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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 22:18
UN RADEAU DANS LE CIEL / Dana LANG
Maurice à l'hôpital de Quimper le 23 septembre 2016...

Maurice à l'hôpital de Quimper le 23 septembre 2016...

Maurice opéré du cerveau (double trépanation de la boîte crânienne) le 3 novembre 2014
Maurice opéré du cerveau (double trépanation de la boîte crânienne) le 3 novembre 2014

Dimanche 25 septembre 2016... doit-on parler aussi de la maltraitance des malades au Centre Hospitalier de Quimper ? ? ?...

Je me suis couchée à vingt-deux heures. Je me réveille subitement avec un sentiment de malaise... Maurice est-il mort ? Cela tourne dans ma tête. Je veux me lever, je ne dormirai plus. Non, je dois rester au lit, je ne pourrai pas tenir si je ne dors pas ! Je me fais violence, je m'efforce à me rendormir... puis je m'éveille à six heures. Non, ce n'est pas l'heure, recouche-toi ! Pour finir, je me lève à huit heures.

C'est bien, j'ai demandé à Céline de ne pas venir aujourd'hui pour mes soins, je tenais à dormir, à ne pas être bousculée aujourd'hui dimanche et de plus cet après-midi, je repars pour l'hôpital.

J'appelle Maurice qui va très mal. Il pleure, excédé de douleurs et de contrariétés. Il a demandé que l'on veuille bien lui beurrer ses tartines (en plus on sert du beurre salé à un malade interdit de sel !). Il explique que ce n'est pas aisé pour lui avec la Parkinson (mais pas seulement, si mal au bord d'une septicémie avec sa jambe quand tout le reste est en rideau !).

La jeune infirmière refuse et se moque de lui. Elle décrète qu'elle est restée deux ans dans un service neurologique avec des Parkinsoniens et que lorsque l'on a la Parkinson on ne peut pas appuyer sur le bouton pour l'appeler !

Heureusement qu'il ne faut pas contrarier Maurice qui ne cesse de faire des infarctus ! ! !

Elle pense sans doute avoir déjà la science infuse. La médecine n'est pas une science exacte et cette petite manque notoirement d'humanité... elle serait plutôt faite pour aller garder les vaches !

En tout cas Maurice la traite de merdeuse incompétente... que n'a-t-il pas dit cela fait le tour du service !

De mon côté, mon sang ne fait qu'un tour ! Je ne supporte pas que l'on puisse se conduire ainsi dans un hôpital auprès des malades ! C'est un manque de respect évident, un manquement à son métier d'infirmière ! Ce genre de comportement doit être sanctionné durement.

Je prends le téléphone et demande la chef du service, on me passe l'infirmière responsable. Je lui parle de l'incident et elle prend le parti de l'infirmière en disant qu'elle a été insultée et qu'elle était présente.

Je ne la laisse pas continuer sur ce registre, je lui dis qu'il faut respecter le malade si l'on veut être respectée et que ma foi, j'en parlerai au médecin !

Et en plus, je me promets que cet après-midi j'irai voir cette petite peste pour lui demander qu'elle aille s'excuser auprès de mon mari !

Je déjeune, je me prépare puis je vais m'occuper de nos animaux. Je coupe du fusain (mon âme est emplie d'une immense tristesse avec un pic de contrariété dans le cœur), je change l'eau de l'abreuvoir et remplis le bac aux oies... puis, j'amène une gamelle de bouillie du pain rassi ramené par Annelise aux poules, et toute la basse-cour en folie rapplique, les oies s'amènent aussi et nos chèvres ne sont pas en reste... mais elles n'auront que deux minuscules tranches grillées car elles n'ont pas droit au pain... elles sont si heureuses de ce petit plaisir suprême. Nos animaux s'ébattent joyeusement.

Je ramasse les œufs et qui vois-je devant la maison... Annelise qui devait venir à treize heures trente et me demande si je veux bien venir manger à la Pointe. Ben ça alors, les bras m'en tombent !

Bon, je ne suis pas tout à fait prête... mais après tout ça peut se faire, je suis si triste ce matin.

Je mets dans un sac, une rallonge, de l'eau de Cologne, un gratte-dos et Annelise a apporté le sien (super efficace !) pour l'offrir à Maurice, puis je me change et voilà, nous pouvons partir.

Nous arrivons à la Pointe chez Dédé et Sophie pour un moules-frites et un dessert. Touchés ils nous demandent des nouvelles de Maurice. Lorsque nous partons ils nous recommandent de l'embrasser pour eux.

Annelise me laisse en attente, le temps pour elle d'aller chercher sa voiture, puis de nouveau elle charge mon fauteuil manuel... allez en route pour Quimper !

Lorsque nous arrivons, elle doit encore décharger mon engin à roulettes et me pousser... ce n'est pas facile pour elle qui souffre d'arthrose dans un genou et cela me fait mal.

Nous montons au sixième étage et je m'en vais voir directement l'infirmière. Malheureusement pour moi, ce n'est plus l'équipe du matin, mais celle du soir qui se trouve là... et ces infirmières-là sont très gentilles.

L'infirmière de service me déclare que la jeune infirmière est allée s'excuser auprès de mon époux... j'aime mieux ça, cela me rassérène !

Je retrouve Hortense dans le couloir à qui j'ai offert un album à chacune de ses trois filles et elle est heureuse de m'annoncer qu'elles ont déjà lu ces contes deux fois, brave Hortense, si jolie petite femme.

Je rentre dans la chambre et je trouve Maurice en pleine chaleur avec un ventilateur près de lui (fort heureusement), mais la fenêtre à peine ouverte à ses pieds au lieu d'être près de sa tête. De plus, il est carrément couché en travers, prêt à tomber.

J'appelle les infirmières afin qu'elles viennent l'arranger. Nous sortons de la chambre. Il souffre de nouveau trop fort de sa jambe infectée et je l'entends gémir à chaque déplacements dans le lit.

Bon, lorsque nous rentrons il est un peu mieux installé, mais il n'a pas ses barrières, c'est Annelise qui va les lui mettre.

Hier soir lorsque je l'ai rappelé il était presque tombé du lit et ne savait plus où il était... cela m'a fait peur et me rappelait son premier AVC.

Maurice très affecté par l'épisode de ce réprime de gros sanglots. La fille est venue s'excuser et ne cessait de lui faire des bisous. Il me

dit encore que nous avons donné toute notre morphine au service et qu'elles sont incapables de lui redonner ses comprimés. Elles s'obstinent à lui refiler des comprimés qui fondent sous la langue et qu'il ne supporte pas.

De plus il réclame une grande cuillère pour manger, mais cela reste sans effet (cela fait des années qu'il mange avec une grande cuillère car il laisse tomber tous ses aliments dans sa grande serviette !).

Alors lorsque elle arrive avec un comprimé de doliprane que je viens de réclamer, je lui demande de bien vouloir marquer de lui laisser toujours une grande cuillère à portée de main et de lui couper sa viande.

Il ne mange presque plus, à midi les infirmières lui ont coupé les haricots mais pas la viande... devant ce constat, je lui dis que je vais demander à rester la nuit avec lui, je ne pars plus de l'hôpital. Il refuse... cela va trop te fatiguer !

Oui mais demain est un jour fatidique... il sera sans doute opéré ! Les résultats du labo seront enfin arrivés.

Les internes sont passés et se sont étonnés qu'ils prennent autant de morphine pour une jambe ! ! !

Mais savez-vous pourquoi, Messieurs les futurs médecins il prend autant de morphine ? ? ? Certes ce qui se passe sur sa jambe est terrible et cela vous fait très peur... mais il y a bien pire encore : l'état de son cerveau, de son cœur, de sa respiration, de sa prostate, du syndrome de Parkinson sans compter la polyarthrite, et l'arthrose au dernier degré mais cette dernière est encore le moindre mal ! ! !

Le chirurgien n'est pas passé ce week-end, malgré ses dires, l'urgence et l'importance des maux de Maurice. Il devait être transféré en infectiologie mais il semble que les deux services se fassent la guerre !

Nous restons près de lui jusqu'à dix-huit heures, puis nous le quittons, j'ai l'âme chagrine.

Annelise me ramène à la maison, mais avant nous sommes repassées sur la si belle route de la corniche à Plouhinec où elle s'est arrêtée deux fois pour ramasser des pattes de l'ours pour nos biquettes.

À l'arrivée elle va porter ces douceurs aux chèvres qui en raffolent, mais aussi les oies et les poules ! Annelise me quitte et me dit à demain... les bras m'en tombent encore !

Maurice m'appelle pour me dire qu'Alain est passé le voir, qu'il vient de partir et reviendra demain. Maintenant il va dormir.

