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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 20:28
LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG
A la fête des hortensias avec Toopie, ma petite chienne westie adorée
A la fête des hortensias avec Toopie, ma petite chienne westie adorée

Jeudi 10 mars 2016,

La tempête a cessé cette nuit. Tout est calme ce matin et un grand soleil inonde la presqu'île.

Depuis hier Maurice prend de nouveau de la fièvre et sa tension oscille entre 13 et 14 le matin. C'est une tension trop basse pour lui car son cerveau n'est pas suffisamment irrigué, mais il faut se contenter de tout cela puisque le moindre traitement ne fait que l'accabler davantage. Sa tension en yoyo ne peut pas être gérée par un médicament. Quant à la fièvre (qui dure depuis son AVC de 2001) cela est dû à ses problèmes cérébraux. Il faut accepter et faire avec... de toute manière il n'est plus médicalisé, il reste le traitement antidouleur pour lui garantir un semblant de confort de vie.

Après les soins, il trouve le courage de se traîner jusqu'au véhicule afin de me conduire en courses. Sylvie nous accompagne. Nous rentrons pour ranger mais Maurice mal en point, dans une extrême fatigue se plaint en arrivant au bourg. La maison n'est plus très loin maintenant, courage. Il rentre pour aller s'allonger dans son lit, le fauteuil du salon. Il se plaint à nouveau de la tête et ressent de la friture à l'intérieur.

Sylvie m'aide à ranger les courses, heureusement qu'elle est là. Maintenant, elle a bien l'habitude de la maison et elle demeure très prévenante envers nous. Elle a beaucoup progressé au niveau du service que nous avons besoin, elle comprend mieux nos problèmes. Nous l'apprécions de jour en jour.

Après avoir déjeuné, je rejoins Maurice au Salon pour l'accompagner moralement comme chaque jour. Je reste le plus possible près de lui et moi-même atteinte de mes crises d'asthénie chaque jour, je ne peux que m'allonger près de lui.

Malgré nos misères, les journées passent à la vitesse de l'éclair et je vois défiler les semaines à toute vapeur...

Vendredi 11 mars 2016,

Il fait très beau avec un grand soleil dès le lever du jour. Nous déjeunons. Nelly arrive puis Julien, l'infirmier qui assimile très mal le fait que l'on ne puisse plus rien faire pour Maurice...

Nelly se met en cuisine pour confectionner une tarte à l'oignon et une aux pommes. Maurice ne tient pas debout, il va mal avec une fièvre récurrente qui réapparaît depuis quelques jours... il va cependant couper de la haie avec l'aide de Nelly où il a failli tomber une fois de plus. Puis il regagne son lit.

Il pique une crise devant le courrier... notre mutuelle ne nous remboursera rien sur nos opérations des yeux... nous en sommes pour nos frais et quels frais ! Il téléphone à notre assurance et obtient une réponse négative... nous n'avons obtenu absolument aucun remboursement de leur part. Il est outré et du coup il résilie notre contrat. À quoi cela sert-il de payer chaque mois puisque rien ne nous est remboursé de ce que le Sécurité Sociale ne rembourse pas... tout l'argent versé n'a servi à rien sauf à remplir les poches de l'assurance !

De mon côté dès que Nelly en termine à la cuisine, elle vient m'aider à désherber le coin de fleurs devant la maison. En fait, elle fait tout, moi je ne le peux pas, je reste près d'elle et lui indique ce qu'elle doit faire. Il fait si bon que c'est très agréable de se trouver là au soleil pour une petite demi-heure. La prochaine fois nous aurons d'autre chose à faire au jardin. Il sera temps de s'en occuper. Je suis désespérée par l'état des palmiers après la dernière tempête avec des vents de 135 km heure. Il faut remettre des tuteurs assez hauts et solidement plantés en terre, ce que nous ne sommes pas parvenues à faire avec Véronique l'autre jour. C'est ennuyeux car le palmier du fond gît sur le sol... il était devenu si beau et bien haut déjà !

Dans l'après-midi, Gilbert vient nous voir pour dépanner l'ordinateur de Maurice... c'est long, il doit demeurer à la maison de quinze à vingt heures du soir. Maurice trop épuisé s'endort dans son fauteuil.

Ensuite, nous soupons et nous installons au salon pour suivre un film. Puis je regagne mon ordinateur.

Maurice ne parvient pas à s'endormir... il va encore passer une nuit mauvaise, hachurée, ponctuée par ses prises de calmants et ses changement de maillots trempés de sueur (jusqu'à six fois par nuit) et ses phases de sommeil difficiles.

Samedi 12 mars 2016,

Il fait un temps royal. Le soleil brille tôt matin, pas un seul brin de vent et un air très doux s'exhale de la terre bretonne. Un temps à aller se promener le long de la mer.

Nous déjeunons et nous nous apercevons que j'ai totalement fait l'impasse sur le beurre. Maurice y tient trop et nous allons devoir sortir. Après les soins, Maurice me demande de lui enfiler ses pantoufles. Il ne peut plus chausser de chaussettes depuis 2009, plus de chaussures depuis sa double trépanation et ne peut plus mettre de pantalon (plus la taille suffisante) alors il demeure en pyjama. Je tente de lui enfiler les dernières pantoufles à scratch que nous venons d'acheter mais ses œdèmes ont doublé de volume et cela s'avère impossible.

Du coup, je lui demande de s'allonger complètement dans son fauteuil, je ne peux pas me baisser sans tomber, c'est très difficile pour moi de l'aider. Cependant je lui enfile ses pantoufles orthopédiques (qui chaussent deux tailles au-dessus) en ouvrant les scratchs derrière le pied et sur le dessus puis je resserre le tout. Cette fois, il ne les perd plus ! Il sera bien mieux ainsi.

Nous partons en courses mais il ne peut plus monter ni tourner dans le véhicule... enflé de partout. Je n'ai plus aucune envie de sortir. Maurice fini par s'asseoir sur son siège et démarre... heureusement nous n'allons pas très loin.

Les courses sont rapides nous n'avions pas besoin de grand chose. Nous déjeunons et nous allons au salon. Maurice accablé s'endort. Il ne peut plus se mouvoir sans s'essouffler. Il manque aussi de respiration. Je sens bien comme il diminue tous les jours un peu plus et maintenant cela devient vraiment critique.

Julien, l'infirmier repasse le soir et il constate sa respiration si difficile... nous demeurons impuissants à faire quoi que ce soit.

Sur le soir je masse les pieds et les jambes de Maurice avec une crème pour le soulager de ses œdèmes.

La journée se termine avec un temps merveilleux où nous sommes restés à l'intérieur trop accablés de fatigue.

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 12:56
Ensemble à l'Alliance Française de LYON
Ensemble à l'Alliance Française de LYON

Lundi 7, mardi 8 et mercredi 9 mars 2016,

Ces derniers jours il a fait beau mais dans un air glacial, et puis cette nuit la tempête s'est levée forte et brutale accompagnée de trombes d'eau. Au matin et dans la journée avec un grand ciel bleu, elle redouble de force... les grandes marées l'accompagnent.

Je m'éveille de nombreuses fois dans la nuit avec un gros mal de tête... la fureur du vent, sans doute.

L'état de Maurice se maintient douloureusement vers le bas. Depuis une semaine, il reprend mal à la tête. Il se déplace aux toilettes à grand peine et en glissant ses pieds sur le sol, démarche typique du Parkinson. Il tremble de tous ses membres, perclu d'œdèmes, des micro crises cardiaques lui paralysent le bras gauche. Il passe son temps au lit à savoir dans le fauteuil du salon, là où il s'endort. Il n'est jamais revenu dans le lit commun car il s'étouffe... ses problèmes respiratoires s'accentuent... et il ne supporte plus son respirateur depuis sa double trépanation... je pense que la pression est trop forte maintenant pour lui, cela lui fatigue le cœur beaucoup trop vite... enfin rien ne va, plus rien ne fonctionne.

Le traitement anti douleur lui abîme les glandes surrénales et il doit prendre de l'hydrocortisone en plus de la dose de cortisone pour maintenir son œdème cérébral qui perdure car la moitié seulement de l'éborme caillot de sang a pu être retiré... rien n'est simple surtout avec un K aussi compliqué. Mais il endure des maux sans nom... cela tourne au cauchemar un peu plus chaque jour... et moi, je l'accompagne comme je le peux en restant près de lui le plus possible. Je formule des vœux pour qu'il ne devienne pas totalement grabataire... cela deviendrait intenable pour moi.

Chaque fois que je peux disposer d'un peu de temps je me remets sur l'ordinateur... tous mes rêves les plus fous s'éloignent avec cette crise extrême à traverser une fois encore et où comme toujours les mains tendues pour la sauvegarde de mon œuvre se font inexistantes... comme tout ce que j'ai entrepris de grand dans ma vie, je me retrouve SEULE, désespérément SEULE... mais la vie va me devoir une belle revanche, elle ne peut pas toujours m'acculer indéfiniment à tant d'adversités...

