :

–Votre mari à une bonne réactivité !

–Quoi, comment ? C'est drôlement grave ce que vous me dîtes, avec tout ce qui soule dans ses veines !

–Ben, moi je vous dis ce que me disent les médecins !

–Vous allez le tenir encore longtemps comme ça dans la souffrance ! ! !

–Oh, mais votr mari n'est pas souffrant, madame !

Je raccroche poliment, j'en ai assez entendu... celle-ci elle a l'air de débarquer... que veut dire exactement le mot réactivité ?

Réactivité par rapport à quoi ? Aux produits que l'on lui injecte dans les veines, au bon endormissement... je pense que c'est cela car le contraire serait bien trop grave.

Enfin de toute manière je trouve cet état beaucoup trop long, combien de temps vont-ils le garder dans cet état léthargique ?

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Vendredi 22 décembre 2017... il dort enfoncé dans la sédation...

Je me réveille à cinq heures du matin, me recouche et finalement me lève un quart d'heure plus tard... je pense à lui. Mon esprit est hanté de sa présence et de ces trop longs mois (près de deux ans alité, dont quinze mois grabataire) passés jours et nuits à souffrir de ses douleurs et de ses souffrances intenables...

Je me cale sur l'ordinateur, je n'ai pas chaud avec ma petite robe de chambre, la polaire sèche sur le tancarville. Je jette un coup d'œil sur mes courriels... j'attends Nelly.

Je déjeune seule, pas facile. Elle arrive à huit heures trente, elle me demande des nouvelles de Maurice... puis je file dans la salle de bains, nous n'allons pas traîner.

Nous partons rapidement. Lorsque nous arrivons vers dix heures, évidemment les infirmières vont s'occuper de lui. J'aperçois Suzannah, elle viendra nous avertir, très belle âme cette jolie petite jeune femme...

Nous allons directement au salon. Puis Suzannah revient et nous pouvons rendre visite à mon cher époux qui se meurt lentement. Bien installé dans son lit, les jambes bloquées par un coussin d'appui sur le côté droit, l'oreiller sous sa tête et son bras également bien calé sur un coussin à sa gauche, je suis contente de constater que l'on prend soin de son corps si souffrant.

L'infirmière m'annonce que finalement les médecins lui ont commandé un lit et un matelas à air en 120, ce qui me remplit de gratitude envers eux. Je parle doucement à Maurice, il m'entend. Il me fait voir, en se frottant la jambe, comme il a besoin de pommade... alors Nelly va chercher la crème à la calendula et mes gants rangés dans la salle de bains. Elle me dépose un peu du produit sur ma main gantée et je lui masse toute la jambe droite toujours marquée par les cicatrices dues aux écoulements de ses œdèmes cardiaques, je lui frotte aussi l'arrière de la jambe point d'appui sur le lit... ensuite je passe sur la jambe gauche au pied recroquevillé depuis son opération, à la suite de son sixième érysipèle changement de sa prothèse totale de genou le 25 novembre 2016 à Brest alors que l'on ne pouvait plus lui pratiquer d'anesthésie générale depuis quinze ans, jamais il s'est remis debout.

Il dort profondément et calmement comme une anesthésie avant une opération... je lui donne à boire pour humecter sa bouche et ses lèvres sèches... un médecin passe me voir dans la chambre et nous parlons, cela me plaît.

Elle me confirme qu'il aura un autre lit et il sera changé de chambre afin de pouvoir tourner autour... je connais bien le problème des soins autour d'un grand lit et d'un encombrant et lourd lève-personne qu'il faut pouvoir faire passer sous le lit... mais là, à présent, le lève-personne n'est plus nécessaire pour ses soins.

La toubib reste un bon moment avec moi, pouvoir échanger sur son cas si dur, cela fait du bien au moral. Le médecin des soins palliatifs se trouve dans le service mais je ne vais pas pouvoir l'attendre, Nelly doit rentrer.

J'embrasse Maurice tendrement et le caresse, il le sent. J'ai l'impression qu'il veut me dire quelque chose. Je suis si triste... à quoi cela rime-t-il de le garder ainsi alors que son état est irréversible, qu'il n'y a plus aucun espoir ?... Cette fois, il ne ressuscitera plus !

Nous arrivons à la maison, Céline, l'infirmière m'attend dans sa voiture. Nous parlons de Maurice. Puis Nelly s'en va. L'infirmière termine mes soins et se retire.

Je reste seule dans cette grande maison vide. Je prépare des endives qui traînent depuis quelques jours dans le frigidaire.

Pas très motivée je mange rapidement à treize heures trente devant la télévision. Je regarde un film sans conviction puis à seize heures, je vais m'allonger sur le lit toujours hantée par Maurice... je dors jusqu'à dix-huit heures trente et je dormirai bien encore... mais je me lève... pas envie de souper.

Je file sur l'ordinateur. Je reçois un appel de nos amis Jacqueline et Alain. Gérard m'a appelé dans l'après-midi... mais mes amis ne pensent pas qu'ils doivent m'appeler deux fois de suite... je ne suis pas valide et mes déplacements en fauteuil roulant sont compliqués pour atteindre le téléphone.

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Jeudi 21 décembre 2017... il s'enfonce dans la sédation profonde et continue... anesthésié...

Je me lève à quatre heures et me recouche... impossible de retrouver le sommeil. Une heure plus tard, je me relève... c'est bon, je ne dormirai plus.

Je m'installe sur l'ordinateur, je prends connaissance de mes courriels, puis j'écris ces mots. J'attends l'arrivée de Sylvie... j'ai besoin de quelques courses avant d'aller à l'hôpital.. mais pourrons-nous tout faire ce matin ?... Il faudra que je sois prête dès huit heures.

Sylvie arrive à huit heures quinze et m'annonce qu'elle terminera son service à midi cinquante... chic, on va pouvoir tout faire. Nous partons vers neuf heures... passons à la boulangerie, au magasin, à la pharmacie et filons en direction de l'hôpital.

Nous trouvons Maurice profondément endormi comme pour une anesthésie générale... cependant il a le visage marqué par la souffrance.

Une bonne surprise m'interpelle, au bruit du lit je reconnais le matelas à air... c'est toujours ça, dommage que les soignants n'aient pas songé à lui mettre un lit et un matelas de 120, car il dort toujours en diagonale (cause neurologique) et de ce fait ses jambes plongent dans le vide.

Il se gratte la jambe moins vivement qu'hier, cependant je masse ses deux pauvres jambes martyrisées avec la pommade à la calendula.

Puis il murmure :

–J'ai soif, j'ai soif, j'ai soif...

Je lui donne plusieurs fois quelques gouttes pour humecter sa bouche et ses lèvres sèches. Nous devons regagner le salon, les infirmières vont passer faire sa toilette. Il nous faut attendre une bonne demi-heure, nous guettons la petite lampe qui nous signale lorsque la chambre est vide; personne n'est venu nous chercher comme promis hier.

Bref, nous entrons dans la chambre où Maurice repose au propre, bien arrangé sauf que les soignants ne voient pas qu'il verse toujours à gauche, que l'oreiller doit se pencher de ce côté afin que sa tête n'aille pas se planter dans la barrière métallique, sa tête si fragile après sa double trépanation du cerveau. De plus pareil pour le bras qui s'est coincé dans la barrière et avec la perfusion ce n'est pas ce qu'il y a de mieux.

Une infirmière, celle rencontrée hier à son chevet, très gentille, très ouverte pénètre dans la chambre. Elle me voit une nouvelle fois le masser... je lui explique pour sa position dans le lit, c'est vrai qu'il faut le savoir.

Voici quinze mois qu'il dort ainsi déversé sur le flanc gauche sans pouvoir jamais se lever, ni changer de position... et quinze mois que je suis à son chevet, jour et nuit, courant derrière ses douleurs atroces.