Il me rappelle en pleine détresse. Il est en panne d'électricité.

Je dois appeler le service pour les informer.

L'infirmière file dans sa chambre...

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 20:07
UN RADEAU DANS LE CIEL / Dana LANG
UN RADEAU DANS LE CIEL / Dana LANG

Samedi 24 septembre 2016,

Je me réveille à six heures trente... tant pis, je ne vais pas attendre Julien, je vais déjeuner, me laver les cheveux et me préparer... il me fera bien les soins après.

Je suis prête lorsque Julien arrive... je lui donne les toutes dernières nouvelles, il pratique mes soins et pendant qu'il sort tous les remèdes demandés par Maurice plus une sonde, plus son ordinateur, je me rince les cheveux.

Je l'aide à ranger le matériel demandé... des livres aussi que j'avais triés et mis en sac à offrir aux personnel soignant. Puis il me sèche les cheveux, retrouve la déclaration de Maurice sur son refus de tout acharnement thérapeutique que je photocopie car dans ma hâte à tout préparer j'ai fait l'impasse de l'endroit où j'ai pu ranger tous les exemplaires qu'il m'avait préparés. Julien me quitte.

J'ai le temps d'aller m'occuper de nos animaux. Je coupe un sac de fusain et durant tout ce temps Aig (Aik, Petit Bisou) montée sur l'estrade ne me quitte plus des yeux. Puis me voyant arrivée elle se précipite et Froudenn, la jalouse se jette sur la nourriture l'a repoussant de ses cornes... qu'à cela ne tienne, je vais faire un autre tas plus loin et chacune peut manger dans son coin.

Puis je remplis le réservoir d'eau et le bac des oies. Gwenn et Du couchées côte à côte me guettent du coin de l'œil... on dirait qu'elles me sourient. Elles attendent que j'ai terminé pour venir prendre un bon bain aux algues vertes (leurs déjections). Les poules quant à elles attendent les restes de table impatiemment. J'ai terminé mon service.

Je range encore un peu lorsque Annelise frappe à la porte. Nous sommes heureuses de nous revoir. Elle prend tout mon matériel. Le fauteuil rangé dans la voiture depuis la veille est prêt.

Nous partons en direction de Landudec où nous allons manger. Les restaurateurs nous attendent. Aucun problème pour entrer comme de partout en Bretagne, même les toilettes sont adaptées !

Sans nous être concertées, nous commandons la même chose. Une salade verte et tomate sur son feuilleté au fromage, puis une blanquette de veau à la purée assaisonnée de fenouil et dessert.

Nous quittons le restaurant et filons à l'hôpital pour trouver Alain au chevet de Maurice. Cela me fait un immense plaisir.

Maurice m'explique alors que les médecins lui ont fait une ponction à son genou, ils ont sorti de l'eau mais aussi du pus... cela lui a occasionné un arrêt total de la douleur (momentané).

Le chirurgien, le Docteur A., lui a commenté le processus de son opération mais avant il attendra les résultats du labo pour connaître ce à quoi ils ont à faire.

En attendant Maurice connaît de grosses fièvres qu'il ne pouvait pas voir à la maison, notre thermomètre étant hors d'usage !

En principe, on devrait l'opérer dès les résultats du labo, le chirurgien reste là et attendra tout le week-end. Il lui grattera tout et pratiquera une arthrodèse si possible... il se pourrait qu'il faille amputer mais si son corps réagit mal à cette intervention chirurgicale, ils ne s'acharneront pas sur lui.

Voilà le discours intelligent que nous voulions entendre lui et moi. Nous sommes soulagés et Maurice a repris le moral.

Nous restons un long moment près de lui car il se peut que je puisse rencontrer le docteur A., si jamais les résultats arrivent dans l'après-midi.

Maurice commence à fatiguer et me dit que demain il sera au service infectiologie. Alain nous quitte.

L'infirmière nous annonce qu'ils n'ont pas encore les résultats et du coup, le docteur ne viendra pas.

Nous quittons mon époux et rentrons à la maison. Je lutte tout l'après-midi contre une crise d'asthénie. Nous arrivons à dix-neuf heures et je ne mangerai pas.

Annelise me réserve une belle surprise : elle me ramènera demain à Quimper ! Cela encore est inattendu... je suis heureuse et soulagée soudain ! Merveilleuses fées qui me tendez la main !

On se donne rendez-vous pour demain à treize heures. Puis elle me quitte.

J'appelle Maurice, il me dit qu'il est occupé. Il me rappelle et me dit qu'il ne savait plus qu'il était à l'hôpital, ni dans son lit et les infirmiers sont venus l'aider... je n'aime guère ce genre de perte de mémoire.

J'écris ces lignes, puis j'irai me coucher... j'en ressens un immense besoin.

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 00:01
UN RADEAU DANS LE CIEL / Dana LANG
Maurice à son arrivée en Bretagne...
Maurice à son arrivée en Bretagne...

Jeudi 22 septembre 2016... fête les 'Maurice'...

Je me suis couchée tard et levée qu'une seule fois dans la nuit. Je me réveille d'un coup, je vais voir l'heure : sept heures cinquante... et à quelle heure doit arriver Sylvie, mais pile, elle frappe à la porte.

Bon, je ne retournerai pas au lit, je déjeune et nous parlons des journées écoulées depuis son dernier service. Sylvie est triste et catastrophée comme toutes nos auxiliaires-amies qui viennent ici.

Bon, je lui explique que dès que je suis prête, on file à l'hôpital. Elle charge mon fauteuil manuel dans son auto et on décolle !

Nous avons le temps de discuter sur les trente-cinq kilomètres qui nous séparent de l'hôpital. Nous arrivons aux urgences et trouvons sa chambre.

Un grand bonheur me saisit en le voyant et je distribue un bon point à l'hôpital de Douarnenez pour avoir réussi à trouver un lit digne de ce nom à mon époux. Je le découvre bien installé dans des draps propres avec un lit basculé vers l'avant. Ainsi il est bien couché (presque debout) et cette situation est convenable pour les soins. Certes pour ses jambes qui pendent, ce n'est peut-être pas le top mais au moins, il peut dormir et respirer.

Je devrai faire ramener notre fauteuil-lit car Maurice quitte les urgences pour passer en médecine générale. Je lui parle mais il est très fatigué et ne supporte pas ma voix quand elle devient trop forte... je le sais, je sais comme cela peut faire souffrir avec ses violents maux de tête, je m'en veux d'oublier si vite cette impérieuse nécessité.

Je lui demande si parmi tous ses cachets, on lui donne toujours la cortisone... Maurice ne sait pas, il sonne. L'infirmière arrive. Nous lui posons la question, oui elle va lui donner. Et combien de milligrammes ? Ben 5 mg... tout faux, c'est 8 mg ! N'importe quoi ! C'est tout de même pas sorcier de suivre l'ordonnance de notre médecin et ce n'est pas pour rien que c'est 8 mg... voilà des mois qu'il baisse la cortisone à 1 mg chaque mois... c'est pour une raison ! Tout comme la morphine on ne s'amuse pas à l'enlever ou la baisser d'un coup sans dommages pour le malade !

Bon, l'infirmière va demander au médecin... Je quitte Maurice qui m'a donné une liste d'objets à lui apporter... il veut en outre son remède pour aller à la selle car il doute que cela soit fait et il ne se souvient plus du nom. Encore des médicaments qui vont lui être raflés comme ceux que je lui avaient mis dans la valise !

Nous partons et nous arrivons à onze heures trente. Sylvie finit son service à midi. Je mange rapidement avec les restes de salade d'hier... je n'ai pas faim.

J'étends une lessive que Sylvie n'a pas eu le temps de faire... Maurice m'appelle, il a vu le médecin, son cœur ne va pas si bien que ça (tu m'étonnes) et pour sa prothèse c'est soit une infection, soit un décollement... à mon humble avis c'est un décollement. Une infection se verrait avec la fièvre (quoique moi avec une gangrène durant dix-huit mois, je me promenais avec 36° de température et j'étais toujours glacée jusqu'aux os)... mais j'y pense ces chauds et froids sans avoir de fièvre peuvent être un signe ? On le verrait aussi dans la prise de sang.

Un décollement c'est possible avec le fait qu'il marchait jusqu'aux toilettes très, très souvent en pesant 166 kilos - en ce moment 160 kg - et que ces dix derniers jours les infirmières pratiquaient les soins debout car il ne pouvait plus rester sur le lit ! Sa prothèse a quinze ans et elle ne devait tenir que dix ans... et il ne l'a pas ménagée. Bref, si c'est une infection, il faut couper la jambe ! ! !... Ne manquerait plus que ça ! Si c'est la prothèse... il faudrait une arthrodèse qui lui bloquerait et mettrait la jambe raide... mais il est inopérable ! ! !

