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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 14:23
LA VIE COMME UN DEFI ! / Dana LANG, conteure, auteure, poète, ambassadeure de la Paix,...

Vendredi 20 janvier 2015... Maurice s'enfonce dans un sommeil semi-conscient...

Il dort profondément. Je veille près de lui où je finis par m'endormir. Je le change à vingt-trois heures et il me demande d'aller dans la chambre. Il s'est à peine réveillé.

Il me sonne à six heures quarante cinq. Première nuit depuis plus de quatre mois où nous dormons huit heures d'affilée. Il est entièrement trempé et souillé. Il a très froid.

La température est à -7° dehors, du jamais vu en Bretagne !

Je le nettoie, le change avec difficultés car il ne peut plus se soulever ni se tourner, son ventre trop lourd pèse sur ses deux hernies discales et sa colonne vertébrale le fait hurler de douleur.

Une fois nettoyé, j'ôte tout le linge souillé, le remplace. Je glisse des alèses sur le drap de dessous totalement inondé. Je n'ai pas la force pour lui ôter aussi les alèses vont-elles le mettre au sec. Bien au propre à présent je le recouvre.

Je viens à peine de finir que je dois recommencer, il est souillé à nouveau. Je rechange la couche, lui remet son drap, ses couvertures et il se rendort aussitôt.

Je déjeune seule à la cuisine. Je viens de terminer lorsque Nelly frappe à la porte. Puis c'est au tour de Jean-François qui demande des nouvelles et auquel j'explique ce que j'ai fait ce matin. Il entreprend de lui donner ses remèdes, son aérosol, de lui faire sa toilette et sa perfusion. Il hurle de douleur à chaque mouvement... mais il n'émerge pas. L'infirmier pratique les soins et se retire. Maurice dort toujours. Il ne déjeune pas.

Nelly va casser la glace dans le bassin des oies, elle nourrit les animaux et ramasse les œufs. Il fait un froid sibérien. Congelée, elle rentre en courant. Elle termine son service à midi.

Je prépare le repas et Maurice dort encore. Alain cogne à la porte et entre très surpris de découvrir Maurice dans cette situation critique. Il dort toujours avec cette respiration ô combien difficile, il ouvre un œil très brièvement de temps à autre... il demeure confus.

Alain attristé nous quitte. Maurice me dit en ouvrant à peine les yeux :

Je ne l'ai pas reconnu... et se rendort.

Il me déclare vaguement qu'il ne veut pas manger... je déjeune seule à la cuisine sans entrain.

Maurice dort toujours de ce sommeil semi-conscient à la respiration si difficile. Par trois fois il a perdu les lunettes de l'oxygène et je veille à les lui remettre.

Dehors le soleil se fait éclatant et le froid pinçant... des températures aussi basse n'existent pas en Bretagne !

Klara, la kinésithérapeute passe vers seize heures. Maurice le lui avait demandé dans un moment de lucidité et de réaction à son état désespéré. Il voulait se lever coûte que coûte et voilà qu'aujourd'hui elle le découvre dans son sommeil à demi-conscient... il entend à peine. Elle le réveille un peu et lui demande ce qu'elle pourrait lui faire, il hoche la tête, il ne veut rien, ne peut rien que dormir. Nous parlons un peu toute les deux et l'état de Maurice la rend très triste. Elle nous quitte désolée.

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 17:13
LA VIE COMME UN DEFI ! / Dana LANG, conteure, auteure, poète, ambassadeure de la Paix,...

Jeudi 19 janvier 2017... une intervention chirurgicale de trop...

 

La nuit se fait plus calme. Je me lève deux fois. Il parvient à dormir un peu et moi aussi. Il m'appelle à sept heures quarante cinq pour connaître le jour et l'année, il pense être en 2018...

Du coup, je prépare le petit déjeuner. Sylvie arrive et lui sert son cacao et ses tartines, puis je l'invite à prendre un café... mais il sera froid tant Maurice la sollicite... il veut un marteau, puis des pinces, puis de la colle, puis une planche pour faire un rayon au-dessus du petit meuble de service près de son lit.

Il souhaite installer un rayon de plus pour y poser toutes ses machines : inhalateur, respirateur, rasoir, etc... et avoir le rayon du dessous libre pour les petites choses utiles, mouchoirs, remèdes, canard, etc...

Bref, le voilà de nouveau en bricolage... du coup le rayon qu'il pensait rajouter découpé en biais ne conviendra pas... il abandonne. Ouf !

Nous attendons Jean-François, l'infirmier... Maurice dans une fatigue extrême se plaint d'avoir été bousculé durant les soins.

Il ne cesse de dormir et de dire qu'il ne va pas bien. J'appelle le médecin. Il avait bien prévu de venir.

Maurice comme depuis son retour à la maison n'a pas faim. Il mange très peu puis se rendort.

Saturé d'œdèmes depuis trop longtemps, son corps gonflé à bloc lutte avec une respiration sifflante au souffle court. Son cœur si fragile se manifeste par ces œdèmes et le médecin lui remet son diurétique. Qu'est-ce que ça changera, ils sont là depuis plus d'un an ?

Cette opération dans son état devait fatalement le mettre à bas. Il a beau être un sacré combattant, un être hors norme au parcours hors norme, cette fois je ne le vois pas s'en sortir !

Il souffre vraiment trop à présent... et son calvaire se prolonge de jour en jour. Je suis épuisée de le voir supporter autant de souffrance.

Le médecin le trouve très mal... mais il est ainsi depuis son retour avec des hauts (pas très hauts) et des bas (très bas). Le médecin ne le voit pas au quotidien, ni le jour, ni la nuit... moi, près de lui, je vois la détresse de son corps et de son âme et cela me rend si triste, si impuissante à quoi que ce soit...

Je sors un petit moment juste pour nourrir et abreuver mes petites amies qui accourt à mon arrivée. Il fait un soleil resplendissant mais le froid est vif.

À la maison, je tiens les volets mi-clos tant le soleil nous ébloui. C'est très agréable cette lumière... mais aujourd'hui je me sens plus triste que jamais, plus seule que jamais, plus découragée que jamais...

Maurice dort toujours et il va plus mal que jamais !

Ma trilogie fantastique (héroic fantasy deux volumes, le 3ème à paraître...
Ma trilogie fantastique (héroic fantasy deux volumes, le 3ème à paraître...

Ma trilogie fantastique (héroic fantasy deux volumes, le 3ème à paraître...

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 19:46
LA VIE COMME UN DEFI ! / Dana LANG, conteure, auteure, poète, ambassadeure de la Paix,...

Mardi 17 janvier 2017... nous vivons l'invivable et pourtant nous le vivons !