Bon, Maurice change de visage, il semble s'apaiser... quand il dort comme un bébé, je deviens plus sereine, puisse-t-il dormir ainsi jusqu'au bout, mais je crains hélas qu'il passe encore des heures d'un calvaire insoutenable. C'est indigne des êtres humains, c'est ignoble ! Lui qui a une grosse insuffisance respiratoire le voilà condamné à supporter un traitement qui ne peut que l'emmener vers l'étouffement à terme... un animal est mieux traité par les vétérinaires !

J'embrasse Maurice, je lui parle doucement... il veut me dire quelque chose, ses lèvres remuent très lentement, aucun son n'en sort. Nous quittons la pièce... moi à regret.

Nous rentrons à la maison. Sylvie m'aide. Elle dépose sur la table une assiette et des couverts, et comme je n'ai guère l'envie de faire, ni de manger quoi que ce soit, elle m'ouvre un bocal de tête de veau vinaigrette sorti du colis de Noël de ma fille aînée...

Maurice aurait tant apprécié ce colis, tout comme il aurait aimé celui que je viens de recevoir aujourd'hui de mon fils et de ma belle-fille. Bon, je vais avoir des provisions pour tout le mois de janvier ! Là pour l'instant je n'ai pas trop le cœur à déguster.

Sylvie me quitte. Puis épuisée je m'endors devant la télévision. On cogne fort à la porte... la factrice m'apporte le colis de mon fils qu'elle dépose sur la table de la cuisine, je ne me lève pas.

Puis je me rendors en attendant le docteur... surbooké aujourd'hui, il me téléphone pour m'avertir qu'il viendra demain. Du coup, je file au lit car même Alenxandra me fait faux bond. Bien au chaud sous la couette je m'endors profondément.

Céline frappe à la porte, elle vient pour mes soins. Réveillée je m'installe sur l'ordinateur.

Je reçois un appel de ma si chère amie Danyèle, épouse de Michel Courot, mon relecteur. Elle vient aux nouvelles et je suis heureuse d'échanger quelques mots avec elle.

Je m'installe devant la télévision pour suivre le film 'Le Seigneur des Anneaux' trilogie fantastique de John Ronald Tolkien, dont je viens de recevoir le TROPHEE par le CEPAL le 9 et 10 septembre à Thionville.

Je souffre dans tous mes muscles tant j'ai dû me contorsionner pour me relever de ma chute... je reçois un coup de fil, j'éprouve de grandes difficultés car je dois ressortir du fauteuil, le téléphone près de moi est en panne... aussi dois-je me diriger en fauteuil roulant jusqu'à mon bureau... c'est la barbe !

Après la bonne sieste de cet après-midi, je peux suivre le film jusqu'à minuit... ah, si seulement les programmes étaient plus riches d'œuvres fantastique de cette envergure !

J'ai beau bien connaître l'œuvre écrite de Tolkien et le film réalisé par Peter Jackson, je ne m'en lasse pas... et je rêve que mon œuvre littéraire 'Les 3 Héritiers de la Clef des 7 Mondes' devienne elle aussi un chef d'œuvre au cinéma...

Je vais me coucher, pas une seule seconde ne s'écoule sans que je ne pense à Maurice là-bas acculé à tant de souffrances au fond de son lit d'hôpital...

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19 novembre 2017 7 19 /11 /novembre /2017 20:09
LE BOUFFEUR DE VIE (carnets journaliers) / Dana LANG, conteuse aux plumes de sioux, artiste internationale, auteure de romans fantastique (Héroic Fantasy) et de contes, poète insurrectionnelle, ambassadeure de la Paix,...

Dimanche 19 novembre 2017... mauvaise nuit... mauvaise journée...

La soirée et la nuit passent par des moments épouvantables... douleurs... je le masse une fois d'un côté, une fois de l'autre, puis les jambes, puis les pieds, puis le dos, puis la tête avec de l'huile essentielle de menthe... il va très mal. Les maux de tête l'accablent jour et nuit. Je me couche à une heure et il va me rappeler sans cesse...

L'infirmière passe comme chaque jour alors que je viens de me recoucher... j'ai mal partout, aux jambes, aux pieds, au dos...

Au matin Maurice n'est guère mieux... il se plaint d'en avoir marre, il se sent partir... la journée s'étire difficilement. Après le repas de midi Maurice s'endort et j'en profite pour aller faire une sieste de trois heures... cela me retape un peu.

L'infirmière arrive pour le réveiller... il se sent mal, redit les mêmes paroles, il en a marre. Ce soir il ne veut pas manger... il a la nausée et l'infirmière lui donne un vogalène. Je lui propose un peu de riz au lait, ça ne passe pas bien comme à midi pour le cassoulet. Il perd son appétit depuis trois jours. Il réclame un peu de compote maison.

Il me dit qu'il va partir, qu'il voudrait partir... il ne va plus manger... il me dit aussi qu'il m'aime comme chaque jour.

Il y a deux jours il me confiait :

–Je suis content chaque jour gagné est un jour de plus avec ma femme !

LE BOUFFEUR DE VIE (carnets journaliers) / Dana LANG, conteuse aux plumes de sioux, artiste internationale, auteure de romans fantastique (Héroic Fantasy) et de contes, poète insurrectionnelle, ambassadeure de la Paix,...

Samedi 18 novembre 2017... nuit infernale... douleurs aiguës sans répit...

 

La soirée n'en finit plus de sollicitations... le masser d'un côté, puis de l'autre, puis les jambes, puis les pieds... et on recommence sept fois en deux heures... aucun apaisement n'apparaît... je me couche à minuit, mais j'aurai dû rester sur l'ordinateur car il va me rappeler toutes les demi-heures... sur le matin c'est pareil... il m'appelle à huit heures mais coincée par mes douleurs je ne réponds pas... il m'appelle à nouveau mais je souffre si fort que je ne peux pas me lever... je suis mal en point et lui est dans les choux.

Je me lève enfin et il me dit qu'il est plongé dans une fatigue immense... c'est évident avec sa maladie neurologique, je sais ce que c'est... mais il y a aussi tout le reste...

L'infirmière est passée en coup de vent comme tous les matins... nous déjeunons, je viens prendre mon café à côté de lui... puis j'épluche des poires, des kiwis bien mûrs et des pommes pour faire une compote, et du boudin.

Je mets tout cela en route et je passe dans la salle de bains. L'infirmière revient et s'emploie à la toilette de Maurice. Puis nous déjeunons. Maurice somnole puis se réveille car je consulte le Bon Coin pour trouver une maison. J'en ai déjà gardées quelques-unes dans mes favoris. Cet après-midi j'en découvre deux nouvelles qui nous conviennent... à suivre.

Je m'installe devant la télévision à côté de lui... j'espère que la nuit ne sera pas aussi dure que la dernière d'autant que je n'ai pas fait de sieste aujourd'hui...

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Vendredi 17 novembre 2017... nuit difficile... douleurs aiguës...

 

La soirée se passe comme toutes les autres... douleurs dans tout le corps... spasmes de la vessie... démangeaisons intempestives qu'il faut masser souvent... il me sollicite sans cesse... et j'ai tant de mal à me déplacer... tant de mal avec mes quatre membres qui ne fonctionnent plus correctement...

Il s'endort vers une heure trente du matin mais me réveille toutes les heures. Sur le matin coincée par la douleur je ne peux pas aller le voir...

Nelly arrive à huit heures trente et nous prépare le déjeuner. Lorsque je suis prête nous nous attaquons au rangement du garage. Bon, il nous restera encore un matin pour finir l'emballage des objets divers, bricolage, jardin, etc...

Nelly s'en va et l'infirmière arrive à son tour pour la toilette de Maurice, ce matin je l'ai entendue passer. Elle installe Maurice dans le fauteuil et nous pouvons commencer notre repas fait de tapas de fruits de mer... Maurice adore et se régale.

