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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 21:04
Maurice vous envoie toute son amitié et ses pensées affectueuses... bises à vous tous (photo a son arrivée en Bretagne juillet 2014).

Maurice vous envoie toute son amitié et ses pensées affectueuses... bises à vous tous (photo a son arrivée en Bretagne juillet 2014).

Maurice gonflé d'oedèmes cardiaques en avril 2016 fête nos anniversaires autour des colis envoyés par nos enfants...
Maurice gonflé d'oedèmes cardiaques en avril 2016 fête nos anniversaires autour des colis envoyés par nos enfants...

Maurice gonflé d'oedèmes cardiaques en avril 2016 fête nos anniversaires autour des colis envoyés par nos enfants...

Notre Toopie adorée...
Notre Toopie adorée...

Mercredi 20 septembre 2016... quelques jours à la maison ! ! !

Je me suis couchée à minuit trente et je me lève à six heures. J'écris...

Nathalie arrive et Maurice me téléphone soulagé et presque heureux. Les médecins l'autorisent à sortir de l'hôpital, à rentrer chez lui. Je n'arrive pas à le croire.

C'est le branle-bas de combat ! Je téléphone à la pharmacienne pour obtenir dans les plus brefs délais un lit médicalisé large (1m, 20) pratique et capable d'une assise forte.

Je reçois des coups de fils incessants pour mettre en place sa sortie. J'appelle les infirmières afin qu'elles se tiennent prêtes. Béatrice met un place un service d'infirmières et d'aide-soignantes à domicile.

Maurice m'appelle à nouveau car l'infectiologue ne peut pas le faire sortir comme ça, il doit signer une décharge.

Le chirurgien orthopédiste, Mr A. me téléphone à son tour et m'explique qu'il y a des risques mortels à cette sortie, Maurice peut-être victime d'une septicémie et il a dû signer une décharge. Il me demande si je suis en accord avec mon époux. Je suis d'accord, où que l'on se tourne dans ses diverses pathologies le risque mortel est présent. De toute manière, il rentre cinq jours à la maison pour ensuite se rendre lundi en consultation à la Cavale Blanche afin de discuter et mettre en place son amputation de la jambe gauche.

J'appelle aussi le remplaçant de notre médecin traitant pour avoir une ordonnance des produits qui nous manquent et notre médecin traitant me téléphone à son tour. Le remplaçant et l'infirmière passent sur le tard. Nous réussissons à obtenir à peu près tout sauf le thermomètre à l'oreille.

Entre temps Maurice est arrivé en ambulance juste après le lit et il a dû attendre dehors que son installation soit prête. Ensuite l'équipe des Urgences 29 a pu faire entrer Maurice et le disposer dans son lit sans le faire hurler de douleur. Ces petits gars sont exemplaires de savoir faire, de technicité et de courage ! Nous les apprécions beaucoup car dans un cas aussi grave, ils demeurent à la hauteur de la tâche.

Cette journée extrêmement éprouvante pour tous et pour nous en particulier et plus encore pour mon époux s'est déroulée parfaitement bien, tous ont été diligents et très efficaces.

Maurice installé au mieux respire de soulagement. Dans l'après-midi, je lui tiens son urinal plusieurs fois et cette nuit il fera dans sa couche... mais je serai là pour l'aider de mon mieux.

Dès le passage du médecin et de Céline qui revient de la pharmacie avec l'essentiel pour ce soir, qui lui fait ses soins et sa piqûre de Lovelox, puis s'envole vers ses autres patients, je lui fais chauffer son repas. Il ne mange presque pas... deux grandes cuillères de pâtes que je l'aide à avaler avec une grande cuillère et immense serviette et ce depuis des années. Le yaourt il veut le manger lui-même.

Ensuite, il est heureux de pouvoir saisir les deux barrières afin de se soulever pour que je puisse lui laver le dos avec un gant d'Eau de Cologne. Cela lui fait tant de bien ! Sa peau est pleine de talures.

Puis je le recouvre car il avait trop chaud jusqu'à présent et maintenant il a froid, d'abord une couverture et ensuite une deuxième. Il s'endort profondément à neuf heures puis une demi-heure plus tard il gémit et crie de douleur. Je lui donne une petite dose de morphine à 20 mg. Il continue de crier, de gémir, de dire qu'il a mal. C'est une douleur terrible, insoutenable !

La maison a été chamboulée afin de laisser passer le lit et le brancard. Il y a des fauteuils de partout et bien du rangement à faire... je verrai demain avec Sylvie, nous tâcherons de remettre un semblant d'ordre.

Heureusement que l'employé des impôts me disait que nous étions trop grandement logés pour deux personnes ! Oui, mais qu'elles personnes ! Comme je le dis toujours 'nous sommes des encombrants !'.

Je formule des vœux afin que Maurice trouve le sommeil... il n'a pas fermé l'œil la nuit passée.

Ce soir à onze heures, il s'éveille et continue de gémir. Je dois enduire ses jambes martyrisées de crème et le découvrir car il a trop chaud. Ensuite il veut une pomme, quelques biscuits et du lait. Cela le rassérène mais il doit se frotter les jambes une nouvelle fois pour calmer l'affreuse douleur.

Cette nuit, je dormirai dans mon fauteuil 'confort' tout près de lui afin de veiller à ses soins. Il veut sentir ma présence rassurante près de lui...

Published by Dana LANG, CONTEUR AUTEUR CREATEUR - dans JUSQU'AU BOUT DU VOYAGE...
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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 20:39
AVANCEZ ! Jean-Louis VALLOIS, notre Ambassadeur de la Paix (France)
AVANCEZ ! Jean-Louis VALLOIS, notre Ambassadeur de la Paix (France)

Avancez !

Avancez, même si vous allez encore tomber,

Avancez, même si c’est dans le brouillard,

Pieds et mains liés,

Avancez !

Encore et toujours,

Avancez, dessus dessous, le fil instable de la vie,

Même s’il finira encore par casser.

Avancez vers demain,

Avancez vers les autres,

Avancez vers deux mains ouvertes,

Et vers les phalanges de cette lumière si fragile.

Mais aussi vers ces quelques vers qui nous entrainent toujours plus loin,

Avancez même si ce monde n’est que cris.

Mais il n’y a pas que des cris de haines,

Ni que l’étrange folie de la destruction…

Il y a aussi tous nos gémissements couverts de nos mots,

Il y aussi nos âmes qu’on lèvent comme des étendards,

Il y a aussi notre façon de tenir les cartes d’une façon remarquable,

Et, au bout de la route, une fin complice…

Avancez !

Avancez ensemble, vers cette famille que l’on nomme : humanité !

Published by Dana LANG, CONTEUR AUTEUR CREATEUR - dans Ambassadeurs de la Paix
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 22:00
JUSQU'AU BOUT DU VOYAGE... Un océan de larmes dans mon coeur...
JUSQU'AU BOUT DU VOYAGE... Un océan de larmes dans mon coeur...
Maurice dans notre maison du Cergne
Maurice dans notre maison du Cergne

Lundi 26 septembre 2016,

Je me couche à minuit trente et me lève six heures plus tard. Je déjeune et je me prépare. Je mets dans un sac ce que Maurice veut que je lui apporte... deux rallonges et un réveil.

Céline arrive pour les soins et je téléphone à Alexandra pour la prévenir de l'hospitalisation de Maurice et lui dire que je pars le voir à l'hôpital.

Ce matin, j' appelle mon époux à neuf heures trente. Il est encore aux cents coups ! Les infirmières ne lui ont pas apporté sa morphine et il a extrêmement mal à la tête. Elles viennent juste de passer et lui donnent 60 mg d'oxycontin et cinquante d'oxynorm = 110 mg d'un coup ! Il devait recevoir à huit heures simplement 60 mg d'oxycontin !...

On se demande si on est vraiment dans un hôpital ! Je suis en colère et j'appelle l'infirmière. Maurice va en faire de même et le médecin aussi. Aujourd'hui, ce n'est pas sa fête !

Le chirurgien Mr A., est passé ainsi que deux anesthésistes et Mr Ha, l'infectiologue. Maurice me dit qu'il m'expliquera quand je serais près de lui et qu'il faut que je prenne des papiers et un stylo pour noter.

Je donne à manger à nos animaux. Nathalie arrive, me demande des nouvelles depuis la semaine dernière. Rachel, la secrétaire du service me téléphone qui prend des nouvelles à son tour. Puis Nathalie vient m'aider. Ensuite elle range la maison et s'en va.

C'est au tour de ma fille cadette de m'appeler. Je suis contente de l'avoir, nous parlons de Maurice, de son travail, d'Elsa et de Louka qui est de nouveau malade.

Alexandra, la podologue me téléphone pour venir rapidement puisque je dois passer à l'hôpital. Elle me libère à treize heures trente.