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 17:12
LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

Jeudi 3, vendredi 4, samedi 5 et dimanche 6 mars 2016,

Maurice va mal, de plus en plus mal... la nuit il ne dort presque plus. Ses œdèmes s'élargissent sur le corps et ses pieds sont de plus en plus enflés. Le matin, après les soins lui revient une petite lueur de faible force et c'est ainsi que jeudi matin, il me conduit chez la coiffeuse et part avec Sylvie faire quelques courses.

Vendredi matin, il s'efforce à aller chez Pierre souffrant pour le saluer... mais il ne tient pas longtemps assis sur une chaise et se dépêche de rentrer sur son vieux fauteuil roulant.

Dimanche, il trouve un sursaut de vie pour aller chercher une branche de haie aux chèvres mais il rentre épuisé et s'endort immédiatement. Il dort profondément toute la journée et il me faut le secouer pour les repas. Caroline, l'infirmière arrive à seize trente pour ses soins et elle doit le réveiller...

Je pense au Salon du Livre 'La Mouette Liseuse' de Rédené où je n'ai pas pu me rendre faute d'avoir un chauffeur, un assistant pour m'y emmener... mais en voyant Maurice ainsi, je me trouve rassurer de ne pas l'avoir laissé seul à la maison... la situation devient de plus en plus critique.

Je vis dans l'instant, j'avise dans l'instant, je réagis dans l'instant... dans un moment où tout projet, tout rêve devient impossible... je ne me pose aucune question à long terme... comment faire autrement ?

Le temps se rétablit peu à peu... le vent s'est tu... le soleil apparaît ou disparaît selon l'humeur du jour... quelques averses éparses persistent.

Nos chèvres se donnent en spectacle en jouant comme des folles à saute-mouton, à attrape-moi si tu peux. Elles se balancent puis se courent après à la vitesse de l'éclair... des petits lapins batifolent autour d'elles, un couple de choucas visite chaque jour l'enclos aidés en cela par les pigeons de Roland... les poules se suivent, picorent à qui mieux mieux et pondent dans leur nid.

Tout ce petit monde heureux me contente les yeux et m'apporte la paix.

LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 13:31
LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG
LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

*C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches !

*Ma vie est une énigme dont ton nom est le mot.

*La mélancolie c'est le bonheur d'être triste.

*Le style est comme le cristal, la pureté fait son éclat.

*L'homme trouve la raison en lui et la sagesse hors de lui.

*Il n'y a rien de plus puissant qu'une idée dont le temps est venu.

*L'un des privilèges de la vieillesse, c'est d'avoir, outre son âge, tous les âges.

*Les mots manquent aux émotions.

(Victor Hugo)

LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

Samedi 27 février 2016,

Il fait grand soleil avec des températures les plus basses de l'hiver 2°. La journée se passe dans le plus grand calme.

Je m'installe sur l'ordinateur et recherche mes cd pour continuer mon récit 'La Maison du Bout... de la Terre' manque de chance, tout s'est effacé. Que s'est-il-passé ? Je ne comprends pas, j'ai effectué les mêmes manœuvres que d'habitude... non, il s'agit de ma souris interne... je ne dois pas écarter mon doigt d'un millimètre ! Alors là, je suis sidérée !

Il va me falloir tout reprendre, tout recommencer, mince alors ! Je râle, je rouspète, je m'en veux d'être aussi bête !

Tant pis pour moi, je vais devoir tout refaire et ça ne sera pas la première fois... je me souviens pour ma trilogie fantastique, six mois d'écriture envolés avec une fausse manipulation... depuis je me suis corrigée, mais n'empêche il m'a fallut réécrire six mois de ma création... pas facile de retrouver les mots, l'action... quand enfin au fond de mon lit (trois ans totalement alitée, paralysée) j'y suis parvenue, je me suis jurée de faire attention... et mon étourderie me joue toujours bien des tours !

Dimanche 28 février 2016,

Céline l'infirmière arrive un peu plus tard. Maurice a déjeuné, moi je termine. Puis, je me mets en cuisine, lave la vaisselle d'hier et étend le linge.

Nous déjeunons, puis je vais cueillir du lierre et des haies de fusain à mes petites biquettes, je nourris aussi les poules des restes de légumes et de la table. Les chèvres se régalent de feuilles de choux de Bruxelles, des épluchures de kiwis, de poires et de pommes. Nous nous reposons cet après-midi devant deux excellents films. Le premier retrace la vie d'un grand professeur scientifique anglais atteint de la sclérose latérale amyotrophique autrement dit la maladie de Charcot ou SLA. Ce médecin Charcot a aussi découvert la mienne avec deux autres médecins anglais la Charcot Marie Tooth (sclérose des nerfs périphériques rare et génétique).

Nous terminons la journée calmement. Maurice prend une nouvelle crise avec son cœur. Il laisse passer. Nous bataillons ferme avec une fuite sur le WC, mais nous tâchons de relativiser. Nous finissons autour d'une soupe et rejoignons nos fauteuils au salon.

Lundi 29 février 2016,

Il fait beau et doux... enfin le soleil s'affiche de la partie et nos poules se remettent à pondre.

Je me lève alors que Véronique M. est déjà là et Maurice a le nez plongé dans les tartines. Nous déjeunons.

Puis il commence à préparer ses papiers et la sacoche pour le respirateur qu'il doit emmener pour sa visite chez le pneumologue à l'hôpital de Quimper cet après-midi.

Il se fait habiller par l'infirmière mais plus aucun pantalon ne lui sied. Autant qu'il reste en pyjama, c'est ainsi qu'il est le mieux. Il n'a guère envie de s'y rendre. Il est devenu hyper allergique aux établissements hospitaliers.

Il doit prendre sur lui et faire des efforts considérables pour se lever à l'arrivée du chauffeur du VSL qui emmène le fauteuil manuel dans son véhicule. Ils quittent la maison à quinze heures.

Un moment plus tard Marc survient pour vérifier nos toilettes qui ne fonctionnent toujours pas... il y a une grosse fuite au niveau de la pipe. Il regarde aussi nos fauteuils dont les boulons lâchent de toute part. Il faut aller acheter ce qu'il faut pour que cela tiennent définitivement. Puis il se retire.

Je me repose un moment au salon puis je me remets sur l'ordinateur où je dois effectuer des heures de travail de récupération de mes textes... quel bazar ! Il va falloir que je sauvegarde avec minutie.

Maurice rentre à dix-huit heures totalement épuisé, surexcité et en crise de panique comme cela lui arrive souvent à présent.

Affolé il ne me parle pas de sa visite mais il cause beaucoup et vite... ce n'est pas étonnant s'il est tellement malade, les infirmières se sont trompées, elles lui donnent trop de cortisone !... Je n'y comprends rien, cela m'inquiète... puis il recherche dans ses remèdes... il me dit que la pharmacienne lui a refusé ses comprimés... je me pose des questions... je le presse de m'expliquer correctement la situation... rien à faire, il s'énerve, s'enferre dans ses contradictions... bref, la pharmacienne lui a refuser sa morphine sous prétexte qu'il doit en avoir encore pour huit jours à la maison... ça ne colle pas... il s'entête à calculer avec ses 20 mg... mais je lui dis qu'il se trompe, il ne s'agit pas de 20 mg matin et soir mais 40 mg matin et soir... il s'interroge mais reste sur ses positions et appelle le cabinet où se trouve Béatrice. Il lui annonce que les infirmières se sont complètement plantées... il reste sur cette position fausse. Bon, je lui redit qu'il se trompe, il s'agit d'une erreur, le médecin a dû se tromper et Maurice ne suit plus vraiment son traitement... il s'y perd. Bref, le remplaçant c'est trompé dans la prescription et le médecin sur cette lancée à continuer en écoutant Maurice qui se leurrait... je leur ai fait remarquer mais pas assez fort... finalement, j'ai fait un mot au docteur pour qu'il rétablisse la situation au plus vite. En attendant, ce soir Maurice n'aura que 20 mg de produit morphinique au lieu de 40mg, il risque fort de souffrir ! Il va falloir rééquilibrer avec les doses intermédiaires... compliqué !... Mais quelle salade, quel énervement pour lui qui veut toujours s'occuper de tout quand il ne le peut plus !

Une fois le calme retrouvé, il me confie qu'il a apprécié le pneumologue du Centre Hospitalier de Cornouaille à Quimper. Le spécialiste lui a confirmé la gravité de sa situation avant et après sa double trépanation... le caillot et l'hémorragie étaient extrêmement graves, mais maintenant ce qu'il reste du caillot de sang est toujours aussi grave. Il ne nous apprend rien.

Dans tous les cas, il devra revenir pour une visite prolongée d'une nuit avec son respirateur. En attendant, le médecin va contacter celui de Lyon à l'hôpital de la Croix-Rousse pour un suivi régulier.

Mardi 1er Mars 2016, nous fêtons les 25 ans de ma petite-fille Mélissa,

Je me lève pour mettre les pieds sous la table. Maurice a déjeuné et Véronique R. me sert un café bien chaud. Céline est déjà là. Nous reparlons de l'incident d'hier et Céline affirme avoir suivi la prescription à la lettre ce dont je ne doute pas une seule seconde.

