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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 19:48
LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

~~Jeudi 3 décembre 2015,

Je me lève à sept heures vingt. Maurice déjà prêt, sur le pied de guerre piaffe d'impatience... son VSL n'est pas encore là ! Je le rassure en lui disant qu'il va arriver, il vient toujours une heure avant. Oui, mais voilà, Maurice doit être à la polyclinique à huit heures. Outré il téléphone en réveillant le patron. Bon, le chauffeur est à la porte cinq minutes plus tard... mais il arrivera en retard à son rendez-vous, ce que Maurice déteste par-dessus tout.

Moi, je tente de me recoucher sachant que Sylvie viendra à huit heures trente, mais je repense que l'expert de l'assurance pour la toiture doit arriver à neuf heures. Bon, bien que complètement bloquée, je parviens à me préparer, mettre ma ceinture puis je déjeune.

Sylvie est là et en plein petit déj., s'amène l'expert. Je regrette l'absence de Maurice. Je la laisse se débrouiller... puis son constat dressé, elle se retire.

Je demande à Sylvie de prendre mon corset rangé sur l'armoire et de le nettoyer puis elle m'aide à l'enfiler. Il me maintient fortement mais pas encore assez. Il faudrait un bloc qui me maintienne les cervicales, les épaules, les lombaires et les hanches. Je chausse ma minerve. Cela me permettra d'évacuer un peu de la douleur aiguë. Je reste ainsi toute la journée.

Je prépare une purée car il ne pourra avaler que du liquide. Je reçois un coup de fil de Maurice. Il me demande de ne pas l'attendre et m'annonce que les médecins le retiennent jusqu'au soir.

Je me réchauffe une part du bon plat de légumes d'hier puis après le repas, je reste allongée au salon dans mon fauteuil. J'ai du travail mais il attendra.

Maurice me rappelle. Il vient de signer une décharge, il ne peut plus rester là-bas. Le temps de récupérer le VSL, il sort aussitôt. Cela ne m'étonne pas, il fait une allergie monumentale à l'atmosphère hospitalière... c'est sa cinquante-huitième opération ! Et pas la peine de compter les journées d'hôpital !

Lorsqu'il arrive vers seize heures, il n'en peut plus. La douleur s'est réveillée, c'est atroce. L'opération a été extrêmement difficile et pour le patient et pour le stomatologue qui a eut bien du mal à extraire les cinq dents aux racines enchevêtrées les unes dans les autres. Maurice malgré l'anesthésie et une séance d'hypnose (qu'il a beaucoup appréciée) a passé une heure quarante bien tourmentée.

Enfin, il est rentré. Sur le soir le mal se calme. Heureusement, je lui avais conseillé d'augmenter sa dose de morphine intermédiaire de 5mg hier soir, dans la nuit, ce matin et cet après-midi. Ce qu'il a fait et cela l'a aidé au niveau de son œdème cérébral d'autant que ses douleurs avaient repris le dessus. J'avais très peur qu'avec un tel ébranlement dans les mâchoires cela perturbe ses neurones.

Enfin, il lui reste trois jours pour se remettre car lundi nous serons tous les deux dans la même chambre pour l'opération de notre œil droit !...

Et je dois m'occuper de mes répétitions pour mon récital conté du 12 décembre dans le théâtre d'Esquibien, si toutefois j'avais des problèmes de vue à la sortie de cette première opération en attendant la deuxième le 21 décembre... agenda chargé ! Vivement Noël !

Cette année je ressens cette Fête plus que l'an dernier où notre vie a été si tourmentée, plongée dans l'épouvante d'un long mois cauchemardesque où Maurice tombait sur la tête deux ou trois fois par jour et par nuit et a fini par faire un AVC carabiné avec paralysie à gauche et incontinence sévère. J'ai été la seule a découvrir le diagnostic. Quel épisode épouvantable avec tous les pompiers du secteur à son chevet jour et nuit pour le relever, des ambulanciers pour l'emporter trois fois aux urgences d'un hôpital où les médecins n'avaient rien vu, ni au scanner, ni à la consultation avec une maltraitance notoire du personnel hospitalier... enfin, il me semble que j'ai raconté tous les détails au jour le jour dans « l'Arbre d'Or ». Je n'aime pas regardé en arrière surtout les épreuves, cela empêche d'avancer.

Donc, je préfère penser à Noël, à la joie simple d'être ensemble, de se gâter. Je pense aux enfants loin de nous, à leurs problèmes et je voudrais d'un coup de baguette magique tout résoudre. Je pense aux petits-enfants et leur premiers pas dans la vie, et aux premiers pas notre arrière petit-bout d'homme de neuf mois, Louka.

Je pense à eux, comme je pense à mes ami(e)s, à mon si précieux Michel, mon relecteur qui nous a quitté et à Danyèle, son épouse. Je pense aussi à Jean-Yves qui vient de partir et Danielle, sa femme petite mère courage.

Je pense à toutes les femmes seules, que j'ai été moi-même ainsi que ma fille Nathalie et à leurs si grandes difficultés qui devraient tant être aidées. Je pense aux malades et particulièrement les enfants et les personnes handicapées, ce que nous sommes Maurice, ma fille Valérie et moi.

Je pense à la mort de tous ces enfants tués sous les balles, à toutes ces victimes de la guerre dans le monde et à nos victimes. Je ne cesse de penser à l'effroyable chagrin de leurs parents, de leurs familles.

Je pense à tous les gens en quête d'un emploi, à tous les travailleurs trop pauvres, à tous les gens jetés dans la rue, sans toit, sans pain.

Oh, comme je voudrais que la magie, l'esprit de Noël règne en Maître sur la terre... que tout soit balayé par des milliers de gestes... que la Fraternité gagne ! Qu'elle soit l'heureuse élue de tous les êtres de cœur et de bonne volonté ! Que les forces du Bien l'emporte enfin sur les forces du Mal... et comme il en faudra !

Toutes ces pensées me hantent... comme un chant de paix qui m'habite... comme le souffle de ma saga fantastique qui conte tout cela.

... Et le vent, ce soir, se remet à hurler de plus belle comme pour mieux crier sa colère envers le genre humain responsable de tant de maux.

LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 20:40
LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

~~Mardi 1er décembre 2015,

Le vent a cessé peu à peu. Le jour se lève à peine à huit heures trente. Il fait très doux. Les magnolias commencent leur floraison et des pâquerettes constellent de leurs petites fleurs blanches les prés verts.

Ce matin après les soins, nous devons filer à la clinique Saint-Michel pour notre visite chez l'anesthésiste.

Le temps d'attendre de passer au secrétariat puis d'attendre pour voir l'anesthésiste, de nouveau au secrétariat puis dans un autre bureau pour le règlement et nous voilà dehors.

Anthony a pris notre fauteuil manuel pour me conduire jusque vers les bureaux, Maurice a beaucoup souffert jusque là, alors à la sortie Anthony m'a emmené jusqu'à la voiture, puis il est allé chercher mon époux dans le même fauteuil.

Une fois à bord du VSL nous sommes rentrés pour midi. Anthony a eut l'extrême gentillesse de nous prendre le pain en cours de route. Il nous a déposés puis il a pris ma grande lettre pour la mairie d'Esquibien à remettre au secrétariat qui remettra à l'adjointe à la Culture... nous sommes vraiment contents, nous n'aurons pas à ressortir pour ces courses, Maurice très fatigué souffre fortement de la tête... son ultime essai à baisser la morphine s'avère être un échec encore plus cuisant que la dernière fois... il trinque et se rend compte qu'il n'y aura aucun retour en arrière possible. C'est pas la joie ! Et le voir souffrir me martyrise.

Bon, du coup il demeure au salon plongé dans son fauteuil pour l'après-midi et la soirée... espérons qu'il récupère avec un bon sommeil... le souci vient de se qu'il ne supporte plus son respirateur, il suffoque, il étouffe et pense que cela lui accentue ses douleurs crâniennes. Quel bazar !... Et il ne verra pas le pneumologue avant le 29 février... les urgences dans ce pays sont de pire en pire !

Donc, jeudi il se rendra à la polyclinique, cette fois pour être opéré des dents... extractions de cinq dents aux racines enchevêtrées... nous n'avons pas fini de courir.

Ma fille me téléphone... un moment magique malgré les soucis qu'elle traverse.

La nuit tombe vite, les jours sont vraiment très courts ici en décembre... le vent nous laisse en paix.