Je ne parviens pas à joindre Annelise sur son portable aussi j'appelle chez Les Pirates où je pense la trouver. Je lui dis que je suis prête et elle n'a pas commencer son déjeuner. Elle pense arriver à quatorze heures trente. Elle viendra me chercher. Elle m'apporte deux grosses belles salades pour les animaux... cela va trop leur plaire.

Une fois encore nous partons en direction de Quimper et une fois encore, elle doit me pousser ! C'est dur, quel courage et quelle gentillesse !

Je trouve Maurice dans un sale état... il se plaint du ventre. Il m'explique la position des médecins et leurs conclusions sur l'opération. Maurice a pris un streptocoque et un autre (au nom imprononçable).

L'infectiologue passe nous voir et le chirurgien repasse également. Ils nous parlent de la situation. Sa prothèse est infectée par un streptocoque et il faut soit faire une arthrodèse, soit couper la jambe. L'arthrodèse consiste en une opération où ils vont ôter la prothèse, nettoyer et insuffler un ciment dans les os et boucher, en espérant ne pas avoir d'hémorragie. Ensuite, il faut réopérer afin de lui poser une plaque et un gros clou sur l'os du bas et celui du haut. Il faut espérer que l'infection soit totalement assainie sinon, les chirurgiens y reviendront pour couper la jambe. Il y a 5 % de réussite.

L'infectiologue est pour cette version et le chirurgien orthopédique préférerait couper la jambe au niveau de la cuisse.

L'énorme souci c'est que Maurice n'est plus opérable au niveau cardiaque, il ne supportera pas l'anesthésie. On l'opère sans l'endormir depuis 2001. Donc, chaque médecin se renvoie la balle.

Avec son œdème cérébral qui représente un véritable fusil dans la tête, son insuffisance cardiaque et respiratoire, son syndrome de Parkinson, son cancer de la prostate, etc... Maurice va vraiment très, très mal.

Alors doit-on considérer cela comme un acharnement thérapeutique ?

Ne devrait-on pas l'envoyer plutôt en soins palliatifs où il serait suivi au niveau de la douleur ?

Nous sommes placés devant un vrai dilemme et Maurice rêve de s'endormir pour toujours sur la table, seul moyen d'en finir une fois pour toute... et moi, je voudrais que sa souffrance dans tous les sens du terme cesse, qu'il soit enfin libéré, délivré. Car enfin après cette opération, à supposer qu'elle réussisse comment vivra-t-il ses autres pathologies où il n'est plus du tout médicalisé depuis sept ans ?

Puis Alain frappe à la porte. Nous parlons de notre problème si difficile. L'infirmière vient pour faire une prise de sang et nous attendons dans la salle d'attente.

Puis Alain nous quitte et nous laissons Maurice s'endormir. Annelise me ramène non sans avoir flâné sur les bords de la côte avec un splendide éclairage sur l'océan.

Nous arrivons à la maison sous la pluie. Je suis écroulée de fatigue et Annelise l'est aussi. Nous nous quittons.

Je mange rapidement, j'écris ces lignes puis je vais me coucher...

JUSQU'AU BOUT DU VOYAGE... Un océan de larmes dans mon coeur...
Maurice au stade Charletty en 2002
Maurice au stade Charletty en 2002

Mardi 27 septembre 2016... on nage en plein cauchemar...

Maurice m'appelle ce matin pour me dire de venir tôt, le médecin veut me voir et nous devons signer des papiers... sans doute des décharges pour l'opération qui doit avoir lieu demain.

Bon, je vais devoir contacter Annelise. Je me prépare, Béatrice l'infirmière arrive, je lui donne des nouvelles de Maurice.

Je demande à Véronique M. de me conduire chez Annelise. Nous la trouvons et elle se trouve désorientée du fait que je sois là et que je ne sois pas parvenue à la joindre au téléphone. Bon, le temps qu'elle se prépare, nous l'attendons dans le parking. Puis finalement nous partons en direction de Quimper.

Nous arrivons à treize heures et nous arrêtons dans la cafétéria pour déjeuner d'un sandwich puis nous montons voir Maurice.

Là, il m'apprend qu'il n'est plus opéré demain mais qu'il va être transféré à la Cavale Blanche à Brest ! Il est dans un état moral et physique épouvantable.

Chaque jour, depuis des mois, il me dit qu'il en a marre, qu'il veut partir, qu'il veut mourir... ici, s'il pouvait marcher il partirait... il comprend pourquoi ils ont blindé les ouvertures de fenêtres !

Il a passé la nuit baignant dans son urine. On lui a dit de ne pas s'inquiéter qu'on lui avait mis un pénilex, mais il n'en avait point ! De toute manière je ne vois pas comment les infirmières auraient pu le lui placer. Bref, il nageait dans son lit !

Nous attendons le médecin et comme hier et depuis vendredi je l'aide à placer son urinal et je le tiens parfois tout l'après-midi. Je téléphone à notre médecin traitant pour lui parler de la situation et il me dit qu'ils étudient le problème tous ensemble en tentant de trouver la solution la meilleure.

Le chirurgien Dr A. arrive avec l'infirmière à seize heures trente et nous parlons de la situation... de ce qu'il faut envisager... il nous annonce que Maurice va partir lundi à une consultation à La Cavale Blanche à Brest avec le chirurgien.

J'oublie de parler des soins palliatifs mais j'en ai parlé à notre toubib. J'oublie également de lui parler de son appareil respiratoire ! Le chirurgien revient sur les incidents qui ont fait que Maurice s'est mis en colère... il y avait de quoi et je redis que si l'on veut être respectés il faut respecter le malade et savoir avoir de l'empathie pour lui. J'explique le coup des tartines et le médecin découvre qu'il n'est pas au courant de son Parkinson. Bref, le personnel s'est amendé et la question est réglée.

Nous pouvons partir à dix-sept heures, Annelise souhaite ne pas rentrer à la nuit. Bon, elle passe un coup de fil, en attendant je file vers l'infirmière pour lui parler du problème respiratoire de Maurice et de son examen qu'il doit passer ici le 5 octobre en pneumologie afin qu'elle en informe le médecin et voir si l'examen est possible.

Annelise vient à ma rencontre très fâchée de ma disparition car elle ne me trouve plus ! En colère, elle m'embarque sans ménagement dans mon fauteuil et me bouscule jusqu'en bas. Bon, très bien, je peux aussi prendre un taxi !

Elle me pose à la sortie de l'hôpital et va chercher son auto. Elle plie mon fauteuil, le range dans sa voiture et nous partons. Je ne dis plus un seul mot jusqu'au retour.

Elle peut laisser le fauteuil devant le portail, je suis encore capable de me débrouiller seule mais elle le monte jusqu'en haut de la rampe cependant que je la suis avec mes béquilles. Auparavant elle y a déposé deux tablettes de chocolat suisse et un gâteau. Je ne demande pas la charité.

Je soupe rapidement. Je reçois un coup de fil de mon fils. Nous parlons un moment de la situation où se trouve Maurice.

Soudain, je songe à la demande du chirurgien... mon époux a-t-il eut une infection et si oui à quand remonte-t-elle ?

Nous lui avons parlé de cette plaie qui a duré des années et où aucun de ses médecins n'avaient trouvé de quoi il s'agissait. La plaie a guérie sous le soleil et l'air marin... elle a cicatrisée immédiatement. Mais j'ai complètement oublié de lui parler de ses six érysipèles qu'il a eut depuis 2009 et le dernier durant ces dix derniers mois où ses œdèmes coulaient par ses jambes et ses pieds ouvrant des plaies de partout. Alors je téléphone à l'hôpital à vingt-et-une heures pour prévenir l'infirmière qu'elle note bien cette information pour le chirurgien orthopédiste. Elle lui semblait très importante par rapport à la vitesse de l'infection.

Bon, je n'ai pas trouvé Éliane tout à l'heure. Je l'appelle et elle me demande de passer à vingt-et-une heures trente car ils vont dîner. Je prends mon fauteuil roulant électrique et je vais les voir. Je leur donne des nouvelles de Maurice puis je rentre à vingt-deux heures pour me mettre devant l'ordinateur.

J'ai de très nombreux courriels et beaucoup de messages téléphoniques. Je réponds et j'écris... j'ai un océan de larmes dans mon cœur et le sentiment que je vais mourir.

Published by Dana LANG, CONTEUR AUTEUR CREATEUR - dans JUSQU'AU BOUT DU VOYAGE...
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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 21:18
UN RADEAU DANS LE CIEL / Dana LANG
Maurice à l'hôpital de Quimper le 23 septembre 2016...

Maurice à l'hôpital de Quimper le 23 septembre 2016...