 

La nuit fut agitée comme chaque nuit... couchée tard, réveillée à une heure trente, trois heures trente, cinq heures, sept heures. Je lui change sa couche mais le lit est trempé, l'infirmière fera le reste.

Je prépare deux tartines à Maurice. Véronique M. arrivée se met au travail, elle me prépare mes tartines et mon café avec une immense gentillesse cependant que je m'occupe de mon époux. Puis c'est au tour de Corinne de débarquer à la maison pour prendre en main les soins de Maurice. Elle a de quoi faire entre les aérosols, la perfusion d' orséphine dans le PICC line, le laver entièrement, le masser, le changer, passer à la pharmacie ! Elle est formidable de dévouement et de patience !

Maurice n'en peut plus d'être coincé sur sa hanche et sa jambe gauche à ne pas pouvoir bouger, avec ses lunettes dans les narines, le bruit de fond de l'extracteur d'oxygène, ses aérosols, et surtout ses repas pris couché.

Il est terriblement agité depuis dimanche matin, ses problèmes respiratoires lui font vivre un supplice en supplément de tout ce qui l'accable déjà.

Il ne cesse de se plaindre, de râler et réclame la présence de Klara car il veut se mettre debout alors qu'il ne tient pas assis dans le lit... trop de mois de calvaire qui ne cesse de s'aggraver.

La vie devient pesante, accablante dans ce radeau infernal qui nous entraîne toujours vers le pire.

Véronique prépare mon fauteuil roulant et nous partons poster mon courrier et faire une nouvelle fois le plein de couches.

Nous déjeunons et Maurice n'accepte qu'un steak haché et un yaourt à la cerise. Il n'a pas d'appétit.

Après le repas Maurice reçoit son nouveau portable et il se met en tête de le mettre en route. IL éprouve d'énormes difficultés avec les tremblements qui l'agitent constamment... une vraie bataille où il perd par deux fois la carte... minuscule que je retrouve une fois au sol et une autre fois dans son lit... il se tire les cheveux à trouver le fonctionnement et j'ai beau lui dire de cesser, cette tête de mule s'obstine... d'autant que dans sa position et avec une vue difficile les choses se compliquent, aussi me demande-t-il la loupe... enfin, il faut être derrière lui pour ranger, ramasser, aider... pas simple !

Il va ainsi lutter une grande partie de la nuit !

Je reste près de lui toute la soirée et après l'avoir changé je vais au lit.

LA VIE COMME UN DEFI ! / Dana LANG, conteure, auteure, poète, ambassadeure de la Paix,...

Mercredi 18 janvier 2017... en pleine confusion, il prend la nuit pour le jour...

Il m'appelle à une heure... puis à quatre heures sous l'insistance de ces cris, je me lève... il veut bricoler sa lampe et me réclame une pince plate et les petits ciseaux, mais je ne trouve plus la pince... je lui apporte alors des pinces pour les ongles... il va batailler ainsi de quatre heures à sept heures, pestant, râlant, se plaignant, criant, un vrai manège !

Il tremble et laisse tout tomber... son panier d'accessoires utiles pour ses soins, ses remèdes... le téléphone, des pinces... etc. Il tremble trop, tellement trop pour entreprendre des petits travaux. Il se plaint de ne plus rien pouvoir faire, de rester bloquer au fond de son lit, mais aujourd'hui il va se lèver, il veut voir Klara... il ne saisit pas dans quel état général il se trouve !

Pendant trois heures, il va parler fort, parfois en pleine confusion, sa voix est transformée et j'ai du mal à comprendre ce qu'il veut me dire, et comme par hasard il ne cesse de parler, de grogner. Il croit dur comme fer être dans l'après-midi, il crie, il geint !

Il prend la nuit pour le jour, et la journée il dort... et moi, je n'en peux plus de supporter cela !

À un moment de la nuit, je perds l'équilibre et je m'affale sur le sol lourdement. Par chance j'évite la petite table à l'entrée, le mur et l'escalier... encore une chute imprévisible ! Par bonheur je suis à côté de mon fauteuil et je parviens à me relever sans trop de mal, cependant mon corps reste traumatisé.

Au matin, Maurice se trouve si fatigué, la nuit a été di tourmentée, si agitée qu'il dort comme un loir à partir de sept heures et moi... également ! Au point que je n'entends plus rien.

Annie est là et Corinne arrive au moment où je me lève dans la chambre toute endolorie de grosses douleurs.

Maurice, lui est plongé dans un sommeil très profond et Corinne s'emploie à le réveiller... difficilement ! Elle s'imagine qu'il a pris trop de morphine... mais non, c'est moi qui lui donne ses remèdes... et de la morphine il en a eut des sacrées doses jusqu'à 460 mg ! Là, il demeure à 120 mg. Quant à Maurice il affirme avoir dormi toute la nuit, incroyable !

Enfin elle parvient à lui donner ses soins. Moi, je déjeune tranquillement à la cuisine... voilà des années que je ne me suis pas levée à neuf heures trente, mais il faut dire que j'ai passé la nuit debout.

Lorsque Corinne nous quitte, puis Annie nous déjeunons. Je prépare une salade de fruits.

Ensuite je le change et je le redresse avec un long boudin donné par la kiné afin de lui relever le corps. Il se sent bien et s'endort.

Je m'allonge près de son lit pour l'après-midi... en attendant les soins de Jean-François qui l'installe fort bien. Ainsi, il s'endort à nouveau, mais je le réveille pour le repas.

Il s'ingénie à attacher la zapette de la télévision afin qu'elle ne tombe plus à chaque occasion.

Puis, je lui masse le dos et s'endort à nouveau...

… j'ai bien peur que de nouveau la nuit se transforme en jour !

Le ciel sur l'océan se pare des couleurs fauves de l'Afrique...

 

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 19:41
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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 20:11
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Lundi 16 janvier 2017... oxygène 24 heures sur 24 !

La nuit se déroule furieusement. Je dois rester près de lui tant il souffre, présente pour tous ses petits et ses gros besoins. Il m'envoie me coucher à quatre heures mais à cinq il me sonne pour une petite faim... nous tapons dans le foie gras avec petits cornichons sur tartines de pain aux noix. Il m'appelle à sept heures puis à huit où je me lève et je déjeune la tête dans le seau.

Nathalie arrive puis Corinne pour les soins que Maurice attend dans un état respiratoire déplorable. L'infirmière me dit d'appeler le médecin, ce que j'allais faire mais je préfère qu'elle le fasse. Le médecin arrive en coup de vent pour constater sa détresse respiratoire qui dure depuis dimanche matin. Il contacte nos intervenants d'Archipel Santé et demande la livraison d'oxygène à domicile. Le médecin a fait vite et bien. Je souffle de soulagement... une nuit de plus ne serait pas passée !