Mercredi 2 décembre 2015,

Le temps est calme, beau et doux. Nos princesses dans leur enclos se font dorer au soleil.

Rien ne va plus ce matin pour Maurice. Il a souffert de maux de tête toute la nuit. Sa baisse de morphine est un véritable fiasco et malgré la reprise de ses doses au niveau où elles se trouvaient, il souffre encore beaucoup toute la journée.

De mon côté mes douleurs sont telles que je dois mettre ma ceinture, si cela s'accentue je me verrai dans l'obligation d'enfiler ma cuirasse (corset rigide et haut) bien insuffisante car je devrai avoir un corset qui englobe les épaules, les cervicales, le dos, les reins jusqu'au bas des hanches... me voilà chouette avec Maurice tellement mal aujourd'hui... je le vois hélas diminuer tous les jours un peu plus et ce besoin de sommeil qui le gagne toujours davantage... ah, nous sommes mal barrés !

Cette nuit et demain matin il va devoir se passer de nourriture (la morphine lui donne des fringales épouvantables) car il doit aller se faire de nouveau opérer des mâchoires. Il aura droit à une diazanalgésie, une technique d'anesthésie sans intubation, ni ventilation et une anesthésie locale. J'espère que demain il ne sera pas dans le même état de fatigue qu'aujourd'hui.

Nous passons l'après-midi l'un et l'autre complément anéantis. Béatrice, l'infirmière vient lui donner une douche à la bétadine et son état de fatigue s'amplifie.

L'autre jour, dans un moment favorable Maurice a pris un petit instant pour fixer des guirlandes lumineuses et d'autres bleu, blanc, rouge sur la baie vitrée.

Cela apporte une note magique à la nuit noire.

Le 8 décembre nous mettrons des lumières sur le bord des fenêtres (comme nous le faisions dans la région lyonnaise) et pour le sapin de Noël, également des boules bleu, blanc, rouge comme mille et une pensées pour la Paix dans le monde envoyées à tous nos frères humains.

LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 20:29
LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

«PLUME DE CORBEAU»

RÉCITAL CONTÉ de Dana LANG

Conteur, auteur, poète,

éditeur, ambassadeur de la Paix

Soirée familiale de Noël

le samedi 12 décembre 2015 à 15 h.

(Théâtre Georges Madec-Esquibien)

~~Vendredi 27 novembre 2015,

Il fait mauvais. Nous restons à la maison pour attendre notre podologue mais à quinze heures trente, Alexandra n'est toujours pas là. Tant pis, nous sortons pour la pharmacie et le pain et rentrons vite.

La journée se termine et avec elle, le vent redouble de plus belle.

Samedi 28 novembre 2015,

Le mauvais temps se poursuit. Le vent mène un raffut épouvantable nous préférons rester chez nous. Le vent souffle si fort que cela fait trembler la baie vitrée côté ouest, nous ne pouvons pas entendre la télévision et Maurice prend mal à la tête.

Toute la nuit le vent rugit tel un fauve.

Dimanche 29 novembre 2015,

Le vent poursuit son vacarme infernal. Des averses énormes se sont abattues toutes la soirée et dans la nuit.

Nous sortons pour nous balader dans les brocantes de Douarnenez et de Landudec. Nous chinons des babioles pour la décoration de Noël. Nous mangeons un casse-croûte à Landudec et nous rentrons à treize heures sous les appels sauvages de nos deux biquettes trop heureuses de nous voir revenir.

Le soleil fait une petite apparition. La journée s'achève sur le retour du vent.

Lundi 30 novembre 2015,

Le vent cesse pour reprendre de plus belle dans la journée.

Véronique M. arrive et prend son service. Je lui demande de me coudre des clochettes sur mon costume de scène qui en comporte déjà pas mal.

Après les soins nous abandonnons Véronique et nous partons à la pharmacie. Puis nous nous rendons au magasin pour rendre les encres génériques que nous avions trouvées mais qui ne correspondent pas, dommage. J'ai commencé le courrier que je dois envoyer pour mon récital conté du 12 décembre et je suis en panne d'encre, ça tombe toujours au meilleur moment.

Nous rentrons à onze heures mais Véronique n'est plus là... moi qui pensait que nous allions terminer le costume ! Bizarre tout de même, elle devait finir à midi sauf contre-ordre.

Maurice attend le VSL pour le conduire à la polyclinique où il doit rencontrer l'anesthésiste. Il doit être opéré jeudi matin de la mâchoire pour extraire cinq dents pourries dont les racines emmêlées les unes aux autres. Une nouvelle fois, il ne pourra pas être totalement endormi. L'anesthésiste lui suggère de rester un jour dans la clinique.

Il refuse : -Vous m'opérez et je rentre chez moi ! affirme-t-il tout net.

Ce n'est pas la première fois... ce sera avec les yeux, la soixantième ! Et il n'est plus question d'anesthésie depuis 2001, hélas ! Fatigué avant de partir, il rentre totalement lessivé, heureusement qu'il n'a pas pris son véhicule comme à son éternelle habitude.

Bon, demain après-midi nous repartons à Quimper via la clinique Saint-Michel pour consulter l'anesthésiste des yeux.

Quelle semaine en perspective et ce jusqu'au 21 décembre ! Vivement Noël !

Je prépare mes répétitions pour le 12 décembre... je vais devoir jongler avec les visites et opérations médicales.

Ce soir le vent reprend ses bourrasques mauvaises. Il siffle avec fureur.

Plein de petits moments magiques au milieu de nos tourments...

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 00:12
LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

~~Mercredi 25 novembre 2015... à un mois de Noël,

Il fait un vent fou... il gémit, souffle et enrage tout autour de la maison et par moment il tombe des averses fines... un temps à ne pas mettre un chien dehors en tout cas une poubelle, car tout s'envole ici.

Nous nous levons ensemble. Véronique M. arrive soufflée par le vent. Béatrice, l'infirmière à son tour. Elle prend la tension, le pouls, l'oxygénation de Maurice et pour le reste il est déjà prêt à partir.

Le VSL arrive à neuf heures. Moi, comme d'habitude je ne suis pas très en forme... mais je m'efforce et je lutte contre mon état dès le réveil... c'est toujours très difficile. En plus, ce matin je me lève avec une sciatique.

Anthony au volant du VSL attend déjà devant la porte, il doit conduire Maurice chez le stomatologue. Mon époux revient enchanté car ce médecin charmant l'a accueilli avec beaucoup d'humanité. Il lui a dit qu'il aurait dû l'opérer en 2016 compte tenu de son agenda chargé mais il y a une très grande urgence à intervenir rapidement. Il devra passer chez l'anesthésiste le lundi 30 novembre pour être opéré à la Polyclinique le 3 décembre. Il faut extraire les dents mais surtout retirer des racines emmêlées les unes aux autres. Ça va être coton. Le médecin va tâcher de l'endormir localement un peu plus que la normale, si l'anesthésiste consent à l'endormir ainsi. De toute manière une anesthésie totale n'est pas possible, une fois de plus... là-dessus il lui fait un bon de transport aller-retour pour cet acte chirurgical. Mais nous devons prendre rendez-vous avec l'anesthésiste pour le lundi 30 novembre à 16 heures trente et demander un autre bon de transport à notre médecin traitant. Nous n'allons pas chômer avec tous ces rendez-vous médicaux jusqu'au 21 décembre.

Nous passons à table. Je n'ai vraiment pas la forme aujourd'hui. Finalement la crise est si forte que je file au lit... je dors jusqu'à dix-sept heures. Des douleurs vrillantes dans les os me réveillent, je ne tiens plus sur ma couche.

Maurice se repose dans le fauteuil au salon et je réponds à mes courriels. Je suis heureuse, mes amies ont reçu mes livres 'Noëls Enchantés', un livre de seize contes pour tous les âges. Comme je voudrais que tous mes livres soient édités par un éditeur autre que moi qui ne peux plus faire face à cette charge, tant de récits ayant reçus Prix et Trophées, Médailles et Mérites des quatre coins de la France. C'est le rêve que je poursuis... mais la maladie et le handicap me brisent les ailes !

Bon, en attendant, je dois me préparer pour mon récital conté du 12 décembre 2015 et avec tous ces rendez-vous cela ne va pas être triste...

Mercredi 26 novembre 2015,

Il fait doux avec 13° mais le ciel reste gris. Le vent a cessé. Nous nous levons, Maurice va a peu près comme on peut l'être dans son état, moi j'ai souffert du foie toute la nuit. Je ne supporte pas les antibiotiques... de plus j'ai mal de partout, rien ne change.