Maurice opéré du cerveau (double trépanation de la boîte crânienne) le 3 novembre 2014
Maurice opéré du cerveau (double trépanation de la boîte crânienne) le 3 novembre 2014

Dimanche 25 septembre 2016... doit-on parler aussi de la maltraitance des malades au Centre Hospitalier de Quimper ? ? ?...

Je me suis couchée à vingt-deux heures. Je me réveille subitement avec un sentiment de malaise... Maurice est-il mort ? Cela tourne dans ma tête. Je veux me lever, je ne dormirai plus. Non, je dois rester au lit, je ne pourrai pas tenir si je ne dors pas ! Je me fais violence, je m'efforce à me rendormir... puis je m'éveille à six heures. Non, ce n'est pas l'heure, recouche-toi ! Pour finir, je me lève à huit heures.

C'est bien, j'ai demandé à Céline de ne pas venir aujourd'hui pour mes soins, je tenais à dormir, à ne pas être bousculée aujourd'hui dimanche et de plus cet après-midi, je repars pour l'hôpital.

J'appelle Maurice qui va très mal. Il pleure, excédé de douleurs et de contrariétés. Il a demandé que l'on veuille bien lui beurrer ses tartines (en plus on sert du beurre salé à un malade interdit de sel !). Il explique que ce n'est pas aisé pour lui avec la Parkinson (mais pas seulement, si mal au bord d'une septicémie avec sa jambe quand tout le reste est en rideau !).

La jeune infirmière refuse et se moque de lui. Elle décrète qu'elle est restée deux ans dans un service neurologique avec des Parkinsoniens et que lorsque l'on a la Parkinson on ne peut pas appuyer sur le bouton pour l'appeler !

Heureusement qu'il ne faut pas contrarier Maurice qui ne cesse de faire des infarctus ! ! !

Elle pense sans doute avoir déjà la science infuse. La médecine n'est pas une science exacte et cette petite manque notoirement d'humanité... elle serait plutôt faite pour aller garder les vaches !

En tout cas Maurice la traite de merdeuse incompétente... que n'a-t-il pas dit cela fait le tour du service !

De mon côté, mon sang ne fait qu'un tour ! Je ne supporte pas que l'on puisse se conduire ainsi dans un hôpital auprès des malades ! C'est un manque de respect évident, un manquement à son métier d'infirmière ! Ce genre de comportement doit être sanctionné durement.

Je prends le téléphone et demande la chef du service, on me passe l'infirmière responsable. Je lui parle de l'incident et elle prend le parti de l'infirmière en disant qu'elle a été insultée et qu'elle était présente.

Je ne la laisse pas continuer sur ce registre, je lui dis qu'il faut respecter le malade si l'on veut être respectée et que ma foi, j'en parlerai au médecin !

Et en plus, je me promets que cet après-midi j'irai voir cette petite peste pour lui demander qu'elle aille s'excuser auprès de mon mari !

Je déjeune, je me prépare puis je vais m'occuper de nos animaux. Je coupe du fusain (mon âme est emplie d'une immense tristesse avec un pic de contrariété dans le cœur), je change l'eau de l'abreuvoir et remplis le bac aux oies... puis, j'amène une gamelle de bouillie du pain rassi ramené par Annelise aux poules, et toute la basse-cour en folie rapplique, les oies s'amènent aussi et nos chèvres ne sont pas en reste... mais elles n'auront que deux minuscules tranches grillées car elles n'ont pas droit au pain... elles sont si heureuses de ce petit plaisir suprême. Nos animaux s'ébattent joyeusement.

Je ramasse les œufs et qui vois-je devant la maison... Annelise qui devait venir à treize heures trente et me demande si je veux bien venir manger à la Pointe. Ben ça alors, les bras m'en tombent !

Bon, je ne suis pas tout à fait prête... mais après tout ça peut se faire, je suis si triste ce matin.

Je mets dans un sac, une rallonge, de l'eau de Cologne, un gratte-dos et Annelise a apporté le sien (super efficace !) pour l'offrir à Maurice, puis je me change et voilà, nous pouvons partir.

Nous arrivons à la Pointe chez Dédé et Sophie pour un moules-frites et un dessert. Touchés ils nous demandent des nouvelles de Maurice. Lorsque nous partons ils nous recommandent de l'embrasser pour eux.

Annelise me laisse en attente, le temps pour elle d'aller chercher sa voiture, puis de nouveau elle charge mon fauteuil manuel... allez en route pour Quimper !

Lorsque nous arrivons, elle doit encore décharger mon engin à roulettes et me pousser... ce n'est pas facile pour elle qui souffre d'arthrose dans un genou et cela me fait mal.

Nous montons au sixième étage et je m'en vais voir directement l'infirmière. Malheureusement pour moi, ce n'est plus l'équipe du matin, mais celle du soir qui se trouve là... et ces infirmières-là sont très gentilles.

L'infirmière de service me déclare que la jeune infirmière est allée s'excuser auprès de mon époux... j'aime mieux ça, cela me rassérène !

Je retrouve Hortense dans le couloir à qui j'ai offert un album à chacune de ses trois filles et elle est heureuse de m'annoncer qu'elles ont déjà lu ces contes deux fois, brave Hortense, si jolie petite femme.

Je rentre dans la chambre et je trouve Maurice en pleine chaleur avec un ventilateur près de lui (fort heureusement), mais la fenêtre à peine ouverte à ses pieds au lieu d'être près de sa tête. De plus, il est carrément couché en travers, prêt à tomber.

J'appelle les infirmières afin qu'elles viennent l'arranger. Nous sortons de la chambre. Il souffre de nouveau trop fort de sa jambe infectée et je l'entends gémir à chaque déplacements dans le lit.

Bon, lorsque nous rentrons il est un peu mieux installé, mais il n'a pas ses barrières, c'est Annelise qui va les lui mettre.

Hier soir lorsque je l'ai rappelé il était presque tombé du lit et ne savait plus où il était... cela m'a fait peur et me rappelait son premier AVC.

Maurice très affecté par l'épisode de ce réprime de gros sanglots. La fille est venue s'excuser et ne cessait de lui faire des bisous. Il me

dit encore que nous avons donné toute notre morphine au service et qu'elles sont incapables de lui redonner ses comprimés. Elles s'obstinent à lui refiler des comprimés qui fondent sous la langue et qu'il ne supporte pas.

De plus il réclame une grande cuillère pour manger, mais cela reste sans effet (cela fait des années qu'il mange avec une grande cuillère car il laisse tomber tous ses aliments dans sa grande serviette !).

Alors lorsque elle arrive avec un comprimé de doliprane que je viens de réclamer, je lui demande de bien vouloir marquer de lui laisser toujours une grande cuillère à portée de main et de lui couper sa viande.

Il ne mange presque plus, à midi les infirmières lui ont coupé les haricots mais pas la viande... devant ce constat, je lui dis que je vais demander à rester la nuit avec lui, je ne pars plus de l'hôpital. Il refuse... cela va trop te fatiguer !

Oui mais demain est un jour fatidique... il sera sans doute opéré ! Les résultats du labo seront enfin arrivés.

Les internes sont passés et se sont étonnés qu'ils prennent autant de morphine pour une jambe ! ! !

Mais savez-vous pourquoi, Messieurs les futurs médecins il prend autant de morphine ? ? ? Certes ce qui se passe sur sa jambe est terrible et cela vous fait très peur... mais il y a bien pire encore : l'état de son cerveau, de son cœur, de sa respiration, de sa prostate, du syndrome de Parkinson sans compter la polyarthrite, et l'arthrose au dernier degré mais cette dernière est encore le moindre mal ! ! !

Le chirurgien n'est pas passé ce week-end, malgré ses dires, l'urgence et l'importance des maux de Maurice. Il devait être transféré en infectiologie mais il semble que les deux services se fassent la guerre !

Nous restons près de lui jusqu'à dix-huit heures, puis nous le quittons, j'ai l'âme chagrine.

Annelise me ramène à la maison, mais avant nous sommes repassées sur la si belle route de la corniche à Plouhinec où elle s'est arrêtée deux fois pour ramasser des pattes de l'ours pour nos biquettes.

À l'arrivée elle va porter ces douceurs aux chèvres qui en raffolent, mais aussi les oies et les poules ! Annelise me quitte et me dit à demain... les bras m'en tombent encore !

Maurice m'appelle pour me dire qu'Alain est passé le voir, qu'il vient de partir et reviendra demain. Maintenant il va dormir.

Il me rappelle en pleine détresse. Il est en panne d'électricité.

Je dois appeler le service pour les informer.

L'infirmière file dans sa chambre...