Maurice se prend à espérer d'être moins mal, de ne plus souffrir atrocement du manque de respiration... sa saturation est passée à 88 d'un coup.

Il mange peu, son corps souffle comme une forge depuis 48 heures et il est littéralement lessivé. Il me demande où est la voiture téléguidée... il divague souvent du fait de son manque d'oxygène... sa saturation est à 89... par moment, il pense que je l'appelle. Il se perd dans l'espace temporel et dans l'espace physique, il est perdu.

Il n'en peut plus et s'impatiente de voir arriver le technicien. Alexandra arrive pour nos soins de pieds. J'appelle Archipel Santé pour savoir où en est le technicien qui doit livrer le matériel. Il arrive dans vingt minutes... Maurice respire de soulagement. Il frappe à la porte alors que la podologue s'en va... chez nous, c'est un défilé constant de personnel de santé.

Le technicien nous apporte un extracteur, (engin que nous avions à la maison durant cinq mois en 2009) et une bonbonne d'oxygène en cas de coupure de courant. Il installe une lunette dans les narines de Maurice qui se sent mieux aussitôt. Sa saturation devient meilleure. Il sent qu'il va enfin pouvoir dormir.

Nous dînons mais comme depuis plusieurs jours il mange très peu. Il se contente d'une tomate et d'un yaourt.

Ce soir, je pense que nous allons dormir assez vite.

Le temps demeure très doux, de vilains nuages traversent le ciel qui apportent des averses assez souvent depuis quelques jours. Le sol s'en trouve détrempé. Nos splendides amies les oies Gwen et Du aiment ça.

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 01:24
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Samedi 14 janvier 2017... sale temps, sale journée...

 

La nuit a été fort agitée. Couchée à minuit, je me lève à une heure, puis à deux ; et de trois à quatre heures je suis debout où je le lave entièrement, le change, le masse. Je m'accroche aux barrières du lit pour ne pas tomber, je suis très lente dans mes mouvements et il ne tient pas longtemps tourné sur les côtés, mais je ne peux pas me dépêcher et il panique. Quand enfin j'en termine, il a une petite faim.

Ensuite je me relève à cinq heures, puis à sept et enfin à neuf heures. Quelle nuit où il a parlé, crié, hurlé, pris trois fois de la morphine tant il avait mal aux jambes... moi, je suis en miette !

Corinne arrive avec de vieilles pommes pour les chèvres qu'elle coupe en morceaux dans une passoire puis elle va leur distribuer. Durant les soins, je déjeune.

Maurice lui n'a pas faim et cela va durer toute la journée... les soins terminés il dort jusqu'aux soins du soir. Entre ces épisodes, je le change trois fois.

Je suis dans la salle de bains, lorsque le médecin surgit dans la maison. Il vient m'apporter le renouvellement de mes ordonnances, puis de nouvelles prescriptions, surtout des analyses de sang et d'urine. Il est détendu et nous échangeons autour des problèmes de Maurice qui se trouve sous une avalanche de soucis, son cœur n'en peut plus et la grippe n'arrange rien. Il me fait remarquer que la perfusion est pleine de sodium et que l'hôpital va changer le produit.

Je me suis tenue dans la cuisine jusqu'à seize heures. Faire la vaisselle d'hier, déjeuner puis préparer une salade de fruits et la soupe m'a pris, une fois de plus, tout mon temps... je bataille sur tout ce que je ne peux plus faire.

Je porte toutes les épluchures à mes fifilles qui courent à toutes pattes à mon arrivée.

Lorsque Corinne arrive Maurice se plaint d'être très mal, il sombre dans un gouffre de fatigue abominable d'où il ne parvient plus à se relever. Il veut que les soins se terminent vite, il n'en peux plus... il veut dormir encore et encore, il bataille avec ses comprimés, son eau et tout ce qu'il a besoin. Il m'appelle à chaque fois pour l'aider. Comme il est parti, il ne va pas pouvoir se rendormir et la danse de la nuit va commencer... ça promet !

Je m'endors à côté de Maurice dans le fauteuil devant la télévision. Je m'oblige à me lever pour le changer... je dois faire vite il ne tient pas une minute sur le côté... j'ai peu de temps. Je le fais à l'emporte-pièce. Maintenant le poids de son ventre énorme pèse sur ses deux hernies discales et il demeure bloqué dans son lit sur le côté gauche ! Je vais me coucher.

Ses cris, ses plaintes me réveillent à une heure pour le changer, puis à trois pour le changer, à cinq heures il ne trouve pas sa pommade pourtant à portée de main mais cela devient compliqué de voir et de saisir les objets. Je lui tend son tube, il m'annonce qu'il veut déjeuner... je lui prépare son déjeuner avec un cacao et des tartines beurrées à la confiture de fraises. Je retourne au lit.

Il me sonne à sept puis à huit heures.

LA VIE COMME UN DEFI ! / Dana LANG, conteure, auteure, poète, ambassadeure de la Paix,...

Dimanche 15 janvier 2017... importantes difficultés respiratoires !

 

Au matin Corinne arrive à neuf heures et Maurice est très mal. Ses problèmes respiratoires redoublent. Il ne veut pas de médecin... peur de se retrouver à l'hôpital. Tout le matin, il va m'appeler pour diverses choses qu'il fait tomber.

En cuisine je prépare du poulet sauté et une purée, yaourt et salade de fruits prête de la veille. Il ne mange rien à peine deux petits bouts de poulet et un yaourt. Il a beaucoup de difficultés à dormir avec cette respiration difficile qui lui soulève la poitrine comme une forge, il lutte pour respirer... une fois encore il me dit que c'est la fin.

Je m'installe dans le fauteuil près de lui devant la télévision mais je m'endors. J'entends le rythme saccadé de son souffle.

Corinne revient et nous surprend dans les limbes. Je me lève et je vaque à mes occupations, notamment faire tourner une nouvelle machine.

L'après-midi se passe à aider Maurice. Puis nous recevons la belle visite de Marie-Claude et de Marc qui viennent nous souhaiter la Bonne Année avec de jolis présents. Nous sommes heureux de les voir... je pense souvent à téléphoner à nos amis... mais hélas, je n'y parviens pas, prise par mes préoccupations quotidiennes et nocturnes.

Maurice leur explique son état dégradé... c'est vrai, il va vraiment très mal... il m'inquiète sérieusement... trop de pathologies, de problèmes graves et par-dessus une bonne gastro-entérite et quatre jours plus tard une très mauvaise grippe... qui dure ! On en finit pas !