Sylvie arrive pour son service et prend le café avec nous. Céline vient à son tour et passe aux soins.

Après le repas de midi, nous nous préparons car le VSL sera là à quatorze heures dix et soudain, Maurice réalise que nous n'avons pas rempli nos dossiers réciproques pleins de papiers... quelle horreur !

Ce n'est pas possible de nous poser autant de questions inutiles puisqu'elles nous seront posées par le médecin ! De plus, nous devons faire douze photocopies en un temps record, et... évidemment je dois recharger l'imprimante qui me réclame deux encres ! Quelle poisse lorsque l'on est si pressés ! Maurice qui déteste ce genre d'aventure me stresse tant et plus car l'imprimante travaille comme une tortue ! Bref, je parviens à tout finir vers quatorze heures ! Ouf !... Les papiers rien de tel pour nous gâcher la journée !

Le pilote du VSL arrive à l'heure et charge le fauteuil manuel... nous ne pourrons pas disposer de nos fauteuils électriques hélas sans notre véhicule pour les transporter !... Et de plus, je vais devoir être poussée... tout ce que je déteste, mais nous n'avons pas le choix. Maurice devra marcher mais fort heureusement l'espace n'est pas trop éloigné entre l'arrivée et les salles d'examens. Quel trafic ! Ce qu'il faut en baver tout de même ! Et évidemment, je suis en pleine crise d'asthénie... je dois endurer la douleur doublée de la fatigue intense.

Heureusement, Maud, notre ex-infirmière vient à la rescousse et nous prend immédiatement, nous n'aurons pas à attendre longtemps dans cette salle d'attente bondée. Nous passons l'un et l'autre aux deux examens de notre œil droit. L'infirmière demande à Maurice laquelle des vues préfère-t-il garder sans lunettes, celles de loin ou celle de près. Il répond celle de loin, évidemment. Il m'annonce triomphalement qu'il ne chaussera plus de lunettes de myope lui qui les as portées pendant soixante huit ans. Cela le rend follement heureux. Puis, nous allons auprès d'une assistante qui nous explique le déroulement de l'opération. Nous serons endormis avec des gouttes, puis le médecin incise un millimètre sur le côté de l'œil ; ensuite il découpe le dessus du cristallin et place une minuscule lentille qui va ainsi ôter toute l'opacité du morceau découpé. Enfin nous pourrons sortir légèrement gênés mais cela ne dure pas. Elle nous offre deux paires de sur-lunettes à mettre contre le soleil et le vent. Vive la micro-chirurgie !

Nous sortons à seize heures... nous ne sommes pas restés une heure et notre chauffeur n'en revient pas !

Nous rentrons. Maurice voudrait aller acheter des verres pour mettre des bougies sur nos bords de fenêtres demain ainsi qu'un drapeau français, et honorer ainsi toutes les victimes qui ont laissé leur vie à Paris lors des attaques terroristes, mais je n'ai plus la force de quoi que ce soit. Nous verrons demain... sinon j'utiliserai mes grands verres de couleur et nous nous contenterons du joli drapeau français peint sur une planche par Maurice et déjà installé sur un support le long de la route.

Nous venons à peine d'arriver, voici Éliane qui nous rapporte l'ordinateur dont nous n'avons pas la licence... nous allons devoir l'acheter. Bon, fort heureusement G. est venu pour démêler la mise en route et voir tous les problèmes. Maurice a perdu toutes ses capacités de mémoire et ne parvient plus à gérer le moindre effort intellectuel. L'œdème cérébral y est pour beaucoup.

Après le départ d'Éliane, notre amie, nous soupons. Ensuite nous nous installons pour suivre les informations et le débat sur France 2, fort intéressant.

Ce matin à dix heures aura lieu la cérémonie d'hommage aux victimes des attentats de Paris du vendredi 13 novembre 2015...

~~ J'écris ces mots :

PAROLES D'ESPOIR / Dana LANG, le 22 novembre 2015,

Le 13 novembre 2015,

Couverts de noir

Armés, ils sont venus frappés.

Implacables, ils ont tiré

Sur des gens, des innocents

Aux terrasses des cafés heureux

Sur des civils, des jeunes,

Dans la salle d'un concert joyeux.

Ils ont répandu le sang

Rouge de sang

Les rues, la salle rouge

Avec la même détermination,

La même folie meurtrière

Que pour Charlie-Hebdo.

Assassinés, et la foule frappée

Sidérée, anéantie

La France toute entière debout

Pleure le sang

De ses enfants chéris.

Un immense cri

Silencieux s'est levé

Venu de tous les pays

Comme des étendards de prières

Tout autour de la terre.

Amis ne tremblez pas

Devant la terreur !

Soyez grands

N'ayons pas de haine

Ne cédons pas

Serrons les poings !

Grandissons-nous

Dans la peine !

Allons amis nous vaincrons

Le pouvoir du Mal

Dans l'Amour, tous unis

Comme les doigts d'une main !

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 22:36
LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

~~Mardi 24 novembre 2015,

C'est un temps d'automne qui s'ouvre à nous aujourd'hui avec un ciel bien couvert. Depuis trois heures, Maurice dort mal, il galère pendant quatre heures à chercher sa respiration. Il étouffe... il veut me réveiller mais finalement il préfère me laisser dormir encore.

Lorsque je me lève, comme chaque jour, je suis endormie et aussi mal que la veille. De plus, je me suis une nouvelle fois débattue avec le souci d'un théâtre trop grand inadapté au travail du conteur.

Maurice lui, se sent très, très mal. Je lui dis que l'on peut annuler notre visite du théâtre, mais il refuse. Après les soins et la prise de ses médicaments, il se met à transpirer abondamment comme chaque jour et cela l'indispose profondément.

Puis lorsque je suis prête, il prend sur lui et me conduit à notre rendez-vous à la mairie d'Esquibien. Comme chaque fois, nous sommes toujours trop en avance, puis Mme R. adjointe au maire arrive à son tour et nous emmène directement au théâtre juste à côté de la mairie.

Quelle belle et agréable surprise ! Le théâtre s'avère être une petits salle très conviviale comme je les aime. Cela va être un vrai bonheur de conter ici. Je me sens allégée et heureuse d'avoir un tel outil pour me produire en spectacle devant un public enfants et adultes. Nous allons vivre un moment fort et inoubliable.

Nous discutons des préparatifs, du micro et de l'éclairage de la salle avec le technicien qui nous a rejoint. Nous leur remettons en cadeau nos livres jeunesse. Pour Noël, nous offrirons un album à chaque enfant. En attendant le récital conté de ce 12 décembre, je vais devoir me préparer.

Nous rentrons vers midi. Véronique nous quitte. Je confectionne un repas vite fait. Puis, nous nous reposons. Maurice près de moi s'endort.

Un grand coup à la porte nous réveille, c'est G. qui vient avec une immense gentillesse aider Maurice dans l'ouverture de son nouvel ordinateur. Cependant qu'il se met au travail, nous recevons deux coups de téléphone qui finissent par épuiser Maurice... il ne parvient plus à faire d'effort intellectuel.

La séance de mise en route se montre compliquée et se prolonge au point qu'il s'écroule. Il n'en peut plus. G. nous quitte en emportant son ordinateur pour finir chez lui la mise en route, Maurice a hâte de souper et de retrouver son fauteuil. Ses limites sont dépassées. Je m'inquiète de plus en plus de le voir diminuer chaque jour plus vite que la veille...

Aux infos, la Tunisie vient de subir une attaque terroriste contre un bus de la garde présidentielle... évidemment c'est la démocratie naissante qui est visée dans ce pays... mon cœur saigne.

Ce soir le vent redouble d'intensité... les températures de 12° seront élevées en regard de celles de l'intérieur du pays où il devrait neiger demain.

LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANGLA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG
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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 00:40

LE TEMPS EST HABILE AJUSTEUR

… Je pressens que les épreuves, aussi cruelles soient-elles, ne nous rencontrent jamais pour nous détruire, mais pour nous éveiller à d'autres mondes de perception. Leur dureté n'est pas dissipée pour autant. Que de désastres aussi, que de désespérances à traverser !

Ces interminables passages, où nous croyons ne plus jamais devoir nous réconcilier avec le monde, où tout prend un goût de cendre, où notre propre nom, semblable à ces noms de mauvaise rencontre dont chacun porte au cœur la brûlure détestée, devient insupportable à entendre.