Published by Dana LANG, CONTEUR AUTEUR CREATEUR - dans UN RADEAU DANS LE CIEL
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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 19:07
UN RADEAU DANS LE CIEL / Dana LANG
UN RADEAU DANS LE CIEL / Dana LANG

Samedi 24 septembre 2016,

Je me réveille à six heures trente... tant pis, je ne vais pas attendre Julien, je vais déjeuner, me laver les cheveux et me préparer... il me fera bien les soins après.

Je suis prête lorsque Julien arrive... je lui donne les toutes dernières nouvelles, il pratique mes soins et pendant qu'il sort tous les remèdes demandés par Maurice plus une sonde, plus son ordinateur, je me rince les cheveux.

Je l'aide à ranger le matériel demandé... des livres aussi que j'avais triés et mis en sac à offrir aux personnel soignant. Puis il me sèche les cheveux, retrouve la déclaration de Maurice sur son refus de tout acharnement thérapeutique que je photocopie car dans ma hâte à tout préparer j'ai fait l'impasse de l'endroit où j'ai pu ranger tous les exemplaires qu'il m'avait préparés. Julien me quitte.

J'ai le temps d'aller m'occuper de nos animaux. Je coupe un sac de fusain et durant tout ce temps Aig (Aik, Petit Bisou) montée sur l'estrade ne me quitte plus des yeux. Puis me voyant arrivée elle se précipite et Froudenn, la jalouse se jette sur la nourriture l'a repoussant de ses cornes... qu'à cela ne tienne, je vais faire un autre tas plus loin et chacune peut manger dans son coin.

Puis je remplis le réservoir d'eau et le bac des oies. Gwenn et Du couchées côte à côte me guettent du coin de l'œil... on dirait qu'elles me sourient. Elles attendent que j'ai terminé pour venir prendre un bon bain aux algues vertes (leurs déjections). Les poules quant à elles attendent les restes de table impatiemment. J'ai terminé mon service.

Je range encore un peu lorsque Annelise frappe à la porte. Nous sommes heureuses de nous revoir. Elle prend tout mon matériel. Le fauteuil rangé dans la voiture depuis la veille est prêt.

Nous partons en direction de Landudec où nous allons manger. Les restaurateurs nous attendent. Aucun problème pour entrer comme de partout en Bretagne, même les toilettes sont adaptées !

Sans nous être concertées, nous commandons la même chose. Une salade verte et tomate sur son feuilleté au fromage, puis une blanquette de veau à la purée assaisonnée de fenouil et dessert.

Nous quittons le restaurant et filons à l'hôpital pour trouver Alain au chevet de Maurice. Cela me fait un immense plaisir.

Maurice m'explique alors que les médecins lui ont fait une ponction à son genou, ils ont sorti de l'eau mais aussi du pus... cela lui a occasionné un arrêt total de la douleur (momentané).

Le chirurgien, le Docteur A., lui a commenté le processus de son opération mais avant il attendra les résultats du labo pour connaître ce à quoi ils ont à faire.

En attendant Maurice connaît de grosses fièvres qu'il ne pouvait pas voir à la maison, notre thermomètre étant hors d'usage !

En principe, on devrait l'opérer dès les résultats du labo, le chirurgien reste là et attendra tout le week-end. Il lui grattera tout et pratiquera une arthrodèse si possible... il se pourrait qu'il faille amputer mais si son corps réagit mal à cette intervention chirurgicale, ils ne s'acharneront pas sur lui.

Voilà le discours intelligent que nous voulions entendre lui et moi. Nous sommes soulagés et Maurice a repris le moral.

Nous restons un long moment près de lui car il se peut que je puisse rencontrer le docteur A., si jamais les résultats arrivent dans l'après-midi.

Maurice commence à fatiguer et me dit que demain il sera au service infectiologie. Alain nous quitte.

L'infirmière nous annonce qu'ils n'ont pas encore les résultats et du coup, le docteur ne viendra pas.

Nous quittons mon époux et rentrons à la maison. Je lutte tout l'après-midi contre une crise d'asthénie. Nous arrivons à dix-neuf heures et je ne mangerai pas.

Annelise me réserve une belle surprise : elle me ramènera demain à Quimper ! Cela encore est inattendu... je suis heureuse et soulagée soudain ! Merveilleuses fées qui me tendez la main !

On se donne rendez-vous pour demain à treize heures. Puis elle me quitte.

J'appelle Maurice, il me dit qu'il est occupé. Il me rappelle et me dit qu'il ne savait plus qu'il était à l'hôpital, ni dans son lit et les infirmiers sont venus l'aider... je n'aime guère ce genre de perte de mémoire.

J'écris ces lignes, puis j'irai me coucher... j'en ressens un immense besoin.

Published by Dana LANG, CONTEUR AUTEUR CREATEUR - dans UN RADEAU DANS LE CIEL
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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 23:01
UN RADEAU DANS LE CIEL / Dana LANG
Maurice à son arrivée en Bretagne...
Maurice à son arrivée en Bretagne...

Jeudi 22 septembre 2016... fête les 'Maurice'...

Je me suis couchée tard et levée qu'une seule fois dans la nuit. Je me réveille d'un coup, je vais voir l'heure : sept heures cinquante... et à quelle heure doit arriver Sylvie, mais pile, elle frappe à la porte.

Bon, je ne retournerai pas au lit, je déjeune et nous parlons des journées écoulées depuis son dernier service. Sylvie est triste et catastrophée comme toutes nos auxiliaires-amies qui viennent ici.

Bon, je lui explique que dès que je suis prête, on file à l'hôpital. Elle charge mon fauteuil manuel dans son auto et on décolle !

Nous avons le temps de discuter sur les trente-cinq kilomètres qui nous séparent de l'hôpital. Nous arrivons aux urgences et trouvons sa chambre.

Un grand bonheur me saisit en le voyant et je distribue un bon point à l'hôpital de Douarnenez pour avoir réussi à trouver un lit digne de ce nom à mon époux. Je le découvre bien installé dans des draps propres avec un lit basculé vers l'avant. Ainsi il est bien couché (presque debout) et cette situation est convenable pour les soins. Certes pour ses jambes qui pendent, ce n'est peut-être pas le top mais au moins, il peut dormir et respirer.

Je devrai faire ramener notre fauteuil-lit car Maurice quitte les urgences pour passer en médecine générale. Je lui parle mais il est très fatigué et ne supporte pas ma voix quand elle devient trop forte... je le sais, je sais comme cela peut faire souffrir avec ses violents maux de tête, je m'en veux d'oublier si vite cette impérieuse nécessité.

Je lui demande si parmi tous ses cachets, on lui donne toujours la cortisone... Maurice ne sait pas, il sonne. L'infirmière arrive. Nous lui posons la question, oui elle va lui donner. Et combien de milligrammes ? Ben 5 mg... tout faux, c'est 8 mg ! N'importe quoi ! C'est tout de même pas sorcier de suivre l'ordonnance de notre médecin et ce n'est pas pour rien que c'est 8 mg... voilà des mois qu'il baisse la cortisone à 1 mg chaque mois... c'est pour une raison ! Tout comme la morphine on ne s'amuse pas à l'enlever ou la baisser d'un coup sans dommages pour le malade !

Bon, l'infirmière va demander au médecin... Je quitte Maurice qui m'a donné une liste d'objets à lui apporter... il veut en outre son remède pour aller à la selle car il doute que cela soit fait et il ne se souvient plus du nom. Encore des médicaments qui vont lui être raflés comme ceux que je lui avaient mis dans la valise !

Nous partons et nous arrivons à onze heures trente. Sylvie finit son service à midi. Je mange rapidement avec les restes de salade d'hier... je n'ai pas faim.

J'étends une lessive que Sylvie n'a pas eu le temps de faire... Maurice m'appelle, il a vu le médecin, son cœur ne va pas si bien que ça (tu m'étonnes) et pour sa prothèse c'est soit une infection, soit un décollement... à mon humble avis c'est un décollement. Une infection se verrait avec la fièvre (quoique moi avec une gangrène durant dix-huit mois, je me promenais avec 36° de température et j'étais toujours glacée jusqu'aux os)... mais j'y pense ces chauds et froids sans avoir de fièvre peuvent être un signe ? On le verrait aussi dans la prise de sang.

Un décollement c'est possible avec le fait qu'il marchait jusqu'aux toilettes très, très souvent en pesant 166 kilos - en ce moment 160 kg - et que ces dix derniers jours les infirmières pratiquaient les soins debout car il ne pouvait plus rester sur le lit ! Sa prothèse a quinze ans et elle ne devait tenir que dix ans... et il ne l'a pas ménagée. Bref, si c'est une infection, il faut couper la jambe ! ! !... Ne manquerait plus que ça ! Si c'est la prothèse... il faudrait une arthrodèse qui lui bloquerait et mettrait la jambe raide... mais il est inopérable ! ! !