Maurice me rappelle un peu plus tard, il vient de faire une nouvelle attaque cardiaque ! Il est épuisé et ne reste pas au téléphone. Je vais lire mes courriels. Pierre et Jeanne me laisse un message d'une immense gentillesse. Marie-Claude également qui m'annonce que Marc blessé aux doigts est aux urgences... décidément ! Je téléphone afin de trouver un ami qui pourrait aller chercher le fauteuil à l'hôpital... je ne parviens à toucher personne sauf Alain qui trouve un moment dans l'après-midi pour y faire un saut.

Je téléphone aussi au médecin afin de pouvoir lui parler de la situation de Maurice. La secrétaire me dit qu'il m'appellera en fin de journée.

Je me prépare et je file chez les pirates de la Pointe... ces merveilleux amis me reçoivent avec une gentillesse hors du commun. Nous parlons ensemble un grand moment. Cela me fait du bien de 'vider mon sac' autour d'un café et d'une crêpe.

Il est déjà cinq heures et je passe rapidement chez Delphine qui me dit que son époux arrive avec le fauteuil... donc, je rentre vite, je ne voudrais pas qu'il se heurte à la porte fermée.

Mais le médecin m'a appelé et je n'étais pas là... c'est Maurice qui me l'annonce... il vient de piquer une colère car les infirmières refusaient de lui donner sa morphine... il a appelé notre médecin qui a dû remettre de l'ordre ! Incroyable !... Mais faudra-t-il les surveiller comme le lait sur le feu ? Je le crois... mince alors !

Je reste un petit moment au jardin pour nourrir mes animaux tous heureux de me voir. Comme d'habitude mes chèvres me hèlent et Aig me fait des fêtes à n'en plus finir... les poules gloussent de plaisir et les oies cacardent et criaillent à qui mieux mieux.

Alain s'en vient avec son chargement qu'il porte à bout de bras (même dans les couloirs de l'hôpital !)... je le gronde, j'ai un diable dans le véhicule ! Il a fait un gros effort et je lui offre une chaise pour reprendre son souffle mais j'oublie de lui offrir une collation !... Nous parlons un long moment de l'hospitalisation de Maurice... cela rend Alain très triste. Puis nous parlons de choses et d'autres et il s'en va.

Je téléphone à mon fils qui me rappelle et je lui annonce la nouvelle... mes enfants sont très attristés.

Je mange un très léger casse-croûte... je n'ai pas faim. Je ferai bien de ne pas trop veiller ce soir...

UN RADEAU DANS LE CIEL / Dana LANG
Maurice à Thionville (Lorraine) lors de la Cérémonie de Remise de mon 1er Prix Littéraire International...
Maurice à Thionville (Lorraine) lors de la Cérémonie de Remise de mon 1er Prix Littéraire International...

Vendredi 23 septembre 2016... transfert en urgence sur un autre hôpital, celui de Quimper !

Je me lève à quatre heures avec l'idée ténue d'écrire au pneumologue de Maurice pour les trois rendez-vous malheureusement ratés. J'envoie les doubles à nos autres médecins.

Lorsque Nelly arrive à huit heures trente, je viens juste de me faire quelques tartines et avale mon café à la hâte.

Je lui apprends l'hospitalisation de Maurice puis Céline arrive pour mes soins. Je lui explique ma visite d'hier et la situation où se trouve plongé Maurice. Elle est très triste, très affligée aussi... elle si dévouée, si gentille.

Bon, mais je vais vite, je dois me préparer, nous partons à l'hôpital. J'emmène les affaires réclamées par Maurice, je passe à la boulangerie, à la boîte à sous, à la poste (Nelly y va pour moi) et nous filons sur Douarnenez.

Nous arrivons et on nous annonce évidemment que les visites sont interdites le matin. Je leur fais remarquer que je suis handicapée, - d'ailleurs ça se voit, mon auxiliaire pousse mon fauteuil roulant manuel – et que je n'ai qu'elle le matin pour m'emmener voir mon mari !

Donc, les infirmières m'expliquent qu'un petit salon nous attend près de l'entrée... très bien meublé avec un bel écran plat à ce que nous constatons. Nous devons attendre ici, car mon époux est en soin. Nous attendons et l'on vient nous dire que c'est bon, nous pouvons aller le voir.

Lorsque nous rentrons dans la chambre, les infirmières lui ont placé un lavement et ce n'est pas agréable pour lui. Maurice souffre tant, il me dit qu'il en a marre, qu'il veut mourir. Je le sens à bout de tout. Je suis chavirée. En plus, il me raconte comment il a traité une soignante de bouchère, de charcutière ! La responsable lui promet qu'elle ne reviendra plus près de lui ! Bon, il me dit que le personnel est gentil et agréable avec lui mais il y a encore eu un problème, les infirmières ont totalement oublié de lui donner son diurétique et du coup il n'urine plus du tout et cela lui fait très mal... de plus lors de son transfert à l'hôpital les gars du Samu ont remarqué qu'il avait du sang dans ses urines !

Là dessus, nous le quittons et nous rentrons à onze heures trente. Je suis bouleversée de l'avoir vu ainsi et je décide d'aller manger un moules-frites chez Dédé et Sophie... je pense à Jeanne et Pierre, s'ils me voyaient !- mais lorsque j'arrive je trouve Dédé tout retourné, il veut me dire quelque chose. Il m'annonce que Maurice s'en va en urgence à l'hôpital de Quimper... je blêmis.

Il m'avait dit tout à l'heure que l'hôpital allait faire venir de Brest un orthopédiste compétent mais finalement devant son bilan, ils ont préféré l'envoyer à Quimper en orthopédie car sa prothèse semble être gravement infectée et il faut agir vite.

Deux kinésithérapeutes l'avaient visité et ils n'avaient jamais vu ça !... Maurice c'est toujours du 'jamais vu ça'... c'est sûr que c'est un roc qui finalement accumule les pires ennuis de santé !

Bon, alors comment je vais faire pour aller le voir ? Je réfléchis ainsi cependant que Dédé et Sophie m'apportent mon repas... d'excellentes moules au Curry avec des frites et... trois boules de glace !

Je suis perdue dans mes tristes pensées, lorsque une dame attire mon attention. Elle vient d'arriver, demande une table, très plaisante, communicative, agréable, elle me plaît et semble bien connaître Sophie et Dédé.

Lorsque Sophie lui dit que je suis conteuse, auteure de contes, de livres et de poésie, elle s'intéresse à moi aussitôt et me propose de prendre un café à sa table. Ce que j'accepte avec le plus grand plaisir.

Dès lors nous allons nous mettre à parler autour de mes livres, de mes contes et il s'ensuit une longue discussion passionnante. C'est incroyable, elle m'apprend qu'elle est Suisse, qu'elle vit à Lausanne et également ici ! Je suis stupéfaite car mon père n'est-il pas originaire de ce petit village alsacien frontalier de Bâle... la Suisse et l'Alsace sont très liées et c'est une passeuse Suisse qui a emmené mon père à Annecy, lui qui fuyait le régime nazi !

Et puis Lausanne on connaît bien, Maurice et moi ! C'est une fée qui m'envoie Annelise ! Bon, je lui explique où nous vivons et je l'invite à venir me voir. Elle m'annonce qu'elle peut m'emmener demain à Quimper... je n'en reviens pas ! Mon vœu vient de s'exaucer d'un coup de baguette magique ! Pour un peu j'en pleurerai de bonheur !

Nous nous quittons en nous donnant rendez-vous pour demain et je file voir Delphine pour les remercier encore de leur dévouement envers nous. Je parle encore un long moment avec elle, lui donnant des nouvelles de Maurice. Je la quitte.

Je viens à peine de rentrer à la maison, j'étends ma dernière lessive, lorsque j'aperçois Annelise qui me fait des grands signes à travers la baie de la véranda. Incroyable... elle est déjà là et me déclare qu'elle peut m'emmener tout de suite à Quimper ! J'en reste toute 'ébarbelusée' !... Comment est-ce possible et c'est Maurice qui va être heureux car il commençait à désespérer de me voir ce week-end !

Bon, je m'étais promis d'appeler le médecin, lui expliquer le transfert de mon époux et lui redire notre souhait de ne subir aucun acharnement thérapeutique sur sa jambe, à savoir la lui amputer ! Le médecin me rassure.

Annelise attend à la maison que je me prépare... je dois porter des remèdes et des maillots à mon époux, puis elle s'empare de mon fauteuil roulant manuel, de toutes mes affaires et nous prenons la route via Quimper... nous n'arrêtons pas de causer tout le long de notre voyage.