L'après-midi, nous sommes si épuisés l'un et l'autre que nous dormons trois heures d'affilée. L'infirmière revient et nous passons au dîner.

Puis la soirée recommence... déjà il se plaint, déjà il faut le masser...

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24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 23:27
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Mardi 24 octobre 2017... nuit sauvage, intenable !

 

Après cette nuit sauvage où je me suis couchée à cinq heures du matin, heureusement j'avais fait une bonne sieste hier après-midi, le matin s'est levé comme une nouvelle gueule de bois.

Journée égale à celle d'hier. Véronique frappe et entre, prépare nos déjeuners. Lorsque je suis prête, je lui demande de m'emmener au garage et voir les grands magasins pour récupérer des cartons. En principe, notre véhicule sera prêt à la fin de la semaine, et les cartons ont été écrasés, revenir demain. Les choses vont peut-être enfin se précipter, tout au moins bouger. Dans la maison, les cartons avancent peu à peu et le terrain est presque prêt, en tout cas déjà bien rangé.

Maurice a dormi toute la journée. J'étais invitée à aller cafeter chez mes amies Clémentine, nelly et retrouver toutes mes alies du quartier... drôlement contente de les revoir... cela m'a fait du bien de parler, de prendre de leurs nouvelles. Je les aime.

Ce soir Maurice est calme, cependant tout en dormant il remue ses jambes et ses pieds sans arrêt... aurait-il comme moi des impatiences dans les jambes, mais elles sont si douloureuses... nous verrons la suite...

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Lundi 23 octobre 2017... et la valse des nuits très difficiles se poursuit...

 

Une soirée très difficile se lève jusqu'à deux heures du matin... le masser sans arrêt... problèmes de sonde... de douleurs intenables du corps, des jambes... puis de la tête... je n'en peux plus de le voir ainsi et d'être obligée de tourner autour de son lit à tenter l'impossible... il s'apaise vers deux heures et je file me coucher sur les rotules...

Je dors jusqu'au matin.

L'infirmière passe à sept heures trente, comme d'habitude je l'entends à peine. Puis arrive Nathalie, je suis toujours dans les bras de Morphée. Elle prépare nos déjeuners. Ensuite je m'habille. Je lui demande de m'aider à mettre mon corset qu'elle doit serrer fort. Cela me boque la douleur et me m'occasionne un immense soulagement. Puis nous avons le temps de faire quatre petits cartons de mes livres qui sans doute en feront cinquante. Elle s'en va à onze heures... zut... rien le temps de faire... heureusement le repas est simple épinards et œufs durs. Il reste aussi des carottes.

L'infirmière revient pour des soins toujours aussi attentifs et sérieux. Elle demeure ainsi durant une heure et quart avec une conscience professionnelle aigüe.

Maurice se sent tellement mieux après toutes les alèses redevenues nécessaires à cause des fuites terribles de la sonde. Au matin, il était de nouveau entièrement trempé.

L'après-midi se déroule dans le calme jusqu'à une nouvelle vague de douleurs épouvantables le soir où il va crier et où je vais tourner autour de lui... trop, trop dur !

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21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 23:17
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Samedi 21 octobre 2017... un répit bienvenu...

 

Il s'endort à vingt-et-une heure et dort ainsi toute la nuit jusqu'à neuf heures du matin... première fois qu'il dort aussi longtemps. Je pense que le fait d'être resté une heure dans le fauteuil a beaucoup aidé son corps qui n'en peut plus de ce régime.

Je dors également mais je suis indisposée par la tempête de vent qui souffle dans les volets comme une forge et des bourrasques de fortes pluies, aussi par le besoin d'uriner très souvent et mes douleurs continues de la colonne vertébrale, de ma hanche et de la jambe droite.

Au matin nous sommes ahuris, stupéfaits que ses douleurs ne nous aient pas gâcher la soirée, la nuit et le matin.

Nous déjeunons. La journée se passe avec des douleurs de la prostate qui reviennent le perturber... au soir les démangeaisons reprennent et par six fois je dois lui masser le corps, les cuisses, les jambes... toute la soirée il va gémir et se plaindre de sa prostate et de la sonde. Je lui donne ses calmants.

J'attends sur l'ordinateur qu'il finisse par s'endormir... le vent s'était assagi, mais il reprend de plus belle, des bourrasques de grosses pluies l'accompagnent... il est une heure du matin... Maurice se plaint encore...

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Vendredi 20 octobre 2017... journée calme... il ne se réveille plus pour le souper...

 

La nuit a été agitée avec des douleurs de 20 heures à minuit. J'ai dû le masser plusieurs fois afin d'apaiser ses chairs et son corps douloureux. Tout à coup, je repense que l'infirmière m'a demandé de laver la sangle du lève-malade trempée d'urine. Je file mettre la sangle dans la machine à vitesse rapide... en attendant de pouvoir l'étendre, je peux suivre à la télévision l'émission 'Pièces à conviction' sur les maisons de retraites spécialisées des personnes en fin de vie, grabataires, atteintes de maladie dégénératives. Je suis révoltée, écœurée et scandalisée … je ne suis pas prête d'abandonner mon époux dans ces mouroirs épouvantables où les personnes paient très cher leur séjour entre 2500 et 5000 euros par mois pour y être maltraitées, souffrir de dénutrition, d'escarres, de manque de soins faute de personnel, d'abandon... ces maisons en bourse gérées par des grands groupes financiers et des actionnaires s'en mettent plein les poches font des bénéfices ahurissants, vivent dans une opulence abjecte et insolente, cependant que les retraités vendent leur petite maison, toute une vie de travail pour payer leur séjour quand la vente n'en couvrira que trois années. Quand je pense qu'il y a assez de crétins pour aller manifester contre le mariage pour tous et que personne ne va crier au scandale pour un sujet aussi brûlant, aussi dramatique et si injuste ! Ces maisons de retraite spécialisées tout comme l'hôpital sont gérer comme des industries, voilà où le bât blesse, voilà ce contre quoi il faut se battre car il s'agit de l'humain ! Après les animaux, voici les hommes... une honte !

Je vais m coucher vers deux heures. Maurice me rappelle à six heures. J'entends à peine l'arrivée de l'infirmière, puis le bruit de vaisselle mais je ne parviens pas à me lever... finalement à neuf heures je me décide... dur, dur !

Nelly a préparé le déjeuner de Maurice et le mien, je déjeune et me prépare. Nous filons faire quelques courses. Nelly range rapidement les victuailles et fini d'étendre la lessive puis elle se sauve. L'infirmière est là.

Elle soigne consciencieusement Maurice et à l'aide du lève-malade le dépose dans le fauteuil releveur. Bien installé face au pré retourné par Pierre, il prend le soleil et le bon air iodé. Il est heureux de voir ce qui a été fait. Nous déjeunons puis l'infirmière revient à treize heures pour le recoucher. Bien couché, il s'endort paisiblement et il va dormir ainsi jusqu'à vingt heures trente où ses maux de tête le réveille d'un coup. J'ai fait du pain perdu qu'il adore. Il se met à manger avec appétit.

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Jeudi 19 octobre2017... la galère en continu...

 

La soirée se passe mal dès vingt heures... il souffre de tout le corps, douleurs osseuses, neurogènes, douleur de la peau... du corps qui n'en peut plus de ce martyr continuel de treize mois sans bouger, coincé dans le lit sur le côté gauche. Je fais tout ce que je peux pour le soulager... je le masse à plusieurs reprises, ce qui pour moi est très difficile mais je lutte sans cesse pour parvenir à me tenir debout sans perdre l'équilibre en me cramponnant tout autour du lit. Lorsque je l'aide à se tourner sur la droite, je dois au préalable remonter sa poche d'urine qui pend au-dessus d'un seau et je la place entre ses jambes afin qu'il ne tire pas dessus. Ensuite je peux intervenir sur sa peau, son dos, ses cuisses, ses jambes si douloureuses. Je lui donne ses calmants. Ils mettent bien du temps à agir car ce n'est qu'à une heure trente qu'il s'apaise enfin. Je vais me coucher.