Maurice me rappelle un peu plus tard, il vient de faire une nouvelle attaque cardiaque ! Il est épuisé et ne reste pas au téléphone. Je vais lire mes courriels. Pierre et Jeanne me laisse un message d'une immense gentillesse. Marie-Claude également qui m'annonce que Marc blessé aux doigts est aux urgences... décidément ! Je téléphone afin de trouver un ami qui pourrait aller chercher le fauteuil à l'hôpital... je ne parviens à toucher personne sauf Alain qui trouve un moment dans l'après-midi pour y faire un saut.

Je téléphone aussi au médecin afin de pouvoir lui parler de la situation de Maurice. La secrétaire me dit qu'il m'appellera en fin de journée.

Je me prépare et je file chez les pirates de la Pointe... ces merveilleux amis me reçoivent avec une gentillesse hors du commun. Nous parlons ensemble un grand moment. Cela me fait du bien de 'vider mon sac' autour d'un café et d'une crêpe.

Il est déjà cinq heures et je passe rapidement chez Delphine qui me dit que son époux arrive avec le fauteuil... donc, je rentre vite, je ne voudrais pas qu'il se heurte à la porte fermée.

Mais le médecin m'a appelé et je n'étais pas là... c'est Maurice qui me l'annonce... il vient de piquer une colère car les infirmières refusaient de lui donner sa morphine... il a appelé notre médecin qui a dû remettre de l'ordre ! Incroyable !... Mais faudra-t-il les surveiller comme le lait sur le feu ? Je le crois... mince alors !

Je reste un petit moment au jardin pour nourrir mes animaux tous heureux de me voir. Comme d'habitude mes chèvres me hèlent et Aig me fait des fêtes à n'en plus finir... les poules gloussent de plaisir et les oies cacardent et criaillent à qui mieux mieux.

Alain s'en vient avec son chargement qu'il porte à bout de bras (même dans les couloirs de l'hôpital !)... je le gronde, j'ai un diable dans le véhicule ! Il a fait un gros effort et je lui offre une chaise pour reprendre son souffle mais j'oublie de lui offrir une collation !... Nous parlons un long moment de l'hospitalisation de Maurice... cela rend Alain très triste. Puis nous parlons de choses et d'autres et il s'en va.

Je téléphone à mon fils qui me rappelle et je lui annonce la nouvelle... mes enfants sont très attristés.

Je mange un très léger casse-croûte... je n'ai pas faim. Je ferai bien de ne pas trop veiller ce soir...

UN RADEAU DANS LE CIEL / Dana LANG
Maurice à Thionville (Lorraine) lors de la Cérémonie de Remise de mon 1er Prix Littéraire International...
Maurice à Thionville (Lorraine) lors de la Cérémonie de Remise de mon 1er Prix Littéraire International...

Vendredi 23 septembre 2016... transfert en urgence sur un autre hôpital, celui de Quimper !

Je me lève à quatre heures avec l'idée ténue d'écrire au pneumologue de Maurice pour les trois rendez-vous malheureusement ratés. J'envoie les doubles à nos autres médecins.

Lorsque Nelly arrive à huit heures trente, je viens juste de me faire quelques tartines et avale mon café à la hâte.

Je lui apprends l'hospitalisation de Maurice puis Céline arrive pour mes soins. Je lui explique ma visite d'hier et la situation où se trouve plongé Maurice. Elle est très triste, très affligée aussi... elle si dévouée, si gentille.

Bon, mais je vais vite, je dois me préparer, nous partons à l'hôpital. J'emmène les affaires réclamées par Maurice, je passe à la boulangerie, à la boîte à sous, à la poste (Nelly y va pour moi) et nous filons sur Douarnenez.

Nous arrivons et on nous annonce évidemment que les visites sont interdites le matin. Je leur fais remarquer que je suis handicapée, - d'ailleurs ça se voit, mon auxiliaire pousse mon fauteuil roulant manuel – et que je n'ai qu'elle le matin pour m'emmener voir mon mari !

Donc, les infirmières m'expliquent qu'un petit salon nous attend près de l'entrée... très bien meublé avec un bel écran plat à ce que nous constatons. Nous devons attendre ici, car mon époux est en soin. Nous attendons et l'on vient nous dire que c'est bon, nous pouvons aller le voir.

Lorsque nous rentrons dans la chambre, les infirmières lui ont placé un lavement et ce n'est pas agréable pour lui. Maurice souffre tant, il me dit qu'il en a marre, qu'il veut mourir. Je le sens à bout de tout. Je suis chavirée. En plus, il me raconte comment il a traité une soignante de bouchère, de charcutière ! La responsable lui promet qu'elle ne reviendra plus près de lui ! Bon, il me dit que le personnel est gentil et agréable avec lui mais il y a encore eu un problème, les infirmières ont totalement oublié de lui donner son diurétique et du coup il n'urine plus du tout et cela lui fait très mal... de plus lors de son transfert à l'hôpital les gars du Samu ont remarqué qu'il avait du sang dans ses urines !

Là dessus, nous le quittons et nous rentrons à onze heures trente. Je suis bouleversée de l'avoir vu ainsi et je décide d'aller manger un moules-frites chez Dédé et Sophie... je pense à Jeanne et Pierre, s'ils me voyaient !- mais lorsque j'arrive je trouve Dédé tout retourné, il veut me dire quelque chose. Il m'annonce que Maurice s'en va en urgence à l'hôpital de Quimper... je blêmis.

Il m'avait dit tout à l'heure que l'hôpital allait faire venir de Brest un orthopédiste compétent mais finalement devant son bilan, ils ont préféré l'envoyer à Quimper en orthopédie car sa prothèse semble être gravement infectée et il faut agir vite.

Deux kinésithérapeutes l'avaient visité et ils n'avaient jamais vu ça !... Maurice c'est toujours du 'jamais vu ça'... c'est sûr que c'est un roc qui finalement accumule les pires ennuis de santé !

Bon, alors comment je vais faire pour aller le voir ? Je réfléchis ainsi cependant que Dédé et Sophie m'apportent mon repas... d'excellentes moules au Curry avec des frites et... trois boules de glace !

Je suis perdue dans mes tristes pensées, lorsque une dame attire mon attention. Elle vient d'arriver, demande une table, très plaisante, communicative, agréable, elle me plaît et semble bien connaître Sophie et Dédé.

Lorsque Sophie lui dit que je suis conteuse, auteure de contes, de livres et de poésie, elle s'intéresse à moi aussitôt et me propose de prendre un café à sa table. Ce que j'accepte avec le plus grand plaisir.

Dès lors nous allons nous mettre à parler autour de mes livres, de mes contes et il s'ensuit une longue discussion passionnante. C'est incroyable, elle m'apprend qu'elle est Suisse, qu'elle vit à Lausanne et également ici ! Je suis stupéfaite car mon père n'est-il pas originaire de ce petit village alsacien frontalier de Bâle... la Suisse et l'Alsace sont très liées et c'est une passeuse Suisse qui a emmené mon père à Annecy, lui qui fuyait le régime nazi !

Et puis Lausanne on connaît bien, Maurice et moi ! C'est une fée qui m'envoie Annelise ! Bon, je lui explique où nous vivons et je l'invite à venir me voir. Elle m'annonce qu'elle peut m'emmener demain à Quimper... je n'en reviens pas ! Mon vœu vient de s'exaucer d'un coup de baguette magique ! Pour un peu j'en pleurerai de bonheur !

Nous nous quittons en nous donnant rendez-vous pour demain et je file voir Delphine pour les remercier encore de leur dévouement envers nous. Je parle encore un long moment avec elle, lui donnant des nouvelles de Maurice. Je la quitte.

Je viens à peine de rentrer à la maison, j'étends ma dernière lessive, lorsque j'aperçois Annelise qui me fait des grands signes à travers la baie de la véranda. Incroyable... elle est déjà là et me déclare qu'elle peut m'emmener tout de suite à Quimper ! J'en reste toute 'ébarbelusée' !... Comment est-ce possible et c'est Maurice qui va être heureux car il commençait à désespérer de me voir ce week-end !

Bon, je m'étais promis d'appeler le médecin, lui expliquer le transfert de mon époux et lui redire notre souhait de ne subir aucun acharnement thérapeutique sur sa jambe, à savoir la lui amputer ! Le médecin me rassure.

Annelise attend à la maison que je me prépare... je dois porter des remèdes et des maillots à mon époux, puis elle s'empare de mon fauteuil roulant manuel, de toutes mes affaires et nous prenons la route via Quimper... nous n'arrêtons pas de causer tout le long de notre voyage.