Je ne peux guère la guider car je ne me souviens plus trop bien de l'endroit où se trouve l'hôpital et je me dis qu'une fois arrivées au centre de la ville, nous trouverons bien un panneau indicateur. Ma nouvelle amie s'arrête pour se renseigner auprès d'une passante et nous sommes sur le bon chemin, nous n'avons plus qu'à suivre ses indications.

Nous arrivons et Annelise me pousse dans mon fauteuil jusqu'à l'entrée de l'hôpital où je me renseigne à l'accueil afin de savoir dans quelle chambre se trouve Maurice... au sixième étage.

L'hôpital est grand, gigantesque immeuble oppressant. Nous prenons l'ascenseur et trouvons immédiatement sa chambre.

Je le trouve très bien installé et il est terriblement heureux de me voir et de faire la connaissance de ma nouvelle amie. Lui est content d'être là dans de bonnes mains où déjà le service l'a accueilli avec six personnes pour le soulever et le traiter dans de très bonnes conditions... un personnel très efficace, très dévoué et compétent.

Il me dit aussi qu'il est automatiquement placé dans une chambre seul car il est infecté... ce que je savais déjà pour moi ! Il souffre des difficultés qu'il éprouve à uriner avec son absence de remède (la prostate ne fonctionne plus). Déjà, ici, on est en train de rectifier et de mettre à plat tous ses médicaments : morphine, cortisone, diurétique, pariet (estomac).

Voilà, je ressens son immense soulagement de m'avoir vu et d'avoir pu me parler. Il me redit la gravité de sa jambe... si c'est de l'eau on fera une antibiothérapie, si c'est du pus, il faudra amputer !... Je refuse cette idée... on ne peut plus l'endormir et je ne crois pas qu'ils vont le découper tout vivant... et pourquoi sur tant de douleurs, de souffrances, accumuler un nouveau traumatisme sur un homme si touché et si prêt à mourir. Ils lui ont confirmé ici, que les œdèmes sont provoqués par son cœur usé (ce que je sais pertinemment depuis 2009 !)... je refuse ce nouvel acharnement !

Ils m'ont bien sauvé ma jambe avec une forte antibiothérapie de trois mois et demi... pourquoi pas toi ? Parce que avec une prothèse c'est bien plus compliqué, à ce qu'il paraît !

On vient pour de nouveaux soins... nous disparaissons, puis nous reprenons la route causant de plus belle ! Nous arrivons, Annelise m'aide à porter mes affaires et garde le fauteuil dans sa voiture... j'ai ce qu'il faut à la maison.

Elle vient de faire le bonheur de deux personnes, mais elle est ravie, elle a fait son bonheur à elle aussi... quand je disais que c'était une fée venue sur ma route !

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 18:19
URGENCE... APPEL A TOUS MES AMI(E)S...
Maurice, le combattant...
Maurice, le combattant...

Aujourd'hui fête les 'Maurice'...

Chers amies, chers amis,

Je sais comme vous avez besoin d'entendre des nouvelles et Maurice au téléphone.

S'il vous plaît n'appelez plus le portable mais écrivez-moi sur mon courriel ou sur mon site, je vous donnerai le mien pour prendre ses nouvelles... de plus vous avez des nouvelles presque chaque jour sur mon site... dans mon journal 'Un Radeau dans le ciel'...

Comprenez mes ami(e)s que Maurice est dans une fatigue extrême... il souffre d'un œdème cérébral, son cœur et sa respiration sont très faibles, il tremble de tous ses membres et sa prothèse totale de genou pose un grave problème.

Je vous embrasse et je suis à votre disposition pour vous répondre.

Bises et fraternité des fées,

Dana LANG

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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 22:18
UN RADEAU DANS LE CIEL / Dana LANG
Maurice à St-Romain-au-Mont-d'Or (69) sur un marché nocturne
Maurice à St-Romain-au-Mont-d'Or (69) sur un marché nocturne

Mercredi 21 septembre 2016,

Hier après-midi, nous avons bataillé ferme avec la jeune infirmière. Nous devions installer Maurice sur la chaise-pot et cela nous a pris plus d'une heure pour ensuite le replacer dans son lit-fauteuil.

Nous avions essayé de trouver des amis voisins, sans succès, appeler les pompiers où l'on nous a refusé de l'aide (1ère fois que cela m'arrive ! ! !).

Bon, à force d'efforts l'infirmière a fini par réussir après d'énormes difficultés.

Le médecin passe tard. Il vient constater le problème de sa prothèse de genou qui visiblement ne fonctionne plus. Il dit qu'il va voir ses collègues afin que Maurice passe une échographie du genou à la clinique Saint Michel. Il a peur de ne pas savoir comment s'y prendre pour une infiltration ou une ponction sur une prothèse... on en reste là.

Maurice a peu mangé et a fini par sombrer dans le sommeil... je suis restée près de lui jusque vers vingt-trois heures, ensuite je suis allée dans la chambre en laissant la porte ouverte... la sonnerie suffit à me réveiller mais je voulais rester attentive à ses plaintes. Il m'a sonné toutes les heures... le couvrir, le découvrir, lui donner à boire, besoin d'uriner, etc... etc.

Je me lève à huit heures et prépare le déjeuner... il ne mange pas, il prend une tasse de café. La jeune infirmière revient ce matin avec des devis sur le matériel nécessaire pour le soulever et pouvoir lui faire ses soins. Tout est trop cher et Maurice devant cet amoncellement de difficultés décrète qu'il veut être hospitalisé en soins palliatifs désormais.

Nous tentons de joindre le médecin absent le mercredi. Il nous envoie son stagiaire.

Devant l'absence de nos deux médecins, l'infirmière fait le 15 qui l'envoie promener ! ! ! C'est beau les urgences en France ! ! !

Bon, mais notre jeune médecin prend les affaires en main et je lui recommande notre volonté de faire en sorte que Maurice se trouve hospitalisé en soins palliatifs.

Inutile de s'acharner sur son sort... trop de pathologies, trop d'acharnement thérapeutique l'ont envoyé dans le mur... avec un empoisonnement massif, chaque spécialiste y allant de sa petite ordonnance avec quarante-deux comprimés par jour... et tous les effets secondaires graves qui l'ont conduit à l'impasse... non, cela suffit !

Toute vie à une fin et il faut savoir admettre ses limites, savoir que le malade ne supporte plus un langage en décalé quand il sait que plus rien n'est possible.

Plus médicalisé depuis sept ans (plus aucun médicament), il a connu une belle période de rémission de fin 2009 à fin 2013 puis deux nouveaux remèdes l'ont fait basculer à nouveau vers le pire !

Ce matin Céline, la jeune infirmière ne parvient pas même avec l'aide de Nathalie à basculer Maurice de la chaise-pot au fauteuil. En désespoir de cause Nathalie va cogner chez André, notre voisin et il revient avec Pierre et une autre personne afin de le soulever. Maurice pousse des hurlements de douleur. Sa jambe raide ne plie plus, ni ne bouge... la prothèse totale de genou s'est peut-être décollée ou trop usée avec le temps (quinze ans – quand elle ne devait tenir que dix ans) !

Enfin, après ces douleurs terribles Maurice retrouve son fauteuil-lit. Tout le monde se retire. Nathalie termine son service.

Je prépare le repas rapidement. Heureusement j'ai des haricots verts sous la main préparés d'hier. Une partie va rejoindre la salade de tomates et de surimi, l'autre sera mise en fricassée avec de l'ail, de l'huile d'olive et une pointe de beurre. Maurice mange très peu, deux cuillères de chaque plat et ne veut rien d'autre.

Il est sonné, dans une fatigue immense, il tremble de la tête au pied, il a chaud et il dort.

Le médecin stagiaire vient nous voir. Il ausculte Maurice, prend les renseignements et nous annonce que l'ambulance vendra cet après-midi. Je l'attends jusque vers quinze heures.

L'ambulance du Samu conduite par une personne que je reconnais pour l'avoir vue la dernière fois, lorsque Maurice souffrait de son poignet. Il arrive avec deux autres collègues. Ils sont équipés ! Ils installent la jambe de Maurice dans une coquille où il se sent tout de suite mieux.

Puis ils préparent le brancard et l'amènent par la rampe de derrière du côté véranda. Ensuite ils veulent soulever Maurice, le porter dans la position d'une chaise et la jeune dame tiendra la jambe... mais soulever un tel poids s'avère impossible à nos deux jeunes gaillards. Bon, dans ce cas, ils le font glisser du fauteuil au brancard en calant le brancard avec le fauteuil du bureau. Ils y parviennent. Mais déjà Maurice étouffe en position allongée, ils s'empressent pour lui donner la position la meilleure pour lui. Ensuite ils gonflent la coque et l'emportent par la rampe du côté véranda.