Comme d'habitude Maurice va très mal. Il a besoin de se reprendre, de dormir le plus possible. Cette nuit ses quintes de toux m'ont réveillées. Malgré cela, il s'en va avec Véronique R. cueillir un peu de haie de fusain pour nos biquettes. Elles ont aussi réussi à renverser la huche à pain mise pour le maïs il y a deux jours. Elles en profitent pour sauter dessus et faire les folles. Ah, les chameaux ! Aussi s'en va-t-il remédier à cela. Il réinstalle la huche avec un clou. Mais bien entendu il rentre totalement épuisé.

Comme chaque jour, nous avons une pensée particulière envers nos enfants et surtout aujourd'hui envers notre petite-fille Mélissa. Elle fête ses vingt-cinq ans avec son amour, son trésor de bébé d'un an.

Après le repas, Maurice s'allonge et s'endort pour l'après-midi. Céline repasse pour les soins. Demain, je devrai être à jeun pour ma prise de sang régulière tous les trois mois.

Le ciel est resté gris pour une journée qui s'achève dans le calme.

Mercredi 2 mars 2016,

Aujourd'hui un grand soleil se lève sur la Pointe mais aussi un vent fou et gelé qui refroidit tout.

Je me lève toute endormie pour attendre l'infirmière au salon. Je dois être à jeun pour ma prise de sang. Véronique M. arrive suivie de Céline qui passe directement à la prise de sang puis elle s'occupe de Maurice.

Ce matin Maurice n'a qu'une seule idée en tête : maintenir le piquet du portail des biquettes par un mortier. Ce qu'il s'en va faire immédiatement avec l'aide de Véronique. C'est bien vite fait et cela nous évitera bien des problèmes. Bon, il rentre à la maison content mais gelé.

Je demande à Véronique de me laver les petits rideaux de la cuisine et ceux de la chambre puis de les inverser, pendre les hiboux dans la chambre assortis à la couette et mettre les papillons dans la cuisine. Voilà l'assortiment me convient mieux.

En cuisine, je prépare les légumes pour une jardinière et Véronique vient m'aider pour les épluchures. Véronique se retire au son de la pointeuse (qu'est-ce que ça m'énerve!) et nous passons à table.

Nous allons essayer de nous reposer cet après-midi mais le fournisseur du respirateur doit passer. Étrange qu'il vienne nous voir juste après la visite chez le pneumologue ! Le médecin a dû le rappeler à l'ordre... c'est incroyable... ces fournisseurs ne sont là que pour encaisser mais pour le suivi du malade, les changements de masques il n'y a plus personne... c'est fou ce que la conscience professionnelle des gens à diminuer !

Et puis, nous devrions aussi avoir la visite de Marc... enfin, nous verrons. De toute façon Maurice dort trop la journée et pas assez la nuit.

Un vent fou souffle en sifflant méchamment dans les bruyères et les ajoncs de la lande.

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 19:21
La Pointe-du-Raz vue depuis les champs, et la côte près de chez nous...
La Pointe-du-Raz vue depuis les champs, et la côte près de chez nous...

La Pointe-du-Raz vue depuis les champs, et la côte près de chez nous...

LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

*La mort est une porte qui mène à la naissance. J'aime à penser que nous sommes comme des arbres, le printemps avec la naissance et la jeunesse, l'été avec l'amour naissant et les enfants comme les beaux fruits de nos amours, l'automne avec l'âge d'or, des enfants grandis et la naissance de petits-enfants, l'hiver avec la tendresse et l'arrivée des arrières-petits-enfants et la porte de la mort qui s'ouvre sur une nouvelle vie et ainsi à l'infini pour apprendre et apprendre encore.

(Dana LANG)

LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

Mercredi 24 février 2016,

Maurice n'a pratiquement pas dormi... il passe des moments difficiles et de plus en plus éprouvants.

Après les soins, il veut me dépanner car mon compte internet est bloqué depuis deux jours... je suis certaine d'avoir été piratée. Le pirateur m'a eut cette fois... je n'ai pas fait suffisamment attention... il m'indiquait un message sur SMS et j'ai répondu comme pour un message téléphonique... j'aurai dû le rejeter et me voilà coincée. Maurice téléphone à orange et finalement y passe le matin. Puis, il fait faire les manœuvres sur la télévision pour que notre enregistreur fonctionne. Il en sort totalement épuisé... il ne peut plus fournir d'efforts intellectuels... il n'en peut plus ! Je suis navrée pour lui, mais il ne veut jamais céder, s'avouer vaincu.

Je dois m'occuper des biquettes. Elles n'ont plus de haie pour satisfaire leur voracité aussi, malgré la grippe, je pars avec le vieux fauteuil roulant de Maurice cueillir du lierre et couper des haies... il fait un froid de canard et je grelotte. Je me dépêche et fais le plus vite que je peux. Les biquettes m'ont vues et elles bêlent à perdre haleine... elles crient à gorge déployée même, et le bouc voisin s'invite à la partie. Ce sont des bêlements à n'en plus finir jusqu'à ce que je revienne chargée de bonne nourriture bien fraîche. Aig est trop mignonne... ce matin elle me faisait des fêtes en voulant jouer avec moi, trop drôle cette façon de se lever sur ses pattes arrières toutes cornes en avant... un signe d'affection... d'amour !

Nous sommes au salon lorsqu' arrive Céline pour les soins puis derrière elle, Pierre vient s'inquiéter de nous et me propose de m'emmener en courses demain matin. Ça tombe bien, le frigidaire totalement vide a besoin d'être rempli et Maurice ne peut vraiment plus m'emmener nulle part depuis deux mois.. Vraiment je suis épatée par la gentillesse de nos amis bretons.

Le temps aujourd'hui pareil à celui d'hier s'achève sur une nuit de crachin.

Jeudi 25 février 2016,

Il fait une journée éblouissante de soleil. Maurice a peu dormi et se traîne comme tous les jours... sa toux ne cesse pas, malgré tous les remèdes et les inhalations. Pierre vient me chercher comme convenu à neuf heures trente pétantes pour me conduire en courses accompagnée de Sylvie. Nous faisons le plein pour un mois. Ensuite nous rentrons pour ranger les courses. Sylvie se retire.

L'après-midi, Maurice prend idée de retourner la balançoire que les chèvres ont renversée. Évidemment entêté comme à l'ordinaire, il s'embarque dans une drôle de galère car il ne tient pas debout. Il va cependant cueillir une bonne brassée de haie de fusain et revient avec son chargement sur l'arrière du fauteuil sur lequel il est mal assis tant il a changé de morphologie, mais ce fauteuil nous dépanne dehors... et cela nous évite de sortir ceux qui sont garés dans le véhicule... à la maison, nous nous arrangeons avec les fauteuils manuels. Bon, il ouvre le portail aux chèvres et va ranger la balançoire. Pendant ce temps, je nettoie le petit poulailler vite fait, mais deux poules s'échappent par le fond resté ouvert... c'est de ma faute ! J'aurai dû fermer la petite porte afin quelles ne s'échappent pas par le plancher ouvert. Ah, les sottes... et elles ont très bien compris ! Nous voilà dans de beaux draps ! Maurice s'énerve car il lui est impossible de courir après et moi de même... tant pis, elles reviendront toutes seules ! Je termine le nettoyage, elles en profitent pour gratter dans les bons coins pleins de vers... bon, mais Maurice s'impatiente... je les poursuis jusqu'à ce qu'elles retrouvent le chemin pour rentrer... pas moyen... c'est autour de Maurice cependant que je tiens le portail entrouvert, mais j'ai le dos tourné et c'est à la chèvre Aig de prendre la poudre d'escampette... Maurice explose de colère... bon, on recommence tout ! Je parviens à faire rentrer la biquette, puis peu à peu, nous réussissons à faire rentrer Cabosse puis Caboche qui tente de passer par-dessus un monticule de branches sans y parvenir. On sent bien qu'elle veut retourner chez elle. Nous finissons par la faire passer par le portail de l'enclos, ouf !...

On est mort ! J'ai mal de partout, je n'en peux plus... Maurice est exsangue... pour le coup on a pris le soleil ! Vidés, épuisés, anéantis, nous pénétrons à l'intérieur en regrettant l'idée qui nous a pris de faire cela tous seuls... dans l'après-midi, Marc passe nous voir.

La journée se termine dans le calme absolu.

Vendredi 26 février 2016,

Ce matin Nelly arrive dans le vent et la pluie. Il fait très mauvais et froid. Le ciel est bouché, gris et noir. Caroline, l'infirmière vient à son tour. Je finis de déjeuner. Elle passe aux soins. Nelly nous prépare une tourte aux poireaux et une tarte pommes poires pour midi, avec une salade de chou-fleur, tout est prêt. Maurice a été victime d'une quinte de toux cette nuit qui n'en finissait plus. De mon côté depuis hier, les muscles de mes jambes, derrière les cuisses et ceux du dos me font souffrir... le soir, dans mon fauteuil des impatiences dans les jambes rajoutent à ma grande fatigue tant elles remuent .