Je ne peux guère la guider car je ne me souviens plus trop bien de l'endroit où se trouve l'hôpital et je me dis qu'une fois arrivées au centre de la ville, nous trouverons bien un panneau indicateur. Ma nouvelle amie s'arrête pour se renseigner auprès d'une passante et nous sommes sur le bon chemin, nous n'avons plus qu'à suivre ses indications.

Nous arrivons et Annelise me pousse dans mon fauteuil jusqu'à l'entrée de l'hôpital où je me renseigne à l'accueil afin de savoir dans quelle chambre se trouve Maurice... au sixième étage.

L'hôpital est grand, gigantesque immeuble oppressant. Nous prenons l'ascenseur et trouvons immédiatement sa chambre.

Je le trouve très bien installé et il est terriblement heureux de me voir et de faire la connaissance de ma nouvelle amie. Lui est content d'être là dans de bonnes mains où déjà le service l'a accueilli avec six personnes pour le soulever et le traiter dans de très bonnes conditions... un personnel très efficace, très dévoué et compétent.

Il me dit aussi qu'il est automatiquement placé dans une chambre seul car il est infecté... ce que je savais déjà pour moi ! Il souffre des difficultés qu'il éprouve à uriner avec son absence de remède (la prostate ne fonctionne plus). Déjà, ici, on est en train de rectifier et de mettre à plat tous ses médicaments : morphine, cortisone, diurétique, pariet (estomac).

Voilà, je ressens son immense soulagement de m'avoir vu et d'avoir pu me parler. Il me redit la gravité de sa jambe... si c'est de l'eau on fera une antibiothérapie, si c'est du pus, il faudra amputer !... Je refuse cette idée... on ne peut plus l'endormir et je ne crois pas qu'ils vont le découper tout vivant... et pourquoi sur tant de douleurs, de souffrances, accumuler un nouveau traumatisme sur un homme si touché et si prêt à mourir. Ils lui ont confirmé ici, que les œdèmes sont provoqués par son cœur usé (ce que je sais pertinemment depuis 2009 !)... je refuse ce nouvel acharnement !

Ils m'ont bien sauvé ma jambe avec une forte antibiothérapie de trois mois et demi... pourquoi pas toi ? Parce que avec une prothèse c'est bien plus compliqué, à ce qu'il paraît !

On vient pour de nouveaux soins... nous disparaissons, puis nous reprenons la route causant de plus belle ! Nous arrivons, Annelise m'aide à porter mes affaires et garde le fauteuil dans sa voiture... j'ai ce qu'il faut à la maison.

Elle vient de faire le bonheur de deux personnes, mais elle est ravie, elle a fait son bonheur à elle aussi... quand je disais que c'était une fée venue sur ma route !

Published by Dana LANG, CONTEUR AUTEUR CREATEUR - dans UN RADEAU DANS LE CIEL
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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 20:27
ARTICLE DE PRESSE envoyé par mon ami, Gérard GAUTIER 'Blanc c'est exprimé', poète, auteur, ambassadeur de la Paix, ancien Conseiller Régional de Bretagne,...
ARTICLE DE PRESSE envoyé par mon ami, Gérard GAUTIER 'Blanc c'est exprimé', poète, auteur, ambassadeur de la Paix, ancien Conseiller Régional de Bretagne,...

Merci de diffuser si affinités.

Bonjour,

Suite à la lecture de l’article de Monsieur Philippe LEMOINE, paru dans Ouest-France du 20 septembre, «Ce sont des hommes qu’on enferme,» (*) je viens de mettre en ligne un texte :

« Présidentielle… prisons surchargées Des propositions de Jean Jacques URVOAS Garde des Sceaux. » Lien : http://www.blanccestexprime.fr/?p=574

Je vous invite à le découvrir et reste à votre disposition.

Cordialement.

Gérard Gautier

Saint-Brieuc 23 septembre 2016

(*) Source : http://www.ouest-france.fr/debats/editorial/commentaire-ce-sont-des-hommes-quon-enferme-4506140 ,

Gérard GAUTIER

Ancien Conseiller Régional de Bretagne Président Mouvement « BLANC C’EST EXPRIME »

18 rue de Penthièvre 22000 Saint-Brieuc Téléphone : 02.96.33.50.34

SITE : www.blanccestexprime.fr COURRIEL : blanccestexprime@wanadoo.fr

Commentaire. Ce sont des hommes qu'on enferme Editorial - Publié le 21/09/2016 à 06:15

Philippe Lemoine

L'histoire est têtue. La réalité des engagements anciens non tenus jette parfois une lumière crue sur l'urgence des situations présentes.

1875. Pour la première fois, la France inscrit dans son Code pénal le principe de l'encellulement individuel.

2016… 68 819 détenus s'entassent dans les 58 507 places que comptent les prisons françaises. Dans les maisons d'arrêt, le taux de surpopulation tutoie parfois les 200 %.

Dans 9 m2, on enferme jusqu'à quatre détenus. Au mépris de la dignité, la République des droits de l'Homme ferme les yeux. Derrière ces murs, des hommes deviennent fauves, des esprits faibles se radicalisent, des gardiens craignent pour leur intégrité physique.

Gouvernement après gouvernement - ce dernier n'y échappe pas -, le principe « un détenu, une cellule » a été bafoué. Par manque de moyens, par manque de volonté politique, par opportunisme électoral.

Comment brosser l'électeur dans le sens du bulletin de vote quand sa vision de la prison demeure assez schizophrénique ? Elle alterne entre le désir farouche de mettre à l'ombre le délinquant mais sans trop y consacrer de moyens… Entre la crainte de voir des islamistes grandir derrière les barreaux et la volonté de ne pas trop améliorer les conditions de détention.

Au café des honnêtes gens, la caricature de la prison 5 étoiles habite toujours les conversations. La réalité est tout autre. Derrière les hauts murs, ce sont des hommes qui tournent en rond. Ils ont fauté, ils en paient le prix mais, dans leur grande majorité, ils ressortiront.

Dans quel état ? 98 % des courtes peines sont purgées dans des prisons surpeuplées et ne font l'objet d'aucune mesure de réinsertion. Notre société fragilisée a-t-elle besoin de cela ?

Manœuvre électorale ?

À droite, on brandit la construction de nouvelles places de prison comme une réponse sécuritaire. Nicolas Sarkozy en avait promis 20 000 lors de son mandat. Mais quels étaient les financements ? Christiane Taubira a privilégié les alternatives à l'emprisonnement. Sa réforme instaurant la contrainte pénale est un échec. Les magistrats ne l'appliquent pas.

Plus gestionnaire qu'idéologue, Jean-Jacques Urvoas, l'actuel garde des Sceaux, a lancé hier une fusée à deux étages. Dans un premier temps, il espère débloquer, dès 2017, plus d'un milliard de crédits pour lancer la construction de 4 355 places de prison supplémentaires.

Il fait ensuite le pari osé, à huit mois de l'élection présidentielle, d'un consensus politique autour d'une réalité : l'encellulement individuel était une question de dignité, il est devenu, face à la menace islamiste, un problème de sécurité.

Il renvoie donc à son successeur le soin de faire voter une loi de programmation pluriannuelle, protégée des aléas électoraux, pour construire jusqu'à 16 000 places. Habile Manœuvre de fin de mandat ? L'implication commune de Jean-Jacques Urvoas et de Dominique Raimbourg, le président de la commission des lois, plaide en leur faveur. Y déroger serait plus qu'une erreur politique : une faute morale.

On prête à Albert Camus la citation : « Une société se juge à l'état de ses prisons. » La nôtre n'a pour l'instant pas de quoi être fière. Elle a surtout des raisons d'être inquiète.

ARTICLE DE PRESSE envoyé par mon ami, Gérard GAUTIER 'Blanc c'est exprimé', poète, auteur, ambassadeur de la Paix, ancien Conseiller Régional de Bretagne,...
ARTICLE DE PRESSE envoyé par mon ami, Gérard GAUTIER 'Blanc c'est exprimé', poète, auteur, ambassadeur de la Paix, ancien Conseiller Régional de Bretagne,...
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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 17:19
URGENCE... APPEL A TOUS MES AMI(E)S...
Maurice, le combattant...
Maurice, le combattant...

Aujourd'hui fête les 'Maurice'...

Chers amies, chers amis,

Je sais comme vous avez besoin d'entendre des nouvelles et Maurice au téléphone.

S'il vous plaît n'appelez plus le portable mais écrivez-moi sur mon courriel ou sur mon site, je vous donnerai le mien pour prendre ses nouvelles... de plus vous avez des nouvelles presque chaque jour sur mon site... dans mon journal 'Un Radeau dans le ciel'...

Comprenez mes ami(e)s que Maurice est dans une fatigue extrême... il souffre d'un œdème cérébral, son cœur et sa respiration sont très faibles, il tremble de tous ses membres et sa prothèse totale de genou pose un grave problème.