Cette fois, le voilà dans l'ambulance. Je cherche mon fauteuil roulant électrique pour l'accompagner et lui dire au revoir. Entre temps Alain très inquiet est arrivé en coup de vent. Je lui avais téléphoné que Maurice partait à l'hôpital... je n'aurais pas dû le faire, il a laissé le magasin en pensant que nous avions besoin de lui en urgence.

Voilà, Maurice est parti. Je reste seule... je me retrouve en pleine introspection... je revois défiler les pages de ma vie... les tourments et les très bons moments... que vais-je faire à présent sans lui ?

Maurice m'appelle de l'hôpital :

–Allo chérie, peux-tu demander à Alain de m'apporter mon fauteuil-lit, ici car il n'y a rien où je puisse dormir, sauf dans un fauteuil roulant. Je te donne le numéro des urgences, le n° de ma chambre. Appelle-moi quand tu as une réponse !

–Ok, je vais voir, je l'appelle.

Mais je ne trouve que le répondeur chez Alain. Je téléphone à l'hôpital, je tombe sur les infirmières qui me passe mon époux. Je lui explique que je n'obtiens personne.

–Alors vois si André peut le faire.

Je roule dans mon fauteuil jusque chez André et lui demande. Jeanne est là aussi. Je suis navrée de venir ainsi leur perturber la soirée mais André n'hésite pas une minute, il se rhabille et accourt à la maison.

Sur le moment, il n'a pas tout compris, il se trompe de fauteuil. Non ce n'est pas le fauteuil roulant électrique dont il a besoin mais de son lit !

C'est bien difficile de comprendre que Maurice dort là-dedans depuis deux ans, depuis sa double trépanation de la boîte crânienne, depuis qu'il ne supporte plus son respirateur qui envoie une pression de 14... et depuis deux ans, je me bats afin qu'il passe son examen de nuit auprès du pneumologue ! Difficile oui, difficile à comprendre !

Donc, j'ai sorti le diable afin qu'André puisse y mettre le fauteuil et l'emporter dans notre véhicule. J'ai pris un seau aussi pour ses urines.

Nous arrivons devant les urgences, nous demandons le service, mais on nous fait observer que notre véhicule dérange l'entrée des pompiers... pourtant il y a largement la place !

André court changer le véhicule de place, j'oublie de prendre le seau et en plus je repense que je ne pourrai pas prendre le fauteuil roulant électrique de Maurice car il n'a plus de batteries. Zut et re zut, je vais devoir monter sur mes jambes avec en plus une seule béquille tant je me suis précipitée.

Nous montons au premier étage... j'ai du mal. Je suis au bord du malaise... il faut avancer dans les couloirs et au bout on nous annonce que c'est l'autre galerie. Je suis dans un sale état.

Nous parvenons enfin à la chambre 1121 et André dépose le fauteuil-lit. Les infirmières nous prient de sortir car elles vont l'installer. Elles sont quatre autour de lui. Pour le mettre dans le fauteuil, elles vont le faire hurler de douleur à plusieurs reprises. Un homme entre, sans doute un infirmier, et Maurice continue de hurler de plus belle, en plus ils l'ont fait tomber ! ! !

Je n'en peux plus, je saute dans la chambre en leur criant :

–Mais qu'est-ce que vous faites, vous allez lui casser sa prothèse !

L'infirmier sort et le prend de haut. Il n'apprécie pas mon comportement.

Je sais comme il est extrêmement difficile de le bouger mais jamais nous ne l'avons fait crier ainsi à la maison. Céline a toujours pris mille et une précautions et pourtant cela a été très long, pénible et difficile. Non, là ils exagèrent... en plus sa jambe n'est même pas placée dans une coque, ou une attelle enfin quelque chose qui le soulage et le soutienne.

Les gars du SAMU ont été beaucoup plus efficaces sans le faire hurler de douleur et pourtant cela leur a été très difficile de le soulever.

Une fois dans la chambre, Maurice m'explique comme ils l'ont fait gueuler pour l'emmener en radiologie. Une infirmière lui tenait la jambe et dans chaque virage, elle n'était pas en place.

Enfin, avec la séance de ce soir il va rester durablement traumatisé.

Maurice pleure à la pensée d'être hospitalisé et à ce qu'il va devoir désormais endurer. Moi, je ne suis plus tranquille.

De plus, les médecins ont trouvé que son cœur va très bien, malgré les nombreux extrasystoles, cela ne nécessite pas d'être hospitalisé en soins palliatifs... que sa prothèse n'a rien (sic) mais qu'il s'agit d'une crise d'arthrose (arthrose à bon dos - Maurice souffre de polyarthrite !)

Mais je m'étonne tout de même qu'il hurle à ce point pour une crise de polyarthrite... demain j'appelle le médecin !

Je suis malheureuse de l'abandonner ainsi. De plus, ils viennent de lui donner 60 mg d'oxycontin et 50 mg d'oxynorm, double dose de morphine ! ! ! C'est pour le coup qu'il va dormir assommé !

Nous rentrons tristement. Devant la maison, je n'ai pas pensé à mettre la lampe pour nous éclairer afin d'ouvrir la porte. Nous n'y voyons rien et André repart en courant chercher une boîte d'allumettes. Enfin, je retrouve ma clef et le trou de la serrure.

André se retire et je rentre dans un état de lassitude extrême.

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 15:02
UN RADEAU DANS LE CIEL / Dana LANG
Maurice au Salon du Livre de Roisey, dans une rémission de quatre ans, sans aucun remède !
Maurice au Salon du Livre de Roisey, dans une rémission de quatre ans, sans aucun remède !

Lundi 19 et mardi 20 septembre 2016,

La journée découvre Maurice dans un état catastrophique puis la nuit et la journée du mardi 20 septembre nous fait vivre des moments cauchemardesques.

Je dois appeler le médecin ! Maurice ne peut plus faire les transferts.

Il s'est traîné aux toilettes jour après jour depuis dix mois, nuit après nuit avec des jambes qui depuis des années ne le tiennent plus, ces derniers jours la toilette se faisait debout tant il étouffe dans un lit.

Aujourd'hui, ce que je redoutais arrive... le voilà grabataire... impossible de prendre appui sur ses jambes surtout celle de gauche, jambe à la prothèse totale de genou depuis quinze ans et l'autre n'ayant pas pu avoir de prothèse en 2002 est détruite... et c'est l'enfer qui recommence !

Le médecin stagiaire est venu en relation avec notre toubib, peuvent pas faire grand chose, à part mettre de la glace. Toute intervention est inenvisageable... calmants... et une vie d'enfer s'invite et s'installe à la maison... et je suis seule avec lui.

Son cœur à bout de souffle, sa respiration difficile, son œdème cérébral qui lui provoque des maux de tête très douloureux, sa Parkinson qui le fait trembler comme un fou (dur aussi pour les jambes), son cancer de la prostate qui l'embête, ses crises de polyarthrite... Maurice n'en peut plus de souffrir... il réclame à corps et à cris de partir.

Quand viendra la délivrance ?

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 20:35
Photo de Pierre F.

Photo de Pierre F.

Image passée par Pierre F.
Image passée par Pierre F.

Samedi 17 septembre 2016,

Hier soir j'ai reçu un appel d'Elsa, ma petite-fille. Au même instant, je mettais mes doigts sur le téléphone pour l'appeler. Nous lui souhaitons un heureux anniversaire... mais elle veut que je lui parle des deux dernières guerres mondiales pour faire un exposé pour sa classe.

Je lui transmets huit pages que j'ai écrite sur mon grand-père Seppi (Joseph LANG, junior), soldat allemand comme son père Joseph, puisque l'Alsace et une partie de la Lorraine sont, à cette époque, annexées par l'Allemagne depuis 1871. Il sera envoyé sur le front russe et sera amputé d'une jambe.

Mais après la première guerre mondiale, l'Alsace revient à la France. Mon père, Arnold LANG, Patriote réfractaire à l'Annexion de Fait, lui, s'enfuit et s'engage dans les Forces Françaises Libres (où il se battra et participera à la libération de l'Afrique du Nord, de Marseille, de la Vallée du Rhône, de l'Alsace où il sera blessé aux jambes en Allemagne) pour ne pas être incorporé dans l'armée de la Wehrmacht. Il sera condamné à mort par le régime nazi.