La nuit s'annonce plus que difficile. Je décide de rester près de lui malgré son insistance à ce que j'aille dans la chambre. Je sais d'avance qu'il va m'appeler trop souvent et j'ai beaucoup trop de mal à me déplacer. Je souffre trop.

Je m'installe dans le fauteuil près de lui. Je ne parviens pas à m'endormir et il me sollicite beaucoup. Ce soir je le change difficilement, il ne peut plus rester du côté droit afin de soigner son côté gauche touché par les points d'appui. Cela va devenir de plus en plus complique même Corinne a du mal à y parvenir.

Il ne trouve pas le sommeil, sa respiration et tout le reste l'empêchent de trouver le repos... quand est-ce que ce cauchemar va prendre fin ?

Tout à l'heure il nous disait qu'il ne passerait pas la nuit et ce soir il me confie qu'il sera debout demain. Parfois dans les moments où il somnole, il divague complètement.

Tout à coup il me dit :

Est-ce que tu as vu les ciseaux sur l'épaule de Marc ?

Il se désole de ne pas pouvoir dormir la nuit contrairement au jour. Ce soir il est bien mal parti !

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 18:39
CONTES EDITES ET PRIMES / Dana LANG, conteure, auteure, poète, ambassadeure de ka Paix,...
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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 20:34
LA VIE COMME UN DEFI ! / Dana LANG, conteure, auteure, poète, ambassadeure de la Paix,...

Jeudi 12 janvier 2017... plus d'an an alité et grabataire depuis quatre mois ! ! !

 

Je suis si fatiguée que je vais me coucher vers vingt et une heures... cependant je vais me lever souvent car Maurice qui ne dort pas la nuit renverse tout ce qu'il veut saisir. Avec la Parkinson tout lui échappe et je ne fais guère mieux moi qui ne parvient pas à saisir les objets. Ah, nous ne sommes pas aidés tous les deux !

Je dors quand je peux... à sept heures quarante-cinq j'ai encore sommeil et je me recouche, pas pour longtemps mais je m'endors quand même.

Sylvie prend son service et Jean-François arrive juste pour faire mes soins avant que je parte en courses avec Sylvie. Puis il s'attaque à ceux de Maurice. Nous, nous partons. J'ai commandé des feuilles de ronces pour les faire en infusion à mon époux afin de lui faire passer sa toux. Aujourd'hui il vit son premier jour sans fièvre.

Nous rentrons à onze heures quinze. Le temps de ranger les courses, Maurice s'est endormi. Sylvie nous quitte. Je commence à déjeuner seule... au bout d'un moment Maurice à demi conscient me crie qu'il a faim, donc, je m'occupe de lui qui s'endort une fois terminé son repas, puis je mange seule à la cuisine.

Je passe l'après-midi à faire du courrier. La médiatrice d'Archipel Santé arrive avec cinq gros colis de pharmacie pour les perfusions de Maurice... du matériel qui ira jusqu'au 14 février, jour où la perfusion sera arrêtée au profit de comprimés. Elle est trempée... il pleut fort et le vent forcit. Elle s'inquiète de mouiller la maison aussi se déchausse-telle.

Elle fait tranquillement le décompte de son matériel et nous parlons lorsque trois très grands sacs de déchetterie laissés dehors par notre aide-jardinier s'envolent. Nous le constatons à travers la véranda et j'ai peur qu'ils ne s'envolent par-dessus la haie ! Elle sort pour les récupérer mais le vent qui s'amplifie gonfle les sacs comme des voiles ! Pour un peu elle s'envolerait avec eux ! Elle rentre mouillée en luttant contre la tempête de toutes ses forces. Drôlement sympa, je ne sais pas comment j'aurai fait toute seule ! Maurice dort en hurlant de douleur par deux fois... à quatorze heures je lui ai donné fort heureusement sa morphine car il crie un peu plus tard. Il navigue entre sommeil et réveil et ne sait plus trop où il se trouve.

La médiatrice nous quitte. Maurice se réveille lorsque Jean-François arrive pour les soins du soir. Lorsqu'il s'en va, nous dînons.

Puis Maurice bricole son petit appareil qui lui sert à faire défiler des photos de nos enfants, petits-enfants et arrière petit-fils... il bataille pas mal au fond de son lit pour faire la moindre chose. Il ne tient pas assis et ce n'est pas aisé.

Je reste avec lui jusqu'à vingt-deux heures trente puis je le change, je l'arrange et à vingt-trois heures je vais au lit... il m'appellera à une heure, à trois heures, à cinq heures, à sept heures... je retourne au lit pour me lever à huit heures.

Toute la nuit il s'est senti mal...

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Vendredi 13 janvier 2017... avis de tempête !

 

Au réveil, il me dit qu'il a mal à la tête... là, je tremble ! Je n'oublie jamais son œdème cérébral qui peut se déplacer n'importe où. Je lui donne ses remèdes du matin, je lui prépare son déjeuner et ensuite le mien.

Nelly arrive, puis Corinne, notre si gentille infirmière ! Nous l'aimons beaucoup.

Hier j'ai été effrayée par la proportion des œdèmes de Maurice, rouges, durs, chauds et les traces insensées au bas de son abdomen ! De plus voir ses pieds et ses jambes dans le même état avec des plaies qui se forment pour laisser passer l'eau, je comprends qu'il souffre tant de ses jambes... mais aujourd'hui il semble amorcer 'une décrue' !

Espérons-le, c'est le seul moyen pour lui de s'en sortir. Le cardiologue de l'hôpital de Brest a conclu que le cœur de Maurice est si faible, si fatigué qu'il faut le laisser en paix le plus possible. Cela rejoint ce que nous avait dit ce fameux gastro-entérologue de l'hôpital de Roanne... plus on envoie de l'eau à un insuffisant cardiaque, son cœur en fera trois fois plus... cela peut paraître bizarre à tous et pourtant c'est vrai ! J'en ai vécu la triste expérience durant cinq mois en 2009, il faut lire : 'Docteurs, vous m'avez tué !' qui retrace notre enfer, jour après jour, au prise avec une overdose médicamenteuse sévère (42 comprimés pour toutes ses maladies plus un diurétique (lazilix, du diffu-K bien entendu car a trop laver le corps, le potassium s'effondre et c'est l'arrêt cardiaque (tout cela à dose mortelle), mais il ne perdait pas une once de poids, bien au contraire, il gonflait davantage et avait de l'eau dans les poumons, une sonde à demeure évidemment car le diurétique le faisait uriner sans s'arrêter d'où une orchite (une pastèque durant cinq mois, rien que ça) ! Sa respiration très malmenée il avait aussi de l'oxygène 24 heures sur 24 avec des bombes à la cave, dans les deux toilettes, dans la chambre... l'enfer !