Je vous embrasse et je suis à votre disposition pour vous répondre.

Bises et fraternité des fées,

Dana LANG

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 11:19
UN RADEAU DANS LE CIEL... ALERTE... URGENCE / Dana LANG
Maurice dans un voyage en Vendée puis à Bordeaux en 2011
Maurice dans un voyage en Vendée puis à Bordeaux en 2011

ALERTE... URGENCE...

Maurice est hospitalisé, s'il vous plaît les ami(e)s ne lui téléphonez pas ! Comprenez qu'il est en état de souffrance extrême... appelez-moi à la maison.

Je vous remercie pour ce geste...

Dana LANG

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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 21:18
UN RADEAU DANS LE CIEL / Dana LANG
Maurice à St-Romain-au-Mont-d'Or (69) sur un marché nocturne
Maurice à St-Romain-au-Mont-d'Or (69) sur un marché nocturne

Mercredi 21 septembre 2016,

Hier après-midi, nous avons bataillé ferme avec la jeune infirmière. Nous devions installer Maurice sur la chaise-pot et cela nous a pris plus d'une heure pour ensuite le replacer dans son lit-fauteuil.

Nous avions essayé de trouver des amis voisins, sans succès, appeler les pompiers où l'on nous a refusé de l'aide (1ère fois que cela m'arrive ! ! !).

Bon, à force d'efforts l'infirmière a fini par réussir après d'énormes difficultés.

Le médecin passe tard. Il vient constater le problème de sa prothèse de genou qui visiblement ne fonctionne plus. Il dit qu'il va voir ses collègues afin que Maurice passe une échographie du genou à la clinique Saint Michel. Il a peur de ne pas savoir comment s'y prendre pour une infiltration ou une ponction sur une prothèse... on en reste là.

Maurice a peu mangé et a fini par sombrer dans le sommeil... je suis restée près de lui jusque vers vingt-trois heures, ensuite je suis allée dans la chambre en laissant la porte ouverte... la sonnerie suffit à me réveiller mais je voulais rester attentive à ses plaintes. Il m'a sonné toutes les heures... le couvrir, le découvrir, lui donner à boire, besoin d'uriner, etc... etc.

Je me lève à huit heures et prépare le déjeuner... il ne mange pas, il prend une tasse de café. La jeune infirmière revient ce matin avec des devis sur le matériel nécessaire pour le soulever et pouvoir lui faire ses soins. Tout est trop cher et Maurice devant cet amoncellement de difficultés décrète qu'il veut être hospitalisé en soins palliatifs désormais.

Nous tentons de joindre le médecin absent le mercredi. Il nous envoie son stagiaire.

Devant l'absence de nos deux médecins, l'infirmière fait le 15 qui l'envoie promener ! ! ! C'est beau les urgences en France ! ! !

Bon, mais notre jeune médecin prend les affaires en main et je lui recommande notre volonté de faire en sorte que Maurice se trouve hospitalisé en soins palliatifs.

Inutile de s'acharner sur son sort... trop de pathologies, trop d'acharnement thérapeutique l'ont envoyé dans le mur... avec un empoisonnement massif, chaque spécialiste y allant de sa petite ordonnance avec quarante-deux comprimés par jour... et tous les effets secondaires graves qui l'ont conduit à l'impasse... non, cela suffit !

Toute vie à une fin et il faut savoir admettre ses limites, savoir que le malade ne supporte plus un langage en décalé quand il sait que plus rien n'est possible.

Plus médicalisé depuis sept ans (plus aucun médicament), il a connu une belle période de rémission de fin 2009 à fin 2013 puis deux nouveaux remèdes l'ont fait basculer à nouveau vers le pire !

Ce matin Céline, la jeune infirmière ne parvient pas même avec l'aide de Nathalie à basculer Maurice de la chaise-pot au fauteuil. En désespoir de cause Nathalie va cogner chez André, notre voisin et il revient avec Pierre et une autre personne afin de le soulever. Maurice pousse des hurlements de douleur. Sa jambe raide ne plie plus, ni ne bouge... la prothèse totale de genou s'est peut-être décollée ou trop usée avec le temps (quinze ans – quand elle ne devait tenir que dix ans) !

Enfin, après ces douleurs terribles Maurice retrouve son fauteuil-lit. Tout le monde se retire. Nathalie termine son service.

Je prépare le repas rapidement. Heureusement j'ai des haricots verts sous la main préparés d'hier. Une partie va rejoindre la salade de tomates et de surimi, l'autre sera mise en fricassée avec de l'ail, de l'huile d'olive et une pointe de beurre. Maurice mange très peu, deux cuillères de chaque plat et ne veut rien d'autre.

Il est sonné, dans une fatigue immense, il tremble de la tête au pied, il a chaud et il dort.

Le médecin stagiaire vient nous voir. Il ausculte Maurice, prend les renseignements et nous annonce que l'ambulance vendra cet après-midi. Je l'attends jusque vers quinze heures.

L'ambulance du Samu conduite par une personne que je reconnais pour l'avoir vue la dernière fois, lorsque Maurice souffrait de son poignet. Il arrive avec deux autres collègues. Ils sont équipés ! Ils installent la jambe de Maurice dans une coquille où il se sent tout de suite mieux.

Puis ils préparent le brancard et l'amènent par la rampe de derrière du côté véranda. Ensuite ils veulent soulever Maurice, le porter dans la position d'une chaise et la jeune dame tiendra la jambe... mais soulever un tel poids s'avère impossible à nos deux jeunes gaillards. Bon, dans ce cas, ils le font glisser du fauteuil au brancard en calant le brancard avec le fauteuil du bureau. Ils y parviennent. Mais déjà Maurice étouffe en position allongée, ils s'empressent pour lui donner la position la meilleure pour lui. Ensuite ils gonflent la coque et l'emportent par la rampe du côté véranda.

Cette fois, le voilà dans l'ambulance. Je cherche mon fauteuil roulant électrique pour l'accompagner et lui dire au revoir. Entre temps Alain très inquiet est arrivé en coup de vent. Je lui avais téléphoné que Maurice partait à l'hôpital... je n'aurais pas dû le faire, il a laissé le magasin en pensant que nous avions besoin de lui en urgence.

Voilà, Maurice est parti. Je reste seule... je me retrouve en pleine introspection... je revois défiler les pages de ma vie... les tourments et les très bons moments... que vais-je faire à présent sans lui ?

Maurice m'appelle de l'hôpital :

–Allo chérie, peux-tu demander à Alain de m'apporter mon fauteuil-lit, ici car il n'y a rien où je puisse dormir, sauf dans un fauteuil roulant. Je te donne le numéro des urgences, le n° de ma chambre. Appelle-moi quand tu as une réponse !

–Ok, je vais voir, je l'appelle.

Mais je ne trouve que le répondeur chez Alain. Je téléphone à l'hôpital, je tombe sur les infirmières qui me passe mon époux. Je lui explique que je n'obtiens personne.

–Alors vois si André peut le faire.

Je roule dans mon fauteuil jusque chez André et lui demande. Jeanne est là aussi. Je suis navrée de venir ainsi leur perturber la soirée mais André n'hésite pas une minute, il se rhabille et accourt à la maison.

Sur le moment, il n'a pas tout compris, il se trompe de fauteuil. Non ce n'est pas le fauteuil roulant électrique dont il a besoin mais de son lit !

C'est bien difficile de comprendre que Maurice dort là-dedans depuis deux ans, depuis sa double trépanation de la boîte crânienne, depuis qu'il ne supporte plus son respirateur qui envoie une pression de 14... et depuis deux ans, je me bats afin qu'il passe son examen de nuit auprès du pneumologue ! Difficile oui, difficile à comprendre !

Donc, j'ai sorti le diable afin qu'André puisse y mettre le fauteuil et l'emporter dans notre véhicule. J'ai pris un seau aussi pour ses urines.

Nous arrivons devant les urgences, nous demandons le service, mais on nous fait observer que notre véhicule dérange l'entrée des pompiers... pourtant il y a largement la place !

André court changer le véhicule de place, j'oublie de prendre le seau et en plus je repense que je ne pourrai pas prendre le fauteuil roulant électrique de Maurice car il n'a plus de batteries. Zut et re zut, je vais devoir monter sur mes jambes avec en plus une seule béquille tant je me suis précipitée.

Nous montons au premier étage... j'ai du mal. Je suis au bord du malaise... il faut avancer dans les couloirs et au bout on nous annonce que c'est l'autre galerie. Je suis dans un sale état.

Nous parvenons enfin à la chambre 1121 et André dépose le fauteuil-lit. Les infirmières nous prient de sortir car elles vont l'installer. Elles sont quatre autour de lui. Pour le mettre dans le fauteuil, elles vont le faire hurler de douleur à plusieurs reprises. Un homme entre, sans doute un infirmier, et Maurice continue de hurler de plus belle, en plus ils l'ont fait tomber ! ! !