Parfois, aussi insoutenable que l'échec ou le drame, est l'humeur mauvaise qui nous visite. Tout se ferme en nous, les charnières et les serrures grincent et le heurt des cadenas qui retombent, clef tournée, nous laissent prisonniers de nos corps, imprenables pour la moindre espérance, desséchés comme dans un ventre mort, un fœtus mort.

Or, tout au fond de la détresse – tout au fond, jamais à mi-chemin – nous attendent les plus suffocantes rencontres. Une phrase suffit parfois pour me mettre aux jambes les fourmis d'un étrange ravissement. Mon corps devient cristal que le moindre attouchement, le moindre effleurement fait tinter.

Ces états de conscience, comme les fleurs de lotus dans la boue, n'éclosent que sur la vase des chagrins. Je ne tente plus d'esquiver quoi que ce soit. Je ne rechigne devant rien. Le tragique, l'échec, la mélancolie, la mort, sont les inséparables siamois du bonheur, de la santé, de la jubilation et de la vie. Il n'y a pas de choix possible, il faut tout prendre.

Même lorsque le sens de ce que je traverse m'échappe, il finit toujours, beaucoup plus tard, dans quelque nuit, à m'apparaître. Une bizarre confiance, obstinée et têtue, impossible à ébranler par la raison, ne me quitte plus.

Est-ce le lointain écho de la voix qui murmurait au pauvre paysan d'Anzengruber (écrivain populaire autrichien) : « tu n'as rien à craindre, même six pieds sous terre, tu n'as rien à craindre ».

(Christiane SINGER)

LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

~~Dimanche 15 novembre 2015,

Le temps est couvert et s'est bien refroidi depuis hier. Nous déjeunons et Béatrice arrive... puis nous partons nous promener sur les brocantes de Poullan-sur-Mer et à Douarnénez.

La première se déroule dans une salle trop exiguë. Il est impossible de circuler dans les allées beaucoup trop étroites et de plus les participants s'étalent devant leurs stands... nous demandons à être remboursés du prix de l'entrée.

La seconde se présente dans une belle salle où les allées sont larges et où nous pouvons prendre le temps de traîner devant les esposants.

Maurice à trouvé un tableau d'écolier pour servir de pancarte et moi, une collection de livres d'auteurs classiques. Nous retrouvons à la sortie des personnes dont nous avions fait la connaissance dans de précédents vide-greniers. Nous leurs achetons une cagette de pommes et une tranche de citrouille... et nous rentrons pour prendre le pain.

Nous sommes à peine arrivés que je reçois un coup de fil. C'est l'adjointe au maire d'Esquibien qui m'annonce que mon récital conté pour les enfants des écoles et leurs parents ne pourra se faire que le samedi 12 au lieu du dimanche 13 décembre.

Je lui dis que je préférerais la salle polyvalente qui présente une meilleure convivialité et intimité que le théâtre. J'ai déjà joué dans des théâtres... mais la salle polyvalente ne sera pas libre ce jour là.

Quoiqu'il en soit, nous nous donnons rendez-vous pour aller voir le théâtre mardi matin. Je réchauffe le repas fait des restes d'hier pommes de terre où je jette des œufs battus dessus et salade verte aux restes de poulet fumé puis dessert... après le repas, nous nous reposons au salon mais nous finissons par nous endormir.

Après le dîner fait de soupe au potimarron, d'endives braisées et de jambon, nous suivons les infos si cruelles de Paris terrorisé. Je pense à toutes ces personnes endeuillées qui ont perdu un membre de leur famille et aussi à ces parents qui ont perdu une fille, un fils... il n'y a pas plus grand malheur.

Nous souffrons pour eux et nous leurs adressons nos pensées compatissantes. L'amour doit triompher du mal. Les valeurs universelles de Paix, de Liberté et de Fraternité doivent l'emporter.

La nuit étend son voile noir et le vent se lève pour gémir comme en écho de nos malheurs...

LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG
LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 20:26
LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

Jeudi 12 novembre 2015,

Le temps couvert de nuages se lève à dix heures pour laisser apparaître le soleil... Maurice n'a pas dormi... il rétablit ses doses de morphine et son état se rétablit peu à peu...

Sylvie prend son service puis Béatrice. Je leur annonce que j'ai écrit au médecin pour avoir un VSL pour demain. Maurice se met en colère car j'ai pris la décision toute seule et qu'il voulait se rendre à Quimper pour l'extraction de ses dents en milieu hospitalier... je râle et rouspète après lui... nous avons droit d'emblée au VSL pourquoi le refuserait-il dans son état de santé ! Béatrice et Sylvie me donnent raison... et il admet enfin qu'il sera plus tranquille lui-même. Bon, une tête de mule comme lui ça n'existe nulle part !

Aussitôt après les soins il part acheter un chargeur en promo afin de tenter de faire fonctionner le fauteuil roulant électrique donné par des particuliers, car le sien ne le tire plus (changement de morphologie).

Aujourd'hui, je dois récolter mes urines pour les mesurer afin de contrôler les dégâts du diabète. Je reçois un courriel du médecin, sa remplaçante va m'envoyer le bon de transport VSL, nous en avons besoin pour demain matin.

Maurice revient du magasin grande surface avec son chargeur et il a pensé à me racheter de l'encre noire. Il a songé aussi à prendre un poulet fumé en promo et du coup, je n'ai pas de repas a préparer.

Sylvie nous quitte à midi. Nous passons à table et je donne les déchets aux poules toutes excitées. Je recueille les trois bons œufs.

Je téléphone à nos amis Danielle et son époux à l'hôpital et j'apprends par son fils, Loïc son décès survenu ce matin... c'est triste, mais J-Y se trouve libéré de son affreux calvaire... pour revivre dans une autre vie meilleure... je pensais encore plus fort à eux tous ces derniers jours...

Un coup de fil de l'hôpital nous prévient que le stomatologue qui doit recevoir Maurice demain ne le pourra pas... ils sont tous en grève !

Les médecins, dentistes, cliniques etc... refusent de prendre la carte vitale des patients ! C'est intolérable... pensent-ils un instant à leurs patients qui ont tant de mal à vivre dans le contexte d'aujourd'hui ?...

Vendredi 13 novembre 2015,

Il fait très beau. Maurice ne dort pas bien. Sylvie arrive à huit heures, nous déjeunons, puis Béatrice vient pour les soins. Elle nous parle de la cérémonie à l'église pour J-Y, et nous comptons nous y rendre... mais nous manquons d'indications.

J'appelle Danielle qui m'explique que la cérémonie aura lieu demain à 14 heures trente à l'église d'Audierne, puis au cimetière d' Esquibien. En même temps elle me parle de son courriel que j'ai effectivement sous les yeux où elle me demande d'écrire un texte pour le lire au cimetière... ce que je fais presque aussitôt, titre 'Notre Ami'. Je le lis à Maurice bouleversé.

Aujourd'hui Maurice reprend des rages de dents épouvantables qu'il ne sait pas comment calmer... clous de girofle et gargarismes à l' Armagnac n'y parviennent pas. Voilà deux mois qu'il souffre... et ne pas pouvoir être pris et soigné en urgence est insupportable... mais il y a si longtemps que nous sommes confrontés à ce genre de problème ! L'urgence médicale dans ce pays, on ne connaît plus ! Il va passer une soirée impossible et ne rien dormir.

Après un moment de repos au salon, je vais me coucher mais ne parviens pas à m'endormir. Vers une heure j'entends un cri qui m'effraie... que se passe-t-il ? Maurice me commente le massacre à Paris.

Aussitôt je me lève pour aller voir les infos sur les chaînes d'actualités. Nous sommes sidérés par les événements affreux qui secouent tout Paris... une barbarie sauvage se déchaîne au Stade pour la rencontre de football France-Allemagne, puis dans plusieurs quartiers, sur les terrasses des cafés et au Bataclan où un groupe de rock jouent devant mille cinq cents jeunes, ce qui provoque un nombre élevés de morts et de blessés. Nous sommes sous le choc des images et de l'horreur... je pense aux familles, aux parents de ces jeunes qui venaient s'amuser, à ceux installés aux terrasses pour profiter d' un 13 novembre d'une douceur exceptionnelle, je pense à ce grand malheur qui s'abat là contre l'humanité et ses valeurs universelles d'amour, de paix et de liberté. J'écris 'TOI, LE FOU DE DIEU !' pour crier.