Je raconte cela dans 'Les Sanglots du Vent' dont je lui fournis les extraits en lui disant qu'elle peut les emmener à l'école. C'est fort intéressant cette rencontre entre générations, d'autant que je peux lui parler de Jean LANG, Nicolas LANG, Joseph LANG (le grand), Joseph LANG, junior, Arnold LANG... et la suite avec mes cinq frères, neveux, cousins... grande famille que ces LANG d'Alsace !

Je dis à Elsa que tous ses cadeaux sont chez son oncle et sa tante passés chez nous, cet été. Elle est heureuse !

Cette nuit Maurice a pu dormir malgré ses très nombreuses allées et venues aux toilettes.

Sur le matin, j'ai envie de traîner au lit... j'ai tant sommeil ! Mais à huit heures Maurice me sonne, il n'a pas le courage de se lever et me demande de préparer les tartines grillées. Ce à quoi je m'emploie... ce matin, pour une fois, nous avions le temps, pas d'auxiliaire de vie comme tous les week-ends et jours fériés et l'infirmière qui n'arrive qu'à neuf heures... mais bon, allons-y pour les tartines et la préparation du café. Je lui demande s'il souhaite que je lui porte au lit... c'est oui dans un premier temps et ensuite c'est non, il viendra à table.

Il ne va vraiment pas bien... il se traîne sur ses jambes qui ne le tiennent plus... rien d'étonnant avec l'état de ses genoux, son teint très pâle, ses traits tirés démontrent une immense fatigue.

Nous déjeunons... puis il retourne au lit. L'infirmière arrive pour les soins et il se sent un peu mieux.

La matinée s'étire ainsi. Je prépare le repas, j'épluche des carottes et lui vient s'occuper des patates.

Je fais un ragoût d'agneau avec oignons, carottes, patates et pruneaux... c'est délicieux ; ensuite la vaisselle, étend le linge... L'après-midi, Maurice dort et... moi aussi, exténuée.

L'infirmière repasse et trouve Maurice dans un sale état, fatigué à l'extrême. Elle l'aide à se déplacer, à se coucher, à se couvrir... ce que je fais souvent, le jour et la nuit.

Je me lève à dix-sept heures dans un état de fatigue très grand.

Je vais abreuver nos protégées et relever les œufs, encore deux seulement aujourd'hui. Seule 'La Diva' continue de pondre, les autres sont en repos et les deux plus jeunes ne pondent pas encore à part deux fois. Dans l'ensemble les œufs des nouvelles sont encore bien petits, seuls ceux de 'La Diva' commencent à grossir. Les deux premiers jours, elle nous avait fait des patates et elle avait crié tout le temps, d'où son surnom 'La Diva', pauvre poulette !

Aujourd'hui encore, elle m'a rejoué le même scénario, a fait son œuf dans la haie, a accouru vers moi pour que je la prenne dans mes bras et la repose dans l'enclos avec ses copines !

Je file préparer le repas du soir. Maurice retourne au lit et s'endort à vingt et une heures... je n'ai plus aucun courage... pour un peu, je retournerai me coucher, je suis vidée... cependant je demeure à lire mes courriels et écrire...

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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 21:39
UN RADEAU DANS LE CIEL / Dana LANG
Maurice en tenue bretonne en août 2014
Maurice en tenue bretonne en août 2014

Jeudi 15 septembre 2016,

Maurice me sonne à minuit... il a froid. Je le recouvre d'une grosse couverture. Il s'endort. Il va dormir ainsi une bonne partie de la nuit.

Au matin il montre un visage meilleur, les traits moins tirés, moins livides.

Sylvie arrive avec des petits croissants... brave Sylvie ! Je file me préparer, nous partons en courses, il pleut. L'infirmière arrive, nous sommes déjà en route.

Nous rentrons pour ranger et Sylvie nous quitte.

Ce matin, Maurice a une tension de 17, 10 et de 12,7 à dix-sept heures. Cet après-midi, il ne va pas bien du tout... ses maux de tête reprennent le dessus.

Une crise d'asthénie me couche à quinze heures. Vers dix-sept heures je vais nourrir les animaux. Aig et Froudenn poussent de grands cris en me voyant arriver. Je coupe un mètre de haie. Je vais dans l'enclos, Aig (Aik) s'approche de moi et me fait des fêtes à n'en plus finir, elle n'arrête pas et me reconduit jusqu'à la porte... pour un peu, elle me suivrait ! 'La Diva' n'est pas sortie aujourd'hui et je n'ai récolté que deux œufs... le temps ne s'y prête pas.

La soirée s'achève tristement... Maurice se plaint de ses jambes, son état se dégrade toujours un peu plus chaque jour...

Vendredi 16 septembre 2016... anniversaire de notre petite-fille, Elsa...

Au milieu de la nuit, Maurice sonne. Ses jambes le martyrisent. Depuis le salon, il me demande de lui passer de l'éosine. Je prends le flacon et du coton dans la salle de bains. J'arrive vers lui, déstabilisée je renverse le flacon qui a été mal refermé, sur le tabouret et le sol... je n'ai plus qu'à repartir chercher une éponge. Bon, revenue vers lui je nettoie et lui applique l'éosine sur des pores dilatés à l'extrême. L'eau ruisselle de partout le long de ses jambes, sur ses chevilles et ses pieds regonflent. Le coton ramasse toute cette eau au passage. Ses jambes éosinées de haut en bas lui font des bas rouges... bon, mais cela le soulage. Ensuite il s'endort.

Il a dormi à peu près, cette nuit au moins il n'a pas vu de renard !

Au matin, il est levé. J'entends le grill pain en action. Je me lève en plein rêve.

Le vent n'a pas cessé depuis hier !... Mais le soleil a remplacé la pluie.

Nous déjeunons. Nelly arrive pour prendre son service puis l'infirmière vient à son tour pour les soins.

Lorsque je suis prête, Nelly m'accompagne pour des tâches au dehors. Nous sommes saoulées de vent. Elle m'aide à couper de la haie du côté du pré de Pierre. Du coup, à deux, nous remplissons quatre sacs... de quoi nourrir les biquettes pour le week-end. Nous distribuons du maïs et de l'eau.

Voilà, les animaux sont parés pour la journée. Aig pousse des cris épouvantables en me voyant... elle a hâte de nourriture fraîche ! 'La Diva' a encore fait le mur pour aller pondre dans la haie. Elle revient tranquillement et refuse de se laisser prendre par Nelly, elle se laisse prendre par moi, uniquement et après une caresse je la remets tranquillement dans l'enclos.

Comme j'ai écrit aux impôts en envoyant le double au Président de la République, je reçois un coup de fil... c'est bizarre l'an dernier il m'a été impossible de les avoir au téléphone ! Bizarre aussi qu'une buanderie sans chauffage soit passée en pièce habitable car nous y avons mis un lit ! Le maire m'avait dit qu'elle était classée en 4 et d'après les impôts, elle est classée en 5 M, évidemment si l'on rajoute cette buanderie en pièce habitable, cela change tout ! Nous sommes trop bien logés ! Mais nous sommes obligés de vivre au rez-de-chaussée attendus que nous circulons avec deux fauteuils roulants et il nous faut bien tout cet espace pour pouvoir nous déplacer ! Où il est dit que l'on ne fait rien pour aider des personnes handicapées et plus encore quand il s'agit d'un couple. Dix-sept ans que nous nous battons pour être le plus autonomes possibles eh bien, cela coûte cher, très, très, très cher ! Les surcoûts du handicap ne rentrent jamais dans aucun calculs que ce soit ! Vous êtes handicapés eh bien débrouillez-vous ! Et en plus on ose toucher à nos revenus... 150 euros par mois de moins sur nos retraites avec les nouveaux calculs de la CSG !

Maurice veut parler à l'employé mais j'ai peur qu'il s'énerve une fois de plus et fasse un nouvel infarctus soit qu'ils fassent donc ce qu'ils veulent, j'écrirai une fois de plus à Hollande ! ! !

Je prépare un repas rapide et Maurice retourne se coucher. Il me conseille d'aller me promener pour me changer les idées et aller dire bonjour à nos ami(e)s de la Pointe... ce que je fais vers quatorze heures trente... ravie d'avoir retrouvée nos si chers ami(e)s, je reviens deux heures plus tard... il n'est pas bien, il attend l'infirmière avec impatience.

Elle lui fait de belles chaussettes rouges... ce qui la fait bien rire : première fois que je peins des chaussettes rouges sur un malade !, s'écrie-t-elle ! Mais Maurice est un malade si particulier. Il revient se mettre au lit, il a froid. Il me demande de le couvrir avec sa couverture. Je perds l'équilibre mais l'infirmière vient à la rescousse. Je lui dis que j'ai peur de lui tomber dessus, cela peut arriver à tout moment.