Je n'en peux plus, je saute dans la chambre en leur criant :

–Mais qu'est-ce que vous faites, vous allez lui casser sa prothèse !

L'infirmier sort et le prend de haut. Il n'apprécie pas mon comportement.

Je sais comme il est extrêmement difficile de le bouger mais jamais nous ne l'avons fait crier ainsi à la maison. Céline a toujours pris mille et une précautions et pourtant cela a été très long, pénible et difficile. Non, là ils exagèrent... en plus sa jambe n'est même pas placée dans une coque, ou une attelle enfin quelque chose qui le soulage et le soutienne.

Les gars du SAMU ont été beaucoup plus efficaces sans le faire hurler de douleur et pourtant cela leur a été très difficile de le soulever.

Une fois dans la chambre, Maurice m'explique comme ils l'ont fait gueuler pour l'emmener en radiologie. Une infirmière lui tenait la jambe et dans chaque virage, elle n'était pas en place.

Enfin, avec la séance de ce soir il va rester durablement traumatisé.

Maurice pleure à la pensée d'être hospitalisé et à ce qu'il va devoir désormais endurer. Moi, je ne suis plus tranquille.

De plus, les médecins ont trouvé que son cœur va très bien, malgré les nombreux extrasystoles, cela ne nécessite pas d'être hospitalisé en soins palliatifs... que sa prothèse n'a rien (sic) mais qu'il s'agit d'une crise d'arthrose (arthrose à bon dos - Maurice souffre de polyarthrite !)

Mais je m'étonne tout de même qu'il hurle à ce point pour une crise de polyarthrite... demain j'appelle le médecin !

Je suis malheureuse de l'abandonner ainsi. De plus, ils viennent de lui donner 60 mg d'oxycontin et 50 mg d'oxynorm, double dose de morphine ! ! ! C'est pour le coup qu'il va dormir assommé !

Nous rentrons tristement. Devant la maison, je n'ai pas pensé à mettre la lampe pour nous éclairer afin d'ouvrir la porte. Nous n'y voyons rien et André repart en courant chercher une boîte d'allumettes. Enfin, je retrouve ma clef et le trou de la serrure.

André se retire et je rentre dans un état de lassitude extrême.

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Présentation

  • : Dana LANG, artiste Internationale, conteuse aux plumes de sioux, citoyenne du monde, auteure fantasy, poète, lauréate de 50 Prix Littéraires Internationaux, éditrice, ambassadrice de la PAIX, membre SACD, UERAA, AEB, World Académy of Arts and Culture and World Congress Poets, ...
  • Dana LANG, artiste Internationale, conteuse aux plumes de sioux, citoyenne du monde, auteure fantasy, poète, lauréate de 50 Prix Littéraires Internationaux, éditrice, ambassadrice de la PAIX, membre SACD, UERAA, AEB, World Académy of Arts and Culture and World Congress Poets, ...
  • : *1979-1989, bibliothécaire jeunesse en banlieue lyonnaise (Vénissieux) où elle conte déjà trois fois par semaine. Les classes s'inscrivent sur des listes d'attente. *1989-2002, conteuse professionnelle internationale (artiste, durant 12 ans intermittente du spectacle / Cie du Soleil Noir). Elle conte dans les écoles, collèges, lycées, bibliothèques, médiathèques, salles de spectacle, théâtres, festivals... etc... *1991, fondatrice d'une Maison du Conte 'La Biche au Bois' au Cergne (42-Loire). Elle reçoit 20 000 scolaires en attractions contées sur les terres d'Anne de Beaujeu dans les Monts du Haut-Beaujolais, et organise un Festival du Conte et des Conteurs en Forêt et en Cabarets «Flèches des Fées» pendant cinq ans. Elle conte avec divers musiciens dont Tenzin Gonpo artiste Tibétain qui l'accompagne aux instruments et à la voix. Elle parraine un enfant tibétain durant plusieurs années. *1994, sociétaire des Auteurs et Compositeurs Dramatiques. Elle participe à divers festivals... *Avril 1998, elle conte dans les écoles françaises, Instituts, hôtels, villages pour le Festival International des Conteurs Francophones à Abidjan en Côte d'Ivoire. *2003, auteure, poète, en situation de handicap, elle poursuit en écrivant toute son Œuvre. Elle réécrit ses contes adaptés pour la scène (120 contes) et écrit de très nombreux ouvrages dont des contes merveilleux et fantastique, un récit autobiographique ' Les Sanglots du Vent' ; une trilogie Fantasy ' Les 3 Héritiers de la Clef des 7 Mondes' (t.1 : La Dragonne et l'Œuf d'Or Sacré ; t.2 : Éloïse et le Commandeur du Temps ; t.3 à paraître) ; des témoignages de vie ' Docteurs, vous m'avez tué ! ' suite à paraître : ' La Danse de la Méduse ', ' L'Arbre d'Or ', 'La Fuite du Temps', 'La Maison du bout... de la Terre', 'Plus fort souffle le vent', 'Un Radeau dans le Ciel'… un recueil de prose poétique de 7 livrets ' Puisque tu vis, Philippe', une suite de nouvelles et de prose poétique 'À l'Aube d'un Jour' et un livret de pamphlets (prose insurrectionnelle : 'Je vous écris, Frères Humains', ... *2011, à la création de la Maison du Conte, de l'Illustration et de l' Édition Fantastique ' LA FONTAINE AUX FÉES ' édite dix de ses livres (sur plus de 30) et avec son époux Maurice JANIN, architecte d'exécution (en situation de handicap), fréquente les Salons du Livre de Rhône-Alpes, Auvergne, Bourgogne, Yonne, Paca chaque week-end durant deux ans. Sur le Salon du Livre de Lorette (42-Loire), elle rencontre Michel COUROT, Dico d'Or, grand gagnant de la Dictée de Bernard Pivot en 1995. Il deviendra son relecteur et son très grand ami. En avril 2011, elle écrit un conte merveilleux : Flora, Pipi et Scratch, la sorcière. *2012, sociétaire des Arts et des Lettres de France, membre du bureau de l' UERA A (Union des Écrivains de Rhône-Alpes-Auvergne), ambassadrice du Cercle des Ambassadeurs Universels de la Paix, 'La Fontaine aux Fées' édite 'Le Grand Livre de Marina' de Marina FERREIRA et ' Le Monde de Lucas ' de Didier POUDIÈRE. *13 octobre 2013, elle est nommée Membre de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets. *Le 18 mai 2014, elle parraine le 1er Festival du Livre et de l'Illustration Jeunesse «Les P'Tits Z'Amis de Marina » à Saint-Didier-de-Formans dans l'Ain (01). *13 Juillet 2014, après avoir vécu deux ans dans le village natal de son père en Alsace près de Bâle et de très longues années en région lyonnaise, elle vit désormais à Plogoff dans le Finistère et devient Membre de l'Association des Écrivains Bretons (AEB). Elle écrit et publie un nouveau conte ' La Fontaine de la Mer Feunteun Aod '. *Décembre 2014, elle collabore au Festival International du Conte de Guillaume ÉKOUMÉ, au Cameroun. Elle écrit un nouveau conte 'Max, le Petit Sorcier'. *Février 2015, elle écrit un conte 'Louka, le Petit Loup de Brocéliande' dédié à son arrière petit-fils, Louka né le 5 février 2015. *23 avril 2015, elle écrit 'Le Dragon de Pors Loubous', un conte fantastique. Fin juillet, par son épouse Danyèle, elle apprend dans une profonde tristesse le décès de son indéfectible ami, Michel COUROT. *20 décembre 2015, elle conte 'Plume de Corbeau' au théâtre Georges Madec à Esquibien pour les enfants des écoles et leurs parents. *Septembre 2013 à 2015, elle devient lauréate de 51 distinctions Littéraires Internationales (Trophées, Mérites, Médailles, Prix, Mentions...) décernés par 13 concours Littéraires Internationaux. *2015-2016, elle recherche un Éditeur sérieux pour lui reprendre toute son Oeuvre. *En 2015, elle est invitée à Sacramento en Californie et à Prague en Tchécoslovaquie du 5 au 10 septembre 2016 par le Président de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets où elle ne pourra pas se rendre. *Le 1er février 2016, elle écrit le conte 'Justine et le Pays Contraire'. *Février 2016, elle s'inscrit dans les Salons Festivals du Livre en Bretagne qu'elle espère honorer de sa présence... le 24 avril 2016, elle se rend au Salon du Livre de Botmeur (Finistère) où elle conte et dédicace... En juin 2016, elle écrit le conte Kaoura, la Princesse aux Sept Dragons...
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