Vers trois heures du matin il m'appelle. Il prend une crise de mal au ventre. Il souffre atrocement car il a des problèmes pour évacuer les matières fécales. Cela dure un bon moment, ensuite je peux intervenir en lui ôtant sa couche et en le nettoyant à l'aide de gants et de lingettes de bébé, ce que je pratique depuis treize mois.

Je finis par me recoucher à cinq heures et il me rappelle à six... je suis zombie. Je retourne me coucher mais j'oublie d'ouvrir la porte à l'infirmière. Je dors très profondément, Maurice m'appelle fort, l'infirmière tambourine à la porte mais je reste sourde. Enfin je me réveille et je m'excuse auprès d'elle. Elle soigne Maurice et lui fait avaler ses remèdes.

Peu de temps après c'est Sylvie qui me réveille et je me dépêche car nous avons du travail... nous poursuivons les cartons.

L'infirmière revient pour des soins prolongés, Sylvie s'en va et je prépare le repas vite fait, salade de jardinière de légumes et pâtes au basilic et au chèvre à la tomate, une compote de pommes.

Le médecin frappe à la porte et surgit dans la maison. Il vient s'informer de l'état de Maurice. Il souhaite vraiment parvenir à avoir un kiné afin de pouvoir mettre mon époux au fauteuil pendant une heure. Après un échange agréable il nous quitte.

Maurice recommence à souffrir de la prostate tout l'après-midi, je lui donne un calmant. Il finit par s'apaiser et à somnoler.

Céline repasse toujours aussi souriante et dévouée, aux petits soins pour ses malades. Nous dînons des restes de midi, d'un poignée de châtaignes.

En soirée ses maux multiplient reviennent se glisser sournoisement...

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Mercredi 18 octobre 2017... nuit difficile... journée calme... soirée on remet ça, la douleur revient au galop !

 

La soirée s'est passée dans la douleur jusqu'à ce qu'il s'apaise à vingt-trois heures, puis cris de douleur à trois heures... je ne parviens plus à me rendormir avant quatre heures... cinq heures il m'appelle, je le masse et lui retire sa boisson et ses brioches, puis à six heures il me rappelle. Cela va être bien long avant l'arrivée de l'infirmière à onze heures vingt pour une prise de sang. Elle s'y reprend à six fois pour parvenir à lui tirer le sang nécessaire à cette analyse.

Il a très faim et nous passons directement au déjeuner avec une salade de betteraves, avocat, œufs durs et une brandade de morue, une crème protéinée er une compote de pommes maison.

L'après-midi se déroule calmement... il dort et je file dans la chambre tenter de récupérer le sommeil perdu et soulager le lumbago que je traîne depuis des mois et revenu en force... la douleur de la colonne et des jambes, celle des bras et des mains me torturent jour et nuit.

Ce soir l'infirmière partie, Maurice commence le supplice de ses jambes. Il souffre atrocement de ses jambes raidies, sans muscles et coincées dans leur position, notamment la gauche totalement repliée et déversée sur le côté. Depuis le mois de janvier de cette année, il ne bénéficie d'aucun soin de kinésithérapie !... Il n'a pas changé de position depuis mardi dernier (être installé dans le fauteuil releveur)... mais en a-t-il encore la force ?

Nous prenons les jours, au jour le jour comme ils viennent avec leur lot de douleur, de souffrance morale, d'ennui, de solitude et de chagrin recherchant la petite étincelle magique qui nous fera tenir l'intenable.

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Mardi 17 octobre 2017... douleurs, douleurs... rien ne change...

 

La nuit a été agitée jusqu'à une heure trente. Il s'est calmé, je me suis couchée. Il m'a appelée pour boire juste avant l'arrivée de l'infirmière. Je dormais comme un sapeur à l'arrivée de Véronique, difficile de sortir du sommeil.

Véronique prépare nos déjeuners. Elle fait le café pour moi et le cacao pour lui. Il a bien dormi sur la deuxième partie de la nuit et il dort encore ce matin. Quand je suis prête, nous partons acheter du gazon pour réparer la pelouse où vivaient nos animaux.

Un temps gris et monotone ne nous incite guère à sortir et la pluie se met à tomber pour nous accueillir. Nous nous dépêchons de nous réfugier dans la voiture.

Lorsque nous rentrons l'infirmière est déjà là. Véronique nettoie les caisses qui vont me servir pour ranger les outils de bricolage et ceux du jardin. Je ne pense pas trop à l'avance au travail qui m'attend à tout ranger dans les cartons... cela fait peur !

Véronique et Céline se retirent de la maison. J'ai fait sauter deux tranches de foie de veau arrosées de vinaigre de framboise et réchauffer les frites d'hier. Nous prenons notre repas. Ensuite je m'emploie à éplucher les pommes énormes apportées par Véronique ce matin... trop gentil ! Maurice veut m'aider. Je le préviens que cela va lui fatiguer les bras dans le lit, mais têtu il insiste. Au bout d'un moment il n'en peut plus et se met à trembler comme une feuille, tellement fort qu'une immense douleur le submerge. D'un coup, il prend mal à la prostate, il blêmit dans un rictus de souffrance, il ferme les yeux, la bouche ouverte. Je viens de lui donner 10mg de morphine et au bout d'un trop long moment de douleur, il s'endort.

Je porte toutes les pommes épluchées à la cuisine, je les couperai en morceaux plus tard. Pour l'heure je me sens dans l'impossibilité de continuer. Je m'allonge sur le fauteuil près de lui en regardant la télévision. Une crise d'asthénie me surprend, je ne peux plus bouger... je voudrai dormir mais je n'y parviens pas.

L'infirmière revient pour nos soins. Je suis toujours plongée dans cette fatigue neurologique si puissante qui m' anéantie... elle ne me quittera pas... comme le plus souvent chaque jour.

Nous dînons comme d'habitude sur une petite table près de son lit. Je lui mets chaque fois une immense serviette de table qui le recouvre, car il fait tomber ses aliments en tremblant si fort. Souvent je suis obligée d l'aider. Ce n'est pas aisé pour moi, car je ne peux pas lever les bras, ni saisir les plats, je fais tout tomber de mes mains de singe... elles n'ont plus la force de tenir, ni de pincer. Je ne cesse d'être obligée de tout ramasser et cela me fait mal.

La nuit tombe et Maurice croit être au matin... et l'inverse lorsqu'il se réveille à l'aube... il a perdu toute notion du temps.

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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 19:15
MALO, notre deuxième arrière-petit-fils.

MALO, notre deuxième arrière-petit-fils.

Samedi 7 octobre 2017... anniversaire de notre rencontre il y a dix-neuf ans : il s'installe à la maison.

 

À trois heures il m'appelle souffrant de méchants maux de tête. Je lui donne un calmant. Il va me rappeler plusieurs fois sur le matin mais je me rendors immédiatement après l'avoir soigné. Je n'entends pas l'arrivée de l'infirmière. Je dors si profondément que la maison pourrait bien s'écrouler je n'entendrais rien.

Je dors ainsi jusqu'à dix heures trente, car après le passage de l'infirmière qui donne tous ses cachets à Maurice, celui-ci apaisé dort sans s'arrêter. Je n'en reviens pas, j'étais si épuisée je pouvais également dormir sans arrêt car la douleur si violente depuis le milieu de la nuit me retient au lit mais je me force à me lever. Me lever à pareille heure remonte à des années en arrière !