Il voudrait dormir et n'y parvient pas. Il se plaint de la tête et du cœur. Puis à présent, il a trop chaud. Il me réclame une glace.

Dehors malgré le vent et des passages nuageux, un grand soleil éclabousse la véranda. Nos animaux vivent sereinement se faisant dorer au soleil. Le drapeau des Nations celtiques s'abîme au vent et la mer au loin dessine des rouleaux blancs sous la houle... et Maurice traîne son âme en peine.

La nuit vient... Maurice est mal, il prend alprazolam pour dormir, il a froid... je le recouvre de la grosse couverture, je veille sur l'ordinateur... et je tremble à chaque instant.

UN RADEAU DANS LE CIEL / Dana LANG

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 14:20
Les crimes du gouvernement et de l'armée chinoise contre le peuple tibétain jamais dénoncés ! ! !

Les crimes du gouvernement et de l'armée chinoise contre le peuple tibétain jamais dénoncés ! ! !

LE TIBET AUX TIBETAINS ! ! ! FREE TIBET ! Liberté et paix au TIBET ! ! !
LE TIBET AUX TIBETAINS ! ! ! FREE TIBET ! Liberté et paix au TIBET ! ! !
LE TIBET AUX TIBETAINS ! ! ! FREE TIBET ! Liberté et paix au TIBET ! ! !

LE TIBET AUX TIBETAINS ! ! ! FREE TIBET ! Liberté et paix au TIBET ! ! !

Mercredi 14 septembre 2016,

J'entends un bruit de vaisselle brisée. Qu'a-t-il fait tombé ?

Maurice me sonne. Il est vingt trois heures.

Il me déclare d'un air absent :

–J'ai cassé ma tasse sur la tête d'un renard !

–Mais Maurice, il n'a a pas de renard ici, au salon !

–J'ai cassé ma tasse sur la tête d'un renard !

– Mais non, Maurice, il n'y a pas de renard ici ! Qu'est-ce que tu as fait ?

– J'ai cassé ma tasse sur la tête d'un renard !

Je comprends qu'il est en pleine confusion et que cela vient du remède pour dormir... il en a pris deux ! Avec la pince qu'il garde à portée de main, il a ramassé les débris de verre de ma jolie tasse chinoise ! Envolée la tasse... mais s'il se met à balancer des trucs sur ses hallucinations, on est pas rendu !

Je regarde autour de lui, je ne vois rien au sol. Bon, il revient un peu à lui.

Je retourne dans la chambre. Je me suis couchée à vingt et une heure trente, relativement tôt et je ne parviens pas à m'endormir, trop mal aux jambes.

Il me sonne une nouvelle fois après minuit. Il ne va pas bien, il se sent mal et il me dit qu'il vient d'avaler ses deux doses de morphine à la fois, celle de minuit et celle de quatre heures.

Il s'en va aux toilettes mais il ne peut pas se tenir sur ses jambes... il me fait peur !... Ce n'est plus une vie !

Je m'installe dans mon fauteuil à côté de lui, mais il refuse, il ne veut pas que je reste près de lui ! Il pense que je ne vais rien dormir et que je devrais supporter tout son mal être.

Plus tard, dans la nuit il me sonne à nouveau... il a froid, je le recouvre d'une grosse couverture.

Au matin, j'ai du mal à me lever... il est huit heures vingt et je dormirai encore.

Mais voici Véronique et aussi l'infirmière. Il ne tient guère debout, il n'a nulle envie de bouger et pourtant il va aux soins tant il sait comme il se sent mieux après. Quand il revient pour déjeuner, il me raconte que cette nuit il s'est épluché des carottes pour les manger... et finalement, il y a renoncé !

Après le café, il s'installe un moment sur l'ordinateur. Quand je suis prête, je demande à Véronique M. de venir avec moi ramasser toutes les branchettes d'éléagnus que j'ai laissées un peu partout, vers le carrosse, le séchoir, et au bord de la route. Ensuite avec l'araignée elle retire les branches qui traînent dans l'enclos et les mets dans les sacs verts pour la déchetterie.

Nous ferons un voyage bientôt avec B., ainsi tout sera rangé avant l'hiver.

Dans l'enclos Aig (Aik) en profite pour me faire des fêtes à n'en plus finir qui rendent folle de jalousie Froudenn.

Un vent fou nous gêne dans nos travaux de collectage, mais il fait chaud. Enfin nous rentrons à onze heures trente, je suis vraiment satisfaite de ce travail.

Je prépare le repas... betteraves en salade, colin et riz aux poivrons de la veille, melon.

Maurice retourne se coucher... il s'endort profondément.

Vers quatorze heures trente il se met à pleuvoir entre les rais de soleil. Les drapeaux agités par le vent, tous dépenaillés, deviennent fous.

Je demeure sur l'ordinateur... je lis mes courriels. Pierre F., m'envoie la nouvelle. La conférence du Dalaï Lama à Sciences Po a été annulée sous la pression du gouvernement chinois... encore un scandale de plus ! C'est intolérable ! La dictature chinoise aux mains tachées de sang n'en finit plus de dicter sa loi au monde quand ces crimes contre l'humanité restent impunis et encore moins dénoncés par la Communauté Internationale ! Honte à eux tous qui se taisent devant l'annexion du Tibet par la Chine et les crimes monstrueux perpétrés sur la population tibétaine ! Les Droits de l'Homme sont inaliénables pour tous et le gouvernement chinois ferait bien d'en prendre acte une fois pour toute, mais il y a loin de la coupe aux lèvres ! Quand les traduira-t-on devant la justice pour Crimes contre l'humanité ?

Maurice se lève pour aller aux toilettes. Il a froid ! Je change ses linges mouillés à ses pieds, ses pantoufles trempées et je lui rajoute une couverture.

J'ai fait tourner trois machines de linge et en voici encore d'autres ! Ma note d'électricité mensuelle s'élève à 375 euros ! ! !...

C'est l'hôpital à la maison depuis décembre dernier, rien ne change, tout va de mal en pis !

Un vent furieux siffle au dehors et le soleil revient.

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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 18:41
UN RADEAU DANS LE CIEL / Dana LANG
UN RADEAU DANS LE CIEL / Dana LANG
Photo de Pierre F.
Photo de Pierre F.

Lundi 12 septembre 2016,

Nuit blanche pour Maurice et une journée très maussade... il va mal ! Dans la nuit, il me sonne pour sa jambe que je lui badigeonne d'éosine pour le calmer... mais il ne dormira pas.

L'infirmier passe pour les soins et Sylvie vient prendre son service.

Il passe une matinée somnolent et très pâle. Il se sent mal toute la journée.

Ma journée ressemble à toutes les autres... le soir André, notre voisin nous apporte deux poissons plats... à faire demain.

Mardi 13 septembre 2016,

Une nouvelle nuit d'énervement pour Maurice qui ne trouve pas le repos. Au matin, pâle et défait, il ne parvient plus à faire un seul pas, il a des difficultés à tenir sa tête.

Il a hâte de retrouver l'infirmier, de se faire panser, puis d'aller se coucher. L'éosine sur ses jambes a un pouvoir de soulagement énorme. Certes ce n'est pas très esthétique mais on est pas au cinéma... sa vie est un enfer !

À ses côtés je ne suis guère brillante mais je fais face comme je peux et je peux peu ! Chaque matin, je me réveille brisée de douleurs qui vont durer la journée et continuer la nuit... je rêve d'un seul jour sans douleurs, d'un jour de paix totale. Impossible !

Il fait lourd, très chaud aujourd'hui, mais vers dix-sept heures le temps se couvre et l'on entend grogner l'orage au loin... mais rien... pas une seule goutte de pluie.

Cette nuit seulement une bonne averse pour arroser les plantes qui crèvent de soif.

Nos animaux se plaisent dans leur enclos, tous s'ébattent avec bonheur. Nos deux oies se pavanent, elles dressent leur long cou et ne se quittent pas d'une patte. Leur blancheur étincelle de beauté. Dans leur bac, elles se baignent plusieurs fois par jour, elles adorent l'eau et aiment se laver.

Nos biquettes toujours aussi espiègles n'en ratent pas une pour se faire remarquer. Aujourd'hui Aig (Aik) m'attrapait le bas de ma jupe-culotte à travers le grillage et tirait dessus tant qu'elle pouvait !

'La Diva' est encore allée pondre dans la haie et s'est dirigée sagement vers moi. Je l'ai prise dans mes bras et je l'ai déposée dans le pré qui fourmillent de lapereaux de tous les âges. La mère Garennes fait ses tournées de petits dans son terrier sous la cabane aux chèvres.