Marc averti de la fuite d'eau aux toilettes vient aujourd'hui pour réparer. Nous lui avons fourni un mauvais produit... il ne colle pas à l'eau. Il nous arrange aussi nos deux fauteuils dont les boulons d'origine ne tiennent guère. Eh bien voilà qui redonne un coup de fouet au moral pas terrible en ce moment. Ensemble nous prenons un café autour de la tarte de Nelly... puis, il nous quitte, lui aussi fatigué.

Nous terminons la journée avec un vent fou... il siffle sur la lande comme mille et un serpents... et refroidit la maison. La houle est démontée...

Les chevaux du Centre hippique paissent dans la lande derrière chez nous...

Les chevaux du Centre hippique paissent dans la lande derrière chez nous...

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 19:36
E.KUBLER-ROSS
E.KUBLER-ROSS

*Si je peux empêcher un coeur de se briser, je ne vivrai pas pour rien. Si je peux alléger les souffrances d'un être vivant ou atténuer sa peine, ou remettre au chaud un petit merle tombé du nid, alors je ne vivrai pas pour rien.

(E.Kubler-Ross «La mort, porte de la vie»)

Lorsque nous étions passés à Bordeaux
Lorsque nous étions passés à Bordeaux

Lorsque nous étions passés à Bordeaux

Cours d'Amour à Thionville (Lorraine)
Cours d'Amour à Thionville (Lorraine)

Lundi 22 février 2016,

Maurice va mal, très mal, de plus en plus mal... gonflé d'œdèmes, sans pouvoir respirer il est acculé à souffrir de partout... il se traîne avec les plus grandes difficultés pour se rendre aux toilettes et il tousse à perdre haleine... plus qu'une semaine à attendre pour enfin arriver à consulter chez le pneumologue à l'hôpital de Quimper... la très grande urgence aura mis le temps.

Un nouveau dimanche sans soins, afin de pouvoir dormir, n'aura pas été favorable à Maurice... il se retrouve en sang. Julien arrive pour les soins et ne trouve pas mieux à faire que de le faire monter dans la baignoire... c'est lui faire prendre de trop grands risques mais il ne le sait pas, et bien entendu mon époux qui ne plie pas ses jambes et ne tient pas immobile plus d'une minute, tremblant de tous ses membres souffre le martyre... mais qu'est-ce qu'il s'imagine ! À qui croit-il avoir à faire ?... Alors quand c'est mon tour des soins, j'explose... je lui dis tout ce que j'en pense et de toutes ces personnes (assistantes sociales, ergothérapeute et compagnie) qui sont passées nous voir incapables de faire quoi que ce soit et de mener à bout un dossier pour ce qui nous concerne... dans tous les domaines d'ailleurs. Eh oui, nous avions une maison que nous avions toute refaite et mise aux normes handicapées où nous avons dépensé une véritable fortune, eh oui, nous avions tout cela sans l'aide de personne, mais nous y avons englouti toutes nos ressources et au-delà... eh oui, toutes nos forces et notre courage aussi ! Et maintenant voilà, rebelote... seulement nous n'avons plus l'argent pour le faire. Je comprends Julien, il veut faire au mieux et Maurice a grandement besoin d'une douche, il en a de plus en plus besoin et moi, également d'ailleurs mais c'est matériellement et physiquement impossible. Donc, je le gronde bien fort mais gentiment... il vient d'en faire l'amère expérience et devant l'impossibilité de ressortir de la baignoire au vue des grandes difficultés de Maurice il a prit peur et il a réalisé le danger... il ne recommencera pas !

En ce moment, c'est vrai, ils m'irritent tous... l'ADMR et leurs nouvelles dispositions... l'émiettement de nos droits... la diminution de nos ressources avec la baisse des retraites (tous les handicapés y passent et pour ceux qui perçoivent l'AAH, c'est pareil !). Heureusement que l'on devait améliorer leur sort ! Ce sont eux les plus pauvres et eux qui paient au prix fort leur situation... personne ne demande à être malade et encore moins en situation de handicap... nous vivons dans un monde en totale incohérence, en pleine absurdité... un monde indigent, un monde sans pitié.

Bon je me calme. Le médecin arrive vers treize heures. Nous avons fini de déjeuner il y a trente minutes. Nous sommes contents de le voir. Il arrive décontracté, ses vacances ont été bénéfiques mais il reprend en pleine épidémie et déjà, on l'appelle de toute part. Il prescrit des inhalations avec une machine électrique en location pour Maurice, pour moi un produit à inhaler par la bouche. Il reviendra dans dix jours pour renouveler l'ordonnance.

Nous nous posons au salon. Éliane passe nous dire bonjour, prendre des nouvelles autour d'un café. Nous prenons le temps de discuter tranquillement, cela nous fait du bien. Julien repasse pour les soins du soir. Il emporte nos ordonnances chez le pharmacien puis nous téléphone, nous aurons nos remèdes demain matin.

Ouf, totalement épuisés, nous terminons cette journée autour d'une soupe.

Mardi 23 février 2016,

Céline arrive tôt avec les remèdes commandés de la veille. De mon lit, je l'entends causer avec Maurice qui, bien entendu, à très mal dormi. Je me lève. Nathalie vient à son tour et nous prépare le déjeuner. Ce matin, elle m'aide à la cuisine. Nous préparons des endives en salade, une brandade de morue, une ratatouille, un riz au lait... repas préparés pour plusieurs jours afin de me soulager.

Suite au repas de midi, nous passons une journée au repos entrecoupée d'inhalations. Après le fauteuil de Maurice qui perd ses boulons, maintenant c'est le mien, j'espère que nous allons pouvoir les sauver... il ne manquerait plus que ça !

Il pleut par intermittence des petites pluies fines et la bouscaille s'installe sur la presqu'île... nos chèvres sortent dans les moments d'accalmie... les poules font la grève des œufs depuis la dernière tempête.

Les paysans poursuivent leur mouvement dans les villes de Bretagne... nous sommes à leurs côtés.

Mercredi 24 février 2016,

Maurice n'a pratiquement pas dormi... il passe des moments difficiles et de plus en plus éprouvants.

Après les soins, il veut me dépanner car mon compte internet est bloqué depuis deux jours... je suis certaine d'avoir été piratée. Le pirateur m'a eut cette fois... je n'ai pas fait suffisamment attention... il m'indiquait un message sur SMS et j'ai répondu comme pour un message téléphonique... j'aurai dû le rejeter et me voilà coincée. Maurice téléphone à orange et finalement y passe le matin. Puis, il fait faire les manœuvres sur la télévision pour que notre enregistreur fonctionne. Il en sort totalement épuisé... il ne peut plus fournir d'efforts intellectuels... il n'en peut plus ! Je suis navrée pour lui, mais il ne veut jamais céder, s'avouer vaincu. Je dois m'occuper des biquettes. Elles n'ont plus de haie pour satisfaire leur voracité aussi, malgré la grippe, je pars avec le vieux fauteuil roulant de Maurice cueillir du lierre et couper des haies... il fait un froid de canard et je grelotte. Je me dépêche et fais le plus vite que je peux. Les biquettes m'ont vues et elles bêlent à perdre haleine... elles crient à gorge déployée même, et le bouc voisin s'invite à la partie. Ce sont des bêlements à n'en plus finir jusqu'à ce que je revienne chargée de bonne nourriture bien fraîche. Aig est trop mignonne... ce matin elle me faisait des fêtes en voulant jouer avec moi, trop drôle cette façon de se lever sur ses pattes arrière toutes cornes en avant... un signe d'affection.

Nous sommes au salon lorsqu' arrive Céline pour les soins puis derrière elle, Pierre vient s'inquiéter de nous et me propose de m'emmener en courses demain matin. Ça tombe bien, le frigidaire totalement vide a besoin d'être rempli et Maurice ne peut vraiment plus m'emmener nulle part depuis deux mois.. Vraiment je suis épatée par la gentillesse de nos amis bretons.

Le temps aujourd'hui pareil à celui d'hier s'achève sur une nuit de crachin.

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 01:05
LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

–Dis-moi, qu’est-ce qu’elle a mangé à midi, Dana ? –Ben, de la soupe de poissons, une salade composée, et…

–Non ! Elle mange des syllabes !