Maurice dort si fort que je déjeune seule. J'ai fait griller ses tartines mais cela est inutile car il va se réveiller au passage de l'infirmière qui aujourd'hui l'installe dans le fauteuil et me propose de revenir le coucher à quatorze heures. En attendant elle en profite pour lui raser la tête. Au bout d'un moment Maurice ne se sent plus bien, il veut retourner dans son lit, pas la force de tenir jusqu'en début d'après-midi. Le revoilà dans son lit. Je lui ai donné deux gros kiwis et maintenant du poisson pané et des pâtes fourrées au jambon cru. Au dessert pour fêter notre anniversaire de rencontre j'ai prévu un morceau de Forêt Noire.

Nous nous souvenons que je lui avais téléphoné en lui disant :

–C'est bon, tu peux venir à la maison !

Quatre jours après nous choisissions notre date de mariage pour six mois plus tard... et nous commencions les préparatifs... comme par exemple partir à Quimper acheter de la dentelle blanche pour un manteau et à Douarnenez pour acquérir un costume de pêcheur breton pour lui et notre petit-fils Naïli, notre petite-fille Mélissa habillée comme moi, robe jaune en satin !

L'après-midi j'étends deux lessives, puis j'entreprends de ranger tout ce qui avait été retiré dans notre véhicule. Je trie papiers et objets divers. Finalement je profite de ce que Maurice dort à poings fermés pour inviter Clémentine et Nelly à m'emmener chez mes amis de la Pointe-du-Raz. Le premier est fermé alors nous allons chez Delphine et prenons un café servi avec une crêpe à la crème citron. Nous nous installons sur la terrasse en plein soleil avec la vue sur la mer. Un petit moment de quiétude dans mon océan de tristesse. Puis nous partons, à toutes les deux elles s'emploient à replier à chaque fois mon fauteuil électrique dans de grands éclats de rire. Comme cela est bon !

Je rentre à la maison... Maurice dort toujours. Je porte les déchets de la journée à Pierre pour les poules. Je reviens et je termine mon rangement. L'infirmière arrive pour les soins du soirs. Maurice se réveille à peine, idem pour le repas vite prit et il se rendort. Je m'installe sur l'ordinateur pour lire mes courriels... un message m'attend de ma tendre amie, Lucette. Toujours le même bonheur de la lire...

Ainsi, ce jour encore il y a eu ces petits moments magiques de la vie...

LOUKA, notre premier arrière-petit-fils, qui a bieen grandi depuis...

LOUKA, notre premier arrière-petit-fils, qui a bieen grandi depuis...

Vendredi 6 octobre 2017... notre anniversaire de rencontre : il y a dix-neuf ans....

 

Nuit blanche agitée par son insupportable douleur au fond du lit... ses démangeaisons dues aux œdèmes... ses selles difficiles et douloureuses que je vais chercher en tentant de le faire se tourner difficilement... il ne tient pas longtemps cette position il étouffe... maux de tête... bouffées de chaleur récurrentes depuis quelques jours... je dois lui mettre les deux ventilateurs et ouvrir les fenêtres la journée alors qu'il ne fait pas chaud malgré le grand soleil... il a soif... il a faim... et je n'en finis plus d'être là et là à m'agiter lentement autour de son lit. Dans les intervalles je lis le livre de témoignages en fin de vie ouvert sur un blog par Marie Godard, auteure, à la suite du décès en Belgique de son amie Marie Bert, également auteure.

Je suis révoltée par la maltraitance de toutes ces personnes en fin de vie que l'on laisse croupir jusqu'à ce que mort s'ensuive. Indignée, je ne décolère pas... nous-même pris dans le même étau par le corps médical depuis que Maurice a exprimé ses directives pour sa fin de vie et m'a nommé sa personne de confiance. Les médecins ont fait bloc et nous ont mis sous tutelle... je n'ai plus accès ni aux médicaments, ni aux ordonnances, et le traitement est administré de force... plus droit au chapitre. Ce faisant ils bafouent les Droits du Malade, le droit de la personne Humaine, sa liberté. J'ai rédigé un témoignage de 4 pages que j'envoie sur le blog de Marie Godard. Je l'envoie aussi à l'Association du Droit de Mourir dans la Dignité, association où nous sommes adhérents.

Finalement écroulée de fatigue je file au lit à cinq heures et demie. Je m'endors comme une masse, à peine entends-je le pas de l'infirmière et vaguement les appels continus de Maurice. Nelly entre et j'entrevois sa présence. Vers neuf heures Maurice impatient m'appelle... abruti de fatigue, là où j'étais je ne me serai pas réveillée de si tôt. Mais je prends sur moi et malgré la douleur je me lève en appuyant plus fort là où ça fait mal et j'arrive sur mon fauteuil pour déjeuner. Nelly a déjà donné ses tartines à mon époux, elle me fait les miennes et chauffe mon café. Je suis zombie.

Nelly va m'aider au jardin. Elle va donner un coup d'araignée dans l'enclos et jette toutes les branches sur la brouette. Soudain j'aperçois Henk sur son échafaudage, je le salue de loin. Puis d'un coup, je pense qu'il pourrait emmener tous les déchets à la déchetterie. Je l'interpelle et il arrive. Je lui demande s'il peut nous emmener sa remorque et il me propose carrément de tout emporter à la déchetterie, non seulement les déchets verts, mais aussi toutes les grosses pièces... tourets, palettes, cabanes. Nous avons la merveilleuse chance d'avoir des voisins en or. Quel bonheur !

Henk et Nelly remplissent une remorque de déchets. Henk saute dans sa remorque pour tout tasser et par-dessus il commence à déposer quelques tourets, objets que nos biquettes adoraient car elles couraient et sautaient dessus à qui mieux mieux. Ensuite il installe un filet par-dessus pour ne rien perdre en route, puis il pousse la remorque jusque dans son pré en attendant d'être disponible pour l'emporter. Pour l'instant il s'affaire à démonter son échafaudage.

Nelly nous quitte, l'infirmière est auprès de Maurice pour ses soins quotidiens. L'après-midi se déroule calmement. Maurice dort et je m'endors près de lui. Le soir de nouveaux soins nous occupent. Après le repas Maurice sombre dans le sommeil à vingt-et-une heures et moi épuisée par une nuit blanche également.

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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 22:46
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Jeudi 5 octobre 2017... soirée de douleurs de vingt heures à une heure du matin...

 

Soirée difficile... douleurs comme la veille moins violentes mais aussi pénibles et puis il s'endort enfin à une heure... je me couche à une heure trente... il me réveille à six heures trente. Je dois le masser. L'infirmière arrive une heure plus tard, je suis debout près de lui à le masser à nouveau. Il a faim. L'infirmière après lui avoir donner ses remèdes et vider sa poche d'urine, comme chaque matin, se retire. Je prépare les tartines grillées. Lorsque Sylvie pénètre dans la maison nous avons déjeuné. Maurice réclame son cacao. Sylvie lui prépare et lui épluche quatre kiwis, puis elle attaque la vaisselle. Je file dans la salle de bains.

Nous partons faire quelques courses oubliées. Sylvie pousse mon fauteuil et le caddie. Je prends des fruits, je n'oublie pas les kiwis (Maurice en fait une bonne consommation le matin), des viennoiseries, des yaourts nature, de l'huile d'olive. Puis nous nous dirigeons à la Pharmacie où je demande de la belladone mais elle ne convient que pour les douleurs infectieuses, aussi je réclame au pharmacien un anti-douleur physique et neurologique. Il me trouve des granules homéopathique à prendre 3 trois fois par jour. Je prends également oscillococcinum, une grosse boîte pour nous deux en prévention de la grippe, de la pommade de calendula et un spray de propolis pour la toux de Maurice, toujours tellement encombré. Puis nous nous dirigeons vers le marché car j'ai maintenant besoin d'œufs. Nous avions pris la trop bonne habitude de manger des œufs excellents et ils me manquent. Donc j'achète deux douzaines de bons œufs à un petit maraîcher. Je trouve également à un étal un kilo de belles grosses fraises de pays... et nous rentrons rapidement.