Je sors avec Nelly acheter un billet de loto pour faire plaisir à mon époux et je prends le pain, paie la pharmacie et fais quelques courses nécessaires.

Ce matin Maurice reste vraiment très mal en point... il dort d'un sommeil, comme toujours très agité.

Nous déjeunons à midi mais il se rendort et à quatorze heures, il hurle de douleur dans son sommeil, je le réveille pour lui donner sa morphine avec un doliprane.

Pendant ce temps, je veille sur lui et je demeure sur l'ordinateur. J'attends un coup de fil de ma caisse de retraite, la visite du médecin et un appel de Klara qui finalement ne viendront pas.

L'employée de ma caisse de retraite me confirme la ponction de la CSG alors que jusque l'année dernière j'en étais exonérée, Maurice également ! Je vais devoir écrire à la Présidence de la République pour exprimer mon mécontentement.

J'ai également reçu une réponse des Finances Publiques qui m'annoncent que l'on nous mensualisent (comme nous l'avons toujours été avant d'arriver en Bretagne), alors que les employées du secteur viennent de nous refuser pour la deuxième année la mensualisation de notre taxe d'habitation afin que nous remplissions de nouveaux formulaires et nous punissent en un seul versement l'an dernier et nous autorisent que cinq prélèvements cette année ! J'espère que cet excès de zèle et cet abus de pouvoir seront sanctionnés comme il se mérite !

Maurice a très froid, je lui ajoute une grosse couverture. Au bout d'un long moment, il a trop chaud. Ensuite je dois le changer, le masser, le frotter, lui retirer des pansements qu'il ne supportent plus.

Puis Corinne arrive pour les soins. Elle reste occupée très longtemps par son aérosol, sa perfusion, ses soins du corps. Puis elle passe à mes pieds qui me font souffrir aujourd'hui.

Nous dînons puis Maurice vaincu par sa respiration incroyablement difficile, sa toux, la souffrance de tout son corps gonflé et tendu, toutes ses maladies s'endort à nouveau. Je replonge sur l'ordinateur...

Ce soir je vais veiller de nouveau, je sais que la nuit ne va pas être triste.

Après la grosse tempête d'hier qui a battue et rebattue les volets de la maison, le vent s'est calmé sur le matin... quelques rafales ont perduré, puis le soleil est apparu.

Hier matin, Jean-François a dû courir derrière l'énorme poubelle du quartier près de chez nous. Elle s'envolait... il a bloqué ses freins !

Nos petites protégées se sont tenues à l'abri dans leurs petites cabanes. Il pleuvait si fort !

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 17:15
LA FONTAINE AUX FEES / Dana LANG
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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 16:18
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Samedi 7 janvier 2017... un après-midi d'écriture...

 

La journée se passe identique aux autres sauf qu'il dort fort et longtemps l'après-midi et je travaille mes textes sur l'ordinateur... j'ai un travail énorme, je ne sais pas comment je vais m'en sortir au moment où je suis écrasée par notre situation.

La nuit reste identique aux autres.

 

Dimanche 8 janvier... anniversaire de mon fils (46 ans) !

Jean-François arrive et nous trouve en plein charivari. Il pratique les soins de Maurice, sa perfusion dans le PICC line comme tous les matins et tous les soirs et aussi son inhalation avec le masque et la machine électrique (très pratique), il passe aux soins du corps ; ensuite c'est mon tour.

Lorsque Jean-François nous quitte Maurice réclame pour éplucher les patates et l'ail. En effet, je veux faire un gratin dauphinois, il en raffole. Pendant ce temps, je fais la vaisselle d'hier soir et je prépare deux cuisses de poulet à la crème et aux trompettes de mort (cueillies et séchées dans le Larzac par ma fille aînée), un délice.

Nous déjeunons quand tout est prêt et Maurice s'endort victime de fatigue incommensurable. Il a toujours de la fièvre.

Je vais nourrir et abreuver nos petites protégées... la bonne nouvelle, certaines poules se remettent à pondre mais il y a encore trois jeunes qui ne sont pas prêtes. Les biquettes, les oies et la tribu des poules me font des fêtes comme chaque jour. Je suis toujours heureuse de les voir qui accourent à ma rencontre par des cris de joie.

Ensuite, épuisée, je file au lit pour une heure trente. Maurice crie si fort qu'il me réveille, il reprend mal dans ses jambes. C'est une véritable horreur de constater que ses œdèmes remplissent son ventre comme une barrique, son dos, ses jambes et ses pieds qui rougissent. Une plaie s'est ouverte sur la cheville gauche... voilà que ça recommence. J'en ai marre de penser que nous venons de vivre un an de cauchemar, d'un supplice invraisemblable à cause d'un remède, un diurétique ! Le gastro-entérologue était dans la vérité lorsqu'il nous a dit que de donner un diurétique à un insuffisant cardiaque faisait que son cœur malade fabriquait trois fois plus d'eau... la preuve est là !

C'est attristant de le constater une nouvelle fois à nos dépens, éternelles victimes de la médecine mal appliquée !

Je téléphone à mon fils pour lui souhaiter un très bon anniversaire et je lui explique dans quelle impasse nous nous débattons. Cet après-midi j'ai fait une flogniarde auvergnate (gâteau aux poires) que Maurice adore... il y en aura pour la semaine.

Maurice est de nouveau énervé ce soir... cela présage d'une nuit pas triste.

 

Je reste près de lui jusqu'à onze heures, je le change, le masse et je file me coucher. Il m'appelle à une heure pour le changer, et me demande son petit ordinateur portable pour se distraire. Je lui dis qu'il risque de s'endormir dessus et de le faire tomber ! Puis une fois au lit je finis par m'endormir.

Il me sonne à trois heures trente... il est s'est endormi et a fait tomber son ordinateur. Puis il est très mal et je dois lui masser ses jambes et ses pieds gonflés d'eau. Son ventre devenu d'une énormité à faire peur le bloque et l'immobilise sur sa cuisse et sa jambe opérée... c'est une catastrophe ! Je tente de me recoucher mais je l'entends crier, hurler, délirer, gémir sans arrêt... je me relève, impossible de dormir. Heureusement que nous n'avons pas de voisins trop proches !

Nous passons une nuit infernale... impossible de dormir, il faut accourir et satisfaire tous ses besoins, il se bat avec ses remèdes, ses mouchoirs, son thermomètre, son respirateur, son inhalateur, ses prises de téléphone, de portable, son rasoir qu'il a mis en morceaux et tente, tout en tremblant comme une feuille de remettre les pièces en place... moi, qui ne peut pas me baisser, qui bouge très mal, dont tous les mouvements font douleur je suis obligée de ramasser ce qu'il fait tomber. Je n'en peux plus, je suis broyée.