Samedi 14 novembre 2015,

Maurice a bien peu dormi. Nous préparons le petit déjeuner en attendant Béatrice.

Lorsqu'elle arrive, évidemment nous parlons de Paris... son époux travaille là-bas, et il doit sortir alors que tout sera fermé pendant trois jours... deuil national et alerte maximale...

Nous partons acheter quelques fleurs pour J-Y et repérer les alentours de l'église pour juger des commodités autour de celle-ci afin de pouvoir nous garer d'une part et de pouvoir entrer avec nos fauteuils d'autre part. Nous pouvons largement stationner et emprunter une rampe sur le côté de l'édifice. Lorsque nous rentrons, nous passons dans des ruelles d'une étroitesse incroyable et cela me rappelle notre voyage en Espagne, au Portugal et en Andalousie ! Nous avons eu chaud avec la hauteur et les rétroviseurs !

De retour à la maison, je vais m'occuper des animaux cependant que Maurice épluche les pommes de terre car aujourd'hui, ce sera moules frites. Je prépare les moules puis je les fais cuire dans une bonne sauce au vin blanc et à la crème. Nous savourons ce repas délicieux.

Nous avons à peine le temps de faire une carte de condoléances pour Danielle que déjà, il nous faut partir pour l'église. Nous arrivons suffisamment à l'avance et nous nous renseignons sur le cimetière. Puis nous entrons dans l'église par la porte de côté. Nous attendons à l'intérieur à l'abri du vent froid. Puis pénètre le cercueil porté par les employés de l'entreprise funéraire et la famille, Danielle, enfants et petits-enfants, amis, voisins. Ensuite nous nous rendons au cimetière pour un dernier hommage à J-Y. Une belle-fille lit un texte, les petits-enfants posent une rose blanche sur le cercueil. Je lis mon texte et une dame se propose gentiment pour me redonner les deux roses rouges que j'avais déposées dans notre bouquet alors que nous souhaitions les jeter dans la tombe, mais lundi J-Y sera incinéré à Quimper et ses cendres reposeront à Esquibien sur la tombe de son premier époux péri en mer. Danielle une mère courage veuve avec quatre enfants sur les bras s'est remariée avec J-Y, un homme d'une bonté légendaire. Nous quittons le cimetière pour nous rendre au café 'Les Capistes' et y prendre tous ensemble une collation. Réunis autour d'un café, biscuits, beurre salé, crêpes et cidre comme il se doit en Bretagne, nous retrouvons Loic, le fils de Danielle que j'avais eu au téléphone à l'hôpital. Nous sommes tout heureux de faire sa connaissance.

Enfin, nous partons car Maurice commence à être plongé dans une énorme fatigue. Nous laissons nos amis derrière nous et retrouverons la douce quiétude de la maison.

Ce soir, j'allume des bougies sur le bord de la fenêtre... pour envoyer des pensées de paix au monde et commémorer le deuil qui nous touche tous.

J'écris ces lignes, puis nous dînons et allons enfin nous reposer au salon devant les nouvelles effrayantes de la nuit dernière et de la journée...

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 20:10

*Je ne laisse jamais ma bouche énoncer quelque chose que ma tête ne peux pas tolérer. (Louis Armstrong)

LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

~~Mardi 10 novembre 2015,

Il fait très beau, le ciel ensoleillé nous propose calme et chaleur, le temps nous invite à travailler au jardin, tailler les haies, tondre, etc... mais Maurice épuisé et sans force se désole au réveil... il ne pourra rien faire !

Béatrice arrive pour nos soins et Nelly, l'auxiliaire de vie la suit. Je lui demande de nous préparer deux tourtes aux poireaux, ce qu'elle fait avec doigté.

Maurice se traîne jusqu'à la haie pour couper quelques branches pris de vertige, il a bien failli tomber ! Il revient pour se reposer un moment et ensuite, il file pour tondre le pré. Dans son dictionnaire ne figure ni le mot impossible, ni le mot attendre... bon, évidemment il revient en pire état qu'il est parti... il ruisselle et je dois l'aider à se changer puis il s'écroule à bout dans son fauteuil.

De mon côté, je vais porter du grain aux chèvres et aux poules. Je nettoie un petit moment l'enclos, je finirai demain. Aig et Dondon me suivent... Aig montre ses cornes pour jouer avec moi... nous jouons un quart d'heure ensemble sous les yeux de Froudenn ahurie... je l'invite au jeu mais elle ne veut rien savoir ! Je récolte les œufs.

Pour soulager Maurice, je demande à H. s'il veut bien mener notre petite remorque de branches à la déchetterie en même temps que l'herbe de la tonte de son pré... ce qu'il accepte volontiers. Nous lui en sommes bien reconnaissants.

Nous passons à table et apprécions la tourte toute chaude que Nelly sort du four. Une fois le repas terminé, je vais en fauteuil roulant sur la route, le long du muret planter des campanules muralis qui poussent fort bien ici, et retirer les brins de lierre qui tentent de repousser malgré le gros nettoyage de l'an passé. Je coupe aussi des petites ronces que je livre en pâture à nos biquettes. Aig, la coquine monte sur les estrades de jeux pour mieux me voir affairée dans la haie et... elle bêle...

Nous passons l'après-midi au repos. Sur le soir, je réponds à mes courriels. La publicité file directement aux indésirables... une pollution absurde proche du harcèlement dans les boites aux lettres, à la télévision, au téléphone, dans les courriels... que d'énergie et d'argent gaspillé ! C'est révoltant ! Quel siècle d'imbécillités dans un monde où l'on devrait devenir si sages et tellement plus humain !

Aujourd'hui, je n'ai pas trop ressentie la douleur de la crise d'asthénie... c'est si rare... le drap noir de la nuit étoilée s'étend sur la presqu'île que la mer bat et rebat de ses vagues... je relis et corrige mes pamphlets écrits : Partir, le 30 juillet ; Vent Fou, le 8 octobre, Soleil Noirci, Sous les Balles, le 4 et... Paysage, le 8 novembre...

LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

~~Mercredi 11 novembre 2014... et... la galère continue...

Sur la brume légère le soleil et le vent d'ouest se lèvent... les animaux déjà levés ne pensent qu'à se nourrir. Deux choucas viennent sans cesse picorer dans l'enclos, je les chasse en ouvrant la baie vitrée pour ne pas attirer tous leurs gourmands congénères.

Chez nous, c'est de nouveau la catastrophe ! À vouloir se croire guéri, à vouloir se passer de morphine après quatre jours calmes, Maurice reprend ses maux de tête insupportables vers vingt heures hier, pour toute la soirée et pour la nuit. Il ne tient plus cette douleur atroce et il se voit contraint de reprendre ses doses... il n'en peut plus !

Et puis toutes les autres douleurs reviennent au galop : jambes, ventre, cœur... etc... Et moi... je supporte de moins en moins de le voir souffrir ainsi un tel cauchemar !

Alors il faut porter ses pensées ailleurs, le plus loin possible. Après les soins, Maurice se met en tête d'aller percer des trous dans la petite remorque afin de laisser passer l'eau. Bon, il est crevé... mais il va râper le fromage et peler l'ail pour faire une fondue à midi...

De mon côté je m'occupe de nos biquettes et de nos poules. Aig ne rate plus une occasion de jouer avec moi, elle ne peut plus y résister.

Après le nourrissage, je coupe des salades pour la semaine. Puis je rentre préparer le repas : une fondue aux champignons du Larzac, apportés séchés cet été par Valérie, ma fille. Un pur régal... toujours ça de pris !

On achève le repas avec un fruit. Ce soir, nous finirons la tourte aux poireaux.

Bon, après tout ça... je suis lessivée. Je demeure un peu sur l'ordinateur mais accablée je ne tarde pas à rejoindre mon fauteuil... Maurice aime que je reste près de lui.

Le temps tourné à l'ouest nous apporte une petite averse, puis le vent souffle de l'est et ramène le soleil mais le drapeau vole dans le sens de l'ouest, ce sera mauvais... à la couleur de nos états de santé.

LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 20:15

*Ne nuis à personne mais au contraire viens en aide à tous autant que tu peux. (Arthur Schopenhauer)

LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

~~Dimanche 8 novembre 2015,

Le temps nuageux et incertain oscille entre vent et crachin, puis le drapeau tourne à l'est... il fera beau. Maurice a dormi toute la nuit.