Lorsque nous arrivons Sylvie a juste le temps de débarquer les courses qu'elle doit déjà nous quitter. L'infirmière est en soins auprès de Maurice. J'ai acheté une poêlée périgourdine et cela fait bien mon affaire... pas de travail, juste à sauter et dorer dans la poêle.

L'infirmière se retire et je sers Maurice. Je mange près de lui. Puis il s'endort. Il a dormi tout le matin, dort pendant les soins, dort encore en mangeant et après. Le séresta ajouté sur la journée semble le shooter complètement... moi j'aimerai que ce soit la nuit. Je pique du nez devant la télé et du coup je vais m'allonger sur le lit. Je ne trouve pas le sommeil réparateur. J'entends un cri : 'Je suis malade !' . Je me lève et lui demande ce qu'il a :

–Je crois que j'ai pris froid... me dit-il.

Il ne se sent pas bien et me demande d'appeler le médecin cependant que mes amies Clémentine et Nelly viennent d'arriver pour nous saluer et prendre des nouvelles.

L'infirmière repasse pour les soins du soir et trouve Maurice plus mal depuis hier. Le médecin devrait passer demain...

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Mercredi 4 octobre 2017... après des nuits folles de douleur, il dort enfin profondément...

 

À mon réveil Maurice dort encore très profondément. Sa fatigue intense malmenée par ses crises épouvantables a raison de lui. Je déjeune et Véronique le réveille. Il prend son petit déjeuner pour replonger encore plus vite dans le sommeil.

Par moment il ouvre un œil pour se plaindre d'avoir trop sommeil. Je lui réponds qu'il peut dormir, que peut-il faire d'autre ?

L'infirmière lui fait sa toilette quotidienne et je ronfle car je suis restée sans doliprane pour la nuit et j'ai dû avoir recours à mes comprimés. Véronique repasse le linge et malgré le grand soleil je n'avancerai pas au rangement extérieur... dommage !

Pour le repas de midi, pâtes aux quatre fromages, boudin blanc aux champignons à la crème, Maurice ouvre un œil et n'a pas la force de manger. Je lui donne moi-même. Il goûte un peu son repas, avale une crème avec une poudre protéinée et se rendort aussitôt... au moins ainsi est-il apaisé, sans souffrance aucune et je profite de ce grand calme pour l'être un peu moi-même.

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Mardi 3 octobre 2017... debout toutes les heures... douloureux jusqu'au matin...

 

Une nuit agitée... douleurs... cris... douleurs... cris... je suis épuisée et pourtant je me lève encore juste avant l'arrivée de l'infirmière mais après je reste bloquée par la douleur malgré ses appels continus, je ne me lève plus. Il m'appelle encore et je me réveille brutalement en m'apercevant qu'il est près de neuf heures et Véronique n'est pas là ! Oui, ce matin, elle ne prend son service qu'à neuf heures.

Nous déjeunons. Je file dans la salle de bains. Véronique m'aide à éplucher les légumes pour le pot-au-feu que je mets en route puis elle vaque à ses occupations, ensuite nous allons ranger un peu le terrain... laver les caisses qui vont me servir pour ranger les outils, ramener sur l'avant les tourets qui partiront à la déchetterie... cela avance. Véronique s'en va. L'infirmière pratique la toilette de Maurice puis à l'aide du lève-malade elle l'installe dans le fauteuil releveur où il va pouvoir prendre son repas de midi. Puis elle nous quitte.

Nous déjeunons d'un très bon pot-au-feu. Céline revient avec le médecin qui ausculte Maurice. Il lui enlève certains remèdes pour en mettre d'autres... il est satisfait de trouver Maurice au fauteuil... ma foi, il continue de croire que l'on peut vivre ainsi.

La journée se termine puis après le repas, le soir venu Maurice se met à crier, à se plaindre, à m'appeler au secours, pris par des crises de douleurs incessantes, son corps ne supporte plus le lit, victime de démangeaisons de partout et de crises de panique, de souffrances psychologiques innommables. Je ne cesse d'aller et venir autour de lui traînant mon corps douloureux comme un atroce boulet et je tente ce que je peux pour lui venir en aide malgré l'immensité de mon impuissance. Je le masse mais je ne peux pas atteindre les régions les plus éloignées sur le matelas à air, mes mains souffrantes et tordues ne se trouvent pas à l'aise. À partir de dix-neuf heures il se tiendra dans cette souffrance horrible que rien ne parvient à apaiser. Je lui donne sa morphine et il faut attendre son action qui viendra seulement à vingt-trois heures trente où il finira par s'endormir.

Je vais me coucher à une heure trente jusqu'à son apaisement total. Il va me réveiller encore deux fois en état de crises douloureuses comme la précédente. Au matin j'entends le pas de l'infirmière, je viens de me recoucher et Véronique arrive quand je me trouve profondément endormie. Mon corps douloureux a bien du mal à s'extraire du lit.

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Lundi 2 octobre 2017... douleurs... douleurs... ennui... désespérance...

 

Le soir douloureux se prolonge jusque dans la nuit. Il finit par s'endormir vers une heure... me réveille plus tard... puis sur le matin. L'infirmière passe lui faire avaler ses comprimés ! Il m'appelle à huit heures, je me lève, ouvre les volets et attend Sylvie pour le déjeuner que nous prenons vers Maurice... il se sent moins seul. La cuisine à l'autre bout l'empêche de nous entendre discuter.

Le brouillard épais recouvre tout. Lorsque je suis prête nous partons à la poste et à la boulangerie. Nous rentrons. J'aide Sylvie, j'étends le linge, pendant qu'elle donne un coup de balai rapide et ensuite nous attaquons deux gros paquets. Nous emballons mes beaux vases dans deux caisses. Elle n'a déjà plus le temps de rester. Elle nous quitte. L'infirmière est arrivée qui procède consciencieusement aux soins de toilette sur Maurice.

Elle nous quitte et nous passons à table avec une salade de harengs à la crème et aux patates, puis une tourte aux épinards au fromage de chèvre, yaourt, fruits.

L'après-midi Maurice agité et douloureux a du mal à s'endormir. Moi je pique du nez dans le fauteuil. Il me réveille pour le masser et lui donner un calmant. Je file m'allonger sur le lit. Il me réveille par deux fois tant il est mal. Finalement la sieste entrecoupée de ses appels devient pénible. Je me rendors et me réveille vers dix-huit heures. Il est toujours aussi mal. L'infirmière revient pour ses comprimés.

Nous dînons des restes de midi. Je demeure un moment sur l'ordinateur... puis je vais m'installer près de lui devant la télévision...

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26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 08:13
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Mardi 26 septembre 2017... Maurice souffre de plus en plus jour et nuit... un supplice... un martyre sans limite... une crucifixion qui dure allègrement... pour le plus grand plaisir du corps médical... ça rapporte !

Maurice parvient à dormir après ses calmants jusqu'à deux heures où ses cris me réveillent... je le masse, lui donne 10 mg de morphine mais à quatre heures ses cris redoublent... je le masse, tente de lui coincer un long coussin dans le dos, mais il est si large maintenant que je ne parviens plus à le maintenir pour le soulager... je ne sais plus que faire. Du coup, je ne retourne pas me coucher... il continue de gémir, de se plaindre, de crier, de ne plus supporter le lit... son corps épuisé ne tolère plus cette position continuelle depuis plus d'un an... le voir souffrir ainsi me vide, m'épuise, me précipite dans la souffrance toujours davantage, je me débats pour tenir, tenir encore.