Il me réclame une part du gâteau que j'ai fait hier. Cela lui apporte une consolation, un répit dans son martyr. Franchement l'état de Maurice très dégradé m'inquiète et je commence à être totalement découragée... de plus, je ne décolère pas car voilà un an que j'explique que le diurétique prescrit à Maurice est en train de le tuer. Entre hier et cette nuit, il vient de faire trois douleurs cardiaque. Il respire difficilement, certes il a la grippe, mais il respire de cette façon avec des sifflement chaque fois que son corps est gorgé d'eau.

Au matin, je suis une loque humaine... je me suis couchée à six heures trente car il s'était enfin endormi et je me lève deux heures plus tard.

LA VIE COMME UN DEFI ! / Dana LANG, conteure, auteure, poète, ambassadeure de la Paix,...

Lundi 9 janvier 2017... tout va mal !

 

Nathalie arrive, je dors sur ma chaise... Maurice réclame son déjeuner. Nathalie s'en occupe aussitôt avec une grande gentillesse. Je lui fait ses tartines. Puis elle grille mes tranches de pain et démarre le café.

Corinne, l'infirmière si dévouée et compréhensive soigne Maurice... c'est un long travail : lui poser sa perfusion dans son PICCline, lui mettre son aérosol, le laver, le masser, le changer, l'habiller, lui refaire son lit, placer les draps, les alèses, les couvertures... où il est si difficile de le faire tourner sur le côté droit quand son ventre gonflé comme une outre l'emporte sur la gauche... c'est une abomination et sa souffrance à lui est sans limite... finira-t-on par le tuer ? Sa respiration très haletante et sifflante le gêne aussi énormément, son corps n'est que douleur... il est crucifié !

Moi, le courage m'abandonne en faisant ce constat... le diurétique sur un insuffisant cardiaque et respiratoire aussi lourd que Maurice opère son œuvre de dévastation !... Le pire s'est que ses jambes et ses pieds sont redevenus aussi gonflés qu'avant son opération et maintenant avec sa nouvelle prothèse que va-t-il se passer ?... Il faut arrêter le modurédic sans délai !... Et j'appelle le médecin. J'obtiens sa secrétaire... elle m'annonce que la visite du médecin est prévue aujourd'hui. Cela me rassure et nous nous promettons Maurice et moi de lui dire que nous voulons arrêter ce poison infernal.

Nous déjeuner d'une macédoine de légumes et du gratin d'hier pour finir par un yaourt.

En pleine crise d'asthénie, je résiste pour attendre le médecin. Klara m'appelle, elle se renseigne sur l'état de mon époux. Je lui explique qu'il n'est vraiment pas brillant, douloureux, enflé et bloqué dans son lit comme avant son opération. Le médecin ne vient toujours pas à seize heures quinze... alors je l'appelle sur son portable pour lui demander ce qu'il va faire. Il me réponds que compte tenu de mon message où je lui parle de mes heures d'aide humaine et de ma mauvaise analyse de sang, cela présage d'une longue consultation et il viendra demain. C'est vrai... il y aura trois ordonnances à mettre à plat, nos deux ordonnances avec beaucoup de retouches sur celle de Maurice, la mienne habituelle, celle de mes prises de sang trimestrielle, et aussi les prises de sang de contrôle de l'antibiothérapie de Maurice. J'insiste avec force pour lui décrire la situation de détresse où se trouve plongé mon époux. Il me répond que si je pense que son état est dû au diurétique, il faut le retirer... c'est ce que nous allons faire immédiatement !

Dans l'après-midi, Maurice dort tout en criant et délirant. Je me tiens sur l'ordinateur dans la véranda, tout près de lui dans son lit médicalisé au salon. Je relis 'Les Sanglots du Vent' que je voudrais faire passer en numérique... j'ai contacté une petite maison d'édition à Paris, dont la directrice paraît très sympathique mais je reste septique quand à l'opportunité de faire ainsi. Je l'ai déjà publié et ce serait peut-être bien de le mettre en numérique, tant de fans l'attendent... il y a aussi mes trois livres de prose...

Au soir, Corinne revient pour les mêmes soins et me place des pansements de Versatis sur mes reins. Ce soir j'ai si mal des cervicales, aux bras et mains, au dos, aux muscles des cuisses et des mollets que je ne tiens pas une minute debout... de plus je dors debout... mais je vais tâcher de veiller près de lui...

LA VIE COMME UN DEFI ! / Dana LANG, conteure, auteure, poète, ambassadeure de la Paix,...

Mardi 10 janvier 2017... visite du médecin...

 

Véronique M. cogne très fort à la porte... tout le monde dort... Maurice comme un bébé depuis quatre heures du matin... auparavant on a dansé ! Crises, douleurs, fièvre, changes, remèdes... puis l'assagissement total ! Maurice va très mal et j'ai la forte impression que l'on est en train de le tuer à grands coups de diurétique.

Véronique inquiète fait le tour de la maison... le temps de me lever, de me traîner jusqu'à la porte... j'aperçois la voiture mais personne, j'appelle plusieurs fois et soudain je la vois surgir de derrière la maison.

Véronique s'occupe de nos petits déjeuners... mais trop endormis nous oublions que Maurice doit rester à jeun... la prise de sang sera pour demain ! Flûte !

La matinée s'emplit des soins de Maurice et des miens où faut faire vite car je veux sortir poster le courrier, prendre le pain, lui acheter des feuilles de ronces pour sa toux persistante, encore des couches comme chaque semaine, etc... et il faut se dépêcher, il est dix heures trente... le temps de tout faire et ce sera midi !

Véronique nous quitte et je prépare une poêlée périgourdine. Il mange très peu, c'est à dire à peine trois cuillères. Il est trop mal en point... gonflé d'eau à bloc... je suis très inquiète et terriblement découragée... tous ces mois d'enfer pour en revenir toujours au même problème ! Je prends un grand coup au moral, j'ai soudain envie de tout plaquer, retourner près de mes enfants, en finir de cette vie trop lourde à porter mais j'ai bien peur que cela ne dure ! Pourtant je garde espoir... sans diurétique, je suis sûre que nous allons pouvoir nous en sortir, je suis têtue mais avec les expériences délirantes, effroyables vécues ensemble dans une galère monumentale, les faits sont là !