Béatrice nous réveille à huit heures quarante-cinq. Elle nous parle d'une braderie à Chateaulin pour le Secours Populaire et un déjeuner patates au lard à Plogoff pour le Téléthon.

Maurice se désole de ne plus pouvoir tenir le choc... il dort sans cesse et il lui semble qu'il diminue de jour en jour... il paraît s'éteindre lentement.

Bon, pour se tenir éveiller, il a envie de faire un tour à la grande braderie du Secours Populaire à Châteaulin. Nous partons.

Lorsque nous arrivons, il s'aperçoit d'un coup, qu'il a oublié de ranger mon fauteuil roulant dans le véhicule ! Zut alors, comment allons-nous faire ?

Je lui dis :

-Écoute vas-y, je t'attends dans la voiture.

Il s'exécute et part en direction de la grande salle des fêtes. Puis un moment après, il revient avec un pichet en cuivre à 1 euro.

Il me demande d'aller y faire un tour :

-Tu verras, il y a énormément de choses, de quoi s'y perdre !

Bon, je m'installe dans son fauteuil qui roule mieux avec moi qu'avec lui. Il faut dire que son fauteuil n'est plus du tout adapté à sa nouvelle morphologie enflée par la cortisone... et les fauteuils sont si chers. Il faut que nous fassions réparer celui que l'on nous a donné si généreusement... les batteries sont à changer.

Je file en direction de la salle. Il y règne un souk incroyable. De grandes et longues tables proposent des fripes à profusion, au fond c'est un étalage de vaisselle et d'objets hétéroclites. Il y a aussi quelques beaux meubles bretons... tant de choses que les yeux se perdent.

Je ne peux rien fouiller tant je souffre et finalement je ne trouve rien qui me conviennent. Je pense à Maurice et j'achète deux belles boîtes de biscuits et un bocal de bonbons de vigne rouge cuits au feu de bois.

Pendant ce temps, il gare le véhicule à côté de la porte et vient à ma rencontre. Au passage il trouve un cabas assez sympathique et voilà nous repartons.

Nous voulons faire un tour au Téléthon mais il n'y a plus aucune place pour se garer et sans mon fauteuil c'est impossible.

Donc, nous rentrons. Fort heureusement car nos deux chèvres bêlent tant et plus et Aig (Petit Bisou) crie épouvantée. Nous comprenons tout de suite ce qui se passe... elle a encore la tête coincée dans le grillage ! Ah, l'affreuse... elle nous a fait le coup hier et aujourd'hui, elle recommence ! Je tente de la sortir de cette mauvaise passe. Elle se tient repliée sur ses deux pattes avant, sans doute pour s' allèger de la fatigue endurée. Quoiqu'il en soit je ne parviens pas à lui sortir les cornes de ce piège. Je la gronde.

De son côté, Maurice râle car il doit de nouveau couper le grillage pour ensuite le reficeler avec un autre bout.

Je réchauffe les restes d'hier. Ensuite après avoir déjeuner nous nous installons dans nos fauteuils accablés par nos fatigues réciproques. Maurice s'endort, il ne tient plus le choc.

Soudain, Aig se remet à crier de plus belle... c'est pas vrai ! Elle remet ça ! Nous devons aller dans le parc la libérer. Ah, la chameau !

Maurice colère râle encore :

-Bon, demain nous allons mettre un grillage à poules le long de la haie, cela suffit !

C'est effectivement la meilleure solution pour éviter ce problème et être tranquilles dans nos absences. Nous ferons ainsi, mais nous allons devoir aller chercher du grillage demain matin et l'installer ! Espérons que nous ayons assez de forces pour le faire.

Je téléphone à Danielle pour prendre des nouvelles. Elle demeure à l'hôpital au chevet de Jean-Yves.

La nuit tombe vite et du coup nos animaux regagnent leur logis.

Nous, nous retrouvons nos fauteuils. Maurice traîne dans le même état qu'au réveil.

Quant à moi, je laisse une vaisselle de trois jours dans la cuisine.

La fatigue et les douleurs latentes, entre 6 et 10 sur l'échelle de la douleur, me ressaisissent. Ce soir, je ne les supporte plus...

LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

~~Lundi 9 novembre 2015,

Le temps se dégage... les nuages s'estompent peu à peu dans le ciel... il va faire beau.

Maurice se désespère de perdre toutes ses forces. La baisse de morphine semble l'anéantir deux fois plus et il n'a plus faim. Cet anti-douleur lui ouvrait un appétit d'ogre et bizarrement il ne ressent plus ces grosses fringales. Il dit qu'il se sent mourir.

Sylvie ouvre la porte et entre. Ce matin, Nous n'avons pas encore déjeuné que notre petite chèvre, Aig commence à crier... nous comprenons qu'elle s'est de nouveau coincée la tête dans le grillage. Maurice enrage... il lui faut aller la délivrer et il n'a aucune énergie pour le faire. Je lui dis que je vais me chausser et le faire mais il refuse et y va lui-même. Il a pris sa décision, nous irons ce matin acheter du grillage à poules pour être tranquilles définitivement. Cet effort lui coûte beaucoup.

Béatrice pousse la porte à son tour. Elle pratique les soins et me laisse ce qu'il faut pour récolter mes urines demain. Alexandra, la podologue doit repasser demain pour une vérification de l'état de mon pied qui présente une piqûre d'épingle sous le petit orteil droit... il faut rester vigilant surtout lorsque l'on a déjà été amputée pour un mal perforant suivi d'une ostéite et d'une gangrène... quant à Maurice, évidemment il a une tension à 18,9, ce qui est normal après l'exercice du matin.

Mais à peine se reprend-t-il que déjà la chèvre recommence ! Elle pousse des cris épouvantables. Il faut encore aller la délivrer... c'est pas possible, elle le fait exprès ! Du coup, nous décidons de l'attacher pour tout le temps où nous serons absents. Bon, la voilà bien punie attachée au piquet du milieu.

Nous pouvons partir tranquillisés et aller au magasin de bricolage. Nous voilà revenus avec cinquante mètres de grillage à poules.

Aussitôt Sylvie aide Maurice en étendant le grillage par-dessus l'autre et assis il le cloue sur les piquets. Moi, je tente de ligoter les deux grillages ensemble avec des petits bouts de fil d'acier mais je ne peux pas faire de nœuds, ni quoi que ce soit qui nécessite de pincer les doigts... mes mains de singes douloureuses ne peuvent plus faire de couture, d'épluchures, etc... tout juste parviennent-elles à taper sur l' ordinateur. Donc après deux nœuds où je me suis blessée, j'abandonne Maurice qui a pris la décision de tout clouer, plus pratique, plus efficace et plus rapide. Enfin, il termine à midi...

Sylvie partie, je prépare le repas à la hâte. Nous déjeunons et sur mon fauteuil roulant, je sors sur la route couper des branches de haies, du lierre et des petits ronciers que je porte aux chèvres.

Nous passons l'après-midi à nous remettre de nos émotions et de nos efforts dans nos fauteuils devant la télévision.

Ensuite je vais chercher les œufs que j'avais oublié de prendre au pondoir et je m'aperçois que l'un des trois a été écrasé. Il me faut retirer la paille et nettoyer le minuscule poulailler car sinon, elles peuvent prendre l'idée de manger leurs œufs.

La journée se termine au calme, je réponds à mes courriels et je travaille un moment... une crise d'asthénie se pointe... la nuit tombe à dix-huit heures.

LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 15:58
LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

~~Mardi 3 novembre 2015,

Maurice me réveille. Il prépare le pain grillé dans la cuisine. Nous déjeunons.

Sylvie arrive à huit heures trente puis Julien, l'infirmier qui bâcle les soins, vite fait, mal fait !

Maurice n'est pas en forme et je lui conseille de ne pas aller dehors avec le crachin. Je vais nourrir les animaux.

Nous partons à la boulangerie et poster mon courrier. Nous rentrons rapidement.

Soudain, nous apercevons le bouc d'André dans notre pré et Froudenn trop heureuse bêle à en perdre haleine et lui fait de doux bisous ! Oh, la coquine ! Maurice le chasse, ce n'est pas le moment qu'il vienne nous défoncer l'enclos... mais Froudenn qui l'aperçoit sur la route poursuit ses appels interminables... serait-elle en chaleur ?

Bref, revoilà le bouc ! Pas de souci, il est castré mais en l'absence de son maître, il a cassé sa longe en métal ! Ah, le chameau !