Dans la bouche de deux petites filles de six ans Charvieu (69-Rhône)

~~LETTRES ENVOYÉES PAR DES ENFANTS :

* J’ai reçu ta lettre et ta publicité, je l’ai porté à la maîtresse, elle est d’accord et elle t’appellera pour venir raconter des histoires… Claire

* J’ai bien aimé vos histoires… ma fée, comment s’appelle-t-elle? Élodie

*Cette promenade m’a fait un bon souvenir. J’ai bien aimé vos contes. Est-ce que les fées et P’tit loup vont bien ?...Merci de m’avoir accueillie, moi et ma classe… Chloé

*Je vous souhaite une belle vie de fée et je vous fais un baiser. Virginie

*J’ai vu une fée dans mon arbre, elle avait des cheveux blonds, sa robe était rouge. Je me demande qui elle est ?... Sandra

*As-tu rencontré tes amies les fées ?... Je t’aime beaucoup, énormément…Tu me manques… Sonia

*Avec vous on a fait une agréable journée. Les histoire était formidable. Le petit coq… était toutes bien… Vous ête une fée. Julien

*Dana Lang : j’ai bien aimé tous tes contes même si le temps ne mettait pas du sien, et quand on est rentré on s’est bien réchaufer. Mais je me souviendrai de toi. Fabien

*Dépéchez-vous facteur, l’amitié ne peut pas attendre pour une si belle conteuse, la conteuse est merveilleuse, c’est une fée pour consolé... Sonia

*Tu es toujours enfoui dans mon cœur… je me rappelle les contes que tu nous a raconté… les histoires je les ai raconter à mes grand-parents… au faite comment va le prince petit loup. Je l’aime énormément celui-là (C’est mon chat ! Tous les enfants parlent de lui dans leurs lettres). Sonia

*On a bien aimé vos contes que vous avez raconter. Ce sont de beaux contes. Myriam et Aurélie

*Chère Dana, cela fait trois fois que tu nous a pas raconté une histoire. Veux-tu venir dans la classe nous raconter tes histoires ? Quand peux-tu venir ? Quel jour et à quelle heure ? Merci. Voici l’adresse. (CP de Vénissieux, le 11 mai 1989)

*Merci de nous avoir emmené dans les bois où tu nous as raconté des histoires… Romain Nous avons fait un livre sur Le Cergne, il est très bien, nous sommes aussi allés voir la mairie. Frédérique

*Surtout, j’ai bien aimé te voir, j’étais immobile, je voulais rester avec toi, mais j’étais obligée de partir avec ma classe, j’ai vu beaucoup de fées quand je suis allée dans les bois… Audrey

*Dana, à l’école je travaille bien, mais vous nous manquez à tous avec vos contes enchanteurs … Benjamin

*J’ai bien aimé vos contes, ils étaient très jolis, je vous aime beaucoup… Catherine

*J’ai bien aimé tes histoires… Laëtitia

*J’ai très bien aimé cette promenade dans le pays des fées… Alban

*J’ai été visité le Pays des Fées avec mes parents. Ils n’ont pas vu de fée, c’est bien dommage... Gwenaëlle

*As-tu rencontré tes amies les fées ? Je t’aime beaucoup, énormément… Sonia

*Quand je suis allée au lit, j’ai rêvé des histoires que tu nous a racontées… Sophie

*Je vous souhaite une belle vie de fée… Virginie

*Les histoires étaient formidables !...vous êtes une fée !... Julien

*Tes contes étaient génial et toi aussi d’ailleurs ! Karine

*Vous nous manquez… Mickaël

*Je me souviendrai de toi… Fabien

LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

~~Dimanche 14 février 2016,

La tempête a cessé. Hier soir, j'ai écrit jusqu'à deux heures du matin.

J'ai aussi répondu à un enseignant qui me recherchait depuis longtemps car il avait, il y a une vingtaine d'années, participé avec les classes vertes de l'époque. Il avait ainsi conduit ses élèves de maternelle à des 'Balades Contées en Forêt' pour un circuit autour du Cergne, sur les Terres d'Anne de Beaujeu.

Autour de ma maison j'y organisais des attractions contées sur sept amphithéâtres naturels. Les enseignants et les parents accompagnaient des scolaires, où des colonies, où des enfants handicapés.

J'ai reçu en sept ans 20000 scolaires, leurs parents et leurs enseignants et ceux qui le souhaitaient (quand je ne l'avais pas oublié) pouvaient mettre un mot où un commentaire dans le livre d'Or. Je garde tous ces très nombreux témoignages (bien qu'ils en manquent trois fois plus) dans mon presse book.

Tous pouvaient pique-niquer autour de ma maison de pierres aux abords de la forêt dans un pré où dans les sous-bois. Je garde aussi de belles photos de ces moments.

Je recevais souvent quatre cars scolaires à la fois, venus de départements voisins, le Rhône, l'Allier, la Saône -et-Loire, la Loire évidemment. Tout le monde en descendait et je commençais à conter sur la place du village.

Ensuite devant l'église pour mon 'P'Tit Brin d'Coq', aussi au-dessus de Cours-la-Ville puis près de la source légendaire du Cergne, où j'ai écrit 'La Fontaine des Pleurs' inspirée de faits historiques. Curieuse analogie entre cette Fontaine et celle écrite ici, depuis notre installation en Bretagne où j'ai écrit 'La Fontaine de la Mer' en m'inspirant du lieu de 'Feunteun Aod' hautement pittoresque, très visité et la révolte contre la Centrale nucléaire des Plogoffistes qui devait être construite ici même !

Évidemment, pas plus tôt arrivée ici, j'ai regardé immédiatement si le bourg où nous vivons actuellement possèdait un petit coq sur son clocher et je vous le donne en mille, 'P'tit Brin d'Coq' était bien là... ce qui me permets de le dire dans mes contes, comme lors de la séance contée de Noël le 20 décembre 2015 'Plume de Corbeau' au théâtre Georges Madec d'Esquibien !

Ensuite j'entraînais les classes sur le chemin forestier qui descendait jusqu'à ma maison, où nous nous étions déjà arrêtés entre-temps deux fois pour un conte, puis après le pique-nique nous descendions au creux de la vallée au bord de la rivière, là où vivaient des hardes de sangliers, enfin nous remontions au village par l'autre côté de la crête. Nous nous étions arrêtés encore cinq fois pour remettre l'ambiance contée entre les passages de marche en forêt magique.

Depuis mon installation j'avais fait des repérages pour trouver les coins les plus appropriés et j'avais nettoyé ces espaces qui parfois étaient recouverts de hautes tiges, de ronces, d'orties et autres herbes piquantes, etc... tous ces lieux respiraient les odeurs de mousse et de bois et je m'ingéniais à créer l'atmosphère féerique qui convenait parfaitement à mon propos. Les fées veillaient sur nous et j'ajoutais bien entendu des contes qui se rapportaient souvent à notre environnement, cette nature si belle et omniprésente. Tous les auditeurs demeuraient sous le charme de cette ambiance magique recrée dans ces endroits mystérieux et aux arbres si hauts (pins de l'Orégon : pins de Douglas, les plus hauts d'Europe !).

Rien ne vaut la forêt pour donner cette dimension aux contes. Et plus encore lorsque j'avais crée un Festival 'Flèche des Fées' durant cinq ans, Festival de Conteurs en Forêt et en Cabarets où d'autres conteurs m'accompagnaient tel le célèbre Mamadou Diallo, conteur sénégalais, qui nous a quitté à quarante ans, Guy Prunier, pour une soirée à la contrebasse et à la maison, Sam Cannarozzi et son épouse, Marie-France Marbach au Théâtre Quintius, Henri Cazaux, Armelle, sa compagne, Kamel Guennoun pour des apéro contés où ils ont mis le feu au bar, des contes ensemble à l'Hôtel Bel'Vue et dans la Salle Polyvalente de La-Ville, aussi à l'Orangerie avec Tenzin Gonpo qui m'accompagnait de ses instruments et chants tibétains (spectacle unique et inoubliable), Joël Smets, conteur belge, Hassan, un mime cinéaste marocain à l'auberge du village et en forêt avec Sergi Marguin qui m'accompagnait de ses flûtes de Pan... le summum de la rêverie !

Toujours est-il que cet enseignant a réveillé en moi beaucoup de souvenirs enchanteurs de la période où intermittente du spectacle, je passais mon temps entre la forêt mystérieuse et oubliée et en tournée sur les routes accompagnée de divers musiciens pour me rendre dans les écoles, les bibliothèques, les salles de spectacle et les festivals... quel travail intense et merveilleux (22 années plongée dans l'univers exigeant du conte sans parler de mes très jeunes années), et où je camouflais ma maladie avec une canne représentant parfois la baguette magique de la fée, parfois la canne de la sorcière... car je souffrais intensément de ces marches en forêt.

Oui que de bien beaux et bons moments nous avons passés tous ensemble les enseignants, les parents, les enfants et moi... un pur bonheur...

Alain avait noté et conservé mes petits refrains, mes formules et formulettes et ma façon d'aborder mes contes, création artistique que chaque conteur parvient à introduire suivant sa personnalité et c'est bien là tout l'intérêt dans les Festivals, donner à voir tant de personnalités différentes et parfois pouvoir faire la comparaison sur un même conte. C'est extraordinaire la diversité que cela propose aux auditeurs.

Enfin Alain avait le goût de conter des histoires à ses enfants, ce qui démontre la qualité de l'enseignant. Je regrette toujours que le conte et les histoires magiques ne soient pas mises au programme de toutes les classes mais pas seulement les petites, mais aussi les primaires, les collèges et les lycées (que d'ailleurs j'ai reçues en forêt). Le goût de l'étude serait tellement meilleur car le conte non seulement permet de grandir et de structurer la personnalité de l'enfant, mais encore il l'amène à rêver, à entendre des valeurs précieuses qui remontent de la nuit des temps et surtout il console, cajole, apprend la tolérance, le respect, le courage, etc...

Cet enseignant avec qui j'avais crée des liens d'amitié, a fait ressurgir en moi toutes ces tranches de ma vie... et tant de difficultés à traverser pour parvenir à la réalisation de tous mes rêves.