Bon, le médecin comme prévu arrive. Nous remettons à plat son ordonnance débarrassée du diurétique, du diffu-K, des statines... il lui reste la roséphine et les antibiotiques (obligatoires), un remède pour la prostate, un comprimé d'hydrocortisone car ses glandes surrénales soumises à un traitement de cortisone durant deux ans ont soufferts, un anticogulant car il est coincé au lit, un comprimé et demi de xanax pour l'endormissement, un cachet d' aérius contre les allergies, deux comprimés de pariet pour l'estomac, la morphine : deux oxycontins et oxynorm suivant la douleur... c'est déjà pas mal ! Et des aérosols pour la grippe... je ne sais plus lequel j'oublie... ah oui, un patch de trinitrine la journée pour canaliser la douleur cardiaque.

J'insiste avec force auprès du médecin pour lui enlever son diurétique (modurétic) mais le médecin m'affirme que cela vient de la grippe... alors aurait-il la grippe depuis plus d'un an ?

Notre médecin a beaucoup d'énormes qualités que je salue ici, notamment celle de ne pas assommer le malade de médicaments inutiles mais je pense qu'il ne sais plus quoi faire devant un cas comme celui de Maurice... comme tous les autres médecins d'ailleurs, il se perd en conjectures difficiles. Son cas est comme l'individu un K hors norme, hors du commun, hors de tout entendement.

Après le repas, c'est le tour de la kiné... douce, agréable, épatante, elle ne peut guère faire travailler Maurice paralysé par le volume de son ventre qui se couche sur sa hanche gauche et sa jambe opérée. De plus il se sent très mal, il me le confie de très nombreuses fois dans la journée.

Les soignants parviennent à le tourner sur la droite qu'avec de grandes difficultés. Klara me dit d'aller dormir et je lui réponds qu'il me faudrait dormir cent ans avant de pouvoir récupérer mon niveau d'épuisement.

Maurice me dit qu'il a eut deux incidents cardiaques dans l'après-midi, il a pris du natispray ! Je n'aime pas trop, cela donne des AVC et ce n'est pas bon pour son œdème cérébral... mais il avait mal dans le bras !

Nous dînons, lui presque rien puis je le change, l'aide à passer son aérosol et je reste un peu avec lui devant la télévision... il a le mérite de préparer ses doses de morphine couché dans le lit... c'est déjà si dur de parvenir à se nourrir dans cette position, de bricoler sa lampe, ses affaires qu'il veut avoir à portée de main... peut-être parviendra-t-il enfin à mieux dormir cette nuit... il demeure très gêné par sa respiration mais avec l'eau qu'il se trimballe cela n'a rien de surprenant ! Peut-être en a-t-il même dans les poumons comme en 2009 malgré le lazilix à dose mortelle !

La journée maussade et pluvieuse à l'image de nos âmes et de nos cœurs se termine... tout à une fin !

 

Je le change vers onze heures et je le laisse pour aller me coucher mais je ne parviens pas à m'endormir. Je l'entends toujours gémir et hurler à minuit et demi pour le changer à nouveau. Je l'entends se plaindre car je ne dors pas et à deux heures, je dois le changer encore.... puis à trois heures, je le lave, le change, le masse... il prend sa température elle annonce 39,6°, nous sommes inquiets... comment se fait-il ? Est-ce que ce foutu thermomètre que l'on vient d'acheter fonctionnerait aussi mal comme le précédent ? Il relit la notice, le tourne dans tous les sens, il reprend sa température après l'oreille, puis cette fois sur le front là aussi il s'allume en rouge... nous en comprenons rien.

À quatre heures le me couche, j'aurai bien mieux fait de rester sur l'ordinateur jusqu'à maintenant. Je finis par m'endormir, mais à cinq heures il me sonne. Je lui demande ce qu'il veut. Il m'explique qu'il a prit un coup de trinitrine car il avait mal dans l'épaule et que la fièvre a soudain disparue comme elle est venue ! Ce peut-il que dans les attaques cardiaques la fièvre soit à son paroxysme ?

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Mercredi 11 janvier 2017... plus rien ne va !

 

Bon, je retourne me coucher et cette fois je dors jusqu'à huit heures quarante-cinq. Annie est là et commence à me faire mon déjeuner. Maurice lui reste à jeun, le temps de la prise de sang. Jean-François vient de bonne heure pour tous ses soins... cela fait beaucoup : prise de sang, aérosol, perfusion et tous les soins du corps.

Depuis la reprise du diurétique, Maurice se remet à faire de l'eau par ses jambes et ses pieds et des plaies apparaissent sur ses deux jambes. La jambe opérée elle aussi se trouve à présent rouge, dure et gonflée d'eau... on recommence le cirque de tous ses derniers mois depuis décembre 2015 où il se voit gonflé comme une outre (166 kg), alité avec des serviettes au bas de ses pieds imbibées de flotte jour et nuit et ses pantoufles trempées que je dois laver en permanence... soit une bonne douzaine de paires. Ras-le-bol, découragement total !

Pourtant juste avant nous avions arrêté durant huit jours ce médicament et oh miracle, son ventre diminuait rapidement, ses vergetures énormes fondaient, il se tournait d'un côté et de l'autre de son lit, se remontait aisément, et remuait ses jambes ! Corinne l'infirmière et Klara la kiné avaient observé ce phénomène et Klara en était très heureuse. Elle était parvenue à l'asseoir deux fois sur le bord du lit mais il ne tenait pas seul, il lui fallait se tenir avec les bras et les mains en arrière. Une fois, elle était arrivée à le lever deux minutes à l'aide du verticalisateur... et là, maintenant plus rien ! Elle n'a pas pu venir lundi tant il était faible... hier elle a tenté de le faire bouger sans succès sauf de drainer ses jambes... et aujourd'hui elle ne viendra pas, Maurice est vraiment trop mal. Il refait une douleur cardiaque.

Depuis les trois cuillères avalées à midi, il dort... mal ! Je l'entends gémir, se plaindre, souffler, mal respirer...

Je pense que la soirée sera très difficile et la nuit plus encore... il faut que je me prépare à une nuit blanche...

Vers seize heures il se réveille et je dois le changer, ranger son lit défait. Il demeure toujours installé sur le dos, de biais dans le lit, le ventre rouge, dur et chaud comme ses jambes plongé à gauche... il est mal !

Bon, je lui range ses alèses. Hier j'ai fait remarqué la lourdeur de son ventre, ses énormes vergetures, ses jambes congestionnées au médecin qui a vu pour la première fois ses mains blanches comme de la farine. Il lui trouve le teint cireux, moi ce n'est pas la première fois que je le remarque cela remonte déjà à un an ! Pour ce qui est de ses doigts, le médecin remplaçant l'avait constaté le premier le 3 août 2016 lors de son infarctus...

Le temps reste norme, pluvieux et venteux aujourd'hui. Je suis allée nourrir les animaux... heureux de me voir. Une poule pond régulièrement...