Sylvie lui court après pour le chasser mais il saute au fond du jardin et brise une tortue à la guitare que nous venons tout juste de coller dans mon bestiaire fantastique ! Zut et rezut ! Sylvie ramasse les morceaux. Puis le bouc revient ! Maurice le chasse ce qui a pour effet de lui faire peur.

Il reviendra encore dans l'après-midi alors que nous dormons. Nous nous réveillons à dix-sept heures trente.

Nous sommes en crise de fatigue neurologique et Maurice se plaint de se trouver dans cet état d'épuisement de plus en plus profond chaque jour... pour moi, les crises d'asthénies durent depuis treize ans.

Nous dînons, puis je retrouve mon ordinateur... qui m'a effacé tout ce que j'avais mémorisé sur mon dernier DVD... Nous finissons la journée au salon... où Maurice prend une vilaine rage de dents.

Mercredi 4 novembre 2015,

Le ciel reste couvert. Maurice n'est pas en forme comme chaque jour de plus en plus... il dort assis au salon comme depuis un an avec des problèmes respiratoires de plus en plus profonds... son traitement n'est pas fait pour arranger les choses du côté de la respiration.

Bref, il se lève à huit heures mais ne dort plus depuis deux heures. Il prépare le pain grillé et met le café en route tout préparé par Sylvie la veille.

Véronique R. l'auxiliaire prend son service. Effrayé par les chasseurs qui rôdent et tirent trop près des maisons, tôt matin, le bouc sème encore le branle bas de combat dans le quartier. André et Henke lui courent après afin de le remettre dans son pré.

De mon côté mes douleurs intenses ne me quittent pas... au matin pas un seul petit morceau de chair qui ne soit pas douleur intenable... je ne tiens plus au lit. Les jambes m'occasionnent des tortures infinies... fourmillements, feu brûlant, froid glacial, paralysie... avec en prime des impatiences, jambes sans repos ni répit, jour et nuit. Et je ne parle pas des douleurs de la nuque, des épaules, des bras et du dos comme pris dans un carcan, comme broyés... aujourd'hui, je devrai porter mon corset et ma minerve, trop mal !

Cependant j'accompagne Maurice. Le magasin vient de l'appeler. Il doit aller chercher son caddie de planches (gardées dans les chutes).

Nous rentrons aussitôt. Je prépare des choux de Bruxelles avec des morceaux d'agneau et quelques pommes de terre.

Nous déjeunons... ensuite, je suis de nouveau en crise. L'après-midi pétris de nos misères nous restons sur nos fauteuils. Maurice se plaint, il supporte de moins en moins son état, ses douleurs, sa difficulté de tenir toutes les maladies à la fois... il tremble trop, transpire trop, ne peux plus respirer, ne tiens pas sur ses jambes, se fatigue aussitôt... et tout le reste... la liste est trop longue.

Il pleut. Ce soir nous recevons la visite de Clémentine et de son amie. Nous discutons autour d'un café des aventures avec le bouc et parlons de nos animaux, chèvres et poules qui nous amusent, ces petits riens qui font le bonheur de vivre...

LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

~~Jeudi 5 novembre 2015,

Il tombe des cordes et le vent a soufflé toute la nuit... c'est la bouscaille.

Pas une seule parcelle de ma peau, de mon corps qui ne me fasse pas souffrir. Les chèvres demeurent dans le foin de leur cabane... accablées par le mauvais temps et la pluie qu'elles détestent. Aig sniffe de mécontentement. Les poules font fi de la pluie, par tous les temps elles ne cessent de picorer.

Nous sortons faire des courses pour remplir le frigidaire vide. Sylvie nous accompagne. Devant le magasin, le temps de sortir nos fauteuils, ils sont trempés.

Nous filons nous mettre à l'abri et remplissons le caddie. Nous rentrons à la maison où Sylvie m'aide à ranger.

Sylvie se retire puis nous nous mettons à table.

Nous devons faire une sieste car ce soir, il faut nous rendre chez le médecin. Il nous a demandé d'aller une fois par trimestre à son cabinet de façon à mettre à jour nos dossiers et pratiquer des examens qu'il ne peut pas faire à domicile.

Mais cela représente une fatigue insensée pour Maurice. Il se gare le plus près possible pour éviter de sortir nos fauteuils tant cela l'épuise maintenant. Il n'a pas la forme du tout et c'est une vraie corvée que de venir chez le médecin à 19 heures, pour moi aussi d'ailleurs.

Nous n'en pouvons plus, la sagesse aurait voulu que je prenne un rendez-vous pour demain matin mais nous avons besoin d'une lettre et devons voir en urgence un pneumologue ; rendez-vous que nous obtiendrons pas chez le Dr Bernard mais chez un autre et pour le 29 février ! ! !

Eh bien, une fois de plus les dossiers urgents attendront. Nous faisons la queue dans la salle d'attente. Nous sommes les derniers patients et rencontrons notre médecin avec un très grand plaisir ce qui nous arrive assez rarement... mais avec lui une relation de très grande confiance s'est établie et nous apprécions énormément ce fait.

Effectivement nous avons beaucoup de dossiers à mettre en ordre et puis il peut pratiquer des examens avec plus de facilité. Il en profite pour me faire un électrocardiogramme et me suggère d'aller chez le cardiologue, ce que je refuse. Depuis l'enfance j'ai des soucis de ce côté-là et je vis très bien avec, alors je n'ai pas envie d'avoir des remèdes pour la tension, pour le sang, et que sais-je encore, je n'ai pas envie d'être encore plus malade que je le suis... et puis, il faut bien partir un jour...

Bon, nous quittons le cabinet avec bien des papiers... ordonnances à jour, nouvelles prescription, lettre pour le pneumologue etc... nous voilà tranquilles jusqu'au 20 novembre.

Surtout Maurice va pouvoir tenter de baisser ses doses de morphine, il a l'impression que l'état de son œdème cérébral s'est stabilisé. Espérons que ces maux de tête ne reviennent pas au galop. À suivre...

Le 13 novembre, Maurice doit aller à Quimper chez un stomatologue se faire extraire les cinq dents qui le font tant souffrir depuis un très long moment, le dentiste ne veut pas prendre le risque d'une hémorragie et puis le 26 novembre nous commençons la série des rendez-vous à Quimper pour nos opérations des yeux.

Nous allons être bien occupés et les voyages vont être difficiles surtout l'après-midi.

Nos animaux ont regagné leur couche. Nous restons au salon... une nuit pluvieuse et un vent rugissant s'étendent sur la lande.

Vendredi 6 novembre 2015,

Il tombe des cordes. Je me lève pénétrée des douleurs atroces. Toute la nuit j'ai eu très mal aux jambes et ce matin le mal m'a gagné entièrement... c'est mon quotidien.

Sylvie et Béatrice arrivent trempées. Après les soins, nous partons chercher ce que nous avons oublié hier, en courses, nous en profitons pour passer à la pharmacie et à la boulangerie.

À la maison, je prépare rapidement des épinards frais à la crème avec des œufs durs, fromage breton et bananes.

Après le repas, la pluie s'est calmée et je vais ramasser les trois œufs des poules quand les chèvres en me voyant arriver se mettent à bêler furieusement. Aig crie comme une furie... que se passe-t-il ?

Je souffre trop pour leur donner du grain et je demande à Maurice de le faire. Il s'aperçoit que la petite biquette Aig s'est entravée la tête dans le grillage pour mieux dévorer la haie ! Ah, la chameau, elle se coince ainsi une fois par mois... elle ne retient jamais la leçon !

Bizarrement Froudenn ne le fait jamais, même si elle se dresse le long du grillage pour ronger la haie, de la même manière, elle aussi.

Maurice mécontent et mal en point est obligé d'aller chercher une pince et du fil de fer au garage, car cette fois-ci, elle s'est carrément entortillé le cou ! Il la dégage et remplace le fil qu'il a dû couper pour la libérer. Ouf, il peut rentrer !

Il passe son après-midi à dormir dans le fauteuil au salon, là où il séjourne depuis treize mois. Je me repose aussi car comme lui, je ne tiens pas debout.

Puis à dix-sept heures trente, je regagne mon bureau. Nous soupons d'une excellente soupe de potimarron que j'ai confectionnée hier avec quelques carottes, du vert de poireau, trois patates et... de la crème... un délice !

Je reste un moment à mon bureau. Je suis obligée de travailler par petits bouts, je ne peux pas rester très longtemps dans la même position car je me bloque et la douleur se ravive.