Je repense tout à coup à la bouée que j'installais sous mes fesses lorsque je m'étais cassée le coccyx en tombant à l'époque de mon amputation. Je vais la chercher au garage et me voilà à cinq heures du matin à laver la bouée. Je vais la proposer à l'infirmière pour qu'elle lui dépose sous le siège lorsqu'elle le lèvera avec le lève-malade... en attendant Maurice se débat sur des charbons ardents... c'est intenable. Je l'aide du mieux que je peux. Au milieu de la nuit, victime d'une fringale due à la morphine je lui fais des tartines beurrées à la confiture... manger le réconforte. Son appétit est revenu dans les clous, lui qui est resté des mois sans se nourrir et atteint de malnutrition sévère d'après les toubibs des soins palliatifs.

L'infirmière prend on service... Maurice l'accueille par des gémissements continus... c'est la désolation. Elle se trouve navrée et fait tout ce qu'elle peut pour tenter de le soulager mais rien n'y fait... ce matin il continue de souffrir avec un corps talé, en marmelade...

L'après-midi reste de la couleur de la nuit... aussi agitée. Vers quatorze heures Maurice prend une douleur aiguë dans son genou gauche... au paroxysme de la souffrance il pleure, il crie... je lui donne d'abord un comprimé de 10 mg de morphine et un doliprane 1000... un pansement sur une jambe de bois... la douleur s'accentue... je lui demande d'attendre un peu, mais non je dois lui donner un autre comprimé de morphine... il se tord de douleur, me dit qu'il n'en peut plus... puis très lentement la douleur s'atténue. J'ai peur qu'il ne refasse une infection, un autre érysipèle ?... Mais sa jambe serait rouge, bleue. Elle demeure enflée cependant... que penser ?

Il dit qu'il se sent mal comme la semaine passée... ces crises aiguës se renouvellement très souvent depuis la semaine dernière lorsque j'ai dû appeler le médecin et à la place une remplaçante s'est présentée. Pour aujourd'hui, j'ai fait de même, téléphoné au médecin, trop tard la remplaçante ne viendra que demain... ah, la la quel bazar... et inutile de faire le 15... il ne doit pas aller aux urgences, il refuse tout acharnement thérapeutique et il ne veut plus se retrouver à l'hôpital. En outre les médecins sont dans l'impasse, ces pathologies sont incurables et extrêmes... alors à quoi bon s'acharner. Heureusement que Maurice devait courir comme un lapin en septembre grâce au lazylix !... Gonflé comme une baleine dans un état lamentable son état désespéré ne fait que nous enfoncer dans une peine, une souffrance sans nom... dans l'indifférence, la frilosité des médecins et la lourde hypocrisie des politiques... à quand la loi pour l'aide active à mourir ? Avoir le choix de mourir doucement sans souffrance atroce quand notre corps, notre vie, notre destin nous appartient, être libre de ce choix... un rêve sans espoir ?

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Lundi 25 septembre 2017... et c'est reparti pour une semaine plus que difficile...

Nuit très compliquée... horribles douleurs des jambes... du genou gauche... morphine, glace, coussin, massage, bouffées de chaleur, puis froid... il n'en finit plus de crier et de m'appeler... son corps ne supporte plus sa position sur le lit toujours couché sur le flanc gauche... il souffre... je fais tout ce que je peux pour le calmer sans y parvenir... debout à une heure, puis à trois et tourne autour de son lit jusqu'à six, sept, huit... nuit blanche. Angoisses, douleurs, je lui fais des petites tartines de petits pains grillés complet à trois heures, à cinq heures, puis un bol de fruits cuits sur le matin.

Nathalie frappe et entre. Je me lève et je vais l'aider aux déjeuners. Elle s'emploie à faire une grosse vaisselle et étends le linge, puis nous faisons un carton des décorations de la bibliothèque. Elle se retire à midi. L'infirmier est là qui s'en va à son tour. Maurice recommence douleurs du genou gauche, bouffées de chaleur, mise en route des ventilateurs, courant d'air dans la maison, je gèle. Il souffre de tout, son corps est martyrisé... massage. Par moment il somnole. Je fais tourner deux machines, j'étends du linge... jamais fini.

Le soir arrive avec l'infirmier... je suis allée voir mon amie Éliane. Elle m'offre un café... nous discutons. J'ai emmené avec moi la photo de Malo. Je rentre pour me faire soigner les pieds.

Je fais du pain perdu... Maurice est content... il adore ça. Je dois encore le masser... il voudrait suivre un peu la télé mais il n'y parvient pas, il ne peut plus suivre une histoire, un film... tout juste des documentaires et des jeux... il s'endort.

J'ai relevé la boîte tout à l'heure et j'ai reçu l'anthologie des poètes d'Europoésie de 2014, 2015, 2016 où mes poésies figurent. Je suis contente.

Ma fille m'a appelée, tout à l'heure. Je la rappelle. Elle me donne de bonnes nouvelles de la famille. Ma petite-fille Elsa devient une véritable artiste peintre à quinze ans, son don s'affirme au fur et à mesure du temps qui passe. Voilà qui avec la naissance de Malo nous apportent un grand bonheur.

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 19:25
Un petit Malo nous est né... trop beau !

Un petit Malo nous est né... trop beau !

Dimanche 17 septembre 2017... désorienté, demandeur de soins et de présence sans répit... une photo de bébé, Malo...

 

Il dort mais il m'appelle souvent, il a très soif, douloureux. La journée sera de même. Ce matin après le déjeuner pris ensemble, je me mets en cuisine pour la dernière fois car je me suis lancée dans une galère infernale, fabriquer un couscous... malheur !... Mais quelle idée saugrenue ! Je bataille dix fois trop... je ne peux plus me servir de mes mains, je ne peux plus lever les bras, je ne tiens rien, ni la force, tout tombe que je dois ramasser dans une immense fatigue sans compter la douleur... non impossible. Et Maurice qui me réclame à tout bout de champ... ah, je n'en peux plus ! L'infirmière arrive et je suis là toujours à me battre avec les légumes, les casseroles, je fais tomber un couvercle en verre entre la cuisinière et le mur que je ne parviens pas à récupérer... des légumes... des couverts... des couteaux... tout y passe. Je m'énerve.

Lorsque l'infirmière s'en va, je file à la salle de bains m'habiller... cela permettra de cuire les carottes introduites en dernier. Lorsque je sors il est treize heures. Je prépare les bols, plus pratiques pour Maurice et aussi sur la petite table. J'emmène un plat de légumes, la viande à côté, la sauce pimentée, les bols de couscous... je fais plusieurs voyages et je me brûle comme souvent.

L'après-midi je suis ko. Maurice a trop chaud et me demande de faire des courants d'air, de mettre les ventilateurs. Je m'allonge sur le fauteuil releveur, j'ai une crise d'asthénie... je ne peux plus bouger même pas pour me couvrir car je suis gelée. Maurice regarde la télévision. Sur le soir il me demande d'aller voir dehors il y a des fringues de pendues... je lui dis qu'il dit des sottises mais il se fâche... il dit qu'il doit garer la voiture... il continue ses confusions comme chaque jour, du matin au soir. Bon, mais pour la naissance de Malo, notre arrière petit-fils il semble être là. Je tire sur papier photo, la photo envoyée par Aurélie, notre petite-fille et il est très content de le voir ainsi.

La journée s'achève sur un bon ensoleillement. Notre poule, La Diva refait sa comédie depuis que les chèvres sont parties, elle m'attend devant la porte jusqu'au soir où elle sait que je viendrai avec de la nourriture et là, elle accepte de rentrer et va se coucher.