Tous les oiseaux du ciel se donnent rendez-vous pour picorer à qui mieux mieux dans l'auge de nos protégés. C'est la ferme du bonheur !

Le Carrosse de la Reine des Fées repeint à neuf par B. resplendit de tout son éclat.

Les drapeaux quand à eux s'effilochent au gré du vent, ils deviennent loques miséreuses... dommage ils étaient du plus bel effet !

L'orage éclate... il pleut à verse puis plus rien.

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Présentation

  • : LE MONDE IMAGINAIRE de Dana LANG, conteuse aux plumes de sioux, fée des loups, auteure Fantasy, contes, nouvelles, poète insurrectionnelle (trilogie de prose poétique), lauréate de 76 Prix littéraires
  • : BIOGRAPHIE Dana LANG *1989-2002, conteuse professionnelle internationale (artiste, durant 12 ans intermittente du spectacle / Cie du Soleil Noir). Elle conte dans les écoles, collèges, lycées, bibliothèques, médiathèques, salles de spectacle, théâtres, festivals... etc... *1991, fondatrice d'une Maison du Conte 'La Biche au Bois' au Cergne (42-Loire). Elle reçoit 20 000 scolaires en attractions contées sur les Terres d'Anne de Beaujeu dans les Monts du Haut-Beaujolais, et organise un Festival du Conte et des Conteurs en Forêt et en Cabarets «Flèches des Fées» pendant cinq ans. Elle conte avec divers musiciens dont Tenzin Gonpo artiste tibétain qui l'accompagne aux instruments et à la voix. Elle parraine un enfant tibétain pendant plusieurs années. *1994, sociétaire des Auteurs et Compositeurs Dramatiques. Elle participe à divers festivals... *Avril 1998, elle conte dans les écoles françaises, Instituts, hôtels, villages pour le Festival International des Conteurs Francophones à Abidjan en Côte d'Ivoire. *2003, auteure, poète, en situation de handicap, elle poursuit en écrivant toute son Œuvre. Elle réécrit ses contes adaptés pour la scène (120 contes) et écrit de très nombreux ouvrages dont des contes merveilleux et fantastique, un récit autobiographique ' Les Sanglots du Vent' ; une trilogie Fantasy ' Les 3 Héritiers de la Clef des 7 Mondes' (t.1 : La Dragonne et l'Œuf d'Or Sacré ; t.2 : Éloïse et le Commandeur du Temps ; t.3 à paraître) ; des témoignages de vie ' Docteurs, vous m'avez tué ! ' suite à paraître : ' La Danse de la Méduse ', ' L'Arbre d'Or ', 'La Fuite des Jours', 'La Maison du bout... de la Terre', 'Plus fort souffle le vent', 'Un Radeau dans le Ciel', 'Jusqu'au bout du Voyage', 'La Vie comme un Défi', 'Fais-moi Mourir !', 'Le Bouffeur de Vie', 'L'Ultime Voyage d'un Combattant de la Vie', 'Vogue là où te mènera ton Rêve', 'L' Envol les Ailes Brisées',... édité en juin 2019 par Horizon Littéraire Contemporain : un recueil de prose poétique et de pamphlets de 7 livrets ' Puisque tu vis, Philippe', 'Je vous écris, Frères Humains', 'À l'Aube d'un Jour, Humanité' et un livret de nouvelles 'Poindra le Jour', ... *2011, à la création de la Maison du Conte, de l'Illustration et de l' Édition Fantastique ' LA FONTAINE AUX FÉES ' édite dix de ses livres (sur plus de 30) et avec son époux Maurice JANIN, architecte d'exécution (en situation de handicap), fréquente les Salons du Livre de Rhône-Alpes, Auvergne, Bourgogne, Yonne, Paca chaque week-end durant deux ans. Sur le Salon du Livre de Lorette (42-Loire), elle rencontre Michel COUROT, Dico d'Or, grand gagnant de la Dictée de Bernard Pivot en 1995. Il deviendra son relecteur et son très grand ami. *En avril 2011, elle écrit un conte merveilleux : Flora, Pipi et Scratch, la sorcière. *2012, sociétaire des Arts et des Lettres de France, membre du bureau de l' UERA A (Union des Écrivains de Rhône-Alpes-Auvergne), ambassadrice du Cercle des Ambassadeurs Universels de la Paix, 'La Fontaine aux Fées'  édite 'Le Grand Livre de Marina' de Marina FERREIRA. *13 octobre 2013, elle est nommée Membre de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets. *Le 18 mai 2014, elle parraine le 1er Festival du Livre et de l'Illustration Jeunesse «Les P'Tits Z'Amis de Marina » à Saint-Didier-de-Formans dans l'Ain (01). *13 Juillet 2014, après avoir vécu deux ans dans le village natal de son père en Alsace près de Bâle et de très longues années en région lyonnaise, elle vit à Plogoff dans le Finistère et devient Membre de l'Association des Écrivains Bretons (AEB). Elle écrit et publie un nouveau conte ' La Fontaine de la Mer Feunteun Aod '.   *Décembre 2014, elle collabore au Festival International du Conte de Guillaume ÉKOUMÉ, au Cameroun. Elle écrit un nouveau conte 'Max, le Petit Sorcier'. *Février 2015, elle écrit un conte 'Louka, le Petit Loup de Brocéliande' dédié à son arrière petit-fils, Louka né le 5 février 2015. *23 avril 2015, elle écrit 'Le Dragon de Pors Loubous', un conte fantastique. Fin juillet, par son épouse Danyèle, elle apprend dans une profonde tristesse le décès de son indéfectible ami, Michel COUROT. *20 décembre 2015, elle conte 'Plume de Corbeau' au théâtre Georges Madec à Esquibien pour les enfants des écoles et leurs parents. *De septembre 2013 à ce jour, elle devient lauréate de 76 distinctions Littéraires  Internationales (Trophées, Mérites, Médailles, Prix, Mentions...) décernés par 16 concours Littéraires Internationaux. *2015-2016, elle recherche un Éditeur sérieux pour lui reprendre toute son Oeuvre. *En 2015, elle est invitée à Sacramento en Californie et à Prague en Tchécoslovaquie du 5 au 10 septembre 2016 par le Président de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets où elle ne pourra pas se rendre. *Le 1er février 2016, elle écrit le conte 'Justine et le Pays Contraire'. *Février 2016, elle s'inscrit dans les Salons Festivals du Livre en Bretagne qu'elle espère honorer de sa présence... le 24 avril 2016, elle se rend au Salon du Livre de Botmeur (Finistère) où elle conte et dédicace... *En juin 2016, elle écrit le conte 'Kaoura, la Princesse aux Sept Dragons'... *En 2017 'La Princesse aux Mensonges', 'L'Œil du Dragon'... et autres... *Le 9 et 10 septembre 2017, elle reçoit le TROPHEE John Ronald TOLKIEN pour le 2ème volet de sa trilogie fantastique 'Les 3 Héritiers de la Clef des 7 Mondes' tome 2 'Éloïse et le Commandeur du Temps par le CEPAL à Thionville en Lorraine. Elle reçoit d'autres Prix Littéraires Internationaux et le TROPHEE le LAUZUN de BRONZE remis par Pierre BELLEMARE... *Le 26 décembre 2017, elle perd à Douarnenez son époux bien-aimé à la suite de très grandes souffrances et d'une longue agonie de trois ans. Il sera incinéré à Quimper et ses cendres jetées en mer à 300 mètres de leur habitation. *Année 2018, elle devient membre de Bibliothéca Universalis.           * En février 2018, elle écrit plusieurs contes et nouvelles... qu'elle présente à des concours littéraires... *4 avril 2018, elle reçoit une Mention des Arts et Lettres pour son conte 'L'Œil du Dragon'. *10 août 2018, veuve elle revient s'installer avec sa fille aînée dans les Monts du Haut-Beaujolais où de plus en plus atteinte par sa maladie, elle tente de faire éditer tous ses livres. Quelques uns de ses textes paraissent dans diverses revues et livres. *Le 26 janvier 2019, elle devient membre de l'Académie Littéraire et Historique du Val-de-Saône. *Le 1er juin 2019, elle reçoit trois nouveaux Prix Littéraires Internationaux sur un conte, une nouvelle et une poésie décernés par les Arts et Lettres de France. *Le 29 juin 2019, elle reçoit le TROPHEE d'EXCELLENCE sur son OEUVRE LITTERAIRE et le PRIX d'EXCELLENCE sur son conte MAX, LE PETIT SORCIER en Français et traduit en Roumain par les Editions HORIZON LITTERAIRE CONTEMPORAIN représenté par Noëlle ARNOULT et Daniel DRAGONMIRESCU.
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