Mais malgré une adversité féroce due à cette sorcière qui s'est penchée sur mon berceau, les douze fées qui étaient là m'ont aidées en contrepartie en me dotant d'une force mentale incroyable et d'une âme forte (ce que j'explique dans 'Les Sanglots du Vent', mon récit autobiographique actuellement en rupture de stock – en deux ans, j'ai ai vendu sept cent exemplaires) il connaît un succès incroyable surtout auprès de mes lecteurs et je garde toujours ma liste d'attente dans l'espoir de pouvoir en retirer ou de trouver enfin un éditeur qui se chargera de tout ce lourd bagage de tant de travail assidu et qui comprendra à quel point mes livres se vendent bien. C'est mon rêve le plus fou et les fées qui m'accompagnent y veilleront, sans nul doute... elles me doivent bien cela après avoir donné autant d'énergie, de plaisir et d'enseignements aux enfants, à plusieurs générations... comme nous sommes précieux nous les conteurs pour les aider à grandir et se forger dans la non-violence !

Quoiqu'il en soit je suis heureuse d'avoir retrouver Alain, nous pourrons continuer à communiquer sur le net. J'ai aussi revu un professeur de collège Jean-Michel DENIS, lauréat du 1er Prix Littéraire de Femmes Actuelles avec 'Les Mots du Passé' sur un Marché de Noël et lui également me commentait ses souvenirs éblouis de ses passages avec ses élèves en Festival pour mes attractions contées en Forêt Légendaire.

J'en ai également retrouvé d'autres sur des Marchés de Noël de la région mais aussi sur des brocantes autour de notre village... mais, maintenant, je n'habite plus cette maison que j'avais achetée avec tant d'enthousiasme et tout spécialement pour la réalisation de ce rêve fou... Après vingt ans passés, l'on me recherche encore mais je suis revenue auprès de mes sœurs les fées... retrouver tous les mystères de la vie, ici en Bretagne où je conte parfois, à la maison pour le public, et pour les écoles dans des lieux adaptés (après l'avoir fait dans certains Salons du Livre en Rhône-Alpes, Auvergne, Bourgogne, Paca)... de façon beaucoup moins assidue que durant ses douze années de conteuse professionnelle) car touchée par l'évolution d'une maladie génétique rare genre sclérose en plaques... cela ne m'empêche pas de travailler d'arrache-pied, de créer des contes... j'écris aussi des témoignages de vie en ces dix-sept ans de galère dans la maladie et le handicap à deux... cela devient difficile car les livres s'accumulent. Et puis bien sûr, il y a ma trilogie fantasy (fantastique) inspirée par la Légende Arthurienne où l'on reconnaît la Baie d'Iroise, décor planté à Douarnenez en 2003 dans la première époque, puis dans les Montagnes du Soir et les Montagnes du Matin, lieu de La Biche au Bois, vers la maison de la Forêt pour la deuxième époque et ensuite un retour sur tous ces lieux, sur la carte, pour un ultime combat contre les forces du Mal... ces livres sont destinés aux grands ados, jeunes adultes et plus...

Et puis, pour me consoler de cette adversité terrible, je participe avec mes contes et ma prose poétique et insurrectionnelle à de très nombreux Prix Littéraires Internationaux afin de compenser le manque de contacts avec les Salons du Livre... J'ai ainsi en deux ans été lauréate de 42 Trophées, Prix, Médailles et Mérites Littéraires Internationaux... où bien entendu, il m'aurait fallu me rendre aux quatre coins de la France pour recueillir mes trophées, coupes, livres, diplômes, etc...

Maurice qui n'est plus médicalisé, supporte un traitement de confort et ne peut plus me conduire où que ce soit... (je ne conduis plus, hélas depuis 2003)mais cela risque de changer, des amis vont pouvoir m'y emmener en conduisant notre grand véhicule adapté pour deux gros fauteuils roulants électriques... je déteste le laisser seul à la maison mais je n'en ferai pas trop souvent, cependant tant que je le pourrais, je dois garder le contact avec la profession.

Quant à aller à Sacramento l'an dernier et cette année cinq jours à Prague en septembre, faire le tour du monde avec la World Académy of Arts and Culture and World Congress Poets... j'étais déjà appelée à faire le tour du monde comme conteuse (à Abidjan en 1998, j'y étais) et aussi me rendre au Canada, donc, je ferai le tour du monde en tant que conteuse, auteure et poète dans ma prochaine vie... car compte tenu de ma situation cela s'avère irréalisable... cela vient trop tard, hélas !... Mais je ne désespère pas !

Aujourd'hui dimanche, nous faisons relâche. Nous dormons sans le fracas intenable du bruit de la Tempête Ulrica et ce jusqu'à dix heures. Après le déjeuner, Maurice découvre beaucoup de possibilité avec les chaînes orange, mais il n'est pas aisé de naviguer entre canal sat et orange. Quoiqu'il en soit il met la main sur tous les épisodes de la série 'Le Baron Noir' et du coup nous nous posons devant la télé pour huit épisodes de onze heures à dix-huit heures ! La série fort passionnante et superbement interprétée nous a tenue en haleine jusqu'à la fin.

La soirée s'achève sur mon ordinateur, cependant que Maurice s'endort au salon...

Lundi 15 février 2016,

Le temps s'est totalement assagi. Le ciel se découvre vers huit heures laissant apparaître le ciel bleu, le soleil et quelques nuages blancs. Ils s'effilochent et se disloquent peu à peu.

Pourtant hier soir de très gros nuages noirs et menaçants recouvraient le fond de l'horizon... quelques petites averses sont apparues encore dans la nuit, mais aujourd'hui froid avec -1° et puis douceur avec le soleil éclaboussant la lande... c'est nos chèvres Aig (Aik) et Froudenn qui sont heureuses ! Caboche, Cabosse et Dondon, les poules se suivent l'une derrière l'autre picorant à qui mieux mieux.

Maurice a repris la crève et je refais des infusions de feuilles de ronces.

Aujourd'hui, j'ai très froid, mal à la tête et je pense que cela risque d'être à mon tour, on verra.

Véronique M. puis Céline pénètrent dans notre maison. J'ai à peine le temps de déjeuner.

Comme hier, je garde une compresse de Versatis sur les cervicales avec ma minerve.

Le médecin frappe à la porte et entre.

Je le regarde les yeux écarquillés :

–Bonjour docteur, mais que se passe-t-il ?

–Mais pourtant c'est bien vous qui m'avez appelé ?

– Non pas du tout... Maurice a repris la crève, mais nous gérons, il boit des feuilles de ronces...

– J'ai tellement l'habitude que les appels viennent d'ici que je suis venu directement là... il regarde ses papiers... c'est au 4 !

– Non, ce doit être chez Pierre et Éliane. Nous lui indiquons le chemin. Il repart... nous sommes inquiets pour nos amis... il va falloir que je téléphone où mieux que j'aille les voir... ce que je fais à dix-sept heures trente après être restée au lit un moment de l'après-midi où j'étais en pleine crise d'asthénie.

Nous terminons la soirée bien tranquillement, Maurice endormi au salon et moi sur l'ordinateur...

PARIS le 2 juin 1990

–Vous faites mieux que raconter, vous créez une ambiance ! (Un admirateur, à Paris le 2 juin 1990)

–En tout lieu, de toute éternité, à ton image, des femmes ont su créer des univers magiques en perpétuant des traditions orales. Cette mère hypnotisant son enfant par la parole (sur la carte postale), m’a fait penser à toi. Continue d’être la bonne fée, celle du rêve, du bonheur en 1990 et au-delà ! (Elyett, enseignante)

LYON SAINT-JEAN, 1990, 'TERRE DE LUMIÈRE' devant des lamas tibétains

–Mais qu’est-ce que vous avez attendu jusqu’à présent ?...vous vous rendez compte du temps qu’on a perdu ! (Un admiratif, après le spectacle : Terre de Lumière’)

–Vous alors ! Vous êtes mieux qu’une séance de yoga, vous nous emmenez tout de suite au ciel (Une personne après le spectacle donné à St Jean (Lyon), lors du passage des lamas tibétains dans la cathédrale).

–C’était très bien, bravo ! Ce spectacle là, était d’une très grande qualité, faite-le payer très cher ! (Roger CHARRET, ethnologue, après ‘Terre de Lumière’)

–J’ai écouté des conteurs, mais vous êtes de loin la meilleure ! (Un admirateur après ‘Terre de Lumière)

~~‘SALLE ERIK SATIE’ à VENISSIEUX, ‘TERRE DE LUMIERE’, 16 décembre 1992 :

Ces histoires étaient magnifiques !... Un enfant

Quel chemin parcouru !... Guy Fischer (ami, sénateur né le 12 janvier 1944, décédé le 1er novembre 2014)

Quelle magnifique invitation au voyage et à la sagesse. Merci… un adulte

Milles bravos et remerciements… Lucia

Toute mon amitié… Annie, Angélique

Super !...Quelle avancée… Geneviève

Toute notre amitié !... Jacqueline, Béatrice, Hervé

Ce n’est qu’une allégresse !... Un auditeur

Sur la route du Tibet…j’ai aperçu une lumière. À maman Valérie le 16. 12. 1992

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 13:02
LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

*Le verbe "aimer" est le plus compliqué de la langue. Son passé n'est jamais simple, son présent n'est qu'imparfait et son futur toujours conditionnel.