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Louka a sa naissance...
Louka a sa naissance...
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Présentation

  • : LE MONDE IMAGINAIRE de Dana LANG, conteuse aux plumes de sioux, fée des loups, auteure Fantasy, contes, nouvelles, poète insurrectionnelle (trilogie de prose poétique), lauréate de 76 Prix littéraires
  • : BIOGRAPHIE Dana LANG *1989-2002, conteuse professionnelle internationale (artiste, durant 12 ans intermittente du spectacle / Cie du Soleil Noir). Elle conte dans les écoles, collèges, lycées, bibliothèques, médiathèques, salles de spectacle, théâtres, festivals... etc... *1991, fondatrice d'une Maison du Conte 'La Biche au Bois' au Cergne (42-Loire). Elle reçoit 20 000 scolaires en attractions contées sur les Terres d'Anne de Beaujeu dans les Monts du Haut-Beaujolais, et organise un Festival du Conte et des Conteurs en Forêt et en Cabarets «Flèches des Fées» pendant cinq ans. Elle conte avec divers musiciens dont Tenzin Gonpo artiste tibétain qui l'accompagne aux instruments et à la voix. Elle parraine un enfant tibétain pendant plusieurs années. *1994, sociétaire des Auteurs et Compositeurs Dramatiques. Elle participe à divers festivals... *Avril 1998, elle conte dans les écoles françaises, Instituts, hôtels, villages pour le Festival International des Conteurs Francophones à Abidjan en Côte d'Ivoire. *2003, auteure, poète, en situation de handicap, elle poursuit en écrivant toute son Œuvre. Elle réécrit ses contes adaptés pour la scène (120 contes) et écrit de très nombreux ouvrages dont des contes merveilleux et fantastique, un récit autobiographique ' Les Sanglots du Vent' ; une trilogie Fantasy ' Les 3 Héritiers de la Clef des 7 Mondes' (t.1 : La Dragonne et l'Œuf d'Or Sacré ; t.2 : Éloïse et le Commandeur du Temps ; t.3 à paraître) ; des témoignages de vie ' Docteurs, vous m'avez tué ! ' suite à paraître : ' La Danse de la Méduse ', ' L'Arbre d'Or ', 'La Fuite des Jours', 'La Maison du bout... de la Terre', 'Plus fort souffle le vent', 'Un Radeau dans le Ciel', 'Jusqu'au bout du Voyage', 'La Vie comme un Défi', 'Fais-moi Mourir !', 'Le Bouffeur de Vie', 'L'Ultime Voyage d'un Combattant de la Vie', 'Vogue là où te mènera ton Rêve', 'L' Envol les Ailes Brisées',... édité en juin 2019 par Horizon Littéraire Contemporain : un recueil de prose poétique et de pamphlets de 7 livrets ' Puisque tu vis, Philippe', 'Je vous écris, Frères Humains', 'À l'Aube d'un Jour, Humanité' et un livret de nouvelles 'Poindra le Jour', ... *2011, à la création de la Maison du Conte, de l'Illustration et de l' Édition Fantastique ' LA FONTAINE AUX FÉES ' édite dix de ses livres (sur plus de 30) et avec son époux Maurice JANIN, architecte d'exécution (en situation de handicap), fréquente les Salons du Livre de Rhône-Alpes, Auvergne, Bourgogne, Yonne, Paca chaque week-end durant deux ans. Sur le Salon du Livre de Lorette (42-Loire), elle rencontre Michel COUROT, Dico d'Or, grand gagnant de la Dictée de Bernard Pivot en 1995. Il deviendra son relecteur et son très grand ami. *En avril 2011, elle écrit un conte merveilleux : Flora, Pipi et Scratch, la sorcière. *2012, sociétaire des Arts et des Lettres de France, membre du bureau de l' UERA A (Union des Écrivains de Rhône-Alpes-Auvergne), ambassadrice du Cercle des Ambassadeurs Universels de la Paix, 'La Fontaine aux Fées'  édite 'Le Grand Livre de Marina' de Marina FERREIRA. *13 octobre 2013, elle est nommée Membre de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets. *Le 18 mai 2014, elle parraine le 1er Festival du Livre et de l'Illustration Jeunesse «Les P'Tits Z'Amis de Marina » à Saint-Didier-de-Formans dans l'Ain (01). *13 Juillet 2014, après avoir vécu deux ans dans le village natal de son père en Alsace près de Bâle et de très longues années en région lyonnaise, elle vit à Plogoff dans le Finistère et devient Membre de l'Association des Écrivains Bretons (AEB). Elle écrit et publie un nouveau conte ' La Fontaine de la Mer Feunteun Aod '.   *Décembre 2014, elle collabore au Festival International du Conte de Guillaume ÉKOUMÉ, au Cameroun. Elle écrit un nouveau conte 'Max, le Petit Sorcier'. *Février 2015, elle écrit un conte 'Louka, le Petit Loup de Brocéliande' dédié à son arrière petit-fils, Louka né le 5 février 2015. *23 avril 2015, elle écrit 'Le Dragon de Pors Loubous', un conte fantastique. Fin juillet, par son épouse Danyèle, elle apprend dans une profonde tristesse le décès de son indéfectible ami, Michel COUROT. *20 décembre 2015, elle conte 'Plume de Corbeau' au théâtre Georges Madec à Esquibien pour les enfants des écoles et leurs parents. *De septembre 2013 à ce jour, elle devient lauréate de 76 distinctions Littéraires  Internationales (Trophées, Mérites, Médailles, Prix, Mentions...) décernés par 16 concours Littéraires Internationaux. *2015-2016, elle recherche un Éditeur sérieux pour lui reprendre toute son Oeuvre. *En 2015, elle est invitée à Sacramento en Californie et à Prague en Tchécoslovaquie du 5 au 10 septembre 2016 par le Président de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets où elle ne pourra pas se rendre. *Le 1er février 2016, elle écrit le conte 'Justine et le Pays Contraire'. *Février 2016, elle s'inscrit dans les Salons Festivals du Livre en Bretagne qu'elle espère honorer de sa présence... le 24 avril 2016, elle se rend au Salon du Livre de Botmeur (Finistère) où elle conte et dédicace... *En juin 2016, elle écrit le conte 'Kaoura, la Princesse aux Sept Dragons'... *En 2017 'La Princesse aux Mensonges', 'L'Œil du Dragon'... et autres... *Le 9 et 10 septembre 2017, elle reçoit le TROPHEE John Ronald TOLKIEN pour le 2ème volet de sa trilogie fantastique 'Les 3 Héritiers de la Clef des 7 Mondes' tome 2 'Éloïse et le Commandeur du Temps par le CEPAL à Thionville en Lorraine. Elle reçoit d'autres Prix Littéraires Internationaux et le TROPHEE le LAUZUN de BRONZE remis par Pierre BELLEMARE... *Le 26 décembre 2017, elle perd à Douarnenez son époux bien-aimé à la suite de très grandes souffrances et d'une longue agonie de trois ans. Il sera incinéré à Quimper et ses cendres jetées en mer à 300 mètres de leur habitation. *Année 2018, elle devient membre de Bibliothéca Universalis.           * En février 2018, elle écrit plusieurs contes et nouvelles... qu'elle présente à des concours littéraires... *4 avril 2018, elle reçoit une Mention des Arts et Lettres pour son conte 'L'Œil du Dragon'. *10 août 2018, veuve elle revient s'installer avec sa fille aînée dans les Monts du Haut-Beaujolais où de plus en plus atteinte par sa maladie, elle tente de faire éditer tous ses livres. Quelques uns de ses textes paraissent dans diverses revues et livres. *Le 26 janvier 2019, elle devient membre de l'Académie Littéraire et Historique du Val-de-Saône. *Le 1er juin 2019, elle reçoit trois nouveaux Prix Littéraires Internationaux sur un conte, une nouvelle et une poésie décernés par les Arts et Lettres de France. *Le 29 juin 2019, elle reçoit le TROPHEE d'EXCELLENCE sur son OEUVRE LITTERAIRE et le PRIX d'EXCELLENCE sur son conte MAX, LE PETIT SORCIER en Français et traduit en Roumain par les Editions HORIZON LITTERAIRE CONTEMPORAIN représenté par Noëlle ARNOULT et Daniel DRAGONMIRESCU.
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