Maurice se rendort après m'avoir dit pour la troisième fois depuis le début de la semaine qu'il va mourir... il est seize heures trente...

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Published by Dana LANG, CONTEUR AUTEUR CREATEUR
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Présentation

  • : Dana LANG, artiste Internationale, conteuse aux plumes de sioux, citoyenne du monde, auteure fantasy, poète, lauréate de 50 Prix Littéraires Internationaux, éditrice, ambassadrice de la PAIX, membre SACD, UERAA, AEB, World Académy of Arts and Culture and World Congress Poets, ...
  • Dana LANG, artiste Internationale, conteuse aux plumes de sioux, citoyenne du monde, auteure fantasy, poète, lauréate de 50 Prix Littéraires Internationaux, éditrice, ambassadrice de la PAIX, membre SACD, UERAA, AEB, World Académy of Arts and Culture and World Congress Poets, ...
  • : *1979-1989, bibliothécaire jeunesse en banlieue lyonnaise (Vénissieux) où elle conte déjà trois fois par semaine. Les classes s'inscrivent sur des listes d'attente. *1989-2002, conteuse professionnelle internationale (artiste, durant 12 ans intermittente du spectacle / Cie du Soleil Noir). Elle conte dans les écoles, collèges, lycées, bibliothèques, médiathèques, salles de spectacle, théâtres, festivals... etc... *1991, fondatrice d'une Maison du Conte 'La Biche au Bois' au Cergne (42-Loire). Elle reçoit 20 000 scolaires en attractions contées sur les terres d'Anne de Beaujeu dans les Monts du Haut-Beaujolais, et organise un Festival du Conte et des Conteurs en Forêt et en Cabarets «Flèches des Fées» pendant cinq ans. Elle conte avec divers musiciens dont Tenzin Gonpo artiste Tibétain qui l'accompagne aux instruments et à la voix. Elle parraine un enfant tibétain durant plusieurs années. *1994, sociétaire des Auteurs et Compositeurs Dramatiques. Elle participe à divers festivals... *Avril 1998, elle conte dans les écoles françaises, Instituts, hôtels, villages pour le Festival International des Conteurs Francophones à Abidjan en Côte d'Ivoire. *2003, auteure, poète, en situation de handicap, elle poursuit en écrivant toute son Œuvre. Elle réécrit ses contes adaptés pour la scène (120 contes) et écrit de très nombreux ouvrages dont des contes merveilleux et fantastique, un récit autobiographique ' Les Sanglots du Vent' ; une trilogie Fantasy ' Les 3 Héritiers de la Clef des 7 Mondes' (t.1 : La Dragonne et l'Œuf d'Or Sacré ; t.2 : Éloïse et le Commandeur du Temps ; t.3 à paraître) ; des témoignages de vie ' Docteurs, vous m'avez tué ! ' suite à paraître : ' La Danse de la Méduse ', ' L'Arbre d'Or ', 'La Fuite du Temps', 'La Maison du bout... de la Terre', 'Plus fort souffle le vent', 'Un Radeau dans le Ciel'… un recueil de prose poétique de 7 livrets ' Puisque tu vis, Philippe', une suite de nouvelles et de prose poétique 'À l'Aube d'un Jour' et un livret de pamphlets (prose insurrectionnelle : 'Je vous écris, Frères Humains', ... *2011, à la création de la Maison du Conte, de l'Illustration et de l' Édition Fantastique ' LA FONTAINE AUX FÉES ' édite dix de ses livres (sur plus de 30) et avec son époux Maurice JANIN, architecte d'exécution (en situation de handicap), fréquente les Salons du Livre de Rhône-Alpes, Auvergne, Bourgogne, Yonne, Paca chaque week-end durant deux ans. Sur le Salon du Livre de Lorette (42-Loire), elle rencontre Michel COUROT, Dico d'Or, grand gagnant de la Dictée de Bernard Pivot en 1995. Il deviendra son relecteur et son très grand ami. En avril 2011, elle écrit un conte merveilleux : Flora, Pipi et Scratch, la sorcière. *2012, sociétaire des Arts et des Lettres de France, membre du bureau de l' UERA A (Union des Écrivains de Rhône-Alpes-Auvergne), ambassadrice du Cercle des Ambassadeurs Universels de la Paix, 'La Fontaine aux Fées' édite 'Le Grand Livre de Marina' de Marina FERREIRA et ' Le Monde de Lucas ' de Didier POUDIÈRE. *13 octobre 2013, elle est nommée Membre de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets. *Le 18 mai 2014, elle parraine le 1er Festival du Livre et de l'Illustration Jeunesse «Les P'Tits Z'Amis de Marina » à Saint-Didier-de-Formans dans l'Ain (01). *13 Juillet 2014, après avoir vécu deux ans dans le village natal de son père en Alsace près de Bâle et de très longues années en région lyonnaise, elle vit désormais à Plogoff dans le Finistère et devient Membre de l'Association des Écrivains Bretons (AEB). Elle écrit et publie un nouveau conte ' La Fontaine de la Mer Feunteun Aod '. *Décembre 2014, elle collabore au Festival International du Conte de Guillaume ÉKOUMÉ, au Cameroun. Elle écrit un nouveau conte 'Max, le Petit Sorcier'. *Février 2015, elle écrit un conte 'Louka, le Petit Loup de Brocéliande' dédié à son arrière petit-fils, Louka né le 5 février 2015. *23 avril 2015, elle écrit 'Le Dragon de Pors Loubous', un conte fantastique. Fin juillet, par son épouse Danyèle, elle apprend dans une profonde tristesse le décès de son indéfectible ami, Michel COUROT. *20 décembre 2015, elle conte 'Plume de Corbeau' au théâtre Georges Madec à Esquibien pour les enfants des écoles et leurs parents. *Septembre 2013 à 2015, elle devient lauréate de 51 distinctions Littéraires Internationales (Trophées, Mérites, Médailles, Prix, Mentions...) décernés par 13 concours Littéraires Internationaux. *2015-2016, elle recherche un Éditeur sérieux pour lui reprendre toute son Oeuvre. *En 2015, elle est invitée à Sacramento en Californie et à Prague en Tchécoslovaquie du 5 au 10 septembre 2016 par le Président de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets où elle ne pourra pas se rendre. *Le 1er février 2016, elle écrit le conte 'Justine et le Pays Contraire'. *Février 2016, elle s'inscrit dans les Salons Festivals du Livre en Bretagne qu'elle espère honorer de sa présence... le 24 avril 2016, elle se rend au Salon du Livre de Botmeur (Finistère) où elle conte et dédicace... En juin 2016, elle écrit le conte Kaoura, la Princesse aux Sept Dragons...
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