*Un être est fait de mille facettes et tu n'en vois souvent qu'une à la fois... surtout, surtout, sois indulgent. Hésite sur le seuil du blâme, on ne sait jamais les raisons, ni l'enveloppe intérieure de l'âme, ni ce qu'il y a dans les maisons, sous les toits, entre les gens.

*Écrire est un acte d'amour, s'il ne l'est pas il n'est qu'écriture.

*Le verbe aimer est difficile à conjuguer. Son passé n'est pas simple, son présent n'est qu'indicatif, et son futur est toujours inconditionnel.

(Jean Cocteau, né le 5 juillet 1889 à Maisons-Laffitte, mort le 11 octobre 1963 à Milly-la-Forêt)

~~Samedi 13 février 2016,

Une nouvelle tempête hurlante, rugissante se lève cette nuit et des pointes de vent certainement au-delà de 140 km/h me réveillent à cinq heures du matin. Un grand éclair traverse le ciel et fait sursauter Maurice. Dans la chambre la pluie et le vent assourdissants viennent se fracasser dans les vitres... j'ai l'impression que la fenêtre va s'ouvrir d'un coup, où se briser sur ma tête... tout bouge dans la maison, même les meubles, les vitres aussi malgré les volets baissés. Cela nous met la tête comme une cocotte minute. Et depuis cinq heures aucun répit ne se manifeste... nous ne risquons pas de sortir aujourd'hui sous peine d'un accident.

Céline, l'infirmière arrive toute ébouriffée, maudissant ce temps épouvantable, ces tempêtes qui n'en finissent plus et de plus en plus fortes... la mer est entrée dans la mairie d'Audierne pourtant à marée basse. Qu'est-ce que cela va être à marée haute... ce phénomène est fréquent dans les jours de tempête... plus loin au-dessus, la route est barrée envahie par les vagues... partout la mer déborde et les vagues monstrueuses peuvent vous emporter comme un fétu de paille.

Après les soins, Céline nous quitte pour se jeter dans le vent furieux comme jamais. Aujourd'hui, Marc devrait passer, mais il aurait intérêt à venir quand le temps sera meilleur... impossible de sortir aujourd'hui, en tout cas pour nous qui n'avons aucun équilibre et risquons de tomber à chaque instant.

Je suis sur l'ordinateur, la maison grince de partout... Vers midi, le soleil se pointe mais le vent ne s'atténue pas... il souffle et siffle en furie... par beau temps nos animaux sortent dehors et là maintenant, nos bêtes se cramponnent comme elles peuvent avec leurs pattes ou bien elles font le gros dos sous la tourmente.

Devant moi, ma vitre s'emplit de la mousse de l'écume des vagues, on croirait un dépôt de crème Chantilly... et nous logeons à 300 mètres de la mer... mais il faut observer que nous sommes cernés par la mer tout autour de nous, ce qui s'envole d'un côté amerrit de l'autre !

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 13:36
LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG
LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG
LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG
LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

~~Mercredi 10 février 2016,

La tempête a duré toute la nuit avec parfois des trombes d'eau qui me réveille tant elle claque avec une force inouïe la fenêtre. Bon, mais au matin, un silence assourdissant règne sur la presqu'île avec un grand soleil éblouissant.

Il faut se lever et j'éprouve bien du mal à le faire. Je suis envahie de crampes et de douleurs. Nous déjeunons surpris par tant de silence. Pas un souffle de vent. Tout est calme.

Véronique R. arrive refroidie, la température a baissé. Céline suit et nous passons aux soins. Elle s'occupe de Maurice puis c'est mon tour avec des compresses de Versatis sur les chevilles et la nuque et elle me badigeonne les reins avec du diplofénac, je suis bloquée par un lumbago. Mais, je souffre de partout pour ne rien changer.

Maurice se remet de sa chute. Il a eut du pot de ne pas tomber la tête sur une pierre. Il a bien dormi et ne va pas trop mal, ce matin.

La matinée passe vite. Nous prenons notre repas.

En début d'après-midi, André nous apporte un demi-seau d'huîtres sauvages. Nous sommes bien contents.

Nous finissons la journée tranquillement.

Jeudi 11 février 2016,

La journée débute dans le calme et le soleil... les oiseaux gazouillent à qui mieux mieux.

Sylvie prend son service avant l'heure et après les soins nous partons en courses à Pont-Croix. Lorsque nous arrivons, nous sommes surpris de trouver des tas de neige, mais dans le magasin on nous explique qu'il a grêlé fort... certainement car l'épaisseur est incroyable... quel temps curieux !

Sylvie nous aide vraiment bien pour les achats. Elle nous précède, prend les sacs, les produits que nous ne pouvons pas atteindre. Nous sommes vraiment satisfaits de l'avoir à nos côtés.

Nous rentrons pour ranger les commissions.

Ensuite la journée s'écoule comme d'ordinaire.

Je suis si fatiguée que je vais faire une très longue sieste.

Le ciel reste très instable avec parfois de grosses radées.

Vendredi 12 février 2016,

Ce matin je me réveille avec le volet baissé comme les très rares fois où cela est possible. Pas de vent donc, aujourd'hui mais des averses et un ciel bouché par moment.

C'est au tour de Nelly de venir nous aider. Elle reste en cuisine et nous confectionne une tourte aux poireaux et une tarte aux pommes. Elle aussi peste contre la pointeuse. Elle attend la sonnerie et pourtant elle termine chez nous pour aller prendre son service chez d'autres personnes.

Les cons qui ont inventé cette machine infernale ont bien du temps à perdre et des sous à prendre sur notre dos !

Nous restons seuls et nous déjeunons. Puis nous finissons tranquillement la journée.

Je prépare des documents et des photos en prévision du Salon du Livre de Botmeur... mais j'arrive un peu tard pour l'inscription...

Entre les nuages qui crèvent leurs barriques d'eau, le grand soleil apparaît.

LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 19:13
Quand les vagues sont si hautes que la mer bat et rebat ses vagues pour donner une mer de Chantilly !
Quand les vagues sont si hautes que la mer bat et rebat ses vagues pour donner une mer de Chantilly !

Quand les vagues sont si hautes que la mer bat et rebat ses vagues pour donner une mer de Chantilly !

Honoré de Balzac
Honoré de Balzac

*Le pire aurait été de ne pas avoir vécu.

*J'avais entrepris une lutte insensée ! Je combattais la misère avec ma plume.

*L’amour n’est pas seulement un sentiment, il est un art aussi.

(Honoré de Balzac, né le 20 mai 1799 à Tours, mort à Paris le 18 août 1850 (51 ans)

~~Mardi 9 février 2016,

Hier soir la tempête a fini par s'apaiser et nous avons pu suivre la télévision sans vacarme et nous coucher dans le calme enfin revenu. Mais ce fut de courte durée... les bourrasques de vent et de pluie épouvantables sont revenues au galop au milieu de la nuit. Ce matin, la tempête redouble et ne va pas cesser de toute la journée avec des pointes certainement très élevées... les vagues sont d'une hauteur impressionnantes, on peut les voir depuis la maison.

Sylvie prend son service comme d'habitude à l'avance. Maurice me réveille, il est huit heures et quart et déjà Sylvie nous a servi le café... je n'ai plus qu'à mettre les pieds sous la table. Je n'ai pas les yeux encore très ouverts. Nous déjeunons en compagnie de Sylvie qui déguste une tasse de café avec nous... c'est un moment que nous aimons bien... et puis Céline arrive bien couverte et toute ébouriffée par le très mauvais vent qui enrage autour de la maison.

Elle soigne Maurice et appelle le médecin à ma place. Quant à moi, elle renouvelle mes spatchs de Versatis dans la nuque, met ma minerve et applique aussi un spatch sur les deux chevilles. Elle me badigeonne les reins avec du diplofénac car je me suis levée bloquée à ce niveau.

Nous déjeunons, le repas est prêt d'hier cela m'évite du travail. Puis le médecin arrive lui aussi emporté par le vent. Il contrôle les hématomes de Maurice à l'épaule, à la hanche enfin tous les points qui ont soufferts hier dans sa chute... sa tête, fort heureusement, a heurté la terre détrempée plutôt qu'un sol dur. Il n'a pas assez de tension depuis quatre jours et il doit aussi se méfier de ne pas tomber car la tête lui tourne.

Nous allons nous reposer au salon. Puis comme convenu, Marc revient mettre la pièce manquante sur la chasse d'eau. Malheureusement ce n'est pas la bonne et il doit retourner avec le modèle afin de la remplacer. Quand il revient c'est le bon modèle, et il ne restait que celui-ci... un peu de chance, n'est pas de refus !

Il achève le travail et répare le fauteuil au salon qui a perdu un boulon et menace de se casser. Fort heureusement Marc a trouvé une astuce et voilà l'affaire est faite... plus de soucis de ce côté là !

Il nous quitte et nous sommes heureux d'avoir pu recevoir l'aide de cet ami ! Comment se plaindre après cela. Nous soupons et regagnons nos fauteuils.