Nous terminons la soirée au salon... une nuit d'automne breton tombe sur le cap.

LA MAISON DU BOUT... DE LA TERRE / Dana LANG

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Présentation

  • : LE MONDE IMAGINAIRE de Dana LANG, conteuse aux plumes de sioux, fée des loups, auteure Fantasy, contes, nouvelles, poète insurrectionnelle (trilogie de prose poétique), lauréate de 76 Prix littéraires
  • : BIOGRAPHIE Dana LANG *1989-2002, conteuse professionnelle internationale (artiste, durant 12 ans intermittente du spectacle / Cie du Soleil Noir). Elle conte dans les écoles, collèges, lycées, bibliothèques, médiathèques, salles de spectacle, théâtres, festivals... etc... *1991, fondatrice d'une Maison du Conte 'La Biche au Bois' au Cergne (42-Loire). Elle reçoit 20 000 scolaires en attractions contées sur les Terres d'Anne de Beaujeu dans les Monts du Haut-Beaujolais, et organise un Festival du Conte et des Conteurs en Forêt et en Cabarets «Flèches des Fées» pendant cinq ans. Elle conte avec divers musiciens dont Tenzin Gonpo artiste tibétain qui l'accompagne aux instruments et à la voix. Elle parraine un enfant tibétain pendant plusieurs années. *1994, sociétaire des Auteurs et Compositeurs Dramatiques. Elle participe à divers festivals... *Avril 1998, elle conte dans les écoles françaises, Instituts, hôtels, villages pour le Festival International des Conteurs Francophones à Abidjan en Côte d'Ivoire. *2003, auteure, poète, en situation de handicap, elle poursuit en écrivant toute son Œuvre. Elle réécrit ses contes adaptés pour la scène (120 contes) et écrit de très nombreux ouvrages dont des contes merveilleux et fantastique, un récit autobiographique ' Les Sanglots du Vent' ; une trilogie Fantasy ' Les 3 Héritiers de la Clef des 7 Mondes' (t.1 : La Dragonne et l'Œuf d'Or Sacré ; t.2 : Éloïse et le Commandeur du Temps ; t.3 à paraître) ; des témoignages de vie ' Docteurs, vous m'avez tué ! ' suite à paraître : ' La Danse de la Méduse ', ' L'Arbre d'Or ', 'La Fuite des Jours', 'La Maison du bout... de la Terre', 'Plus fort souffle le vent', 'Un Radeau dans le Ciel', 'Jusqu'au bout du Voyage', 'La Vie comme un Défi', 'Fais-moi Mourir !', 'Le Bouffeur de Vie', 'L'Ultime Voyage d'un Combattant de la Vie', 'Vogue là où te mènera ton Rêve', 'L' Envol les Ailes Brisées',... édité en juin 2019 par Horizon Littéraire Contemporain : un recueil de prose poétique et de pamphlets de 7 livrets ' Puisque tu vis, Philippe', 'Je vous écris, Frères Humains', 'À l'Aube d'un Jour, Humanité' et un livret de nouvelles 'Poindra le Jour', ... *2011, à la création de la Maison du Conte, de l'Illustration et de l' Édition Fantastique ' LA FONTAINE AUX FÉES ' édite dix de ses livres (sur plus de 30) et avec son époux Maurice JANIN, architecte d'exécution (en situation de handicap), fréquente les Salons du Livre de Rhône-Alpes, Auvergne, Bourgogne, Yonne, Paca chaque week-end durant deux ans. Sur le Salon du Livre de Lorette (42-Loire), elle rencontre Michel COUROT, Dico d'Or, grand gagnant de la Dictée de Bernard Pivot en 1995. Il deviendra son relecteur et son très grand ami. *En avril 2011, elle écrit un conte merveilleux : Flora, Pipi et Scratch, la sorcière. *2012, sociétaire des Arts et des Lettres de France, membre du bureau de l' UERA A (Union des Écrivains de Rhône-Alpes-Auvergne), ambassadrice du Cercle des Ambassadeurs Universels de la Paix, 'La Fontaine aux Fées'  édite 'Le Grand Livre de Marina' de Marina FERREIRA. *13 octobre 2013, elle est nommée Membre de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets. *Le 18 mai 2014, elle parraine le 1er Festival du Livre et de l'Illustration Jeunesse «Les P'Tits Z'Amis de Marina » à Saint-Didier-de-Formans dans l'Ain (01). *13 Juillet 2014, après avoir vécu deux ans dans le village natal de son père en Alsace près de Bâle et de très longues années en région lyonnaise, elle vit à Plogoff dans le Finistère et devient Membre de l'Association des Écrivains Bretons (AEB). Elle écrit et publie un nouveau conte ' La Fontaine de la Mer Feunteun Aod '.   *Décembre 2014, elle collabore au Festival International du Conte de Guillaume ÉKOUMÉ, au Cameroun. Elle écrit un nouveau conte 'Max, le Petit Sorcier'. *Février 2015, elle écrit un conte 'Louka, le Petit Loup de Brocéliande' dédié à son arrière petit-fils, Louka né le 5 février 2015. *23 avril 2015, elle écrit 'Le Dragon de Pors Loubous', un conte fantastique. Fin juillet, par son épouse Danyèle, elle apprend dans une profonde tristesse le décès de son indéfectible ami, Michel COUROT. *20 décembre 2015, elle conte 'Plume de Corbeau' au théâtre Georges Madec à Esquibien pour les enfants des écoles et leurs parents. *De septembre 2013 à ce jour, elle devient lauréate de 76 distinctions Littéraires  Internationales (Trophées, Mérites, Médailles, Prix, Mentions...) décernés par 16 concours Littéraires Internationaux. *2015-2016, elle recherche un Éditeur sérieux pour lui reprendre toute son Oeuvre. *En 2015, elle est invitée à Sacramento en Californie et à Prague en Tchécoslovaquie du 5 au 10 septembre 2016 par le Président de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets où elle ne pourra pas se rendre. *Le 1er février 2016, elle écrit le conte 'Justine et le Pays Contraire'. *Février 2016, elle s'inscrit dans les Salons Festivals du Livre en Bretagne qu'elle espère honorer de sa présence... le 24 avril 2016, elle se rend au Salon du Livre de Botmeur (Finistère) où elle conte et dédicace... *En juin 2016, elle écrit le conte 'Kaoura, la Princesse aux Sept Dragons'... *En 2017 'La Princesse aux Mensonges', 'L'Œil du Dragon'... et autres... *Le 9 et 10 septembre 2017, elle reçoit le TROPHEE John Ronald TOLKIEN pour le 2ème volet de sa trilogie fantastique 'Les 3 Héritiers de la Clef des 7 Mondes' tome 2 'Éloïse et le Commandeur du Temps par le CEPAL à Thionville en Lorraine. Elle reçoit d'autres Prix Littéraires Internationaux et le TROPHEE le LAUZUN de BRONZE remis par Pierre BELLEMARE... *Le 26 décembre 2017, elle perd à Douarnenez son époux bien-aimé à la suite de très grandes souffrances et d'une longue agonie de trois ans. Il sera incinéré à Quimper et ses cendres jetées en mer à 300 mètres de leur habitation. *Année 2018, elle devient membre de Bibliothéca Universalis.           * En février 2018, elle écrit plusieurs contes et nouvelles... qu'elle présente à des concours littéraires... *4 avril 2018, elle reçoit une Mention des Arts et Lettres pour son conte 'L'Œil du Dragon'. *10 août 2018, veuve elle revient s'installer avec sa fille aînée dans les Monts du Haut-Beaujolais où de plus en plus atteinte par sa maladie, elle tente de faire éditer tous ses livres. Quelques uns de ses textes paraissent dans diverses revues et livres. *Le 26 janvier 2019, elle devient membre de l'Académie Littéraire et Historique du Val-de-Saône. *Le 1er juin 2019, elle reçoit trois nouveaux Prix Littéraires Internationaux sur un conte, une nouvelle et une poésie décernés par les Arts et Lettres de France. *Le 29 juin 2019, elle reçoit le TROPHEE d'EXCELLENCE sur son OEUVRE LITTERAIRE et le PRIX d'EXCELLENCE sur son conte MAX, LE PETIT SORCIER en Français et traduit en Roumain par les Editions HORIZON LITTERAIRE CONTEMPORAIN représenté par Noëlle ARNOULT et Daniel DRAGONMIRESCU.
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