Dans les creux je rejoins l'ordinateur où ce matin, j'ai rédigé une lettre à Marisol Touraine, ministre de la santé.

De son côté Maurice jure que l'on ne l'y reprendra plus. Il ne sortira plus jamais dans la tempête. Le vent a emporté la portière du véhicule. C'est en voulant la retenir qu'il s'est envolé avec et a subi une fois de plus une chute très dangereuse et spectaculaire... la veille, en allant donner du maïs aux biquettes, le vent a emporté son maillot et pour un peu, il se retrouvait nu dans le pré !

Quand on connaît son manque d'équilibre, on se dit que ce n'est vraiment pas raisonnable d'aller se promener par un temps pareil, mais allez raisonner un gars comme lui !

Le médecin lui a ordonné de ne pas sortir avant quinze jours... la fin de la tempête... à voir !

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Présentation

  • : LE MONDE IMAGINAIRE de Dana LANG, conteuse aux plumes de sioux, fée des loups, auteure Fantasy, contes, nouvelles, poète insurrectionnelle (trilogie de prose poétique), lauréate de 76 Prix littéraires
  • : BIOGRAPHIE Dana LANG *1989-2002, conteuse professionnelle internationale (artiste, durant 12 ans intermittente du spectacle / Cie du Soleil Noir). Elle conte dans les écoles, collèges, lycées, bibliothèques, médiathèques, salles de spectacle, théâtres, festivals... etc... *1991, fondatrice d'une Maison du Conte 'La Biche au Bois' au Cergne (42-Loire). Elle reçoit 20 000 scolaires en attractions contées sur les Terres d'Anne de Beaujeu dans les Monts du Haut-Beaujolais, et organise un Festival du Conte et des Conteurs en Forêt et en Cabarets «Flèches des Fées» pendant cinq ans. Elle conte avec divers musiciens dont Tenzin Gonpo artiste tibétain qui l'accompagne aux instruments et à la voix. Elle parraine un enfant tibétain pendant plusieurs années. *1994, sociétaire des Auteurs et Compositeurs Dramatiques. Elle participe à divers festivals... *Avril 1998, elle conte dans les écoles françaises, Instituts, hôtels, villages pour le Festival International des Conteurs Francophones à Abidjan en Côte d'Ivoire. *2003, auteure, poète, en situation de handicap, elle poursuit en écrivant toute son Œuvre. Elle réécrit ses contes adaptés pour la scène (120 contes) et écrit de très nombreux ouvrages dont des contes merveilleux et fantastique, un récit autobiographique ' Les Sanglots du Vent' ; une trilogie Fantasy ' Les 3 Héritiers de la Clef des 7 Mondes' (t.1 : La Dragonne et l'Œuf d'Or Sacré ; t.2 : Éloïse et le Commandeur du Temps ; t.3 à paraître) ; des témoignages de vie ' Docteurs, vous m'avez tué ! ' suite à paraître : ' La Danse de la Méduse ', ' L'Arbre d'Or ', 'La Fuite des Jours', 'La Maison du bout... de la Terre', 'Plus fort souffle le vent', 'Un Radeau dans le Ciel', 'Jusqu'au bout du Voyage', 'La Vie comme un Défi', 'Fais-moi Mourir !', 'Le Bouffeur de Vie', 'L'Ultime Voyage d'un Combattant de la Vie', 'Vogue là où te mènera ton Rêve', 'L' Envol les Ailes Brisées',... édité en juin 2019 par Horizon Littéraire Contemporain : un recueil de prose poétique et de pamphlets de 7 livrets ' Puisque tu vis, Philippe', 'Je vous écris, Frères Humains', 'À l'Aube d'un Jour, Humanité' et un livret de nouvelles 'Poindra le Jour', ... *2011, à la création de la Maison du Conte, de l'Illustration et de l' Édition Fantastique ' LA FONTAINE AUX FÉES ' édite dix de ses livres (sur plus de 30) et avec son époux Maurice JANIN, architecte d'exécution (en situation de handicap), fréquente les Salons du Livre de Rhône-Alpes, Auvergne, Bourgogne, Yonne, Paca chaque week-end durant deux ans. Sur le Salon du Livre de Lorette (42-Loire), elle rencontre Michel COUROT, Dico d'Or, grand gagnant de la Dictée de Bernard Pivot en 1995. Il deviendra son relecteur et son très grand ami. *En avril 2011, elle écrit un conte merveilleux : Flora, Pipi et Scratch, la sorcière. *2012, sociétaire des Arts et des Lettres de France, membre du bureau de l' UERA A (Union des Écrivains de Rhône-Alpes-Auvergne), ambassadrice du Cercle des Ambassadeurs Universels de la Paix, 'La Fontaine aux Fées'  édite 'Le Grand Livre de Marina' de Marina FERREIRA. *13 octobre 2013, elle est nommée Membre de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets. *Le 18 mai 2014, elle parraine le 1er Festival du Livre et de l'Illustration Jeunesse «Les P'Tits Z'Amis de Marina » à Saint-Didier-de-Formans dans l'Ain (01). *13 Juillet 2014, après avoir vécu deux ans dans le village natal de son père en Alsace près de Bâle et de très longues années en région lyonnaise, elle vit à Plogoff dans le Finistère et devient Membre de l'Association des Écrivains Bretons (AEB). Elle écrit et publie un nouveau conte ' La Fontaine de la Mer Feunteun Aod '.   *Décembre 2014, elle collabore au Festival International du Conte de Guillaume ÉKOUMÉ, au Cameroun. Elle écrit un nouveau conte 'Max, le Petit Sorcier'. *Février 2015, elle écrit un conte 'Louka, le Petit Loup de Brocéliande' dédié à son arrière petit-fils, Louka né le 5 février 2015. *23 avril 2015, elle écrit 'Le Dragon de Pors Loubous', un conte fantastique. Fin juillet, par son épouse Danyèle, elle apprend dans une profonde tristesse le décès de son indéfectible ami, Michel COUROT. *20 décembre 2015, elle conte 'Plume de Corbeau' au théâtre Georges Madec à Esquibien pour les enfants des écoles et leurs parents. *De septembre 2013 à ce jour, elle devient lauréate de 76 distinctions Littéraires  Internationales (Trophées, Mérites, Médailles, Prix, Mentions...) décernés par 16 concours Littéraires Internationaux. *2015-2016, elle recherche un Éditeur sérieux pour lui reprendre toute son Oeuvre. *En 2015, elle est invitée à Sacramento en Californie et à Prague en Tchécoslovaquie du 5 au 10 septembre 2016 par le Président de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets où elle ne pourra pas se rendre. *Le 1er février 2016, elle écrit le conte 'Justine et le Pays Contraire'. *Février 2016, elle s'inscrit dans les Salons Festivals du Livre en Bretagne qu'elle espère honorer de sa présence... le 24 avril 2016, elle se rend au Salon du Livre de Botmeur (Finistère) où elle conte et dédicace... *En juin 2016, elle écrit le conte 'Kaoura, la Princesse aux Sept Dragons'... *En 2017 'La Princesse aux Mensonges', 'L'Œil du Dragon'... et autres... *Le 9 et 10 septembre 2017, elle reçoit le TROPHEE John Ronald TOLKIEN pour le 2ème volet de sa trilogie fantastique 'Les 3 Héritiers de la Clef des 7 Mondes' tome 2 'Éloïse et le Commandeur du Temps par le CEPAL à Thionville en Lorraine. Elle reçoit d'autres Prix Littéraires Internationaux et le TROPHEE le LAUZUN de BRONZE remis par Pierre BELLEMARE... *Le 26 décembre 2017, elle perd à Douarnenez son époux bien-aimé à la suite de très grandes souffrances et d'une longue agonie de trois ans. Il sera incinéré à Quimper et ses cendres jetées en mer à 300 mètres de leur habitation. *Année 2018, elle devient membre de Bibliothéca Universalis.           * En février 2018, elle écrit plusieurs contes et nouvelles... qu'elle présente à des concours littéraires... *4 avril 2018, elle reçoit une Mention des Arts et Lettres pour son conte 'L'Œil du Dragon'. *10 août 2018, veuve elle revient s'installer avec sa fille aînée dans les Monts du Haut-Beaujolais où de plus en plus atteinte par sa maladie, elle tente de faire éditer tous ses livres. Quelques uns de ses textes paraissent dans diverses revues et livres. *Le 26 janvier 2019, elle devient membre de l'Académie Littéraire et Historique du Val-de-Saône. *Le 1er juin 2019, elle reçoit trois nouveaux Prix Littéraires Internationaux sur un conte, une nouvelle et une poésie décernés par les Arts et Lettres de France. *Le 29 juin 2019, elle reçoit le TROPHEE d'EXCELLENCE sur son OEUVRE LITTERAIRE et le PRIX d'EXCELLENCE sur son conte MAX, LE PETIT SORCIER en Français et traduit en Roumain par les Editions HORIZON LITTERAIRE CONTEMPORAIN représenté par Noëlle ARNOULT et Daniel DRAGONMIRESCU.
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